Histo14.pdf

Type: Document | Status: ready

Prix à la consommation 122 Trente ans de vie économique et sociale 4.3 • Indices et séries statistiques (www.insee.fr).Indices et séries statistiques (www.insee.fr)  « Harmonised Indices of Consumer Prices », Données en bref n° 2 / 2013, Économie et finances, Eurostat. Pour en savoir plus A u-delà du constat qu’en trente-deux ans, le prix de la baguette de pain a été multiplié par 3,4 et celui du kilo de bifteck par 2,7, l’ indice des prix à la consommation (IPC)est un témoin privilégié du tournant important que constitue 1980 pour l’économie française. Après un pic à + 13,6 % cette année-là suite au second choc pétrolier, l’ inflation ap e uàp e u régressé et n’a jamais dépassé 3 % depuis 1992. Auparavant, les pics d’inflation étaient fréquents, même si les causes en ont été très diverses. Ainsi, après avoir atteint des sommets dans l’immédiat après-guerre (+ 60 % par an en moyenne de 1946 à 1948), l’inflation s’est fortement réduite au début des années 1950 sous l’effet des politiques de stabilisation mises en œuvre (blocage de prix notamment). À mesure que l’économie s’est redressée, des tensions inflationnistes ont réapparu, en raison de la perte de valeur du franc (dévaluations) accompagnant l’accumulation de déficits exté- rieurs, pour atteindre un nouveau pic en 1958 (+ 15 % sur un an). Au cours des années 1960, la mise en œuvre de politiques anti-inflationnistes et un environnement économique plus favo- rable ont permis de réduire nettement la hausse des prix à la consommation en France. Les augmentations de salaires consécutives aux événements de 1968 ont par la suite relancé l’inflation. Dans les années 1970, l’envolée des prix des matières premières, la forte dégradation des échanges extérieurs et la perte de valeur du franc (dévaluations) ainsi que l’indexation des salaires sur les hausses des prix contribuèrent à l’entretenir jusqu’au tout début des années 1980. Avec le « tournant de la rigueur » de 1983 s’engage un mouvement durable de désinfla- tion. La hausse annuelle de l’IPC est ramenée de + 11,8 % sur un an en 1982 à + 2,7 % en 1986, date à laquelle la France a, comme la plupart des pays européens, bénéficié du contrechoc pétrolier dû à la fois à la baisse des prix du pétrole brut et à l’affaiblissement du dollar. L’inflation se stabilise alors autour de + 2,5 % par an de la fin des années 1980 au milieu des années 1990. Cette stabilité a été favorisée par l’ouver - ture des marchés et, plus généralement, par l’accroissement de la concurrence mondiale. En particulier, depuis près de quinze ans, les prix des biens manufacturés (hors énergie) consommés par les ménages français sont quasiment stables (+ 0,1 % par an en moyenne entre 1998 et 2012). Les prix de certains biens ont même tendance à reculer, notamment ceux des produits électroniques, en lien avec les progrès techniques qu’ils incorporent. Il en va ainsi pour les équipements audio- visuels, photographiques et informatiques, dont les prix ont baissé en moyenne de 8,3 % par an entre 1998 et 2012. L’effet d’une concurrence accrue est également sensible pour certains services, en particulier les télé- communications. Depuis les années 2000, les évolutions du taux d’inflation sont principalement causées par les variations des prix des produits pétro- liers. Ceux des produits alimentaires frais, variables en fonction des conditions climati- ques et des cours mondiaux, ont également joué sur l’inflation mais dans une moindre mesure. Les politiques publiques, en pilotant les prix de certains biens et services (tabac et santé), ont aussi un effet notable sur l’inflation. Enfin, avec l’intégration européenne et la monnaie unique, on assiste à une certaine convergence de l’inflation en zone euro : depuis 2007, les écarts entre grands pays de la zone se sont resserrés. /c110 L’indice des prix à la consommation (IPC) : permet de mesurer l’évolution des prix des biens et services consommés par les ménages résidant en France. On construit un indice de prix élémentaire pour chaque variété consommée et l’IPC est ensuite obtenu en pondérant l’ensemble de ces indices élémentaires par les parts relatives des biens et services concernés dans la consommation moyenne des ménages. L’IPC sert à indexer de nombreux contrats privés et il sert de base à des revalorisations, notamment celle du Smic. Inflation : augmentation générale des prix, qui traduit une perte de pouvoir d’achat de la monnaie, c’est-à-dire un amoindrissement de la quantité de biens et de services qu’il est possible de se procurer avec une unité monétaire. Le taux d’inflation est ici défini comme l’évolution annuelle de l’indice des prix à la consommation (IPC). Définitions Prix à la consommation Fiches - Économie et finances 123 4.3 – 2 0 2 4 6 8 10 12 14 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 variation annuelle (en %) Tabac Énergie Alimentation Services marchands Ensemble Produits manufacturés (hors énergie) 2. Contributions à l’inflation des grands postes de consommation entre 1980 et 2012 Champ : France. Lecture : en 1980, le taux d’inflation était de 13,6 % dont 3,3 % dus à l’augmentation des prix des services marchands. Source : Insee, indices des prix à la consommation. – 5 0 5 10 15 20 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2012 en % de l’indice moyen annuel

  1. Taux d’inflation entre 1950 et 2012 Champ : France. Source : Insee, indices des prix à la consommation. – 1,5 – 1,0 – 0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 4,0 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 variation annuelle (en %) Viande Produits alimentaires frais Produits pétroliers Tabac Inflation totale
  2. Contributions à l’inflation des produits à prix volatils Champ : France. Lecture : ce graphique présente les taux d’inflation mensuels sous la forme des glissements annuels des indices des prix à la consommation (IPC) et les contribu- tions de différents postes de consommation parmi ceux dont les évolutions de prix sont les plus erratiques (« produits à prix volatils »). Ces produits sont dits « à prix volatils » car leurs prix dépendent des fluctuations des cours des matières premières (produits pétroliers), des conditions climatiques (produits alimentaires frais) ou de décisions réglementaires (tabac). Source : Insee, indices des prix à la consommation. – 1 0 1 2 3 4 5 1997 2002 2007 2012 variation annuelle (en %) Zone euro (17 pays) Allemagne France Italie Espagne
  3. Taux d’inflation nationaux des principaux pays de la zone euro Source :Eurostat, indicesdesprixàlaconsommation harmonisés.

Résultats des sociétés non financières 124 Trente ans de vie économique et sociale 4.4 L a valeur ajoutée, différence entre la production et la consommation intermé- diaire, est le solde de base pour mesurer l’évolution des résultats des sociétés non financières. Elle permet de rémunérer les salariés et de dégager des profits. L’évolution de ces derniers est fréquemment analysée via le taux de marge. En trente ans, cet indicateur connaît trois phases. Durant les années 1980, il augmente tendanciellement, de 23,1 % en 1982 à 32,0 % en 1989, sous l’effet notamment de la modération salariale, du contre choc pétrolier et de la libération progressive des prix. Du début des années 1990 jusqu’en 2007, le taux de marge se stabilise autour de 31 %. Il s’oriente ensuite à la baisse : le ralen- tissement des rémunérations versées aux salariés ne compense pas le fort recul de la valeur ajoutée. En 2012, il rejoint son plus bas niveau depuis 1986 (28,4 %). L’excédent brut d’exploitation (EBE) dégagé par les sociétés non financières à partir de la valeur ajoutée est ensuite redistribué princi- palement sous trois formes : le paiement des impôts sur le revenu et le patrimoine, l’ac- quittement des intérêts dus sur les emprunts et la rémunération des propriétaires du capi- tal sous forme de dividendes. À cela s’ajou- tent les intérêts et dividendes que les sociétés peuvent elles-mêmes percevoir. Concernant la charge d’intérêts supportée par les sociétés non financières, elle s’accroît suite au premier choc pétrolier du fait notamment de la hausse des taux d’intérêt, avant de refluer avec l’amélioration des conditions de finan- cement. De son côté, la part des dividendes nets (versés moins reçus) dans l’EBE, qui était stable autour de 14 % entre le début des années 1980 et le début des années 1990, augmente depuis lors pour atteindre 29 % en 2012. Cette progression est probablement à relier aux exigences accrues des actionnaires en termes de rendement. Mais elle reflète aussi le développement des flux de capitaux internes aux groupes. Le poids dans l’EBE des dividendes versés fléchit de manière très nette mais ponctuelle en 2010, suite au recul du résultat des sociétés lors de la récession. Mais il repart à la hausse par la suite. Le surplus dégagé par les entreprises après règlement des impôts sur le revenu et le patri- moine et enregistrement des flux d’intérêts et de dividendes correspond à l’épargne. Cette dernière permet notamment de financer les investissements nouveaux. Depuis le début des années 1980, le taux d’investissement des sociétés non financières fluctue autour de 18 %, connaissant toutefois des rebonds cycli- ques lors des phases de forte croissance. Ainsi, après avoir fortement baissé durant la première moitié des années 1980, il se redresse ensuite pour atteindre 20,1 % en 1991. Inversement, les récessions de 1993 et de 2009 entraînent toutes deux une chute brutale du taux d’investissement. Une légère remontée s’amorce néanmoins depuis la dernière crise. De son côté, le taux d’autofinancement augmente de près de 60 points entre 1982 et 1988. La marge supplémentaire dégagée par les sociétés est peu réinvestie car principale- ment dédiée au désendettement. Le taux d’autofinancement se stabilise ensuite, avant de se redresser durant la seconde moitié des années 1990. Il atteint même 99 % en 1999 : les taux d’intérêt étant élevés, les entreprises financent leurs investissements par l’épargne. Enfin, depuis le début des années 2000, la combinaison d’un investissement et d’une rémunération des investisseurs dynamiques induit une baisse tendancielle du taux d’auto- financement. En conséquence, le besoin de financement des sociétés non financières s’accroît fortement, de 12 Md€ en 2004 à 58 Md€ en 2008. Il se réduit considérable- ment mais de manière ponctuelle en 2009 et 2010, avant de retrouver ses niveaux d’avant la crise.  Taux de marge : rapport entre l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la valeur ajoutée. L’EBE est lui-même égal à la valeur ajoutée, diminuée de la rémunération des salariés, des autres impôts sur la production et augmentée des subventions d’exploitation. Taux d’investissement : rapport entre la formation brute de capital fixe et la valeur ajoutée. Taux d’autofinancement : rapport entre l’épargne brute et la formation brute de capital fixe. Définitions

Résultats des sociétés non financières Fiche - Économie et finances 125 4.4 15 18 21 24 27 30 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en % 20 40 60 80 100 120 en % Taux d’autofinancement (échelle de droite) Taux d’investissement (échelle de gauche) 3. Taux d’investissement et d’autofinancement Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. 20 22 24 26 28 30 32 34 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en %

  1. Taux de marge des sociétés non financières Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. 0 5 10 15 20 25 30 35 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en %
  2. Part des dividendes nets dans l’excédent brut d’exploitation Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. – 70 – 60 – 50 – 40 – 30 – 20 – 10 0 10 20 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en milliards d'euros
  3. Capacité (> 0) ou besoin (< 0) de financement Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.