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Partie 1: Population 31 Méthodologie Dans cette partie, la surmortalité désigne le nombre de décès toutes causes confondues mesuré en 2020 et 2021, et ce en comparaison avec ce qui pourrait être observé dans des conditions "normales", c.-à-d. avant la pandémie de COVID-19. Cet indicateur de surmortalité attire l'attention sur l'ampleur de la crise sanitaire en fournissant une compa - raison complète des décès supplémentaires parmi les pays européens. La surmortalité est exprimée en pourcentage de décès supplémentaires par rapport au nombre moyen de décès au cours du même mois de la période de 2016 à 2019 (dite de référence). Plus la valeur est élevée, plus il y a de décès supplémentaires par rapport à la période de référence. Si l'indicateur est négatif, cela signifie que moins de décès sont survenus au cours d'un mois donné par rapport à la période de référence. Au tout début de l’apparition du COVID-19, les excès de mortalité les plus élevés de l'UE ont été enregistrés en Espagne et en Italie: respectivement

  • 54.1% et +49.6% en mars 2020. En avril 2020, trois pays présentaient une surmortalité supérieure à 50%: l'Espagne (80.5%), la Belgique (73.1%) et les Pays-Bas (53.8%). Quatre autres pays ont dépassé une augmen - tation de 35 % de la mortalité en avril, à savoir l'Italie (41.7%), la Suède (38.2%), l'Irlande (37.1%) et la France (36.4%). En avril 2020, le Luxembourg a connu une surmortalité de 18.5%, l'Autriche de 11.0% et l'Allemagne de 9.0%. Plusieurs pays ont toutefois enregistré une surmortalité élevée au cours d'autres mois de 2020: Malte (16.7%) en mars, Chypre (25.0%) en mai, la Lituanie (8.2%) et la Slovénie (9.5%) en juin, et le Portugal (25.8%) en juillet. Dans tous ces pays, une période relativement stable (par rapport à la référence de 2016 à 2019) a suivi la forte augmentation de la mor - talité au printemps 2020. En Belgique, on note même une baisse signifi - cative (-7.1%) en juillet. Ensuite, une deuxième forte augmentation de la surmortalité a eu lieu dans la plupart des États membres, même dans ceux qui ne sont pas particulièrement concernés par les pics du printemps 2020. Une augmen - tation de plus de 10%, par rapport au scénario de référence, a été enre - gistrée pour la première fois en Roumanie en juillet (11.8%), en Pologne en août (11.3%), et en République tchèque (11.4%) et en Grèce (10.3%) en septembre 2020. À partir de septembre 2020, la hausse est devenue plus forte et plus généralisée, atteignant de nouveaux pics en novembre, avec des taux significativement élevés en Pologne (97.0%), en Bulgarie (94.0%), en Slovénie (91.3%), en République tchèque (75.8%), en Roumanie (62.6%) et en Hongrie (59.1%). Dans l'UE, les pays qui étaient déjà fortement touchés au printemps 2020 ont vu la surmortalité augmenter à nouveau à un niveau élevé en novembre: Belgique (58.8%), Italie (51.6%), Autriche (47.8%), Luxembourg (45.2%), Malte (38.3%), France (31.3%) et Espagne (24.2%). Rapport travail et cohésion sociale 32 CARTE 2 Une surmortalité relativement moderée au Luxembourg
    en comparaison avec les autres pays européens ≤ 0 Taux de mortalité en % de décès supplémentaires par rapport à la moyenne 2016/2019 0 - < 10 10 - < 20 20 - < 30 30 - < 40 ≥ 40 Pas de données Excès de mortalité en janvier 2020 Excès de mortalité en février 2020 Excès de mortalité en mars 2020 Excès de mortalité en avril 2020 Excès de mortalité en mai 2020 Excès de mortalité en juin 2020 Excès de mortalité en juillet 2020 Excès de mortalité en août 2020 Excès de mortalité en septembre 2020 Excès de mortalité en octobre 2020 Excès de mortalité en novembre 2020 Excès de mortalité en décembre 2020 NB: données au 15/08/2021
    Source: Eurostat En janvier et février 2021, une légère baisse de la surmortalité est obser - vée dans la plupart des pays, poursuivant la tendance de la fin de l’année
  1. Un nouveau pic, plus petit, a ensuite été observé en mars et avril 2021, atteignant 20 % de surmortalité (moyenne UE-27) par rapport à la période de référence de 2016 à 2019. Lors de ce troisième pic, certains pays avaient des taux très élevés, supérieurs à 50 %, par exemple en Bulgarie (75.7% en avril 2021), en Pologne (65.2% en avril 2021), en République tchèque (61.3% en mars 2021), en Slovaquie (54.4% en mars
  1. et en Hongrie (50.3% en mars 2021). A contrario, dans d’autres pays (par exemple le Portugal, le Danemark, la Suède et la Finlande) aucun excès de mortalité n’a été observé. Au Luxembourg, cet excès de morta - lité est contenu et est au maximum de 9.5% en mars 2021 et 8.1% en avril

Partie 1: Population 33 CARTE 2 Une surmortalité relativement moderée au Luxembourg
en comparaison avec les autres pays européens ≤ 0 Taux de mortalité en % de décès supplémentaires par rapport à la moyenne 2016/2019 0 - < 10 10 - < 20 20 - < 30 30 - < 40 ≥ 40 Pas de données Excès de mortalité en janvier 2020 Excès de mortalité en février 2020 Excès de mortalité en mars 2020 Excès de mortalité en avril 2020 Excès de mortalité en mai 2020 Excès de mortalité en juin 2020 Excès de mortalité en juillet 2020 Excès de mortalité en août 2020 Excès de mortalité en septembre 2020 Excès de mortalité en octobre 2020 Excès de mortalité en novembre 2020 Excès de mortalité en décembre 2020 NB: données au 15/08/2021
Source: Eurostat Fin avril et en mai 2021, la tendance est globalement à la baisse, le nombre de décès se rapprochant du niveau de référence enregistré entre 2016 et 2019. En juin 2021, le nombre de décès a encore baissé, atteignant un taux global de 5.8% au niveau de l’EU-27, soit à peu près le même qu'en février 2021. Néanmoins, il existe encore des différences importantes entre pays. Par exemple, l’Estonie, la Grèce, la Croatie, la Lettonie, la
Lituanie, l'Autriche, la Pologne et la Slovénie enregistrent toujours des taux de surmortalité compris entre 12% et 20% tandis que la Belgique,
la République tchèque, la France, le Portugal et la Suède enregistrent
un excès de mortalité légèrement au-dessus de 1.0%, voire une légère sous-mortalité. Au Luxembourg, une surmortalité de 6.3% est enregistrée durant le mois de juin 2021. Rapport travail et cohésion sociale 34

Carte 3 Une surmortalité observée principalement lors de la deuxième vague ≤ 0 Excès de mortalité en % de décès supplémentaires par rapport à la moyenne 2016/2019 0 - < 10 10 - < 20 20 - < 30 30 - < 40 ≥ 40 Pas de données Excès de mortalité en janvier 2021 Excès de mortalité en février 2021 Excès de mortalité en mars 2021 Excès de mortalité en avril 2021 Excès de mortalité en mai 2021 Excès de mortalité en juin 2021 NB: données au 15/08/2021
Source: Eurostat

Partie 1: Population 35

1.2.10 Nombre de décès au Luxembourg avec les taux de mortalité des autres pays de l’UE-27 En appliquant les taux de mortalité observés en 2020 dans les autres pays européens à la population moyenne observée au Luxembourg au cours de cette même année, il est possible de calculer le nombre de décès qui auraient été observés au Luxembourg aves ces niveaux de mortalité. Les différences entre pays en termes de structure d’âge, de situation socioéconomique, de système de santé font que les chiffres mentionnés doivent être analysés avec un certain recul, tous les pays n’étant pas exactement comparables. Pour rappel, 4 609 décès ont été observés au Luxembourg en 2020. Ce nombre de décès est "relativement" bas comparé à la mortalité observée dans les autres pays de l’UE-27, notamment avec nos pays voisins. Si le Luxembourg avait connu les niveaux de mortalité de l’Allemagne, le Luxembourg aurait enregistré 7 502 décès (soit 2 893 décès de plus), avec les taux de mortalité de la Belgique, 2 326 décès de plus auraient été comptabilisés, avec les taux de mortalité de la France, 1 632 décès de plus auraient été observés tandis que 1 506 décès de plus auraient été dénombrés au Luxembourg avec les taux de mortalité des Pays-Bas observés en 2020. Graphique 19 Au Luxembourg, un nombre de décès relativement faible

en comparaison avec les autres pays européens 12 000 10 000 8 000 6 000 4 000 2 000 0 Bulgarie Lituanie Roumanie Lettonie Hongrie Croatie Italie Pologne Grèce Rép. tchèque Portugal Allemagne Estonie UE-27 Slovénie Belgique Slovaquie Espagne Autriche Finlande France Pays-Bas Suède Danemark Malte Chypre Irlande Nombre de décès au Luxembourg avec les taux de mortalité observés dans les autres pays de l'UE-27 11 348 7 313 4 035 Source: Eurostat, calculs STATEC Seul les niveaux de mortalité observés en Irlande et à Chypre auraient amené un nombre légèrement inférieur de décès: respectivement 574 et 30 décès de moins. À l’inverse, si le Luxembourg avait connu les niveaux de mortalité observé dans certains pays de l’Est, le nombre de décès aurait pu être beaucoup plus élevé: 11 348 décès avec le niveau de mortalité observé en Bulgarie (soit 6 739 décès de plus), 9 835 décès avec le niveau de mortalité observé en Lituanie (+ 5 226 décès) et 9 708 décès avec le niveau de mortalité observé en Roumanie (+ 5 099 décès).

Partie 2 Le marché du travail –

Rapport travail et cohésion sociale 38 2.1 Coup de frein sur la création d’emploi en 2020 2.1.1 L’évolution de l’emploi salarié au Luxembourg, fortement impactée
par le confinement au deuxième trimestre 2020 Si l’on considère la période de 2016 jusqu’au 1 er trimestre 2021, le marché de l’emploi au Luxembourg n’a connu que des variations trimestrielles positives du nombre de salariés, à l’exception du 2 e trimestre 2020 où les mesures de confinement prises en mars 2020 ont impacté toute l’éco - nomie luxembourgeoise. Celles-ci ont entraîné une baisse de -0.6% de l’emploi salarié pour ce trimestre. Après cette période néfaste pour le marché de l’emploi, l’évolution a de nouveau été positive: la forte reprise au 3e trimestre (+1.5%) est due au redémarrage d’une grande partie des activités économiques. Au 1 er trimestre 2021, la croissance du marché de l’emploi salarié a été de +0.5% (contre seulement +0.2% au même trimestre de l’année 2020). Mais on remarque tout de même que le niveau des variations trimestrielles depuis le confinement n’atteint plus les taux de croissance observés avant la crise sanitaire. En 2020, le marché de l’emploi au Luxembourg a ainsi connu un taux de croissance annuel de +2% 1. La pandémie a frappé le Grand-Duché, pour le marché de l’emploi, de manière beaucoup moins forte que pour la
plupart des autres pays européens (au niveau de l’Union européenne, le marché de l’emploi a connu une contraction de -1.5%). De nombreux facteurs ont ainsi contribué à une évolution plus favorable de l’emploi en 2020 au Luxembourg comparativement aux autres pays européens 2: ∆ l’activité a mieux résisté, bénéficiant notamment de moindres res - trictions sanitaires; ∆ un marché du travail traditionnellement plus dynamique (avec une croissance de l’emploi plus forte); ∆ moins d’emplois vulnérables, grâce à un potentiel élevé de télétravail et moins de contrats temporaires; ∆ une structure de l’économie favorisant ces précédents facteurs et la croissance de l’emploi total; ∆ des mesures de soutien telles que le chômage partiel ont aidé à garder des personnes en emploi. 1 Regards 14/2021: évolution de l’emploi en 2020: le Luxembourg très bien positionné en Europe. 2 Regards 14/2021: évolution de l’emploi en 2020: le Luxembourg très bien positionné en Europe, page 7 Partie 2: Le marché du travail 39

Graphique 1 Reprise du moteur de l’emploi après le confinement

au 2e trimestre 2020 1.6 1.4 1.2 1.0 0.8 0.6 0.4 0.2 0.0 -0.2 -0.4 -0.6 -0.8 2016 2017 2018 2019 2020 2021 Variation trimestrielle en % T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 Source: STATEC, Comptes nationaux, données corrigées des variations saisonnières

Tableau 1 Des emplois détruits uniquement au deuxième trimestre 2020 Emploi salarié intérieur 2020 2021 2020 2021 T1 T2 T3 T4 T2 T1 T2 T3 T4 T1 Variation en % sur un trimestre* Variation en % sur un an** 0.2 -0.6 1.5 0.6 0.5 2.8 1.3 2.0 1.7 2.0 Nombre d'emplois* Nombre d'emplois** 443 955 441 152 447 750 450 341 452 737 444 136 443 352 445 608 450 051 452 961

  • données corrigées des variations saisonnières ** données brutes Source: STATEC, Comptes nationaux Le tableau 1 montre une reprise de la croissance du marché de l’emploi après le 2e trimestre 2020. Le nombre d’emplois salariés atteint 453 000 unités au début de 2021. Si l’on considère la variation annuelle, un taux de croissance de 2% a été observé pour le 1er trimestre 2021, en 2020 ce taux était encore de +2.8%. Les taux de croissance annuels sont donc bien en deçà de la tendance historique (+3.4% par an en moyenne de 1995 à 2019). Les mesures de soutien à l’emploi et notamment le chômage partiel (→ Chapitre 2.2.7) ont permis de maintenir des personnes en emploi qui travaillaient peu ou pas du tout. Ainsi, la situation sur le marché du travail a été moins dramatique que dans les pays voisins.