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Trente ans de vie économique et sociale

Edition 2014

Coordination Emmanuelle Nauze-Fichet, Stéphane T agnani Directeur de la publication Jean-Luc Tavernier Direction de la collection Stéphane Tagnani Rédaction Anne-Catherine Morin, Sophie Planson, Jean-Philippe Rathle, Stéphane Tagnani Composition Coordination Édith Houël Maquette Sylvie Couturaud Édith Houël Catherine Kohler Pascal Nguyen Rose Pinelli-Vanbauce Brigitte Rols Pierre Thibaudeau Couverture Coordination Sophie Planson Conception et réalisation Ineiaki Global Design Éditeur Institut national de la statistique et des études économiques 18, boulevard Adolphe-Pinard, 75675 PARIS CEDEX 14 www.insee.fr © Insee 2014 « Reproduction partielle autorisée sous réserve de la mention de la source et de l’auteur ». Contributions Insee : Anne-Thérèse Aerts, Séverine Arnault, Ourida Ayad, Manuella Baraton, Véronique Batto, Anne-Juliette Bessone, Pierre Biscourp, Didier Blanchet, Chantal Brutel, Pierre-Yves Cabannes, Laure Crusson, Fabienne Daguet, Michel Duée, Sébastien Durier , Aline Ferrante, Olivier Filatriau, Jean-Marie Fournier, Philippe Gallot, Antoine Houlou-Garcia, Sylvain Larrieu, Thomas Laurent, Françoise Le Gallo, Marie Leclair, Julien Lemasson, Ronan Mahieu, Henri Mariotte, Léa Mauro, Thierry Méot, Nathalie Morer, Véronique Moyne, Emmanuelle Nauze-Fichet, Juliette Ponceau, Marie Rey, Élisabeth Rignols, Émilie Rodriguez, Patrick Sillard, Laure Turner Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt (SSP) : Pascale Pollet Ministère des Affaires sociales et de la Santé (Drees) : Marion Bachelet, Bénédicte Boisguérin, Gwennaëlle Brilhault, Marc Collet, Fanny Mikol, Julie Solard Ministère de la Culture et de la Communication (DEPS) : Yves Jauneau, Chantal Lacroix Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (SOeS) : Irénée Joassard, Sami Louati, Frédéric Ouradou, Céline Rouquette Ministère de l’Éducation nationale (Depp) : Jean-Pierre Dalous, Mireille Dubois, Martine Jeljoul, Béatrice Le Rhun, Stéphanie Lemerle, Jacqueline Perrin-Haynes, Pascale Poulet-Coulibando, Isabelle Robert-Bobée Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (SIES) : Laurence Dauphin, Nadine Laïb, Géraldine Seroussi Avertissement Le site Internet www.insee.fr met en ligne des actualisations pour les chiffres essentiels. En complément de cet ouvrage, l’Insee travaille à la mise en valeur des données historiques sur son site, afin que les personnes intéressées puissent les trouver facilement depuis les rubriques « thèmes ». Progressivement, l’ensemble des données des fiches de l ’ouvrage seront accessibles à partir de ces rubriques et le lecteur pourra alors bénéficier, lorsque c’est possible, de plus de recul, de détail, et, au fil des ans, des chiffres les plus récents. Signes conventionnels utilisés … Résultat non disponible /// Absence de résultat due à la nature des choses e Estimation p Résultat provisoire n.s. Résultat non significatif € Euro M Million Md Milliard Réf. Référence Introduction La statistique publique est régulièrement sollicitée pour apporter des éléments de cadrage sur longue période : afin de comparer la France d’aujourd’hui à celle d’hier, de prendre du recul par rapport aux évolutions récentes, de tirer enseignement du passé… L’Insee a toujours eu le souci de la profondeur hi storique. La France est ainsi le seul pays d’Europe à offrir les données des comptes nationaux rétropolés à partir de 1949. Elle a aussi publié à cinq reprises, entre 1926 et 1990, un Annuaire rétrospectif de la France , recueil de multiples données sur long terme. Dans la lignée de ces annuaires, mais avec une ambition qui va au-delà du rassemblement de chiffres, cet ouvrage inédit de la collection « Insee Références » vise à éclairer, à travers dossiers et fiches, les grandes évolutions économiques et sociales qui ont marqué la France depuis 1980. Auparavant, dans les trente années qui suivent la seconde guerre mondiale, la France bénéficie d’une période de croissance excep tionnelle et de plein emploi ; les conditions de vie de la population s’améliorent alors considérablement. Ces Trente Glorieuses, selon l’expression de l’économiste Jean Fourastié, prennent fin au milieu des années 1970. Alors que l’économie commence à manifester des signes de surchauffe, les deux chocs pétroliers de 1974 et 1979 font augmenter l’inflation et le chômage. À partir des années 1980, si l’inflation est finalement contenue, la croissance ralentit et le chômage s’installe. Le niveau de vie de la population continue de s’améliorer – jusqu’à la crise récente –, mais à un rythme beaucoup plus faible qu’auparavant. La France doit s’adapter au défi de la mondialisation. Comme les autres économies développées, elle s’oriente par ailleurs de plus en plus vers les activités de services. Dans le même temps, les écoles et les universités accueillent des effectifs croissants d’élèves et d’étudiants. Le paysage commercial se transforme : après les grandes surfaces, les réseaux d’enseignes se développent, le concept de hard discount (maxidiscompte) fait son entrée en France, le commerce électronique émerge. Les foyers s’initient aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, sans cesse renouvelées, et achètent massivement micro-ordinateurs et téléphones portables . L’espérance de vie continue d’augmenter, de nombreuses causes de décès reculent. Les modèles familiaux évoluent : la femme au foyer, le mariage, la famille nombreuse perdent du terrain… Pour éclairer tous ces changements, cet ouvrage rassemble les grandes données de la statistique publique sur les principaux thèm es économiques et sociaux. Composé de cinq dossiers et de trente-cinq fiches, il est le fruit d’un vaste travail collectif. L’ensemble de l’Insee et plusieurs services statistique s ministériels y ont participé (éducation, enseignement supérieur, culture, santé, socia l, environnement, agriculture). En complément de cet ouvrage, l’Insee travaille à la mise en valeur des données historiques sur son site insee.fr. L’objectif est que le lecteur puisse retrouver facilement les données phares des fiches et bénéficie, lorsque c’est possible, de plus de recul, de détail, et, au fil des ans, des chiffres les plus récents. J’espère que cet ouvrage sera utile aux personnes désireuses de mieux connaître les évolutions de notre économie et de notre société, qu’il s’agisse d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, d’acteurs publics ou de tout citoyen désireux de mettre les évolutions les plus récentes en perspective, afin d’apprécier leur importance ou au contraire de les relativiser. Bonne lecture ! Jean-Luc Tavernier Directeur général de l’Insee

Trente ans de vie économique et sociale Édition 2014 Introduction Dossiers Avant et après les chocs pétroliers : l’économie française de 1949 à 2012 11 De l’exploitation familiale à l’entreprise agricole 21 Retour vers le futur : trente ans de projections démographiques 33 Scolarisation et origines sociales depuis les années 1980 : progrès et limites 43 Trois décennies d’évolutions du marché du travail 55 Fiches thématiques

  1. Population et territoires 1.1 Population 70 1.2 Fécondité et mortalité 72 1.3 Ménages, familles, couples 74 1.4 Géographie de la population 76 1.5 Environnement 78 1.6 Régions françaises 80 1.7 France dans l’Union européenne 82

  2. Emploi et revenus 2.1 Population active 86 2.2 Emploi et chômage 88 2.3 Caractéristiques des emplois 90 2.4 Revenu et pouvoir d’achat des ménages 92 2.5 Niveau de vie et pauvreté 94 2.6 Protection sociale 96

  3. Conditions de vie et société 3.1 Consommation des ménages 100 3.2 Conditions de logement 102 3.3 Prix des logements anciens et loyers 104 3.4 Moyens dédiés à l’éducation 106 3.5 Éducation de la population 108 3.6 Offre de soins 110 3.7 Santé de la population : causes de décès 112 3.8 Culture 114

  4. Économie et finances 4.1 Croissance 118 4.2 Valeur ajoutée par branche d’activité 120 4.3 Prix à la consommation 122 4.4 Résultats des sociétés non financières 124 4.5 Finances publiques 126 4.6 Relations avec le reste du monde 128 4.7 Épargne et patrimoine 130

  5. Système productif 5.1 Entreprises 134 5.2 Agriculture 136 5.3 Industrie manufacturière 138 5.4 Commerce 140 5.5 Services marchands 142 5.6 Énergie 144 5.7 Recherche et développement 146 Annexe Glossaire 151

Dossiers

Avant et après les chocs pétroliers : l’économie française de 1949 à 2012 Ronan Mahieu* L’économie française s’est beaucoup transformée depuis l’après-guerre, avec à la fois des évolutions lentes et continues mais aussi de profondes ruptures. Sur cette période de plus de soixante ans, le poids de l’agriculture puis celui de l’industrie ont diminué progressivement au profit des services. Les échanges extérieurs se sont considérablement développés. La succession des chocs pétroliers de 1974 et de 1979 a marqué une cassure et la fin des Trente Glorieuses. Le rythme de croissance de l’économie française a ainsi nettement faibli à partir du milieu des années 1970. L’inflexion de la croissance a eu une incidence durable sur la consommation et l’épargne des ménages, mais aussi sur les déficits publics : les recettes sont devenues moins dynamiques alors même que les dépenses croissaient plus rapidement, notamment en matière de santé et de protection sociale. Le taux de marge des entreprises comme le solde extérieur ont connu par ailleurs des fluctuations fortes. La période qui suit la récession de 2009, atypique par son intensité, est caractérisée par un retour très lent à la croissance et par un solde extérieur des biens manufacturés dégradé. En France comme dans le reste de l’Europe, le premier choc pétrolier marque la fin d’une période de forte croissance qui durait depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Alors que le pays connaît une croissance moyenne de 5,3 % par an entre 1949 et 1974 (figure 1), par la suite, le rythme de progression du produit intérieur brut (PIB) en volume baisse nettement : entre 1974 et 2007, la croissance ne s’élève qu’à 2,2 % par an en moyenne. Entre 2007 et 2012, années marquées par une récession d’ampleur sans précédent, la croissance annuelle moyenne du PIB est même proche de zéro (+ 0,1 %). Dossier - Avant et après les chocs pétroliers : l'économie française de 1949 à 2012 11

  • Ronan Mahieu, Insee. – 4 – 2 0 2 4 6 8 10 1950 1955 1960 1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2012 en % PIB en volume Productivité horaire du travail
  1. Taux de croissance du PIB et de la productivité horaire du travail Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.

La progression tendancielle du PIB est due à celle de la productivité horaire du travail car le volume d’heures travaillées a baissé, légèrement, en 60 ans (– 7 % entre 1949 et 2012). En effet, la forte hausse du nombre de personnes en emploi (+ 30 %) a été compensée par une forte réduction de la durée annuelle du travail imputable aussi bien à l’essor du temps partiel qu’à la diminution de la durée moyenne des temps complets (augmentation du nombre de semaines de congés, passage de la durée légale hebdoma - daire à 39, puis 35 heures). Sur l’ensemble de l a période considérée, il n’y a que lors de la récession de 2008-2009 que les gains annuels de productivité horaire ressortent négatifs : la baisse de l’emploi lors de la récession est de moindre ampleur que la contraction de l’activité. Baisse du poids de l’agriculture et tertiarisation de l’économie La structure de l’économie a beaucoup évolué en soixante ans. Un des traits le plus marquant en est la chute de la part de l’agriculture dans la valeur ajoutée totale entamée dès l’après-guerre : encore de 18 % en 1949, elle est inférieure à 10 % dès le début de années 1960 et oscille aujourd’hui entre 1,5 % et 2,0 % selon les années (fi gure 2). Par ailleurs s’amorce dès le début des années 1960 une baisse progressive de la part de l’industrie dans la valeur ajoutée, baisse qui s’amplifie à partir du milieu des années 1980. Elle a pour corol- laire une croissance continue de la part des ser vices principalement marchands, qui passe de 35 % au début des années 1950 à un peu plusde 50 % aujourd’hui. Cette hausse du poids des services marchands est imputable pour pl us de 40 % à des services consommés presque exclusivement par les entreprises (activités spécialisées, scientifiques et techniques ; activi- tés de services administratifs et de soutien), c e qui illustre un fort mouvement d’externalisa- tion des services par les entreprises, notamment industrielles. La part de la construction dans la valeur ajoutée totale, après avoir culminé entre 7 % et 8 % à la fin des années 1960, semble aujourd’hui stabilisée autour de 5 % . Enfin, les services principalement non marchands, qui relèvent pour l’essentiel de l a sphère publique, représentent depuis le milieu des années 1980 environ 20 % de la valeur ajoutée totale, soit bien davantage qu’au début des années 1950 (12 %). 12 Trente ans de vie économique et sociale 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 1949 1956 1963 1970 1977 1984 1991 1998 2005 2012 en % Services principalement marchands Services principalement non marchands Industrie Construction Agriculture 2. Part des différentes branches dans la valeur ajoutée totale de l’économie Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. De fortes fluctuations du taux de marge des sociétés non financières Relativement stable aux alentours de 28 % pendant les années 1950 et 1960, le taux de marge des sociétés non financières (SNF) chute brutalement au début des années 1970 lors du premier choc pétrolier (– 3,4 points en 1975) alors que les salaires sont indexés sur l’inflation : les entreprises ne répercutent alors pas dans leurs prix de vente toute la hausse de leurs coûts de production (fi gure 3). Après un plancher à 23,1 % en 1982, il se redresse spectaculaire - ment à la faveur d’une politique de désinflation compétitive puis du contrechoc pétrolier de 1986, pour atteindre 32 % en 1989. Il est ensuite relativement stable jusqu’en 2007, avant de diminuer d’un peu plus de trois points avec la récession : il s’établit à 28,4 % en 2012. Le taux d’investissement des SNF, de 23 % en moyenne au cours des années 1950 et 1960, affiche également une forte baisse lors du premier choc pétrolier mais, contrairement au taux de marge, ne retrouve jamais ensuite son niveau initial. Après un minimum à 16,3 % en 1997, il se redresse progressivement pour atteindre 20 % en 2008. Il ne semble pas avoir été affecté durablement par la récession (19,4 % en 2012). L e taux d’autofinancement enregistre des fluctuations beaucoup plus marquées : après uneforte baisse lors des deux chocs pétroliers, il passe entre 1981 et 1986 de 27 % à 80 %, pour atteindre des niveaux voisins de 100 % à la fin des années 1990 dans un contexte de taux d’intérêt réels élevés. Il diminue ensuite progressi- vement au cours des années 2000. Il baisse pl us fortement après la récession de 2008-2009, les entreprises ayant globalement maintenu leur effort d’investissement malgré la contraction de leurs marges. Le taux d’autofinancement des SNF s’établit en 2012 à 66 %. Baisse de la part des revenus d’activité dans le revenu disponible brut des ménages Les revenus non salariaux, qui comptaient encore pour près de la moitié de l’ensemble des revenus nets d’activité perçus par les ménages en 1949, n’en représentent plus que 12 % aujourd’hui. Cette chute traduit notamment la baisse du poids de l’agriculture dans l’éco - nomie. La part de l’ensemble des revenus d’activité (salariaux et non salariaux, nets de cotisa- tions sociales) dans le revenu disponible brut d es ménages (RDB) a également sensiblement décru, passant de plus de 80 % du RDB au début des années 1950 à 58,6 % en 2012. Cette baisse a pour corollaire une forte poussée de la part des prestations sociales en espèces (indemnités journalières maladie, prestations familiales, pensions de retraite, allocations Dossier - Avant et après les chocs pétroliers : l'économie française de 1949 à 2012 13 15 20 25 30 35 1949 1956 1963 1970 1977 1984 1991 1998 2005 2012 en % 20 40 60 80 100 en % Taux de marge (échelle de gauche) Taux d'autofinancement (échelle de droite) Taux d'investissement (échelle de gauche) 3. Principaux ratios du compte des sociétés non financières (SNF) Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. chômage et minima sociaux) dans le RDB (33,2 % en 2012 contre 13,5 % en 1949) qui traduit à la fois la montée en charge du système de protection sociale jusqu’aux années 1990 et les conséquences du vieillissement démographique ensuite. Mais les prestations sociales ne sont pas la seule catégorie de revenus dont le poids dans le RDB a fortement crû : c’est également le cas des revenus tirés des logements (loyers effectivement perçus par les propriétaires bailleurs mais aussi loyers imputés aux ménages propriétaires de leur logement) dont la part dans le RDB a triplé entre 1949 (4,0 %) et 2012 (12,0 %) sous l’effet de la hausse des prix de l’immobilier. La part des autres revenus de la propriété (intérêts, dividendes, revenus des placements d’assurance-vie, etc.) a quant à elle doublé, passant de 4,9 % du RDB en 1949 à 9,9 % en 2012. Enfin les impôts sur le revenu et le patrimoine des ménages représentent une ponction nettement plus forte sur le RDB aujourd’hui (14,4 %) qu’en 1949 (3,1 %). Une croissance ralentie du pouvoir d’achat par unité de consommation Sur l’ensemble de la période, le pouvoir d’achat du RDB des ménages calculé au niveau individuel (c’est-à-dire par unité de consommation - UC) augmente presque chaque année, les seules exceptions significatives portant sur les années 1983 (– 1,0 %), 1984 (– 1,9 %) et 2012 (– 1,5 %) (figure 4). Très soutenue au cours des Trente Glorieuses (+ 4,4 % en moyenne par an au cours des années 1960), la croissance du pouvoir d’achat par UC fléchit au milieu des années 1970, suivant avec un peu de retard l’inflexion des gains de productivité horaire. Le ralentisse- ment du pouvoir d’achat se transmet toutefois de manière un peu atténuée à la consommation par UC : en effet les ménages, qui avaient maintenu un taux d’épargne très élevé (proche de 20 %) pendant les Trente Glorieuses pour conserver leurs encaisses réelles dans un contexte d’inflation forte, profitent de la désinflation du début des années 1980 pour réduire leur épargne. Pendant neuf années, de 1979 à 1987, la consommation en volume croît ainsi plus vite que le pouvoir d’achat. La structure de la consommation subit de fortes modifications, avec notamment une hausse tendancielle de la part des dépenses « pré-engagées », sur lesquelles les ménages ont peu de marges de manœuvre à court terme (logement, chauffage, intérêts d’emprunt, assurances, services de télécommunication, etc.) : cette part passe de 12,8 % en 1960 à 27,8 % en 2012. Après un minimum atteint en 1987 (11,1 %), le taux d’épargne des ménages remonte progressivement et la consommation en volume par UC diminue légèrement en 1991 (– 0,3 %) et 1993 (– 0,8 %). En revanche, du milieu des années 1990 jusqu’en 2007, le pouvoir d’achat et la consommation en volume par UC croissent à nouveau de manière 14 Trente ans de vie économique et sociale – 2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 1960 1964 1968 1972 1976 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en % Consommation par unité de consommation 1 Pouvoir d'achat par unité de consommation 1 Taux d’épargne Inflation 1 4. Inflation, pouvoir d’achat, consommation et épargne des ménages

  1. Évolution annuelle. Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.
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