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Culture 114 Trente ans de vie économique et sociale 3.8 • Chiffres Clés - Statistiques de la culture - édition 2013 , La Documentation française, mars 2013.  Données statistiques sur la culture en ligne sur le site du DEPS.  « Pratiques culturelles, 1973-2008. Dynamiques générationnelles et pesanteurs sociales », Culture études n° 2011-7, décembre 2011 et données en ligne sur www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/.  Patrimostat 2010, fréquentation des musées de France, en ligne sur www.culturecommunication.gouv.fr. Pour en savoir plus D epuis trente ans, la part des dépenses consacrées aux biens et services cultu - rels dans la consommation totale des ména - ges oscille entre 2 % et 3 %. Elle culmine à 2,6 % en 1995, et diminue par la suite pour atteindre en 2012 son niveau le plus bas sur la période : 2,0 %. La structure des dépenses culturelles s’est profondément modifiée au cours de ces mêmes années. Ainsi, la prépon- dérance des dépenses pour l’écrit (livres, journaux et périodiques : 65 % des dépenses en 1980), s’est amenuisée régulièrement au cours des années pour atteindre 46 % en 2012. À l’inverse, les dépenses pour les spec- tacles et les visites patrimoniales et celles pour l’audiovisuel, le cinéma, les disques ou les DVD ont proportionnellement plus progres- sé que la moyenne des dépenses culturelles, concentrant en 2012 respectivement 21 % et 33 % de celles-ci. Ces évolutions traduisent la diversification des pratiques culturelles. En effet, depuis trente ans, l’équipement des ménages, l’offre musicale et les programmes télévisés se sont beaucoup développés, favorisant ainsi de nouvelles formes de consommation. Ces dix dernières années, ce développement a été bouleversé par l’apparition de l’internet auquel les Français consacrent de plus en plus de temps et d’argent. Les sorties culturel- les (cinéma, spectacles, concerts...) n’en ont toutefois pas souffert. Ainsi, les entrées au cinéma sont passées de 175 millions en 1980 à 190 millions en 2008 et dépassent 200 millions depuis cette date ; l’indice de fréquentation (nombre d’entrées par habitant) est lui passé de 2,5 en 1996 à 3,3 en 2012. En revanche, la lecture régulière de la presse imprimée payante et de livres a pâti de ces évolutions. Ainsi, en 2008, 70 % des personnes âgées de 15 ans ou plus ont lu au moins un livre contre 74 % en 1981 ; et la proportion de gros lecteurs (20 livres ou plus au cours de l’année) parmi l’ensemble de la population est passée de 24 % à 16 % au cours de la même période. En 1981, quel que soit l’âge, les niveaux de lecture de livres étaient assez proches d’un sexe à l’autre ; depuis, ils ont beaucoup plus dimi - nué pour les hommes, et en particulier pour les jeunes, que pour les femmes. Ces dernières restent, à tous les âges, de plus grosses lectrices que les hommes. Le lecto - rat de la presse quotidienne vieillit et ce, depuis plusieurs décennies : chaque géné - ration atteignant l’âge adulte a un niveau d’engagement dans la lecture de la presse inférieur à celui de la précédente. De 1980 à 2010, le nombre de titres payants de la presse quotidienne d’information générale et politique de France métropolitaine est passé de 85 à 67, auquel sont venus s’ajouter 13 titres de quotidiens gratuits. Les tirages ont diminué de 28 %, passant de 10,4 millions d’exemplaires à 7,5 millions d’exemplaires (hors gratuits). Depuis 2004, la fréquentation des presque mille musées de France a augmenté de 29 % pour atteindre 59 millions d’entrées en 2011. Parmi ces musées, sept dépassent en 2011 le million de visiteurs. Cette hausse est tirée uniquement par les étrangers, le taux de visite des personnes résidant en France étant resté stable ces trente dernières années. /c110 Culture Fiches - Conditions de vie et société 115 3.8 1981 1988 1997 2008 Activité faite au moins une fois au cours des douze derniers mois Regarder la télévision 91 90 91 98 Dont : tous les jours ou presque 69 73 77 87 Écouter de la musique, hors radio 75 73 76 81 Dont : écouter de la musique tous les jours, hors radio 19 21 27 34 Lire un livre 74 75 74 70 Lire un quotidien 71 79 73 69 Aller au cinéma 50 49 49 57 Visiter un musée ou une exposition 36 38 40 37 Assister à un spectacle de danse ou de théâtre, ou à un concert de musique classique 16 21 22 25 S'inscrire ou fréquenter une bibliothèque 14 16 20 18 3. Évolution des pratiques culturelles entre 1981 et 2008 en % Champ : personnes de 15 ans ou plus vivant en France métropolitaine. Source : ministère de la Culture et de la Communication, DEPS, enquêtes Pratiques culturelles. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en %

  1. Part des biens et services culturels dans la consommation totale des ménages Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. Hommes Femmes 50 60 70 80 90 100 1981 1981 1988 1988 1997 1997 2008 2008 en % en % 50 60 70 80 90 100 25-39 ans 40-59 ans 60 ans ou plus 15-24 ans 40-59 ans 60 ans ou plus 15-24 ans 25-39 ans
  2. Lecture d’au moins un livre au cours des douze derniers mois selon l’âge et le sexe Champ : personnes de 15 ans ou plus vivant en France métropolitaine. Source : ministère de la Culture et de la Communication, DEPS, enquêtes Pratiques culturelles. 0 20 40 60 80 100 1980 1990 2000 2010 2012 en % Spectacles, visites musées, monuments, bibliothèques Audiovisuel, cinéma, disques et DVD Livres, journaux et périodiques
  3. Répartition des dépenses de biens et services culturels Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.

Fiches thématiques

Economie et finances

Croissance 118 Trente ans de vie économique et sociale 4.1 A près la période de forte croissance des trente années précédentes (+ 4,9 %), la croissance de l’activité économique fran - çaise fléchit à partir du début des années 1980 (+ 1,8 % en moyenne par an en volume au cours de la période 1980-2012). Le début des années 1980 est ainsi marqué par une croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut (PIB) en deçà des 2 %. À partir de 1986, la croissance économique s’amé - liore pour dépasser 4 % en 1988 et 1989. Les tensions sur le Système monétaire européen qui émergent en 1992 entraînent la France dans la récession : en 1993, le PIB diminue de 0,7 %. La reprise économique s’amorce dès 1994 avec une croissance de + 2,2 %, puis prend de la vigueur jusqu’en 2000 où la croissance atteint + 3,7 %. En 2009, entraîné par la crise financière mondiale, le PIB recule de 3,1 %. La reprise économique qui suit est plus faible et moins durable qu’après la réces- sion de 1993 : la croissance du PIB en 2010 s’établit seulement à + 1,7 % puis + 2,0 % en 2011 et est nulle en 2012. Les dépenses de consommation des ména- ges, qui représentent plus de 55 % du PIB, ont évolué en moyenne les trente dernières années au même rythme que le PIB (+ 1,8 % par an en volume). Plus dynamiques au début des années 1980 dans un contexte de désin- flation (+ 2,1 % en moyenne par an jusqu’en 1987 contre + 1,8 % pour le PIB), ces dépenses ralentissent ensuite avant de reculer lors de la crise de 1993 (– 0,2 %). Progressant à un rythme similaire au PIB jusqu’en 2007, les dépenses de consommation résistent lors de la récession de 2008-2009 (+ 0,2 % contre – 1,6 % pour le PIB en moyenne par an). En 2012, toutefois, les dépenses de consomma - tion reculent pour la seconde fois en trente ans (– 0,4 %). Les dépenses de consommation des adminis- trations publiques (APU) représentent plus de 20 % du PIB et ont progressé de 2,2 % par an en volume en moyenne ces trente dernières années. Dynamiques jusqu’en 1993 (+ 3,0 % en moyenne par an), elles ralentissent par la suite sous l’effet de politiques de maîtrise des finances publiques. En 2009, en réponse à la crise, les dépenses accélèrent (+ 2,5 %) pour ralentir rapi- dement dès 2011 en lien avec les mesures de redressement des finances publiques. La formation brute de capital (FBC, inves - tissement et variations de stock) a progressé en moyenne à un rythme proche du PIB ces trente dernières années (+ 1,6 % en volume), mais ses évolutions sont beaucoup plus marquées par la conjoncture. Elle diminue ainsi nettement au début des années 1980 (2,3 % par an en moyenne entre 1980 et 1984) avant de croître de 6,3 % sur la seconde moitié de la décennie. La formation brute de capital recule dès 1991, avant même la récession de 1993, année où elle se replie de 11,1 %. Dynamique par la suite, sauf les années de ralentissement du PIB (1996, 2002), la FBC chute en 2009 (– 15,6 %), du fait à la fois d’un recul historique de l’investis- sement et d’un déstockage massif des entreprises. Les échanges extérieurs ont fortement augmenté ces trente dernières années : la part des exportations (respectivement des importa- tions) dans le PIB passe de 21,4 % (respective- ment 23,0 %) en 1980 à 27,4 % en 2012 (respectivement 29,7 %). Mais au total, le solde de la balance commerciale a une contri- bution neutre à la croissance annuelle du PIB en moyenne, les importations et les exporta- tions progressant à un rythme similaire. Défi- citaire pendant toutes les années 1980, la balance commerciale redevient excédentaire en 1992 ; en 1993, la chute de la demande intérieure se transmet aux importations et la balance commerciale s’améliore encore. Elle restera excédentaire jusqu’en 2004. En 2009, dans un contexte de crise mondiale, le déficit de la balance commerciale s’accroît : les exportations pâtissent d’une dégradation de la demande de la plupart de nos partenaires européens plus marquée encore qu’en France et leur recul excède donc celui des importa - tions qu’entraîne la chute de la demande inté- rieure française. /c110 Produit intérieur brut (PIB) : voir annexe Glossaire . Définitions Croissance Fiches - Économie et finances 119 4.1 – 20 – 15 – 10 – 5 0 5 10 15 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en % Formation brute de capital PIB 2. Évolution du PIB et de la formation brute de capital en volume Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. – 4 – 3 – 2 – 1 0 1 2 3 4 5 6 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en % Consommation des administrations publiques (APU) Consommation des ménages PIB

  1. Évolution du PIB, des dépenses de consommation des ménages et des APU en volume Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005. – 80 000 – 60 000 – 40 000 – 20 000 0 20 000 40 000 60 000 1984 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en millions d’euros 1988 1980
  2. Solde de la balance commerciale en valeur Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2005.

Valeur ajoutée par branche d’activité 120 Trente ans de vie économique et sociale 4.2 E n 2012, les services principalement marchands au sens large (y compris commerce, transports et activités financières) représentent 57 % de la valeur ajoutée (VA) totale de l’économie française. Leur poids a augmenté de onze points depuis 1980, hausse qui trouve sa contrepartie dans une baisse du poids de l’industrie de même ampleur. En 2012, la valeur ajoutée indus - trielle ne représente plus que 13 % de la valeur ajoutée totale, soit moins que la valeur ajoutée des services principalement non marchands (23 %) qui l’ont dépassée depuis le début des années quatre-vingt-dix. Les évolutions des autres branches ont été plus modestes. Le poids de l’agriculture a ainsi baissé de deux points depuis 1980 pour atteindre 2 % de la valeur ajoutée totale. À l’issue de la seconde guerre mondiale, elle représentait 19 % de la valeur ajoutée. Le poids de la construction, quant à lui, fluctue autour de 6 % depuis 1980. Cette tertiarisation de la valeur ajoutée ne s’est pas pour autant traduite par une baisse de la valeur ajoutée industrielle en volume : entre 1980 et 2012, la valeur ajoutée indus- trielle a ainsi crû de 42 % en volume, moins rapidement cependant que celle des services principalement marchands qui fait plus que doubler sur la même période, et que celle des services principalement non marchands (+ 57 %) ou de l’agriculture (+ 58 %). À cette croissance moins rapide de l’industrie en volume s’ajoute une hausse des prix indus - triels également moins dynamique : moins de 2 % en moyenne par an contre plus de 3 % pour les services principalement marchands ou 4 % pour la construction ou les services principalement non marchands. Cette tertiarisation de l’économie est le signe également, pour une part, d’une exter- nalisation plus importante de l’industrie qui produisait auparavant pour elle-même des services qu’elle achète désormais aux bran - ches des services marchands : en 1980, pour produire 100 euros de biens industriels, l’industrie achetait en moyenne 9 euros de services marchands ; au début des années 2010, elle en consomme près de 16 euros. Cette externalisation, qui reflète un change - ment d’organisation, se traduit, dans les statistiques, par une baisse de la valeur ajoutée industrielle et une augmentation de la valeur ajoutée des services principalement marchands. La baisse du poids de l’industrie dans la valeur ajoutée totale a été portée par la quasi-totalité des branches industrielles : d’abord par la fabrication d’équipements électriques, électroniques, informatiques et la fabrication de machines (1,4 % de la VA en 2012, soit une baisse de 2,1 points depuis 1980), puis par l’industrie du textile, de l’habillement, du cuir et de la chaussure (0,3 % de la VA en 2012, soit une baisse de 1,5 point), par l’industrie agroalimentaire (1,9 % de la VA en 2012, soit une baisse de 1,2 point). Au sein des branches industrielles, le poids dans la VA augmente uniquement pour la production et distribution d’eau, l’assainissement, la gestion des déchets et dépollution pour atteindre 0,8 % de la VA totale en 2012 (+ 0,3 point). À l’inverse, la hausse du poids des services principalement marchands dans la VA totale est presque pour moitié impu- table aux activités immob ilières (13,2 % de la VA en 2012, soit une augmentation de 5,1 points depuis 1980), puis aux services qui ont fait l’objet d’externalisation de la part de l’industrie, notamment les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien dont le poids dans la VA a progressé de 3,3 points depuis 1980 pour atteindre 12,4 % en 2012. Ce poids diminue dans quelques branches des services marchands : le commerce (11,2 % de la VA en 2012, soit une baisse de 0,5 point), les transports (4,6 % de la VA en 2012, soit une baisse de 0,4 point) et les télé- communications (1,3 % de la VA en 2012, soit une baisse de 0,1 point). /c110 Valeur ajoutée (VA), branche, consommation intermédiaire : voir annexe Glossaire. Définitions Valeur ajoutée par branche d’activité Fiches - Économie et finances 121 4.2 70 100 130 160 190 220 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 Agriculture Industrie Construction Services marchands 1 Services non marchands indice base 100 en 1980 2. Évolution de la valeur ajoutée en volume par branche

  1. Les services marchands sont pris au sens large : y compris commerce, transports et activités financières. Champ : France. Lecture : entre 1980 et 2012, la valeur ajoutée des services marchands a crû de 110 %. Source : comptes nationaux, base 2005. 0 10 20 30 40 50 60 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 en % Agriculture Industrie Construction Services marchands 1 Services non marchands
  2. Poids des principales branches dans la valeur ajoutée totale
  3. Les services marchands sont pris au sens large : y compris commerce, transports et activités financières. Champ : France. Lecture : en 1980, la valeur ajoutée des services marchands représentait 46 % de la valeur ajoutée totale. Source : comptes nationaux, base 2005. 0 2 4 6 8 10 12 2011 14 16 18 1980 1983 1987 1991 1995 1999 2003 2007 Activités spécialisées scientifiques et techniques Activités de services administratifs et de soutien Activités informatiques et services d'information Ensemble des services marchands 1 en % de la production
  4. Poids des consommations intermédiaires en services marchands par les branches industrielles
  5. Les services marchands sont pris au sens large : y compris commerce, transports et activités financières. Champ : France. Lecture : en 1980, les consommations intermédiaires des branches de l’industrie en services marchands représentaient 9 % de leur production. Source : comptes nationaux, base 2005.