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Partie 1: Population 11 Entre mi-juillet et mi-août, période des vacances d’été, la population n’a que très peu augmenté (+ 950 personnes), phénomène qui s’est aussi manifesté les années antérieures. Le rapprochement de la rentrée scolaire et le relâchement partiel des mesures sanitaires font que la dynamique démographique reprend à partir de la mi-août jusqu’à la mi-novembre 2020. Durant ces trois mois (+ 4 300), la croissance se rapproche du niveau d'avant-crise (+ 4 600 en 2019). Depuis mi-décembre 2020, la population augmente de nouveau de manière continue (+ 732 unités par mois en moyenne), à un rythme d’ailleurs légèrement plus prononcé qu’avant la crise sanitaire. Entre mi-décembre 2020 et mi-juillet 2021, la population a augmenté d’environ 0.85%. En comparaison, la population a connu une croissance d’environ 0.63% pour la même période en 2018 et 2019.

1.1.2 Moins d’immigrations en 2020 La croissance plus faible de la population en 2020 est principalement due à la forte baisse des immigrations au début de la pandémie liée au COVID-19. Au 18 mars 2020, le gouvernement luxembourgeois a déclaré l’état d’urgence (valable jusqu’au 24 juin 2020), ce qui a considérablement compliqué l’immigration vers le Luxembourg. Les restrictions de circula- tion ont fortement entravé les flux migratoires entre mi-mars et mi-juin. Cette période se caractérise généralement par un grand nombre d’arrivées après une période hivernale plus calme. Un minimum de 534 immigrations est constaté en avril avant que le nombre parte de nouveau à la hausse, avec un maximum de 3 279 immigrations en septembre. Le mois de la rentrée scolaire se caractérise toujours par un dynamisme migratoire important. Bien que le nombre d’émigrations ait augmenté par rapport à la période 2017 à 2019, il y a eu une baisse de départs durant les mois du lockdown généralisé dans la plupart du monde. Un minimum était atteint en avril avec 577 personnes. Puis, le nombre d’émigrations s’est accru jusqu’à atteindre les 1 349 personnes en septembre. Ainsi, les émigrations ont repris un peu plus rapidement que les immigrations.

Graphique 2 Les immigrations et les émigrations ont fortement chuté

durant l'état d'urgence 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 janv.-19 mars-19 mai-19 juil.-19 sept.-19 nov.-19 janv.-20 mars-20 mai-20 juil.-20 sept.-20 nov.-20 Arrivées Départs État d'urgence Sources: STATEC, CTIE

Rapport travail et cohésion sociale 12 Avec environ 3 600 personnes, et 16.0% de l’ensemble des arrivées, les Français sont les plus nombreux à immigrer vers le Luxembourg en 2020. Ensuite viennent les Portugais (± 3 300, 14.6%), les Italiens (± 1 700, 7.4%) et les Luxembourgeois (± 1 500, 6.8%). L’immigration de quasi toutes
les nationalités a diminué durant la pandémie de COVID-19. Parmi les
14 nationalités qui ont immigré le plus en 2020, les Chinois ont connu
la baisse la plus importante par rapport à la moyenne de la période
de 2017 à 2019 (- 38.4%). Ils sont suivis des Grecs (- 28.2%) et des
Américains (- 26.3%). À l’inverse, les Luxembourgeois (+ 13.8%), les
Espagnols (+ 6.8%) et les Britanniques (+ 1.2%) ont davantage migré vers le Grand-Duché. Graphique 3 L'immigration au ralenti en 2020 pour la plupart des nationalités 4 500 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 France Portugal Italie Luxembourg Belgique Allemagne Espagne Roumanie Inde Royaume-Uni Grèce Pologne États-Unis d'Amérique Chine (Rép. pop.) Moyenne 2017-2019 2020 Sources: STATEC, CTIE Quant aux départs vers l’étranger en 2020, les Luxembourgeois sont en tête avec à peu près 2 800 personnes, soit 19.0% du total des émigrations, devant les Portugais (± 2 700, 17.9%), les Français (± 2 300, 15.4%) et
les Italiens (± 800, 5.6%). Pour la plupart des nationalités, le nombre de personnes qui ont émigré vers l’étranger a moins baissé que pour les immigrations. Nombreuses sont les nationalités qui ont même connu
une hausse de leurs émigrations par rapport à la moyenne de 2017 à 2019. Les départs d’Américains ont le plus augmenté (+ 40.9%) parmi les
14 nationalités qui ont le plus quitté le Luxembourg. Ensuite viennent
les Roumains (+ 27.4%), les Chinois (22.4%) et les Luxembourgeois (18.0%). Partie 1: Population 13

Graphique 4 L'émigration a fortement augmenté pour cetaines nationalités

en 2020 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Luxembourg Portugal France Italie Belgique Allemagne Royaume-Uni Espagne Roumanie Pologne Inde Grèce États-Unis d'Amérique Chine (Rép. pop.) Moyenne 2017-2019 2020 Sources: STATEC, CTIE

1.1.3 Un peu plus de naissances par rapport à la moyenne 2017-2019 En 2020, près de 6 460 bébés ont été mis au monde par des mères résidant au Luxembourg. Le nombre de naissances a donc légèrement augmenté par rapport aux années précédentes: + 3.7% par rapport à la moyenne de la période de 2017 à 2019. Parmi les 6 460 naissances en 2020, les bébés masculins sont légèrement surreprésentés (51.0%). 57.3% des enfants sont nés de couples mariés alors que 42.7% des naissances sont "hors mariage". La part des nais- sances "hors mariage" ne cesse d’augmenter. Elle était seulement de 3.4% en 1950, de 5.9% en 1980 et de 21.9% en 2000. 52.9% des nouveau-nés sont de nationalité luxembourgeoise, alors que 47.1% ont une nationalité étrangère. Parmi les bébés avec un passeport étranger, les Portugais sont les plus nombreux (730), suivis des Français (607) et des Italiens (261). Durant la période de 2017 à 2019, 51.9% des nouveau-nés étaient de nationalité luxembourgeoise, contre 48.1% de nationalité étrangère. L’âge moyen des mères est de 32.1 ans. L’âge moyen des mères donnant naissance à leur premier enfant est de 30.9 ans alors qu’il était encore de 28.1 ans en 2000. La question qui se pose est de savoir si la pandémie, et le confinement qui en découlait, ont contribué à une croissance ou une baisse de la natalité au Luxembourg. Certes, le nombre de naissances a augmenté sur l’ensemble de l’année 2020 par rapport à la moyenne de 2017 à 2019. Néanmoins, pour répondre à la question, il s’agit d’analyser plus en détail les naissances qui ont été enregistrées au plus tôt 9 mois après le début du confinement. L’état d’urgence ayant été déclaré le 18 mars 2020, les premières naissances qui découlent de grossesses amorcées durant le confinement ont eu lieu à partir de mi-décembre 2020. On constate qu’en décembre 2020, il y a eu 27 naissances de plus (+ 5.2%) qu’en moyenne durant la période de 2017 à 2019. Seuls les mois de janvier, mars, juin et novembre ont connu moins de naissances que lors des trois années précédentes.

Rapport travail et cohésion sociale 14

Graphique 5 En 2020, 5.2% de naissances en plus par rapport à la moyenne

de 2017 à 2019 650 600 550 500 450 400 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Aout Septembre Octobre Novembre Décembre Moyenne 2017-2019 2020 Sources: STATEC, CTIE Les données provisoires3 montrent que durant le premier semestre 2021, le nombre de naissances est légèrement plus élevé que durant les années précédentes: +1.5% par rapport à 2020 et +5.3% par rapport à la moyenne de 2017 à 2019. Les naissances des mois de mars, avril et juin ont large- ment dépassé les chiffres des années précédentes. À titre d’exemple, on observe en mars 2021, 25.2% plus de naissances qu’en 2020 et 12.9% de plus que durant la période de 2017 à 2019. D’après ces données provisoires, une légère augmentation des naissances au premier semestre 2021 peut donc être observée. Afin de prendre en compte la croissance de la population dans ce constat, il faut analyser le taux de fécondité4 des femmes âgées de 15 à 44 ans. Il s’élève à 23.4‰ au premier semestre 2021, niveau identique à celui de 2020. En 2019, le taux de fécondité était de 22.4‰, contre 23.4‰ en 2018 et 24.3‰ en 2017. Dès lors, ni un "baby-boom", ni un véritable recul des naissances ne peut donc être constaté à l’heure actuelle au Luxembourg. Des recherches montrent néanmoins que la natalité a fortement chuté suite à la crise sanitaire. Une publication apparue dans la revue PNAS5 expose que les incertitudes économiques liées à une pandémie, ou une crise en général, ont communément des conséquences néfastes sur la natalité. La grippe espagnole de 1918, la Grande Dépression et la dernière récession de 2008 ont toutes entraîné un recul de la fécondité. Il faudra attendre les statis- tiques du deuxième semestre afin d’en tirer des conclusions plus appro- fondies.

3 Les naissances de mères résidant au Luxembourg et ayant accouché à l’étranger ne sont pas encore comptabilisées. 4 Le taux de fécondité à un âge donné (ou pour une tranche d'âge) est le nombre d'enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l'année, rapporté à la population moyenne de l'année
des femmes de même âge. Ce taux est ici exprimé en pour mille. 5 Aassve A., Cavalli N., Mencarini L., Plach S., Sanders S. (2021). Early assessment of the relationship between the COVID-19 pandemic and births in high-income countries, PNAS

Partie 1: Population 15

1.1.4 Grande baisse des mariages et des divorces en 2020 En 2020, environ 1 800 mariages ont été célébrés. La crise sanitaire a engendré une baisse du nombre de mariages de 9.1% par rapport à la moyenne de la période de 2017 à 2019 (presque 2 000 mariages en moyenne). Dans 97.8% des cas, il s’agit de mariages de sexe différent alors que 2.2% des mariages sont de même sexe. Parmi les mariages homo- sexuels, 59.0% sont entre deux hommes et 41.0% entre deux femmes. La pandémie a également fait baisser le nombre de divorces prononcés en 2020. Environ 1 450 mariages ont été dissous, soit une diminution de 24.1% par rapport à 2019 (un peu plus de 1 900 divorces en 2019). Par rapport à la moyenne de la période de 2017 à 2019, le nombre de divorces n’a par contre pas baissé. Ceci s’explique par un pic de divorces observés en 2019. L’introduction d’une nouvelle loi instituant le juge aux affaires familiales6 permet d’expliquer la hausse de divorces en 2019. D’une part les affaires introduites sous l’ancienne loi ont été évacuées. D’autre part, la nouvelle loi prévoit des délais très courts, ce qui a permis de clôturer un plus grand nombre d’affaires en moins de temps que sous l’ancienne procédure.

Graphique 6 Beaucoup moins de mariages et de divorces en temps de pandémie 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 Mariages Divorces Sources: STATEC, CTIE Avant que le coronavirus n’apparaisse au Luxembourg fin février 2020, le nombre de mariages était du même ordre de grandeur (en janvier) ou même bien supérieur (en février) à celui de la moyenne de la période de 2017 à 2019. Avec la mise en place des restrictions sanitaires par le gouvernement, le nombre de noces célébrées a fortement reculé. Devant l’impossibilité de tenir des rassemblements privés de grande ampleur, bien des couples ont décidé de reporter ou d’annuler leur projet. La baisse du nombre de mariages est particulièrement visible au tout début de la crise sanitaire. En mars 2020, il y a 25.0% moins de mariages qu’en moyenne entre 2017 et 2019. Durant les mois d’avril, mai et juin, le déclin se situe à - 45.7%, - 47.6% et - 43.1%. Dès le mois de juillet, le nombre de mariages se rapproche du niveau des années précédentes et le dépasse même à partir d’octobre. 6 Loi JAF: https://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2018/06/27/a589/jo