Rapport travail et cohésion sociale 40
2.1.2 L’impact de la crise diffère selon les branches La crise du COVID-19 n’a pas eu le même impact sur toutes les branches de l’activité économique (→ Tableau 2).
Tableau 2 Les activités de l’industrie et du commerce, transport, hébergement
et restauration présentent des taux de variation annuels négatifs
pendant 4 trimestres consécutifs 2020 2021 2020 2021 T1 T2 T3 T4 T1 T1 T2 T3 T4 T1 Emploi salarié par branche d'activité (NACE Rév. 2) Variation en % sur un trimestre* Variation en % sur un an** Industrie (extractive, manufacturière, énergie et déchets) 0.6 -0.9 -0.7 -0.3 -0.2 0.7 -0.4 -0.7 -1.3 -1.9 Construction 1.0 0.2 1.6 0.8 0.9 3.7 3.2 3.9 3.5 3.5 Commerce, transport, hébergement et restauration 0.4 -2.3 1.0 -0.1 -0.4 3.0 -0.5 -0.2 -1.0 -1.8 Information et communication 0.8 -0.2 1.2 0.6 1.2 3.4 2.2 2.9 2.4 2.8 Activités financières et d'assurance 0.3 -0.1 0.5 0.7 0.5 2.5 1.4 1.4 1.5 1.6 Activités spécialisées et services de soutien -1.5 -2.9 4.8 1.5 0.9 0.7 -2.5 1.2 1.7 4.3 Administration et autres services publics 1.1 1.9 0.9 1.0 1.5 4.8 5.5 5.2 5.0 5.4 Autres activités 0.3 0.4 0.1 0.1 0.6 2.8 2.2 1.6 0.9 1.2
- données corrigées des variations saisonnières ** données brutes Source: STATEC, Comptes nationaux Dans le tableau 2, on voit que la branche de l’industrie enregistre une perte des emplois salariés à partir du 2e trimestre 2020. Une variation annuelle de -1.9% est observée au 1er trimestre 2021. De la même manière, les activités du commerce, transport, hébergement et restauration ont connu une diminution des effectifs pendant 4 trimestres consécutifs (en variation annuelle). Ces deux branches sont les seules à présenter des variations négatives du nombre de salariés. Les autres activités écono- miques continuent à créer des emplois. Au 1er trimestre 2021, ce sont l’administration et les services publics qui présentent les taux de variation annuels les plus élevés: +5.4% par rapport au 1er trimestre 2020. L’État a continué à créer des postes, même pendant la crise sanitaire. Les activités spécialisées et de services de soutien (+4.3% par rapport à l’année précédente) ainsi que les activités de construction (+3.5%) sont également des branches très dynamiques, même durant cette période tendue.
Partie 2: Le marché du travail 41
2.1.3 Les frontaliers plus touchés par le ralentissement de l’emploi La crise sanitaire a des répercussions différentes selon le pays de résidence des salariés.
Tableau 3 Les frontaliers sont plus touchés par la crise sanitaire
que les résidents 2020 2021 2020 2021 T1 T2 T3 T4 T1 T1 T2 T3 T4 T1 Variation en % sur un trimestre* Variation en % sur un an** Emploi salarié intérieur 0.2 -0.6 1.5 0.6 0.5 2.8 1.3 2.0 1.7 2.0 Pays de résidence et nationalité Résidents au Luxembourg 0.4 -0.4 1.0 0.3 0.5 2.6 1.4 1.8 1.3 1.4 Luxembourgeois 0.7 0.7 0.4 0.0 0.7 2.7 2.7 2.4 1.7 1.7 Communautaires (UE) -0.1 -1.4 1.4 0.4 0.1 1.2 -0.6 0.4 0.3 0.5 Non communautaires 1.6 -1.8 2.8 2.2 1.3 9.6 4.8 5.4 4.8 4.4 Frontaliers 0.1 -1.0 2.0 0.9 0.6 3.1 1.1 2.2 2.1 2.7 Belgique 0.0 -0.6 1.7 0.7 0.4 1.8 0.7 1.7 1.8 2.2 Allemagne 0.6 0.2 1.1 0.9 0.7 3.6 2.8 3.0 2.8 2.9 France -0.1 -1.6 2.7 1.0 0.6 3.5 0.6 2.1 1.9 2.7 Sexe Hommes 0.0 -0.6 1.7 0.6 0.4 2.3 0.9 1.9 1.6 2.1 Femmes 0.6 -0.7 1.2 0.6 0.7 3.5 1.8 2.1 1.8 1.8 2020 2021 2020 2021 T1 T2 T3 T4 T1 T1 T2 T3 T4 T1 Nombre d'emplois* Nombre d'emplois** Emploi salarié intérieur 443 955 441 152 447 750 450 341 452 737 444 136 443 352 445 608 450 051 452 961 Pays de résidence et nationalité Résidents au Luxembourg 240 192 239 321 241 768 242 454 243 578 240 549 240 373 240 166 242 631 243 947 Luxembourgeois 118 122 118 911 119 360 119 316 120 186 118 370 119 178 118 561 119 597 120 428 Communautaires (UE) 103 476 102 023 103 480 103 892 103 969 103 514 102 788 102 813 103 739 104 026 Non communautaires 18 691 18 346 18 854 19 266 19 523 18 665 18 407 18 792 19 294 19 494 Frontaliers 203 780 201 834 205 958 207 892 209 173 203 587 202 978 205 443 207 421 209 014 Belgique 47 879 47 599 48 386 48 736 48 942 47 948 47 689 48 223 48 732 49 023 Allemagne 48 448 48 527 49 068 49 526 49 869 48 371 48 629 49 052 49 515 49 796 France 107 410 105 685 108 537 109 666 110 322 107 268 106 661 108 168 109 175 110 195 Sexe Hommes 262 187 260 524 265 003 266 472 267 631 262 364 262 197 263 678 265 884 267 887 Femmes 181 821 180 562 182 759 183 880 185 143 181 772 181 155 181 931 184 167 185 074
- données corrigées des variations saisonnières ** données brutes Source: STATEC, Comptes nationaux
Au cours du 2e trimestre 2020, la baisse du nombre de salariés frontaliers
(-1.0% par rapport au 1 er trimestre 2020) a été plus importante que
celle des résidents (-0.4% en variation trimestrielle). Si l’on considère
la variation annuelle, une situation exceptionnelle a été observée au
2e trimestre 2020: le nombre de salariés résidents a augmenté plus que
celui des frontaliers. À partir du 3 e trimestre 2020, cette situation s’est
de nouveau inversée: l’évolution des emplois frontaliers est de nouveau
plus dynamique que celle des résidents.
Au 1 er trimestre 2021, le nombre de salariés frontaliers a augmenté
de +2.7% par rapport à l’année dernière. Par contre, le nombre d’emplois
des résidents n’a augmenté que de +1.4%. Les taux de variation les plus
élevés ont été enregistrés pour les frontaliers allemands (+2.9% par
rapport à l’année dernière) et français (+2.7%).
Au 1er trimestre 2021, le marché du travail luxembourgeois totalise 453 000
postes dont 209 000 sont occupés par des salariés frontaliers. Les
résidents avec la nationalité luxembourgeoise et les frontaliers français
sont avec respectivement 120 000 et 110 000 les plus nombreux sur le
marché du travail luxembourgeois au début de 2021. Les frontaliers belges
et allemands occupent chacun environ 50 000 emplois salariés.
Au 1 er trimestre 2021, le nombre de salariés masculins a augmenté de
+2.1% et celui des femmes de +1.8% par rapport à 2020, alors que
pendant les trimestres précédents c’était l’emploi des femmes qui était
plus dynamique.
Partie 2: Le marché du travail
43
2.2
Chômage: nette augmentation en 2020 avant un
retour à la normale en 2021, mais pas pour tous!
Pour résumer, en 2020
∆Avec 6.8%, le taux de chômage du Luxembourg reste en dessous
de la moyenne européenne (7.1%) et de la zone euro (7.9%).
∆Le taux est en augmentation pour les jeunes, la différence entre
les deux sexes se creuse.
∆Les groupes les plus touchés restent les étrangers hors UE et
les personnes à faible niveau d’éducation.
Tout au long de ce rapport, notamment dans la partie suivante consacrée
à la pauvreté et l’exclusion sociale, il ressort que le statut professionnel
a une incidence primordiale sur l’inclusion sociale. En effet, le taux de
risque de pauvreté est quasiment quatre fois plus élevé pour un chômeur
que pour une personne en emploi. Dans cette optique, ce chapitre se
penche sur la composition et l’évolution du chômage au Luxembourg.
Pour bien comprendre Le taux de chômage est défini comme étant le rapport entre le nombre de chômeurs et la population active. La population active se définit comme l'ensemble des personnes en âge de travailler qui sont disponibles sur le marché du travail, qu'elles aient un emploi ou qu'elles soient au chômage. Au Luxembourg, deux sources et deux définitions différentes sont utilisées pour calculer le taux de chômage:
- le chômage selon la définition du Bureau international du Travail (B.I.T.) est mesuré par l'Enquête sur les forces de travail du STATEC. Le nombre de chômeurs correspond au nombre de personnes qui déclarent qu’elles sont sans emploi, disponibles pour prendre un emploi dans un délai de deux semaines et activement à la recherche d’un emploi;
- le chômage selon l’Agence pour le développement de l’emploi (ADEM). Le nombre de chômeurs correspond au nombre de personnes inscrites auprès du service public de l’emploi.
Rapport travail et cohésion sociale 44 Étant donné que les définitions divergent, l’évolution du taux de chômage est légèrement différente selon la source utilisée, néanmoins, les deux taux se rapprochent ces dernières années et continuent à augmenter nettement en 2020. Le taux de chômage atteint 6.3% en moyenne annuelle en 2020 d’après l’ADEM et 6.8% d’après les études du BIT.
Graphique 2 La tendance à la baisse du chômage de ces dernières années
est rompue en 2020 8 7 6 5 4 3 2 1 0 Chômage ADEM Chômage BIT Taux de chômage, en % 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Sources: STATEC (EFT), ADEM
2.2.1
Le Luxembourg parmi les bons élèves de la classe européenne mais
il peut faire mieux!
En comparaison avec le niveau européen, le Luxembourg affiche un taux
de chômage plus faible par rapport à la moyenne UE-27 qui se chiffre à
7.1%. Quinze autres États membres montrent néanmoins un taux encore
plus bas que le Grand-Duché (contre treize l’année précédente). Les pays
de la zone euro sont plus fortement touchés par la crise de chômage
déclenchée par la pandémie que les autres pays de l’UE-27. Le taux moyen
de la zone atteint 7.9%. La République tchèque arrive en tête des meilleurs
élèves avec un taux de seulement 2.6%, suivie par la Pologne avec 3.2%.
Du coté des pays voisins, la France avec 8.0% fait face à un taux de
chômage plus élevé que le Luxembourg et aussi que l'Union européenne
et la zone euro. La Belgique par contre, bat le Grand-Duché avec un taux
de chômage nettement plus modéré à 5.6%. Parmi les plus mauvais élèves,
on retrouve la Grèce avec un chômage à 16.3% et l’Espagne à 15.5%.
À part en France et en Grèce, dans tous les États membres de l’UE le taux
de chômage a augmenté en 2020 par rapport à 2019. Les augmentations
les plus importantes ont été enregistrées en Estonie et en Lituanie avec
un accroissement de 2.4 et 2.2% respectivement.