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Rapport travail et cohésion sociale 16 Même si un rebond est remarqué dès le mois de mai, une forte baisse du nombre de mariages peut être observée durant les premiers mois de la pandémie. À partir de la rentrée scolaire, un phénomène de rattrapage des mariages annulés pendant les premiers mois de la pandémie est constaté. Ainsi, il y a eu une augmentation de 31.2% pour les mariages célébrés en octobre 2020 par rapport à la période de 2017 à 2019, +28.2% en novembre 2020 et +20.8% en décembre 2020. Le faible nombre de mariages durant le mois de novembre est traditionnellement suivi par un pic en décembre. En général, l’augmentation des mariages au mois de décembre par rapport aux mois qui précèdent est en partie expliquée
par les vacances de fin d’année mais aussi par une incitation fiscale au mariage. En effet, un couple marié paie moins d’impôts que les personnes vivant seules ou habitant ensemble mais de façon non officielle. Il est dès lors financièrement intéressant pour un couple de commencer une nouvelle année fiscale (1 er janvier) sous un statut plus favorable d’un point de vue fiscal. Graphique 7 Très peu de mariages durant les mois de mars, avril et mai 2020 300 250 200 150 100 50 0 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 2017-2019 2020 Source: STATEC L’impact du coronavirus sur le nombre de divorces est également bien visible pour les mois de mars, avril et mai 2020. Alors qu’en janvier 2020, il y a encore une hausse de 33.1% de divorces par rapport à la période de 2017 à 2019, le mois d’avril en connaît une baisse de 59.0%. Un phénomène de rattrapage peut être observé avant et après le creux du mois d’août qui va généralement de pair avec les congés d’été des tribunaux. C’est surtout durant les mois d’octobre (+ 33.0%), novembre (+ 41.3%) et
décembre (+ 14.0%) que plus de mariages ont été dissous en comparaison avec les années précédentes.

Graphique 8 Recul des divorces en mars, avril et mai 2020 250 200 150 100 50 0 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 2017-2019 2020 Source: STATEC

Rapport travail et cohésion sociale 18

1.2 En 2020, un excès de mortalité modéré est observé au Luxembourg En raison de l’épidémie de COVID-19, le nombre de décès a augmenté en 2020 avec 4 609 décès7 enregistrés toutes causes confondues, soit 326 décès de plus qu’en 2019. Le taux de mortalité observé en 2020 n’a pas été aussi élevé depuis une dizaine d’années. Cette hausse des décès a été un peu plus marquée pour les hommes et concerne surtout les personnes âgées de plus de 75 ans. En 2020, 4 609 décès ont été dénombrés parmi les résidents dont 94.7% ont eu lieu au Luxembourg. Avant le premier décès dû au COVID-19 (le 13 mars 2020), la mortalité de l’année 2020 a suivi les tendances antérieures. Le Luxembourg, comme beaucoup d’autres pays, connaissait au fil du temps une mortalité moins importante. Cette mortalité plus faible en début d’année est principalement due à un hiver particulièrement doux qui n’a pas connu de véritables épisodes grippaux. Ceci est particulièrement vrai pour le mois de février et la première moitié du mois de mars. Le nombre de décès survenus entre janvier et mi-mars est de 899 en 2020, contre 1 072 décès en 2018 et 966 en 2019. Ce nombre moins élevé de décès est, en partie, dû au fait que le mois de février 2020 (330 décès enregistrés) a connu une mortalité moindre par rapport aux années précédentes alors que ce mois comptait un jour supplémentaire, 2020 étant une année bissextile. On observe une baisse de -26.5% par rapport à 2018 (449 décès en février 2018) et de -16.4% par rapport à l’année 2019 (395 décès en février 2019).

Graphique 9 Un excès de décès observés principalement en novembre

et décembre 2020 600 500 400 300 200 100 0 493 525 396 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Août Septembre Octobre Novembre Décembre Juillet 2020 2017-2019 2021 Source: STATEC NB: données 2021: provisoires, 2017-2019 correspond à la moyenne de ces trois années.

7 Les décès repris ici concernent les décès de droit, c.-à-d. les décès de toute personne résidant
au Luxembourg, que cette personne soit décédée au Luxembourg ou à l’étranger.

Partie 1: Population 19 Depuis la déclaration du premier décès dû au COVID-19 jusqu'à la fin
décembre 2020, 3 749 décès sont dénombrés, ce qui correspond à un surplus moyen de décès de 438 par rapport aux deux années précédentes (3 350 décès pour cette période en 2019 et 3 272 en 2018). Ce nombre supplémentaire de décès coïncide en grande partie avec le nombre
de décès officiellement dus au COVID-19 pendant cette période au Luxem - bourg. Si le nombre de décès enregistrés en janvier, février, juin et juillet 2020 sont inférieurs ou comparables à ceux enregistrés en moyenne lors
des trois dernières années, un nombre plus élevés de décès est observé durant les autres mois. Ainsi, en novembre 2020, on dénombre 155 décès supplémentaires par rapport à la moyenne de 2017 à 2019. 1.2.1 2 247 décès survenus lors du premier semestre 2021 Lors du premier semestre 2021 8, le STATEC enregistre 2 247 décès. Le STATEC dénombre 440 décès en janvier 2021, 362 en février et 421 en mars. Ce nombre de décès est supérieur par rapport à celui enregistré lors du 1er trimestre 2020 (1 125 décès, +8.7%) mais inférieur aux chiffres de 2018. Cette augmentation est également à mettre en lien avec la croissance de la population qui est de 1.4% durant cette période. Lors du second trimestre, on compte 364 décès en avril, 337 en mai et 323
en juin, soit un total de 1 024. Ce nombre de décès correspond à celui enregistré au second semestre 2020 (1 047 décès). Graphique 10 Le nombre de décès enregistrés au premier semestre 2021
légèrement supérieur à celui des années précédentes 2 400 2 200 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 1er janvier 15 janvier 1er février 15 février 1er mars 15 mars 1er avril 15 avril 1er mai 15 mai 1er juin 15 juin 30 juin 2017 2018 2019 2020 2021 Nombre de décès cumulés Sources: STATEC, CTIE
NB: données 2021: provisoires 8 Les décès observés jusqu’en 2020 se basent sur les bulletins de l’état civil émis par les différentes administrations communales du Grand-Duché de Luxembourg. Ces données sont habituellement publiées annuellement une fois l’année écoulée. Afin d’appréhender de manière plus rapide le nombre de décès suite à la crise du COVID-19, le STATEC recourt, pour l’année 2021, aux données issues du Registre national des personnes physiques géré par le Centre des technologies de l'information de l'État (CTIE). Ces données sont encore considérées comme provisoires par le STATEC et pourront éventuellement être soumises à de légères révisions. Rapport travail et cohésion sociale 20 Parmi les décès observés au premier semestre 2021, les hommes sont un peu plus représentés (50.5%) que les femmes. L’âge moyen des personnes décédées est de 80.7 ans pour les femmes et de 74.2 ans pour les hommes. Durant ce premier semestre 2021, un quart des décès concernent des personnes âgées de moins de 70 ans tandis qu’un quart sont des personnes âgées de minimum 89 ans. Graphique 11 La moitié des décès survenus après l'âge de 82 ans 120 100 80 60 40 20 0 Nombre de personnes décédées au 1er semestre 2021 Âge des personnes décédées au 1er semestre 2021 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 5 15 25 35 45 55 65 75 85 95 105 Sources: STATEC, CTIE NB: année 2021: données provisoires: le nombre de décès de 0 an devrait être revu à la baisse
une fois les données définitives calculées car la source de données actuelles ne permet pas de distinguer les décès de moins d'un an des mort-nés.

1.2.2 Taux de mortalité: un recul d’une dizaine d’années La population évoluant d’année en année, l’évolution de la mortalité doit être analysée à travers le taux de mortalité qui rapporte le nombre de décès d’une année à la population moyenne de la même année. Graphique 12 Bien qu'en diminution dans le temps, une hausse du taux de mortalité

est observée en 2020 9.5 9.0 8.5 8.0 7.5 7.0 6.5 6.0 5.5 5.0 Taux de mortalité (en ‰) Années 2000 2002 2006 2004 2010 2014 2018 2008 2012 2016 2020 Canicule 2003 Canicule 2006 Crise sanitaire COVID-19 Source: STATEC

Partie 1: Population 21 Ce taux est de 7.3‰ en 2020. Ce taux est le plus élevé durant les dernières années et il faut remonter au début des années 2010 pour trouver un taux de mortalité comparable. Il est à noter que le taux de mortalité observé en 2020 aurait pu être encore plus élevé si nous avions connu un épisode grippal au début de l’année 2020.

1.2.3 L’impact du COVID-19 sur l'espérance de vie est limité Calculée sur une base annuelle afin d’appréhender au mieux l’impact du COVID-19, l’espérance de vie à la naissance est en diminution en 2020 par rapport à l’année 2019 et ce aussi bien pour les hommes que pour les femmes. En 2020, l’espérance de vie à la naissance pour les femmes est de 85.3 ans et de 80.1 ans pour les hommes. Par rapport à 2019, cette espérance de vie diminue de 0.3 ans pour les hommes et de 0.7 ans pour les femmes. Graphique 13 Une espérance de vie en légère diminution en 2020 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Espérance de vie à la naissance, en années Homme Femme Total 80.4 80.2 80.1 79.9 80.2 80.1 86.0 84.9 85.7 85.0 85.3 85.3 83.2 82.6 82.9 82.5 82.8 82.7 Source: STATEC Le STATEC estime que sans la crise sanitaire observée en 2020, l’espérance de vie à la naissance aurait augmenté entre 2019 et 2020 et qu’elle serait de 86.1 ans pour les femmes et de 80.8 ans pour les hommes. L’espérance de vie ne suffit pas à donner une vue exhaustive sur l’évolution de la mortalité. L’étude des quotients de mortalité9 est importante dans ce contexte. Ces quotients représentent la probabilité de décéder entre deux âges. Comme le montre le graphique suivant, la mortalité n’évolue pas de façon linéaire. 9 Le quotient de mortalité à un âge mesure la probabilité, pour les personnes survivantes à cet âge, de décéder avant l'âge suivant.

Rapport travail et cohésion sociale 22 Graphique 14 Une augmentation de la probabilité de décéder en 2020 1.000000 0.100000 0.010000 0.001000 0.000100 0.000010 0.000001 Âge 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 5 15 25 35 45 55 65 75 85 95+ 2017-2019 2020 Probabilité de décéder entre deux âges Source: STATEC La probabilité de décéder est plus importante lors de la première année de vie que durant le reste de l’enfance, où la mortalité est faible. La probabilité de décéder augmente, de façon importante, au début de l’adolescence pour se stabiliser par la suite. À partir de quarante ans, la courbe croît de façon linéaire jusqu’au-delà de 90 ans. Suite à l’apparition de la crise sanitaire du COVID-19, les probabilités de décéder sont globalement plus élevées en 2020 par rapport à celles observées quelques années auparavant à l’exception des personnes âgées de moins de 30 ans où les probabilités de décéder semblent un peu moins élevées en 2020.

1.2.4 Une augmentation de la mortalité plus importante pour les hommes
et les personnes âgées L’excédent de décès en 2020 par rapport à la moyenne de 2017 à 2019 a été un peu plus prononcé pour les hommes (+9.4%) que pour les femmes (+5.5%). Il a aussi été d’autant plus élevé que les personnes étaient âgées. Parmi les plus âgés, la hausse des décès demeure limitée entre 70 et 89 ans (+4.8%), mais elle est très nette à partir de 90 ans. Elle bondit à 23% entre 90 et 94 ans, et se situe encore à des niveaux plus élevés après 95 ans. Lors de la première vague (mars à mai 2020), une baisse de la mortalité est observée parmi les personnes décédées âgées de 20 à 49 ans (-14.6%) tout comme pour les 60-69 ans (-5.6%). Lors de la seconde vague (octobre à décembre 2020), un excès de mortalité par rapport à la moyenne de 2017 à 2019 est observé parmi les décès de personnes âgées de 60 ans et plus.