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Partie 3: Conditions de vie 111 Par ailleurs, 22.2% des ménages ayant de très grandes difficultés financières ne peuvent pas s’offrir un repas à base de viande ou de poisson (ou équiva- lent végétarien) tous les deux jours. À l’inverse, la quasi-totalité des ménages qui ne doivent pas se serrer la ceinture peuvent s’offrir un repas de viande ou de poisson un jour sur deux. En 2020, 90.8% de ceux qui déclarent ne pas avoir de difficultés financières peuvent faire face à des dépenses imprévues contre 42.7% qui admettent avoir des problèmes pour joindre les deux bouts. Cette proportion chute à 12.1% lorsqu’il est très difficile de s’en sortir à la fin du mois.

Tableau 4 Pourcentage de ménages pouvant s’offrir une semaine de vacances

loin de leur domicile, selon la capacité du ménage à joindre les deux

bouts, 2018-2020: moins les ménages ont de l’argent, moins ils

peuvent s’offrir une semaine de vacances loin de leur domicile Capacité du ménage à joindre les deux bouts 2018 2019 2020 Très difficile 35.7 32.8 29.9 Difficile 60.3 54.6 48.6 Plutôt difficile 78.7 80.2 81.1 Total - Difficultés pour joindre les deux bouts 66.2 65.9 64.5 Plutôt facile 95.9 96.3 95.5 Facile 98.0 98.3 98.8 Très facile 98.1 98.9 100.0 Total - Pas de difficultés pour joindre les deux bouts 97.0 97.6 97.4 Total 88.4 89.7 88.7 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2018-2020

Tableau 5 Pourcentage de ménages pouvant s’offrir un repas à base de viande

ou de poisson (ou équivalent végétarien) par semaine, selon la

capacité du ménage à joindre les deux bouts, 2018-2020:

les repas à base de viande ou de poisson (ou équivalent végétarien)

sont un luxe pour les ménages aux fins de mois difficiles Capacité du ménage à joindre les deux bouts 2018 2019 2020 Très difficile 80.5 78.9 77.8 Difficile 93.7 87.4 93.9 Plutôt difficile 96.7 96.8 96.4 Total - Difficultés pour joindre les deux bouts 93.0 91.4 93.1 Plutôt facile 99.4 98.5 93.6 Facile 99.7 99.3 97.4 Très facile 98.3 99.5 99.7 Total - Pas de difficultés pour joindre les deux bouts 99.3 99.0 95.9 Total 97.6 97.2 95.2 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2018-2020

Rapport travail et cohésion sociale 112

Tableau 6 Pourcentage de ménages pouvant faire face aux dépenses imprévues,

selon la capacité du ménage à joindre les deux bouts, 2018-2020:

les ménages qui ont des difficultés à joindre les deux bouts peuvent

difficilement faire face aux dépenses imprévues Capacité du ménage à joindre les deux bouts 2018 2019 2020 Très difficile 20.9 19.9 12.1 Difficile 44.2 39.0 23.1 Plutôt difficile 57.4 60.5 60.5 Total - Difficultés pour joindre les deux bouts 47.4 48.3 42.7 Plutôt facile 90.0 91.2 85.6 Facile 95.6 96.2 94.1 Très facile 97.6 99.5 98.9 Total - Pas de difficultés pour joindre les deux bouts 93.2 94.6 90.8 Total 80.4 83.1 78.1 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2018-2020

3.3.2 La charge financière du logement: une question centrale En 2020, 31.5% des ménages résidant au Luxembourg considèrent que la charge financière de leur logement est importante, 47.4% qu’elle est moyennement importante, et 21.1% qu’elle ne l’est pas du tout. Ainsi, pour 78.9% de ménages au Luxembourg, le problème de la charge financière liée au logement est donc préoccupant. Cette proportion reste à un niveau important et augmente de 1 point par rapport à 2019. La charge financière du logement n’est pas ressentie de la même manière par toutes les catégories de ménages. La perception s’aggrave s’il y a des enfants à charge. Pour 25.8% des ménages isolés, le poids du logement est perçu comme pas du tout important, tandis qu’il ne l’est que pour 5.2% des ménages monoparentaux avec un enfant et chute à 4.4% pour les ménages monoparentaux avec plusieurs enfants. Par ailleurs, ce sont 27% des ménages de deux adultes sans enfants qui considèrent comme pas du tout importante la charge financière de leur logement. Ce pour- centage chute à 8.1% pour les ménages de deux adultes avec un enfant et 8.8% pour ceux composés de deux adultes avec au moins deux enfants à charge. Pour seulement 12.6% des ménages locataires de leur résidence principale et 12.9% des ménages propriétaires qui ont encore des rem- boursements d’emprunt à effectuer, la charge financière du logement est perçue comme pas du tout importante, alors qu’elle l’est pour 40.4% des ménages propriétaires qui n’ont pas ou plus de remboursements d’em- prunt. On voit encore le poids des remboursements d’emprunt et des loyers sur les finances des ménages.

Partie 3: Conditions de vie 113

Tableau 7 Un tiers des ménages juge la charge financière de leur logement

comme importante Perception de la charge financière du logement Importante Moyennement importante Pas du tout importante 2010 36.4 45.5 18.1 2011 36.4 46.9 16.7 2012 38.2 45.2 16.6 2013 35.0 45.2 19.8 2014 31.5 45.5 23.0 2015 30.1 44.0 25.9 2016 36.1 45.5 18.5 2017 33.8 46.7 19.4 2018 35.1 45.1 19.8 2019 32.0 45.9 22.1 2020 31.5 47.4 21.1 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2010-2020

Tableau 8 Distribution (en %) des ménages selon la perception de la charge

financière du logement: près des deux tiers des familles

monoparentales avec plusieurs enfants perçoivent la charge

financière de logement comme importante Importante Moyennement importante Pas du tout importante Un adulte sans enfants à charge 26.8 47.5 25.8 Un adulte - 1 enfant 46.2 48.6 5.2 Un adulte - plus de 1 enfant à charge 64.0 31.6 4.4 Deux adultes sans enfants à charge 26.7 46.4 27.0 Deux adultes - 1 enfant à charge 38.1 53.8 8.1 Deux adultes - plus de 1 enfant à charge 47.7 43.6 8.8 Ménages propriétaires
(pas de remboursement d'emprunt en cours) 11.8 47.9 40.4 Ménages propriétaires
(remboursement d'emprunt en cours) 35.6 51.5 12.9 Ménages locataires 44.6 42.8 12.6 Ménages propriétaires (total) 24.7 49.9 25.5 Ménages locataires 44.6 42.8 12.6 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2020

Rapport travail et cohésion sociale 114

Graphique 7 Pour 69.2% des ménages qui déclarent avoir des difficultés à joindre

les deux bouts, la charge financière du logement est perçue comme

importante Importante Moyennement importante Pas du tout importante 2019 2019 2020 2020 2019 2020 2019 2020 2019 2020 2019 2020 2019 2020 2019 2020 très difficile Distribution des ménages selon la perception de la charge financière du logement et la capacité du ménage à joindre les deux bouts, en % difficile plutôt difficile total difficile plutôt facile facile très facile total facile 88.3 89.7 87.0 78.3 57.0 59.3 69.3 69.2 27.0 24.0 18.7 13.6 5.0 7.8 20.2 17.7 10.5 10.3 10.3 16.6 39.3 38.1 27.6 27.8 59.2 58.7 50.7 56.2 32.4 33.4 51.7 54.5 1.2 0.0 2.7 5.1 3.7 2.6 3.1 3.0 13.8 17.3 30.7 30.2 62.6 58.8 28.1 27.8 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2019-2020 Logiquement, la charge du logement est corrélée avec la capacité finan- cière du ménage: pour 69.2% des ménages qui déclarent avoir des diffi- cultés à joindre les deux bouts, la charge financière du logement est perçue comme importante, alors que cela ne concerne que 17.7% des ménages qui n’ont pas de difficultés. En 2020, 2.7% des ménages déclarent avoir eu au moins une fois au cours des douze derniers mois des arriérés sur le paiement du loyer (si le ménage est locataire) ou des mensualités d’emprunt (si le ménage est propriétaire) pour leur résidence principale et 2.3% ont payé en retard leurs factures courantes liées à la résidence principale (eau, électricité, gaz et chauffage). Le problème des arriérés de paiement reste donc un phénomène marginal et stable au Luxembourg d’après nos données.

Graphique 8 2.7% des ménages déclarent avoir des arriérés de paiement en 2020 2018 2019 2020 Paiement du loyer/mensualités d'emprunt pour la résidence principale Pourcentage de ménages déclarant avoir eu des arriérés de paiement au moins une fois pendant les douze derniers mois Paiement des factures énergétiques courantes (gaz, eau, électricité, chauffage) 2.7% 3.3% 2.3% 2.7% 2.3% 3.2% Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2018-2020

Partie 3: Conditions de vie 115 B) Une vue structurelle sur les revenus, leurs inégalités et la pauvreté Source de données Les chiffres commentés dans cette partie proviennent de l’enquête
EU-SILC (European Union Survey on Income and Living Conditions).
Il s’agit d’une enquête européenne qui est réalisée chaque année au Luxembourg par le STATEC en collaboration avec le LISER (Luxembourg Institute for Socio-Economic Research). À côté des questions sur le revenu des ménages et des personnes (qui permettent notamment de calculer des indicateurs objectifs basés sur la distribution des revenus, comme le taux de risque de pauvreté ou le coefficient de Gini), l’enquête contient des questions subjectives sur la perception qu’ont les ménages de leur propre situation financière et matérielle. Les résultats commentés dans les pages qui suivent ne tiennent pas compte des conséquences économiques et sociales engendrées par
le COVID-19 car les indicateurs sur les revenus, les inégalités et la
pauvreté (→ Chapitres 3.4 et 3.5) sont calculés à partir de l'enquête EU-SILC 2020 et portent sur les revenus perçus par les ménages en 2019. En 2020, l’enquête sur le terrain a aussi été fortement impactée par
les mesures de confinement et les restrictions sanitaires imposées. Dès lors, les résultats de la vague d’enquête 2020 ne sont pas comparables aux vagues précédentes. Il faudra attendre les vagues d’enquête suivantes pour confirmer les observations au niveau des tendances de long terme.

3.4 Les revenus et leurs inégalités en 2019 Pour résumer, en 2019, au Luxembourg ∆ La moitié des ménages dispose, après impôts et cotisations sociales, d’un revenu mensuel égal à 4 897 EUR. ∆ Le niveau de vie médian ( → Encadré) vaut 3 154 EUR mensuels pour une personne seule après impôts et prestations sociales, c’est un niveau de vie plus élevé que celui observé en 2018. ∆ Le revenu du travail reste la composante la plus importante, mais
elle est en baisse constante. À l’inverse, les revenus de compensation augmentent, particulièrement les pensions de vieillesse. Nous notons aussi une légère hausse des revenus du capital. ∆ Les 10% du haut de l’échelle des revenus touchent en moyenne
8.1 fois ce que touchent les 10% en bas de la distribution après
impôts et cotisations sociales. La différence entre ces deux catégories de ménage est en moyenne de 7 609 EUR, ce qui représente 3.5 fois le salaire social minimum en 2019. Le revenu est un des éléments importants pour la qualité de vie des
ménages car il leur permet d’acquérir des biens et services et de consti - tuer un patrimoine financier. Il est un des principaux indicateurs des conditions de vie et de bien-être d’une société. La présente analyse du revenu couvre divers aspects et se divise en trois sections. La première section porte sur le revenu brut des ménages qui reflète la mise en com - mun des ressources et ses composantes. L’évolution du revenu selon la source est aussi examinée. La deuxième section traite du revenu disponible du ménage, soit le reve - nu total brut moins les retenues fiscales et les cotisations sociales. Si ce revenu est un indicateur important, il n’est pas suffisant pour pouvoir comparer le niveau de vie des ménages qui dépend de sa composition et de sa taille. Pour comparer le niveau de vie des ménages et des personnes, il faut définir un concept de revenu qui sera appelé par la suite le niveau de vie, en divisant le revenu total disponible du ménage par son nombre d’"équivalents-adulte". Ce concept sera développé dans la dernière section. Le niveau de vie sera présenté et analysé selon les variables comme le type de famille, l’âge de la personne de référence du ménage, le statut d’activité, la nationalité et la profession. 3.4.1 Le revenu brut Le revenu brut des ménages provient de deux sources: les revenus privés et les revenus des transferts. Les revenus privés sont les revenus "primaires" d’un ménage et proviennent de son travail et de son capital. Les revenus du travail sont tirés d’une activité professionnelle salariée ou indépendante, tandis que les revenus du capital proviennent essentiellement de la mise en location par les ménages de biens immobiliers (par exemple, un appartement, un garage ou un terrain) et des intérêts ou des dividendes perçus sur des placements financiers (par exemple, portefeuilles d’actions, plans d’épargne ou as - surance-vie). En plus des revenus primaires, les ménages touchent souvent d’autres formes de revenus, dits "secondaires", qui correspondent à des transferts réalisés par l’État vers les ménages. Ces revenus secondaires peuvent prendre la forme de revenus de compensation se substituant aux revenus d’activité lorsque les personnes ne peuvent plus exercer d’activité pro - fessionnelle (en cas de vieillesse, de chômage, de maladie, d’invalidité ou de veuvage). Les prestations sociales dont les ménages peuvent bénéfi - cier constituent une deuxième source de revenus secondaires, par exemple: ∆ prestations familiales: allocations familiales, allocation de rentrée scolaire, allocation d’éducation, prestations de naissance, indemnité pour congé parental, le boni pour enfant a été supprimé en 2016; ∆ aides au logement, sous la forme de subvention ou de bonification des intérêts d’emprunt pour les ménages propriétaires et de subvention de loyer pour les locataires; ∆ bourses d’études sans charge d’intérêts; ∆ minima sociaux: il s’agit principalement du revenu d’inclusion sociale (REVIS) qui remplace le revenu minimum garanti (RMG) depuis le 1 er janvier 2019, mais aussi d’autres prestations versées par le Fonds National de Solidarité. Si l’on ajoute à tout cela les revenus qui sont issus de transferts réguliers de la part d’autres ménages (par exemple, les pensions alimentaires) et les revenus qui sont perçus par les membres du ménage âgés de moins de 16 ans (par exemple, les salaires d’apprentissage), on aboutit au re - venu brut du ménage. Rapport travail et cohésion sociale 118 La figure 1 fait la synthèse de ces différentes sources de revenus possibles pour les ménages. Il faudrait aussi ajouter à cette liste l’ensemble des revenus en nature (production domestique, voiture de société, prestations sociales en nature comme les chèques-service accueil, les rembour - sements pour les médicaments ou les loyers d’habitation réduits…). Bien que l’impact des prestations sociales en nature sur le niveau de vie des ménages soit significatif, il est difficile statistiquement de donner une valeur monétaire aux revenus qui sont perçus en nature. C’est pour cela qu’ils ne sont généralement pas pris en compte et constituent une
faiblesse dans le calcul des principaux indicateurs sur la distribution des revenus. La figure 1 montre aussi les différents impôts qui vont jouer un rôle dans le passage du revenu brut vers le revenu net. Figure 1 Une typologie des revenus des ménages Revenus primaires du ménage Revenus du capital Revenus du travail Vieillesse Chômage Maladie Invalidité Veuvage Prestations familiales Aides au logement Bourses d’études Minima sociaux (REVIS...) Transferts d’autres ménages… Revenu brut du ménage Revenu disponible du ménage Consommation finale, épargne… TVA, droits d’accises… Impôts indirects Impôts directs Revenus de compensation Prestations sociales Autres revenus Prélèvements obligatoires Impôt foncier Cotisations sociales Impôt sur le revenu des personnes physiques Source: STATEC Le tableau 9 présente la part relative (en %) des différentes sources de revenu dans le revenu total brut des ménages qui résident au Luxembourg. Les sources de revenus sont regroupées en cinq catégories, à savoir les revenus du travail, les revenus du capital, les revenus de compensation, les prestations sociales et les autres revenus. Les revenus primaires (revenus du travail et revenus du capital) constituent en moyenne 72% du revenu total brut des ménages. Parmi ces revenus,
le revenu du travail est de loin la source de revenus la plus importante pour les ménages (67.9%). Les revenus de compensation (notamment les pen - sions de vieillesse) sont en constante hausse et représentent maintenant près d’un quart (24.7%) du revenu brut des ménages et constituent la deuxième source de revenus, suivis très loin derrière par les prestations sociales (3.8%) et le revenu du capital (3.5%). Les prestations sociales comprennent principalement les prestations familiales et les minimaux sociaux dont la part a néanmoins fortement augmenté.

Tableau 9 Plus de deux tiers du revenu brut de l’ensemble des ménages provient
des revenus du travail liés à une activité salariale Sources de revenu 2020 Composantes de chaque source de revenu
Parts en % de la source de revenu 2020
Revenus du travail 67.9 Activité salariée 96.3 Usage voiture de société à des fins privées 0.4 Activé indépendante 3.3 Revenus de compensation 24.7 Pensions de vieillesse 85.5 Chômage 5.2 Invalidité 4.3 Veuvage 1.7 Maladie 3.4 Prestations sociales 3.8 Prestations familiales 61.4 Bourses d'études 11.8 Aides au logement 4.2 Minima sociaux 22.6 Revenus du capital 3.5 Location de biens immobiliers 78.4 Intérêts, dividendes, bénéfices tirés de
placements financiers 20.5 Pensions versées par des régimes
complémentaires de retraite 1.1 Autres revenus 0.2 Transferts réguliers en provenance
d'autres ménages 100 Revenus des personnes de moins de 16 ans 0 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC

Rapport travail et cohésion sociale 120 3.4.2 Le revenu disponible par ménage Le revenu disponible est le revenu dont dispose un ménage afin de consom - mer ou d’épargner. Il est calculé en enlevant du revenu brut le montant des cotisations sociales (à la charge de l’employé) et des impôts directs (impôt sur le revenu des personnes physiques et impôt foncier communal). Si l’imposition directe constitue la partie émergée du système fiscal, les ménages sont également soumis à une imposition indirecte à quasiment tous les stades de leur consommation courante (TVA, droits d’accises). Les impôts indirects sont acquittés par les entreprises, mais leur montant est répercuté à court terme sur les prix à la consommation. Ce sont
donc les ménages qui les payent au final. Or, dans le concept de revenu disponible, les impôts indirects ne sont pas déduits du revenu brut
(→ Figure 1) . Après la déduction des impôts, le revenu disponible moyen des ménages résidant au Luxembourg est de 5 716 EUR par mois. Quant au revenu disponible médian 4, il est de 4 897 EUR par mois. La répartition des
ménages en fonction de leur revenu disponible révèle que 30.7% des ménages disposent d’un revenu inférieur à 3 500 EUR par mois, dont 26.5% obtiennent un revenu compris entre 1 500 et 3 500 EUR et 4.3% des
ménages possèdent un revenu mensuel inférieur à 1 500 EUR ( → Graphique 9). À l’autre extrémité, 5.7% des ménages jouissent d’un revenu supérieur ou égal à 12 OOO EUR par mois. Graphique 9 En 2020, près du tiers des ménages dispose d’un revenu mensuel
inférieur à 3 500 euros, en % du nombre total des ménages 10 8 6 4 2 0 Classes de revenu Distribution des ménages selon leur revenu disponible mensuel, en % <1 500 1 500-1 999 2 000-2 499 2 500-2 999 3 000-3 499 3 500-3 999 4 000-4 499 4 500-4 999 5 000-5 499 5 500-5 999 6 000-6 499 6 500-6 999 7 000-7 499 7 500-7 999 8 000-8 499 8 500-8 999 9 000-9 499 9 500-9 999 10 000-10 499 10 500-10 999 11 000-11 499 11 500-11 999 ≥12 000 Note: les ménages dont les revenus sont égaux ou dépassent 12 000 EUR sont regroupés,
ce qui explique le pic à droite.
Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC

4 Le revenu disponible médian est le revenu disponible qui divise la population en deux parts égales, 50% ayant moins de 4 912 EUR et 50% plus. Partie 3: Conditions de vie 121 3.4.3 Le niveau de vie des ménages Pour bien comprendre Ce chapitre s’intéresse au revenu disponible par équivalent-adulte qui est plus communément appelé le niveau de vie. Il est clair qu’une per - sonne seule qui dispose d’un revenu mensuel de 5 000 EUR aura un niveau de vie supérieur à celui d’un couple avec deux enfants disposant du même revenu. Afin de pouvoir comparer les niveaux de vie de ces deux ménages, une solu - tion serait de diviser leur revenu par la taille du ménage (en nombre de têtes). Mais on admet généralement que les besoins d’un ménage ne s’accroissent pas en stricte proportion de sa taille. Lorsque plusieurs personnes cohabitent au sein d’un même ménage, un grand nombre de biens et de services sont mutualisés: on partage, entre autres, le loyer de l’habitation, l’électricité ou le chauffage. Ce phénomène se vérifie aussi tout particulièrement avec les biens de consommation durables (voiture, machine à laver, réfrigérateur…). Les besoins d’un ménage de plusieurs personnes ne sont donc pas égaux à la somme des besoins respectifs de tous ses membres. Afin de pouvoir comparer les niveaux de vie de ménages ayant des tailles et des compositions différentes, on divise généralement le revenu disponible du ménage par le nombre d’unités de consommation qui se calcule en utilisant une échelle d’équivalence. Le niveau de vie d’un ménage s’obtient alors en divisant son revenu total disponible par le nombre d’unités de consommation selon l’échelle "OCDE modifiée" qui est aussi celle utilisée par Eurostat. Selon cette échelle, la personne de référence du mé - nage compte pour un équivalent-adulte, chaque autre membre du ménage âgé de 14 ans ou plus pour 0.5 et chaque membre âgé de 13 ans ou moins pour 0.3. Dans l’exemple précédent, le ménage d’une seule personne aurait donc un niveau de vie mensuel de 5 000/1 = 5 000 EUR par unité de consom - mation, tandis que le couple avec deux enfants à charge, en supposant que ces derniers soient âgés de moins de 14 ans, aurait un niveau de vie égal à 5 000/(1+0.5+0.3+0.3=2.1). Donc 5000: 2.1= 2 381 EUR par unité de consomma - tion ou équivalent-adulte. Dans cet exemple, les niveaux de vie varient donc du simple au double. Rapport travail et cohésion sociale 122 En 2020, le niveau de vie moyen des personnes vivant dans un ménage au Luxembourg est de 3 641 EUR par mois. Le niveau de vie médian est de 3 154 EUR par mois. Ce montant divise la population en deux parts égales, 50% ayant moins de 3 154 EUR et 50% plus. En détail, la répartition des ménages en fonction du niveau de vie par mois de ses membres indique que pour 50.6% des ménages au Luxembourg, le niveau de vie mensuel oscille entre 1 500 et 3 500 EUR. Aux extrémités, 7.6% des ménages se composent d’individus ayant un niveau de vie infé- rieur à 1 500 EUR, tandis que pour 5.0% des ménages, les personnes ont un niveau de vie supérieur à 7 500 EUR (→ Graphique 10). Graphique 10 En 2020, dans 1 ménage sur 5, le niveau de vie des individus est

inférieur à 2 000 euros par mois, en % du nombre total des ménages 16 14 12 10 8 6 4 2 0 Classes de revenu Distribution des ménages selon leur niveau de vie mensuel, en % <1 500 1 500-1 999 2 000-2 499 2 500-2 999 3 000-3 499 3 500-3 999 4 000-4 499 4 500-4 999 5 000-5 499 5 500-5 999 6 000-6 499 6 500-6 999 7 000-7 499 7 500-7 999 8 000-8 499 8 500-8 999 9 000-9 499 9 500-9 999 10 000-10 499 10 500-10 999 11 000-11 499 11 500-11 999 ≥12 000 Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC
Graphique 11 Le niveau de vie augmente après quelques années de stagnation 140.00 130.00 120.00 110.00 100.00 1996 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Revenu réel disponible médian par équivalent adulte, en volume (1996=100) Indice base 100=1996 Note: rupture de séries en 2016 et en 2020.
Sources: LISER (d’après Population et Emploi, n° 1, janvier 2004) jusqu’en 2002. STATEC
(en collaboration avec le LISER) EU-SILC 2003 -2020