analyses-05-21.pdf

Type: Document | Status: ready

Partie 1: Population 23 Graphique 15 Une hausse de la mortalité plus marquée chez les hommes

et durant la seconde vague Janvier/Février 2020 Mars/Mai 2020 Juin/Septembre 2020 Octobre/Décembre 2020 Année 2020 Évolution en % entre 2017/2019 et 2020 des décès par sexe et âge, selon les périodes de l'année Total Hommes Femmes 100+ ans 95-99 ans 90-94 ans 80-89 ans 70-79 ans 60-69 ans 50-59 ans 20-49 ans Moins de 20 ans 2.3 9.5 26.6 7.5 15.5 29.9 9.4 3.7 6.1 23.0 5.5 -12.7 39.3 28.6 100.0 34.4 31.8 54.8 28.9 29.7 26.9 25.2 38.6 22.9 -7.7 -14.5 -6.8 -9.0 -1.4 -16.5 -55.0 -0.9 6.7 31.3 4.8 3.9 5.5 22.8 4.8 21.2 -5.6 -19.6 -11.3 -9.2 -0.9 2.4 20.3 0.4 1.9 -8.9 4.3 7.6 -9.1 -14.6 -1.8 40.0 16.1 -31.8 33.3 19.0 Source: STATEC Malgré l’augmentation des décès, la structure des décès observés en 2020 est peu modifiée, surtout pour les moins de 90 ans par rapport à la période de 2017 à 2019. La part de ces personnes parmi les personnes décédées est même légèrement inférieure en 2020 (78.0%) par rapport à la période de 2017 à 2019 (81.1%).

Rapport travail et cohésion sociale 24 Graphique 16 Parmi les personnes décédées, la part des personnes âgées
est plus élevée en 2020 2017-2019 2020 Répartition des décès selon l'âge Moins de 20 ans 20-49 ans 50-59 ans 60-69 ans 70-79 ans 80-89 ans 90-94 ans 95-99 ans 100+ ans 1.0% 0.9% 3.9% 4.3% 6.5% 6.9% 12.2% 13.3% 20.2% 20.8% 34.2% 35.0% 16.1% 14.0% 5.0% 4.1% 0.9% 0.7% Source: STATEC Après 90 ans, on observe proportionnellement plus de décès en 2020. Ainsi, la part des personnes décédées âgées de 90 à 94 ans est de
16.1% en 2020 contre 14.0% en moyenne de 2017 à 2019 et celle des 95 à 99 ans 5.0% en 2020 contre de 4.1% en moyenne de 2017 à 2019. 1.2.5 Les disparités spatiales sont dues à la structure démographique
de la population Le taux de mortalité observé en 2020 au niveau national est de 7.3‰.
Au niveau communal, ce taux varie de 2.7‰ à 16.8‰. Ces disparités spatiales doivent être étudiées en tenant compte de différents éléments: par exemple, structure d’âge de la population, présence ou non d’une maison de retraite, de soins. Pour le Luxembourg, quels pourraient être les facteurs expliquant les disparités spatiales en termes de mortalité? Quatre modèles ont été retenus en incorporant au fur et à mesure de nouvelles variables explica - tives par commune: ∆ Modèle 1: part des personnes âgées de 80+ ans; ∆ Modèle 2: part des personnes âgées de 80+ ans et l’indice socio-
économique; ∆ Modèle 3: part des personnes âgées de 80+ ans, l’indice socio-
économique et la densité de la population; ∆ Modèle 4: part des personnes âgées de 80+ ans, l’indice socio-
économique, la densité de la population et la présence d’au moins une maison de retraite. Partie 1: Population 25

Carte 1 Taux de mortalité par commune, année 2020 2.7 - 5.2 5.3 - 7.6 7.7 - 10.2 10.3 - 13.6 13.7 - 16.8 Maison de retraite Taux de mortalité Source: STATEC

Rapport travail et cohésion sociale 26

Tableau 2 Déterminants sociodémographiques de la mortalité par commune:

statistiques descriptives Variable Observations Moyenne Écart-type Minimum Maximum Année Source Taux de mortalité pour 1 000 personnes 102 7.31 3.10 2.71 16.76 2020 STATEC Part des personnes âgées de 80+ ans (%) 102 3.67 1.25 1.46 7.19 2021 STATEC Indice socioéconomique 102 0.45 0.18 0.14 0.94 2021 STATEC Densité de la population (par km²) 102 302.85 433.32 35.74 2 517.91 2021 STATEC Présence d'au moins une maison de retraite 102 0.36 0.48 0.00 1.00 2021 STATEC Note de lecture: Le taux de mortalité a été observé pour les 102 communes, en moyenne il est de 7.31 pour toutes les communes, l’écart-type est de 3.10, la commune qui possède le taux le plus élevé affiche un taux de mortalité qui s’élève à 16.76 alors que pour la commune où il est le plus faible il se situe à 2.71.
Source: STATEC Ces modèles ont été testés sur l’année 2020, et ce pour l’ensemble des décès liés au COVID-19 ou non. Parmi ces quatre modèles, le R² ajusté issu de la régression linéaire indique que le modèle 4 est le plus explicatif avec un R² ajusté de 0.675. Les résultats de la régression linéaire expliquant les disparités en termes de mortalité au niveau communal, prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques, indiquent que, toutes choses égales par ailleurs, quand la situation socioéconomique est la plus défavorable, le taux de mortalité est plus élevé. De même, lorsque la part des personnes âgées de plus de 80 ans augmente d'un point de pourcentage au sein d'une commune, le taux de mortalité pour 1 000 personnes est augmenté de 1.5. La présence de maisons de retraite joue également un rôle en termes de mortalité: la présence d’au moins une maison de retraite entraîne une augmentation du taux de mortalité de 1.5 pour 1 000. Un autre facteur significatif mais de manière marginale explique également les différences territoriales en termes de mortalité, une augmentation de 1 000 personnes par km² (densité de la population) diminue de deux le taux de mortalité pour 1 000 habitants.

Tableau 3 Déterminants sociodémographiques de la mortalité:

résultats de la régression TOTAL Variable M1 M2 M3 M4 Part des personnes âgées de 80+
ans dans la commune 1.905*** 1.782*** 1.875*** 1.527*** (0.159) (0.154) (0.154) (0.192) Indice socioéconomique
de la commune 3.957*** 4.594*** 4.189*** 1.068 (1.068) (1.040) Densité de la population
de la commune -0.001** -0.002*** (0.000) (0.000) Présence de maisons de retraite
dans la commune 1.496** 0.521 Constante 0.073 -1.259* -1.535** -0.547 (0.618) (0.684) (0.000) (0.733) Observations 102 102 102 102 R² ajusté 0.584 0.631 0.651 0.675 Les valeurs indiquées sont les risques relatifs et les écarts-types sont entre parenthèses. *** p<0.01, ** p<0.05
Source: STATEC

Partie 1: Population 27

1.2.6 Un excès de mortalité principalement pour les personnes âgées
de 75 ans et plus Quel aurait été le nombre de décès attendus en 2020 sans l’apparition de la crise sanitaire du COVID-19? En appliquant la mortalité observée durant la période de 2017 à 2019, il est possible d’estimer le nombre de décès qui aurait pu être attendu en 2020. En appliquant les probabilités de dé- céder par âge et sexe observées durant les années de 2017 à 2019, on estime que le nombre de décès aurait été de 4 356 en 2020. Selon cette estimation, une surmortalité de l’ordre de 5.8% est donc observée en 2020 (4 609 décès).

Tableau 4 Mortalité attendue vs mortalité observée en 2020, par âge Âge Décès observés en 2020 Décès attendus en 2020 Différence 0-4 ans 29 18 + 5-9 ans 4 0 + 10-14 ans 0 0

15-19 ans 13 6 + 20-24 ans 9 13

25-29 ans 12 17

30-34 ans 13 19

35-39 ans 33 28 + 40-44 ans 34 38

45-49 ans 78 74 + 50-54 ans 102 130

55-59 ans 198 177 + 60-64 ans 238 266

65-69 ans 326 334

70-74 ans 422 423

75-79 ans 511 500 + 80-84 ans 714 673 + 85-89 ans 860 798 + 90-94 ans 740 627 + 95-99 ans 230 182 + 100+ ans 43 33 + Total 4 609 4 356 + Source: STATEC Le nombre de décès observés en 2020 est supérieur à celui attendu pour les personnes âgées de 75 ans et plus. Ceci est particulièrement vrai pour les groupes d’âge les plus élevés: +18.0% pour les 90 à 94 ans, +26.4% pour les 95 à 99 ans et +30.3% pour les 100 ans et plus. À l’inverse, pour les personnes âgées de moins de 75 ans, globalement, le nombre de décès observés en 2020 est moindre que celui attendu en appliquant les taux de mortalité moyens de 2017 à 2019.

Rapport travail et cohésion sociale 28

1.2.7 Excès de mortalité en 2020: 1 280 années de vie perdues Afin de déterminer dans quelle mesure le surplus de décès observé en 2020 a été prématuré ou non, un indicateur peut être calculé: les années de vie perdues. Cet indicateur est obtenu en multipliant le nombre de décès supplémentaires (par âge et genre), par l’espérance de vie par âge et genre. Les résultats présentés ici se réfèrent à l’excès de mortalité toutes causes confondues, et non uniquement à la mortalité causée par le COVID-19. Cependant, l’excès de mortalité observé en 2020 étant en grande partie expliqué par le COVID-19, cet indicateur peut être assimilé à un indicateur de décès prématurés causés par le COVID-19. Le nombre total de décès toutes causes confondues en 2020 est de 4 609. En utilisant les probabilités de mourir par âge et genre qui prévalent en temps normal, le nombre total de décès aurait été estimé à 4 356 en 2020. La surmortalité en 2020 représente environ 250 personnes. En multipliant ce nombre de décès excédentaires, par âge et genre, par l’espérance de vie par âge et genre en 2020, tout en faisant abstraction de la crise sanitaire, on obtient un nombre total de 1 280 années de vie perdues. En divisant ce nombre par les 253 décès excédentaires, on peut en conclure que ces personnes décédées auraient encore pu vivre 5.1 ans en moyenne. Cet indicateur utilise les espérances de vie par âge et genre. Or, les per- sonnes décédées à la suite du COVID-19 pouvaient avoir une espérance de vie plus faible, indépendamment du COVID-19, en raison de facteurs de comorbidité déjà présents. Cet élément pourrait amener à une sures- timation du nombre d’années de vie perdues. Cette limite de la méthode est cependant valable quelle que soit la cause de décès étudiée. Ces chiffres doivent donc être analysés avec un regard critique, en fonction des choix méthodologiques retenus. Notons cependant que les quotients de mortalité utilisés pour le calcul de l’espérance de vie se basent sur l’ensemble de la population résidente. Ils représentent donc l’état de santé moyen de la population "en temps normal", y compris les facteurs de comorbidité.

1.2.8 Quatre mois où une surmortalité modérée est observée Basé sur un indicateur de mortalité standardisé (voir la méthodologie ci-dessous), on observe, depuis l’apparition de la crise sanitaire, une surmortalité modérée lors de quatre mois: avril 2020, novembre 2020, décembre 2020 et avril 2021. Pour les autres mois, il n’existe pas de surmortalité par rapport à la période de référence (années 2015 à 2019).

Partie 1: Population 29 Méthodologie L 'évaluation d’une éventuelle surmortalité s'appuie sur le calcul d'un indicateur standardisé (Z-score). Le Z-score est calculé par la formule suivante: (nombre observé de décès – nombre attendu de décès) / écart- type du nombre de décès attendu. Les cinq catégories d'excès sont définies de la façon suivante: ∆ pas d’excès: indicateur standardisé de décès (Z-score) <2; ∆ excès modéré de décès: indicateur standardisé de décès (Z-score) compris entre 2 et 4.99; ∆ excès élevé de décès: indicateur standardisé de décès (Z-score) compris entre 5 et 6.99; ∆ excès très élevé de décès: indicateur standardisé de décès (Z-score) compris entre 7 et 11.99; ∆ excès exceptionnel de décès: indicateur standardisé de décès (Z-score) supérieur à 12.

Graphique 17 En 2020, une surmortalité modérée observée durant un quart
de l'année 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 janv.-15 juil.-15 janv.-16 juil.-16 janv.-17 juil.-17 janv.-18 juil.-18 janv.-19 juil.-19 janv.-20 juil.-20 janv.-21 Population totale Z-score Sources: STATEC, CTIE Rapport travail et cohésion sociale 30 Une différence en termes de surmortalité existe également durant certains mois entre les grands groupes d’âge: 0-64 ans, 65-79 ans et 80+ ans. Graphique 18 Une surmortalité observée principalement lors de la deuxième vague 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2 -3 -4 janv.-15 juil.-15 janv.-16 juil.-16 janv.-17 juil.-17 janv.-18 juil.-18 janv.-19 juil.-19 janv.-20 juil.-20 janv.-21 0-64 ans 65-79 ans 80+ ans Z-score Sources: STATEC, CTIE Lors de la première vague du COVID-19, une surmortalité modérée est observée en avril pour les 65-79 ans ainsi que pour les 80 ans et plus. Lors de la deuxième vague, les mois de novembre, et de décembre sont marqués par une surmortalité importante, et ce dans les différents groupes d’âge: ∆ en novembre 2020, une surmortalité modérée est observée parmi les personnes décédées âgées de 0 à 79 ans. Pour les 80 ans et plus, une surmortalité élevée est même constatée; ∆ en décembre 2020, une surmortalité élevée est observée parmi les personnes décédées âgées de 65 ans et plus; ∆ une surmortalité modérée est observée en mai 2021 pour les 65 à 79 ans.

1.2.9 Par rapport aux autres pays européens, l’excès de mortalité

au Luxembourg est contenu La comparaison du nombre de décès en 2020 avec les données de la période de 2016 à 2019 a montré la situation exceptionnelle au cours des premiers mois de 2020 dans toute l'UE. Alors que d'importantes disparités existaient entre les pays, les premières semaines de l'année ont montré des valeurs inférieures à celles observées les années précédentes (par exemple -8.0% et -11.1% au Luxembourg en janvier et février 2020). Au cours du mois de mars 2020, le nombre de décès a augmenté rapidement dans certains pays européens suite à l’apparition du COVID-19. Dans certains pays de l'UE-27, les décès étaient exceptionnellement élevés par rapport au taux de mor- talité moyen de la période de 2016 à 2019. La pandémie de COVID-19 a touché l’ensemble des pays de l'UE-27. Cependant, l’impact n'a pas été uniformément réparti entre les différents territoires.