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Partie 2: Le marché du travail 45

Graphique 3 Le taux de chômage du Luxembourg reste en 2020 juste en dessous

de la moyenne européenne, mais quinze pays font mieux EL ES IT LT SE LV FR Zone euro FI CY HR UE-27 PT LU EE SK IE DK BE AT BG SI RO MT HU NL DE PL CZ 2020 2019 16.3 17.3 15.5 14.1 9.2 10.0 8.5 6.3 8.3 6.8 8.1 6.3 8.0 8.4 7.9 7.6 7.8 6.7 7.6 7.1 7.5 6.6 7.1 6.7 6.9 6.5 6.8 5.6 6.8 4.4 6.7 5.8 5.7 5.0 5.6 5.0 5.6 5.4 5.4 4.5 5.1 4.2 5.0 4.5 5.0 3.9 4.3 3.6 4.3 3.4 3.8 3.4 3.8 3.1 3.2 3.3 2.6 2.0 Sources: STATEC, Eurostat (EFT) En raison des répercussions de la crise sanitaire, le taux de chômage de l'Union européenne passe de 7.3% à 7.6% en une année. Parmi nos voisins, l'Allemagne est la plus durement touchée avec un accroissement de 0.7% point de pourcentage en une année. La France par contre se maintient sur sa tendance à la baisse.

Rapport travail et cohésion sociale 46 Au Luxembourg, le taux de chômage a atteint avec 5.7% un creux en février 2020 avant de décoller après la mise en œuvre des premières mesures de lutte contre la pandémie. Depuis, le chômage marque une accélération continue et culmine à 7.7% en mai 2020 avant d’entamer ensuite un repli continu, à l’exception d’un petit contrecoup en décembre 2020. De sorte qu’en avril 2021, le taux de chômage s’est stabilisé de nouveau à un niveau plus favorable de 6.4%.

Graphique 4 La trajectoire du chômage au Luxembourg est comparable

à l’étranger, mais se trouve pourtant à un niveau inférieur 14 12 10 8 6 4 2 0 UE-27 Zone euro Belgique Allemagne France Luxembourg Taux de chômage, en % janv.-11 juin-11 nov.-11 avr.-12 sept.-12 févr.-13 juil.-13 déc.-13 mai-14 oct.-14 mars-15 août-15 janv.-16 juin-16 nov.-16 avr.-17 sept.-17 févr.-18 juil.-18 déc.-18 mai-19 oct.-19 mars-20 août-20 janv.-21 Sources: STATEC, Eurostat (EFT)

2.2.2 Une parité homme-femme enfin atteinte mais chamboulée par le virus Si, au cours des dernières décennies, le taux de chômage des femmes a toujours été supérieur à celui des hommes au Luxembourg, les deux taux se sont toutefois sensiblement rapprochés ces dernières années. En 2017, les deux taux étaient même égaux (5.6%). À partir de 2018, le taux pour les femmes repart néanmoins à la hausse pour atteindre 7.0% en 2020, comparé à 6.6% pour les hommes. En comparaison avec l’année précé- dente, la différence homme-femme se creuse, elle est de 0.4 point de pourcentage en 2020 contre 0.2 point en 2019.

Graphique 5 L’écart de chômage homme-femme se creuse de nouveau en 2020 8 7 6 5 4 3 2 1 0 Femmes Hommes Taux de chômage, en % 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 5.1 7.0 3.8 6.6 Source: STATEC (EFT)

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2.2.3 Les jeunes restent parmi les perdants Les jeunes hommes sont plus touchés par le chômage que les jeunes femmes. Si l’on isole les 15 à 24 ans du reste de la population active, on constate que le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes hommes (24.8% en 2020) que chez les jeunes femmes (21.3% en 2020). Une ex- plication est que la part des jeunes qui poursuivent des études est plus élevée chez les femmes alors que le taux de décrochage scolaire est plus important chez les jeunes hommes. En général, le taux de chômage des jeunes est beaucoup plus élevé et plus volatil que celui des autres travailleurs. Si le taux de chômage paraît très élevé chez les jeunes, il faut se rappeler qu’il représente le nombre de chômeurs divisé par la population active. Or, pour la tranche d’âge des 15 à 24 ans, la population active (personnes en emploi + chômeurs) ne représente qu’une partie très réduite de la population totale, étant donné que la plus grande partie de cette classe d’âge est économiquement parlant inactive (en formation scolaire ou études supérieures). Le taux de chômage des jeunes est donc fortement tributaire du système scolaire: un rallongement des études peut diminuer la population active et ainsi relever le taux de chômage des jeunes même si le nombre absolu de jeunes chômeurs ne change pas. Il est donc beaucoup plus parlant pour cette tranche d’âge de comparer les chômeurs non pas à la population active mais à la population totale, c’est ce que l’on appelle la proportion de jeunes au chômage ("Youth unemployment ratio"). Cette proportion (en % de la population totale de cette classe d’âge) évolue autour de 7%, donc à un niveau comparable au taux de chômage des personnes plus âgées, tout en restant plus volatil.

Graphique 6 En 2020, le taux de chômage des jeunes a atteint son plus haut

niveau depuis 2015 30 25 20 15 10 5 0 Taux de chômage des jeunes hommes 15 - 24 ans Taux de chômage des jeunes total 15 - 24 ans Taux de chômage des jeunes femmes 15 - 24 ans Proportion de jeunes au chômage - total 15 - 24 ans Taux de chômage - total 25 - 74 ans Taux de chômage, en % 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Note de lecture: le taux de chômage est exprimé en % de la population active; la proportion de jeunes au chômage est exprimée en % de la population totale. Sources: STATEC, Eurostat (EFT) Avec un taux de chômage des jeunes de 23.2%, le Grand-Duché se situe au-dessus de la moyenne de l’Union européenne (17.1%) et de la zone euro (17.7%). Les pays européens les plus touchés par ce phénomène restent la Grèce avec 35.0% et l’Espagne avec 38.3%. Parmi nos pays voisins, l’Allemagne a observé le taux de chômage des jeunes le plus bas de l’Union européenne avec 7.4%, contre 15.3% en Belgique et 21.5% en France.

Rapport travail et cohésion sociale 48

2.2.4 La nationalité, un passeport contre le chômage Quand on compare la situation des étrangers sur le marché du travail à celle des nationaux, le Luxembourg ne fait pas figure d’exception euro- péenne, dans le sens où le taux de chômage des nationaux est largement inférieur à celui des étrangers. Le taux de chômage en 2020 reste, avec 4.7%, très faible parmi les résidents de nationalité luxembourgeoise. Le taux de chômage est légèrement plus élevé parmi les personnes originaires des autres pays de l’Union européenne vivant au Luxembourg (7.0%) et considérablement plus élevé pour les ressortissants de pays tiers hors Union européenne (16.7%). Ce phénomène est observé dans la plupart des pays membres de l’Union européenne.

Graphique 7 Comme dans les autres pays européens, les étrangers hors UE

affichent le taux de chômage le plus élevé au Luxembourg en 2020 Nationaux Étrangers UE-27 Étrangers hors UE-27 UE-27 LU Zone euro BE DE FR 6.5 9.2 16.9 7.2 9.3 16.7 5.0 7.2 19.7 3.0 5.6 12.3 7.5 6.9 18.1 4.7 7.0 16.7 Taux de chômage dans l'UE, la zone euro, au Luxembourg et dans les pays voisins, en fonction de la nationalité, en % Sources: STATEC, Eurostat (EFT) Les résidents de nationalité luxembourgeoise ne représentent que 32% de tous les chômeurs, alors qu’ils représentent 49% des emplois des résidents.

Graphique 8 Les Luxembourgeois représentent un peu moins d’un tiers

des chômeurs Luxembourgeois 32% Étrangers hors UE-27 21% Étrangers UE-27 47% Source: STATEC (EFT)

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2.2.5 Le diplôme, un vaccin efficace contre le chômage Le niveau d’éducation est un des principaux déterminants du chômage au Luxembourg comme ailleurs. Ceci est le cas aussi bien pour les hommes que pour les femmes, quoi que pour ces dernières, l’effet soit encore plus important. Avec 11.4%, le taux de chômage est le plus élevé parmi les personnes ayant atteint au maximum un niveau secondaire inférieur (niveau de base), mais se réduit à 6.9% parmi celles ayant achevé une éducation secondaire supérieure, et même à 4.7% parmi les détenteurs d’un diplôme de niveau tertiaire, bien que ce taux progresse. Ainsi, la réduction du risque de chômage est la plus importante en passant du niveau de base au niveau secondaire, alors que la différence est moins grande entre niveau secondaire et tertiaire.

Graphique 9 Le diplôme protège du chômage, encore plus pour les femmes

que pour les hommes Niveau tertiaire Niveau secondaire Niveau de base Taux de chômage en fonction du niveau d'éducation et par sexe, en % 11.4 6.9 4.7 10.3 7.7 4.1 12.8 5.9 5.3 Total Hommes Femmes Source: STATEC (EFT)

2.2.6 Le chômage de longue durée a fortement augmenté depuis le début
de la crise sanitaire: plus d'un chômeur sur deux est concerné

Pour bien comprendre Un chômeur de longue durée est activement à la recherche d’un travail depuis plus d'un an. À première vue, les effets de la crise sanitaire sur le marché du travail sont plutôt modérés. C'est principalement grâce au recours massif au chômage partiel que le nombre total de demandeurs d'emploi n'a augmenté que de 291 personnes, soit moins de 2 % entre mars 2020 et mars 2021.

Rapport travail et cohésion sociale 50 Cependant, l'évolution des chômeurs de longue durée depuis le début de la crise sanitaire est préoccupante. En mars 2021, plus d'un chômeur sur deux est un chômeur de longue durée, soit 51% des demandeurs d’emploi résidant au Grand-Duché, contre 49.5% il y un an. En comparaison avec mars 2019, les chômeurs de longue durée sont même 36.2% plus
nombreux qu’il y a deux ans. L'évolution du chômage de longue durée pendant la crise du COVID-19 peut être comparée à la situation de la dernière crise économique grave en 2009, quand la récession déclenchée par la crise financière a entraîné une forte augmentation de la proportion de chômeurs de longue durée. Ensuite, dans les années suivantes cette augmentation n’a pu être
compensée par le marché du travail pourtant très dynamique. Avec la fin de la récession déclenchée par la crise sanitaire, le chômage de longue durée a de nouveau bondi à partir de la mi-2020. Il a atteint en 2021 une part record avec 51 % de chômeurs de longue durée sur le total des
demandeurs d’emploi. Un niveau jusqu'alors jamais atteint. Graphique 10 Après un an de pandémie une personne au chômage sur deux
l’est depuis au moins un an 60 40 20 0 < 4 mois 4-6 mois 7-11 mois 12 mois et plus Part (%) des chômeurs par durée d'inscription juin-06 déc.-06 juin-07 déc.-07 juin-08 déc.-08 juin-09 déc.-09 juin-10 déc.-10 juin-11 déc.-11 juin-12 déc.-12 juin-13 déc.-13 juin-14 déc.-14 juin-15 déc.-15 juin-16 déc.-16 juin-17 déc.-17 juin-18 déc.-18 juin-19 déc.-19 juin-20 déc.-20 Sources: ADEM, STATEC, données désaisonnalisées Parmi les nombreuses perturbations économiques induites par la pan - démie du COVID-19, la montée inquiétante du chômage de longue durée se distingue par ses effets durables sur les carrières individuelles et l'économie. Car si le nombre global de personnes sans emploi a à peine augmenté, le nombre des personnes au chômage depuis au moins 12 mois s’est considérablement accru. De plus, malgré un nombre record de postes vacants, le chômage de longue durée reste élevé. Pour mieux comprendre cet enjeu, il est important d'examiner cette tendance plus en détail et de vérifier si ces nouveaux chômeurs de longue durée diffèrent dans leurs profils en termes d’âge, de sexe et de niveau d’éducation. Partie 2: Le marché du travail 51

2.2.6.1 Les chômeurs de longue durée en temps de COVID: sont-ils toujours les plus âgés et les moins qualifiés?

Pour bien comprendre Dans ce qui suit, les variations seront exprimées en pourcentages, calculés par la différence des chômeurs dans les catégories respectives entre mars 2020 lorsque le Luxembourg se trouvait dans le premier confinement et mars 2021, soit le début de la reprise sur le marché du travail. L’évolution du chômage a été différente selon la durée. Le chômage de courte durée (<4 mois) connaît une forte baisse de -19% et tombe ainsi de 4 506 à 3 790 personnes, similaire à la catégorie de 4-6 mois (-12%) et de 7-11 mois (-8%). Par contre, la catégorie qui compte le plus de chômeurs, celle de 12 mois et plus, augmente de manière inquiétante de 17% en passant de 7 644 à 9 219 personnes. Graphique 11 Envolée du chômage de longue durée < 4 mois 4-6 mois 7-11 mois 12 mois et plus Grand Total -19% -12% -8% 17% 2% Développement au cours des mois en pourcentages Sources: ADEM, STATEC

Certes, comme souvent mentionné, le chômage de longue durée est principalement lié au niveau d’éducation: la plupart des chômeurs de longue durée ont un niveau d’éducation faible (53% contre 44% pour l’ensemble des demandeurs de l’emploi). Depuis le début de la crise du COVID cependant, les taux de croissance les plus élevés ont été observés chez les personnes ayant un niveau d'éducation élevé (avec une augmentation de 10.9% pour les femmes et de 8.2% pour les hommes). Les répercussions de la crise sanitaire sont moins prononcées pour les demandeurs d’emploi de longue durée avec un niveau d’éducation faible (+1.8% pour les femmes et même -12.7% pour les hommes).