Partie 2: Le marché du travail 93
2.5.3
Le travail selon des horaires atypiques: une personne sur trois
concernée
Il s’agit de la troisième forme de travail atypique: travail de nuit, travail
du soir, travail du samedi ou du dimanche et travail posté ("Schichtarbeit").
Au Luxembourg, 29% des personnes occupées travaillent habituellement
d’une manière ou d’une autre selon des horaires atypiques (soir, nuit,
samedi, dimanche ou par équipe).
En moyenne européenne, 33.9% sont concernés par des horaires atypiques.
En Grèce, ce taux est même de 56.6%.
Graphique 49
Moins d’une personne sur 3 travaille selon des horaires atypiques
au Luxembourg 56.6% 40.8% 39.6% 38.7% 38.2% 37.9% 37.9% 37.6% 37.5% 37.3% 35.9% 35.7% 34.7% 34.2% 33.9% 32.1% 31.2% 31.1% 29.9% 29.6% 29.5% 29.0% 29.0% 28.1% 27.7% 26.8% 26.7% 23.8% 18.2% Part des personnes travaillant habituellement selon des horaires atypiques en 2020 Hongrie Lituanie Suède Belgique Lettonie Danemark Tchéquie Luxembourg Portugal Estonie Bulgarie Slovaquie Allemagne France UE-27 Pologne Zone euro Chypre Autriche Slovénie Croatie Finlande Irlande Italie Roumanie Espagne Malte Pays-Bas Grèce Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans)
2.5.3.1 Le travail de nuit et du soir Selon les définitions d’Eurostat, une personne travaille de nuit si ses heures de travail contiennent la période de minuit à 5 heures du matin. En 2020, 4.6% des salariés au Luxembourg ont travaillé habituellement pendant la nuit. Au Grand-Duché, cette proportion est restée relativement constante depuis 2010, contrairement à la moyenne de l'UE-27, où cette proportion a baissé tendanciellement de 6.8% en 2010 à 4.6% en 2020.
Rapport travail et cohésion sociale 94 Aux 4.6% de personnes travaillant "habituellement" pendant la nuit au Luxembourg s’ajoutent 8.2% qui travaillent "parfois" la nuit, alors que 87.2% ne travaillent donc "jamais" la nuit. Le travail de nuit concerne davantage les hommes que les femmes, et ceci dans tous les pays de l’Union européenne. Au Luxembourg, en 2020, 6.0% des hommes contre 3.1% des femmes ont habituellement travaillé pendant la nuit.
Tableau 9 Au Grand-Duché, 6% des hommes et 3% des femmes travaillant
habituellement pendant la nuit Proportion de personnes travaillant habituellement pendant la nuit, par sexe, en % Total Hommes Femmes 2010 2020 2010 2020 2010 2020 UE-27 6.8 4.6 8.4 5.6 4.8 3.4 Belgique 4.4 3.0 5.6 3.9 2.8 1.9 Allemagne 8.9 4.5 11.5 5.9 6.0 3.0 France 7.2 2.7 9.6 3.3 4.5 2.0 Luxembourg 5.0 4.6 6.4 6.0 3.1 2.9 Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans) Le travail du soir se définit comme travail après 18 heures. Il est plus fréquent que le travail de nuit. En 2020, 13.1% des salariés ont travaillé le soir dans l’Union européenne. Avec un taux de 12.5%, le Luxembourg se situe légèrement en dessous de cette moyenne. Ce taux diminue dans les pays voisins et dans l’Union européenne plus fortement qu’au Luxembourg. Comme pour le travail de nuit, le travail du soir est plus répandu chez les hommes que chez les femmes. En 2020, au Grand-Duché, 13.5% des hommes et 11.3% des femmes ont travaillé le soir.
Tableau 10 Le travail du soir diminue en Europe et au Luxembourg Proportion de personnes travaillant habituellement le soir, par sexe, en % Total Hommes Femmes 2010 2020 2010 2020 2010 2020 UE-27 18.8 13.1 20.0 14.2 17.2 11.8 Belgique 14.0 9.9 16.3 11.6 11.2 8.0 Allemagne 26.6 16.2 28.3 18.1 24.7 14.2 France 16.9 4.2 18.5 4.8 15.1 3.6 Luxembourg 14.2 12.5 15.3 13.5 12.8 11.3 Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans)
Partie 2: Le marché du travail 95
2.5.3.2 Le travail du samedi et du dimanche Au Luxembourg, la proportion des personnes travaillant habituellement le samedi a légèrement diminué entre 2010 et 2020 (à 14.8%). En 2020, les hommes travaillent légèrement davantage le samedi que les femmes. Avec ces taux, le Luxembourg se situe en dessous de la moyenne de l’UE- 27 (21.7% en 2020), s'en rapprochant de plus en plus.
Tableau 11 Au Luxembourg, la proportion de personnes travaillant les samedis
est bien moindre que dans les pays voisins Proportion de personnes travaillant habituellement le samedi, par sexe, en % Total Hommes Femmes 2010 2020 2010 2020 2010 2020 UE-27 27.0 21.7 26.7 21.9 27.4 21.5 Belgique 19.5 21.2 19.5 21.7 19.5 20.5 Allemagne 25.7 19.1 24.1 18.4 27.4 20.0 France 30.5 26.3 28.6 26.0 32.6 26.6 Luxembourg 16.6 14.8 16.4 15.0 16.8 14.6 Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans) Quant au travail le dimanche, au Luxembourg, 9% des salariés sont concernés. Les hommes sont légèrement plus concernés par le travail le dimanche en 2020. Sur la période observée, le taux est resté stable. Le Luxembourg se situe en dessous de la moyenne de l’Union européenne (qui est de 11.6% en 2020) et derrière ses pays voisins.
Tableau 12 Le travail du dimanche est également moins fréquent au Luxembourg
que dans les pays limitrophes Proportion de personnes travaillant habituellement le dimanche, par sexe, en % Total Hommes Femmes 2010 2020 2010 2020 2010 2020 UE-27 13.7 11.6 13.6 11.5 13.8 11.7 Belgique 10.3 11.3 10.5 11.0 10.1 11.6 Allemagne 13.9 9.8 13.4 9.5 14.4 10.2 France 14.6 13.4 14.0 12.8 15.4 14.1 Luxembourg 9.0 9.0 9.2 9.5 8.7 8.4 Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans)
Rapport travail et cohésion sociale 96
2.5.3.3 Le travail posté Le travail posté - appelé aussi travail en équipes ou travail en rotation - est la forme d'organisation du travail où des équipes se relaient au même poste les unes après les autres ("Schichtarbeit").
Tableau 13 Une personne sur 5 indique travailler en 2020 dans un système
organisé par équipes successives Proportion de personnes travaillant habituellement en équipes successives, par sexe, en % Total Hommes Femmes 2010 2020 2010 2020 2010 2020 UE-27 17.2 17.7 18.2 18.5 16.2 16.8 Belgique 8.3 6.7 10.1 8.4 6.4 4.9 Allemagne 17.3 15.7 18.9 16.9 15.6 14.3 France 7.4 6.1 8.8 7.5 5.9 4.8 Luxembourg 13.8 18.2 14.4 17.8 13.0 18.7 Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans) En 2018, 18.2% des salariés résidant au Luxembourg ont un travail posté. Ce taux est proche de la moyenne de l’Union européenne (17.7%), mais plus élevé que les taux observés chez nos pays voisins. Les taux en France et en Belgique sont les plus bas de l’Union européenne. À l’autre extrême, en Croatie, Slovénie, et Pologne, il est supérieur à 30%. En tendance, la part du travail posté semble être en forte progression au Luxembourg: le taux passe de 13.8% en 2010 à 18.2% en 2020. L’écart entre les hommes et les femmes reste petit.
2.5.4 Évolution des différentes formes de travail atypique Afin de mieux visualiser l’évolution des différentes formes du travail aty- pique dans le temps, on peut transformer les taux en indices en choisis- sant une année de base (indice de base = 100 pour l’année 2010). Les taux de l’année 2010 sont donc ramenés à 100, et pour chaque année l’évolution du taux est comparée à la valeur de base. Ainsi, par exemple, le taux du travail de nuit était de 5.0% en 2010, et de 5.3% en 2011, ce qui équivaut à une augmentation de 6%, et l’indice passe donc de 100 en 2010 à 106 en 2011.
Partie 2: Le marché du travail
97
Tableau 14 De tous les modes de travail atypique, le travail temporaire
et le travail organisé par poste affichent la progression la plus nette
Évolution des différents modes de travail atypique, indice 2010 = 100
temps
partiel
tempo -
raire
de
nuit
du
soir
du
samedi
du
dimanche
par
poste
Indice
moyen
2010 100 100 100 100 100 100 100 100
2011 103 100 106 99 99 101 96 101
2012 106 107 98 94 90 88 88 96
2013 107 99 98 92 92 94 93 96
2014 106 114 96 99 99 110 112 105
2015 106 144 110 110 105 113 130 117
2016 110 127 104 101 101 112 142 114
2017 112 128 106 100 97 100 147 113
2018 102 138 98 99 100 118 148 115
2019 97 130 112 98 97 112 144 113
2020 101 108 92 88 89 100 132 101
Sources: STATEC, Eurostat (résidents de 15 à 64 ans)
Au cours de la dernière décennie, nous observons des tendances diffé -
rentes, selon l'indicateur ainsi que selon la période spécifique.
En général, on observe une hausse de l'indice général et de la plupart des
indicateurs entre 2012 et 2015. En moyenne (indice moyen équivalent à
la moyenne arithmétique des 7 indices), le travail atypique a progressé
de 17% en 2015 par rapport à 2010. Cette augmentation s'est produite
après 2013, alors que le travail atypique avait légèrement diminué avant
cette date.
Certains modes de travail atypique sont restés relativement stables sur
l'ensemble de la période. Il s'agit, en plus du temps partiel, du travail du
samedi ainsi que du travail de nuit et du travail du soir.
Après quelques années de stabilité (2016-2019), la tendance générale
change: on observe une baisse drastique entre 2019 et 2020, suite à la
pandémie. L’indice moyen chute de 113 à 101 et retombe au niveau de
2010. Cette baisse est principalement causée par les indicateurs du
travail temporaire et du travail de nuit. À moyen terme cependant, ce sont
l’organisation par poste ("Schichtarbeit") et le travail temporaire (CDD)
qui ont vu les plus grandes chutes, étant donné leur hausse énorme dans
les années précédentes.
Cette évolution s'explique par la baisse des activités dans le secteur
horeca. Avec la fermeture des cafés, restaurants et boîtes de nuit, le travail
le week-end, le soir et la nuit diminuent également. Les travailleurs tem -
poraires ont été les premiers à subir les conséquences de l'insécurité
économique due au COVID-19. Les entreprises n'ont pas prolongé les
contrats temporaires et ont hésité à embaucher de nouveaux employés.
Au contraire, le travail à temps partiel a le moins changé au cours de la
dernière année et a même augmenté.
Partie 3: Conditions de vie
99
Partie 3
Conditions de vie
–
Rapport travail et cohésion sociale
100
A) Les effets du COVID-19 sur
les conditions de vie
3.1 Impacts contenus sur les revenus, la pauvreté
et les inégalités en 2020
Pour bien comprendre
L’enquête annuelle du STATEC sur les revenus
et les conditions de vie des ménages (SILC) est
la source de données de référence permettant
d’estimer l’importance de la pauvreté et des
inégalités de revenus au Luxembourg. C’est à
partir de ces éléments que le STATEC calcule
chaque année les indicateurs d'inégalité des
revenus publiés dans son rapport Travail et
cohésion sociale (TCS).
Les revenus qui ont été collectés par l’enquête
SILC en 2020 se rapportaient à l’année 2019,
même si par abus de langage on parle géné -
ralement des résultats de l’enquête 2020, car
les caractéristiques des ménages se rapportent
à l'année 2020 et les indicateurs subjectifs non
monétaires portent sur l'année 2020 également.
Les revenus de l’enquête présentent donc un
décalage de près de 2 ans avec la date de
publication des indicateurs d’inégalités et de
pauvreté, comme dans la plupart des pays
européens. En particulier, le STATEC n’était pas
en mesure de s’appuyer sur les résultats de son
enquête pour évaluer l’impact de la crise sani -
taire du COVID-19 sur les revenus des ménages.
Afin de remédier à ce problème, le STATEC a
travaillé conjointement avec les services de
l’Inspection générale de la sécurité sociale
(IGSS) pour prévoir les revenus des ménages
en 2020. La méthodologie consiste à calculer
des taux de variation des déciles du niveau de
vie entre 2019 et 2020 à partir des données
administratives. Ces taux de variation sont
ensuite appliqués aux niveaux de vie des mé -
nages observés dans l'enquête EU-SILC 2020.
Les revenus ainsi prédits ont permis d’estimer
les principaux indicateurs de pauvreté et d’iné -
galité des revenus au Luxembourg pour l’année
2020 et ainsi de fournir une estimation quan -
tifiée de l’impact de la crise sanitaire sur le
niveau de vie des personnes au Grand-Duché.
Partie 3: Conditions de vie
101
Pour bien comprendre
3.1.1 Le revenu
À partir des valeurs prédites des revenus, il ressort que durant la crise
sanitaire, le revenu disponible moyen des ménages résidant au Luxembourg
était de 5 884 EUR par mois. Il s’agit d’une augmentation de 2.1% par
rapport à 2019 (base 100=2019), légèrement inférieure à la hausse du
Salaire social minimum (SSM) brut de 2.8% en janvier 2020, juste avant
la crise. Quant au revenu disponible médian 1, il est de 5 047 EUR par mois.
La crise économique consécutive à la crise sanitaire du COVID-19 n’aurait
donc pas affecté le revenu moyen des ménages en 2020 par rapport à
2019. La répartition des ménages en fonction de leur revenu disponible
prédit montre une grande similitude dans la distribution des revenus entre
ceux de 2019 et ceux prédits de 2020, confirmant ainsi l’absence d’impact
négatif majeur de la crise sanitaire sur les revenus des ménages. Par
ailleurs, sur la base des valeurs prédites, 29.1% des ménages disposent
d’un revenu inférieur à 3 500 EUR par mois en 2020, ce qui est 1.6 point
de moins qu’en 2019, 25% ont un revenu compris entre 1 500 et 3 500 EUR
et 4.1% des ménages possèdent un revenu mensuel inférieur à 1 500 EUR
(→ Graphique 1) . À l’autre extrémité, ce sont 6.3% des ménages qui
auraient eu un revenu supérieur ou égal à 12 OOO EUR par mois.
Graphique 1 En 2020, 29.1% des ménages disposeraient de moins de 3 500 EUR
mensuels contre 30.7% en 2019
9.0
8.0
7.0
6.0
5.0
4.0
3.0
2.0
1.0
0
Distribution des ménages selon leur revenu disponible mensuel, en %
<1 500
1 500-1 999
2 000-2 499
2 500-2 999
3 000-3 499
3 500-3 999
4 000-4 499
4 500-4 999
5 000-5 499
5 500-5 999
6 000-6 499
6 500-6 999
7 000-7 499
7 500-7 999
8 000-8 499
8 500-8 999
9 000-9 499
9 500-9 999
10 000-10 499
10 500-10 999
11 000-11 499
11 500-11 999
≥12 000
Revenus 2019
Revenus prédits 2020
Note: les ménages dont les revenus sont au moins égaux à 12 000 EUR sont regroupés,
ce qui explique le pic à droite
Sources: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2020 et IGSS 2019-2020
1 Le revenu disponible médian est le revenu disponible qui divise la population en deux parts égales,
50% ayant moins de 5 047 EUR par mois et 50% plus.
Rapport travail et cohésion sociale
102
3.1.2 La pauvreté
Le niveau de vie médian calculé à partir des revenus prédits s’élève à
3 236 EUR en 2020 et le seuil de risque de pauvreté qui est obtenu en
prenant 60% du niveau de vie médian est de 1 942 EUR par mois et par
adulte (→ Tableau 1).
En 2020, on estime à 102 925 le nombre de personnes qui vivaient en
dessous du seuil de pauvreté monétaire. À titre de comparaison, pour une
personne seule, au 1 er janvier 2020, la pension minimum personnelle est
de 1 893 EUR et le REVIS (anciennement RMG) pour une première personne
adulte est de 1 502 EUR. Le taux de risque de pauvreté monétaire est de
17.2% (→ Tableau 1). Ce chiffre, même s’il est légèrement en baisse par
rapport à ceux obtenus sur les revenus de 2019 et de 2018, n’est pas
significativement différent (17.4% en 2019 et 17.5% en 2018).
Tableau 1 Indicateurs de pauvreté durant la crise du COVID-19 en 2020
et en 2019
Revenus Niveau de vie
médian
Seuil de
pauvreté
Taux de risque
de pauvreté
Revenus 2020 prédits* 3 236 1 942 17.2
Revenus 2019 collectés en 2020** 3 154 1 892 17.4
- Indicateurs prédits en combinant les revenus de 2019 collectés en 2020 avec la variation
des revenus IGSS 2019-2020
** Indicateurs sur les revenus perçus par les ménages en 2019 collectés dans l'enquête SILC
en 2020
Sources: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2020 et IGSS 2019-2020
On a vu précédemment que le risque de pauvreté est fortement influencé par le profil socioéconomique des personnes et la crise sanitaire ne semble pas avoir modifié ces rapports. Ainsi les écarts de pauvreté hommes et femmes sont restés identiques et le taux de risque de pauvreté des
personnes les moins éduquées est toujours près de 3 fois celui des plus éduquées (24.9% contre 8.2%) ( → Graphique 1) . Avec la crise et son co - rollaire de chômage, on pourrait s’attendre à une hausse de la pauvreté parmi les personnes qui ont perdu leur emploi. Il n’en est rien et leur taux de risque de pauvreté devrait se situer à 52.5% contre 52.7% avec le calcul effectué avec les revenus de 2019. Partie 3: Conditions de vie 103 Graphique 2 La crise du COVID-19 n’aurait pas paupérisé davantage les ménages Situatio n éco nomique Chômage A u tre inacti f En emploi Retrai t é Âge 0 - 1 7 18-24 25-49 50-64 65+ N iveau d'éduca tion attein t Faible Moyen Él evé Sexe Femmes Hommes Revenus prédi t s 2020 Revenus 2019 52.5% 52.7% 28.0% 28.5% 11.7% 11.9% 6.7% 6.9% 23.0% 23.1% 30.2% 30.7% 15.6% 15.7% 15.5% 15.8% 7.3% 7.3% 24.9% 25.3% 15.1% 15.2% 8.2% 8.2% 17.5% 17.7% 16.9% 17.0% Sources: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2020 et données IGSS 2019-2020 Ces données semblent montrer qu’en 2020, la crise n’a pas impacté le revenu de la grande majorité de la population. Plusieurs explications peuvent être avancées. D'abord, les adultes inactifs et les personnes retraitées ne sont pas concernés directement par la baisse des salaires, car les pensions, les allocations et minima sociaux ont toujours été payés. Ensuite, les chômeurs indemnisés ont toujours continué à percevoir les indemnités de chômage, les personnes en chômage partiel percevaient la grande partie de leur salaire. Enfin, la majorité des salariés a continué à travailler normalement ou en télétravail surtout après le premier confi - nement (mi-mars à mi-mai). Toutefois, tous les travailleurs n’ont pas vu leur situation inchangée, c’est le cas des indépendants, notamment dans l’Horeca, qui ont dû arrêter leur activité et même s’il y a eu des aides de l’État, il n’est pas certain qu’elles aient permis de couvrir totalement les pertes subies. Pour les personnes en chômage partiel, surtout celles en bas de l’échelle des salaires, la perte d’une partie du salaire peut avoir de graves conséquences. Rapport travail et cohésion sociale 104
3.1.3 Les inégalités Les valeurs des indicateurs d’inégalités tels que le coefficient de Gini, les ratios S80/S20, S90/S10 montrent durant la crise sanitaire de 2020 une stagnation voire une baisse par rapport à 2019. Sur la base des revenus prédits de 2020, le coefficient de Gini se situe à 0.306, en recul par rapport à la valeur de 2019 (0.312). Le ratio interquintile est de 5, identique à celui d’avant la crise et le ratio interdécile est à 8.2, un niveau quasi identique à celui de 2019 (8.1). Les 5% les plus aisés toucheraient des revenus 16.3 fois supérieurs en moyenne aux revenus des 5% les plus défavorisés, soit une baisse de 0.2 point par rapport à la situation d’avant la crise sanitaire (→ Tableau 2). Ces résultats tendent à montrer que la crise n’a pas eu, pour le moment, des conséquences désastreuses sur les revenus des ménages comme cela avait pu être évoqué. La tendance est même plutôt à une amélioration de la situation, voire au pire à une stagnation par rapport à 2019. Cette situation n’est pas nouvelle car par le passé une augmentation des iné- galités a souvent été observée lors des périodes de reprise après crise et non pas durant la crise. Toutefois, les conséquences de cette crise sanitaire sur les différentes sous-populations sont encore incertaines. D’autant que la crise n’est pas encore terminée et que l’octroi du chômage partiel aux conditions dites de "chômage partiel structurel simplifié" mis en place au mois de mars 2020, dans le but d’aider les entreprises durant la période de crise sanitaire du COVID-19 pour maintenir l’emploi, a pris fin le 30 juin 2021. Un bilan est pour le moment impossible à faire et il faudra attendre l’automne 2022 pour la publication par le STATEC des chiffres définitifs sur les revenus de l’année 2020.
Tableau 2 Indicateurs d’inégalités durant la crise du COVID-19 en 2020
et en 2019 Revenus Coefficient de Gini S80/S20 S90/S10 Revenus 2020 prédits * 0.306 5 8.2 Revenus 2019 collectés en 2020 ** 0.312 5 8.1
- Indicateurs prédits en combinant les revenus de 2019 collectés en 2020 avec la variation
des revenus IGSS 2019-2020 ** Indicateurs sur les revenus perçus par les ménages en 2019 collectés dans l'enquête SILC
en 2020
Source: STATEC (en collaboration avec le LISER), EU-SILC 2020 et IGSS 2019-2020