20 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 Pour en savoir plus • Agreste Graph’Agri 2023, janvier 2024. • Agence Bio, Chiffres clés, 2023. • Agreste, « Les traitements phytosanitaires », Viz’Agreste. • Agreste, « Actes du Colloque – Tendances et enjeux de l’agriculture française – Recensement agricole 2020 », Actes du colloque du 18 octobre 2022, Agreste Les Dossiers n° 5, Service de la statistique et de la prospective, ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, novembre 2023. • Antoni V., Cerisier‑Auger A., Coulmin A., Dossa‑Thauvin V., Eumont D., Hardelin J., Joassard I., Le Moullec A., Obiang Ndong G., Parisse S., Tromeur É., « L’agriculture face aux enjeux environnementaux », in Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires, coll. « Insee Références », édition 2024. • Badufle M., « Petites entreprises agricoles individuelles ou unipersonnelles : un revenu brut plus important que dans les autres secteurs », Agreste Primeur n° 7, décembre 2021. • Barry C., « Recensement agricole 2020 – Âge des exploitants et devenir des exploitations : les exploitations fruitières ou de grandes cultures plus souvent dirigées par au moins un senior », Agreste Primeur n° 10, juillet 2022. • Barry C., Polvêche V., « Recensement agricole 2020 – Surface moyenne des exploitations agricoles en 2020 : 69 hectares en France métropolitaine et 5 hectares dans les DOM », Agreste Primeur n° 13, octobre 2022. • Ben‑Ari T., Boé J., Ciais P., Lecerf R., Van der Velde M., Makowski D., “Causes and implications of the unforeseen 2016 extreme yield loss in the breadbasket of France”, Nature Communications, Inrae, avril 2018. • Bordet‑Gaudin R., Logeais C., Ulrich A., « Le niveau de vie des ménages agricoles est plus faible dans les territoires d’élevage », Insee première n° 1876, octobre 2021. • Champagnol T., « Commerce extérieur agroalimentaire – En 2022, l’excédent agroalimentaire atteint son plus haut niveau depuis 2013, bénéficiant de la forte hausse des prix des céréales », Agreste Synthèses conjoncturelles n° 402, avril 2023. • Charrière P., Sauvaget T., « Intrants agricoles – En 2022, une hausse historique du prix des intrants », Agreste Synthèses conjoncturelles n° 403, avril 2023. • Depeyrot J.‑N., Hugonnet M., « 1970‑2020 : des exploitations agricoles moins nombreuses, plus grandes et davantage spécialisées que les territoires », in Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires, coll. « Insee Références », édition 2024. • Devauvre N., « Les exploitations agricoles biologiques : des structures plus petites et économiquement plus performantes à taille donnée », in Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires, coll. « Insee Références », édition 2024. • Devauvre N., « Résultats économiques des exploitations en 2022 – 2022 : une seconde année consécutive de hausse des résultats économiques pour les exploitations agricoles », Agreste Primeur n° 14, décembre 2023. • Espinosa M., « Enquête pratiques culturales en arboriculture – Moins de substances actives utilisées en arboriculture entre 2012 et 2018 », Agreste Primeur n° 11, juin 2023. • Eurostat, Compte économique de l’agriculture, téléchargement du 01/09/2023. • Forget V., Hérault B., Depeyrot J.‑N., Mahé M., Midler E., Hugonnet M., Beaujeu R., « Actif’Agri : transformations des emplois et des activités en agriculture », Centre d’études et de prospective Analyse n° 145, Ministère en charge de l’agriculture, novembre 2019. • FranceAgriMer, « Souveraineté alimentaire : un éclairage par les indicateurs de bilan », mars 2023. • Gambino M., Laisney C., Vert J. 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Un portrait social prospectif des agriculteurs », Centre d’études et de prospective, Ministère chargé de l’agriculture, La Documentation française, 2012. • Givois S., « Niveau de vie et pauvreté monétaire au sein des ménages agricoles en 2020 : une situation contrastée selon les filières de production », Agreste Primeur à paraître en 2024. • Givois S., « Estimation d’emploi agricole ; emploi 2021 et estimations provisoires 2022 », Agreste Les Dossiers n° 3, juillet 2023. • Givois S., « RA 2020 ‑ Main‑d’œuvre et externalisation des travaux : le volume de travail des salariés permanents non familiaux augmente de 8 % en dix ans », Agreste Primeur n° 11, juillet 2022. • Insee, « Point de conjoncture du 7 septembre 2023 », septembre 2023b. • Insee, « Comptes nationaux annuels ‑ base 2014 », Insee résultats, mai 2023a. • Insee, fiche « Patrimoine net des ménages », in Revenus et patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2021. • Jeanneaux P., Velay N., « Capitalisation du revenu agricole et formation du patrimoine professionnel des exploitants agricoles », Économie rurale n° 378, pages 97‑117, 2021. • Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, « Résultats du commerce extérieur en 2022 », synthèses, février 2023. • Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires (OFPM), rapport au parlement, 2022. • Pollet P., « De l’exploitation familiale à l’entreprise agricole », in Trente ans de vie économique et sociale, coll. « Insee référence », édition 2014. • Samson C., « Entre 2009 et 2019, la part du budget alimentaire des ménages consacrée aux produits carnés recule », in Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires, coll. « Insee Références », édition 2024. • SSP‑FranceAgriMer, « La consommation de viande en France en 2022 », Agreste Synthèses conjoncturelles n° 412, juillet 2023.
Dossiers
23 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – 1970‑2020 : des exploitations agricoles moins nombreuses, plus grandes... 1970‑2020 : des exploitations agricoles moins nombreuses, plus grandes et davantage spécialisées que les territoires Depuis le milieu du XXe siècle, les exploitations agricoles françaises ont été fortement restructurées. Leur nombre a diminué tandis que leur superficie moyenne s’est accrue et leur spécialisation accentuée. La surface agricole utilisée est aujourd’hui inégalement répartie entre les exploitations : 5 % d’entre elles en utilisent 25 %. Toutefois, ces inégalités ne se sont pas renforcées ces dernières décennies. À l’inverse, la concentration de la main‑d’œuvre s’est accentuée : 25 % des exploitations mobilisent à elles seules 61 % de la main‑d’œuvre agricole, contre 49 % en 1970. Par ailleurs, les exploitations poursuivent leur spécialisation : 35 % d’entre elles n’ont qu’une seule production économiquement significative, contre 19 % en 1988. La diversité des productions des territoires, qui s’observe encore, n’est plus le résultat d’exploitations elles‑mêmes diversifiées, comme c’était le cas auparavant. Elle découle désormais d’unités de production très spécialisées mais dans des productions distinctes. Au cours des dernières décennies, l’agriculture française a connu d’importantes évolutions structurelles, avec une forte diminution du nombre d’exploitations et une augmentation de la surface agricole utilisée (SAU) moyenne. Ainsi, entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitations a diminué en France métropolitaine de 2,3 % par an, pour s’établir à 389 800 encadré, et la SAU moyenne est passée de 55 à 69 hectares [Barry, Polvêche, 2022]. Dans le même temps, les agriculteurs se sont progressivement spécialisés sur un petit nombre de productions [Hugonnet, Bernard‑Mongin, 2022]. Alors que la plupart des exploitations étaient, dans les années 1950, en polyculture et/ou polyélevage, cette orientation technico‑économique (Otex) rassemblait moins de 20 % des unités de production en 1988, et à peine plus de 10 % en 2020. Encadré ‑ Un peu moins de 275 000 exploitations en France métropolitaine à l’horizon 2035 ? Une projection du nombre des exploitations agricoles en France métropolitaine a été réalisée, à l’horizon 2035, en s’appuyant sur les données concernant les cotisants non salariés agricoles (COTNS) de la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole, d’une part, et sur les données des recensements de l’agriculture (RA), d’autre part méthodes. Si les tendances en matière de création, de disparition et d’agrandissement des exploitations observées entre 2011 et 2021 se maintiennent dans les années à venir, la France métropolitaine pourrait ne plus compter que 274 600 exploitations agricoles à l’horizon 2035 figure A, soit une baisse de 30 % par rapport au nombre d’exploitations observé en 2020 (‑2,3 % par an, même rythme que celui observé sur la dernière décennie). Alors que le nombre d‘exploitations de statut juridique sociétaire se maintiendrait juste au‑dessus de 160 000, malgré une légère baisse (‑1 % entre 2020 et 2035), celui des exploitations individuelles baisserait fortement (‑50 % sur la période, soit ‑4,5 % par an), tombant à 113 500 unités figure B. Cette forte baisse des exploitations individuelles toucherait toutes les classes de SAU, mais en particulier les plus petites. La baisse du nombre d’exploitations sociétaires de moins de 100 ha serait significative (‑10 %), contrairement à ce qui avait été observé entre 2010 et 2020, où il s’était tout juste maintenu. Les exploitations sociétaires de 200 ha ou plus seraient plus nombreuses (+34 %, soit +2,0 % par an), à un rythme malgré tout ralenti par rapport à la décennie 2010‑2020 (+3,2 % par an). Les exploitations sociétaires deviendraient majoritaires en 2035, représentant 59 % de l’ensemble des exploitations, quand elles n’en représentaient que 31 % en 2010 et 42 % en 2020. Tous statuts confondus, les exploitations de 100 ha ou plus représenteraient alors 36 % des exploitations (26 % en 2020), contre 30 % pour les exploitations de moins de 20 ha (38 % en 2020).
24 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 A. Projection du nombre d'exploitations agricoles en France métropolitaine à l'horizon 2035 0 200 400 600 800 1 000 1 200 1 400 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2025 2030 2035 en milliers Projection 2010-2020 Projection 2020-2035 Observé Note : La projection 2010-2020 a été réalisée avec la matrice des probabilités de transition moyenne 2004-2014, et la projection 2020-2035 avec la matrice des probabilités de transition moyenne 2011-2021. Lecture : En 1979, le nombre d'exploitations agricoles en France métropolitaine était de 1 262 700. À l'horizon 2035, ce nombre pourrait être de 274 600 si les tendances se maintiennent. Champ : France métropolitaine. Sources : CCMSA, base de données des cotisants non salariés 2004-2021 ; Agreste, recensements agricoles de 1979 à 2020, enquêtes sur la structure des exploitations agricoles de 1981 à 2016. B. Projection du nombre d'exploitations agricoles en France métropolitaine à l'horizon 2035 selon le statut juridique et la SAU 0 50 100 150 200 250 300 350 400 2020 2022 2024 2026 2028 2030 2032 2035 en milliers Individuelles Sociétaires 50 100 20 200 en ha 50 100 20 200 en ha Lecture : En 2020, le nombre d'exploitations individuelles de moins de 20 hectares était de 119 200. À l'horizon 2035, ce nombre pourrait être de 57 300 si les tendances se maintiennent. Champ : France métropolitaine. Sources : CCMSA, base de données des cotisants non salariés 2011-2021 ; Agreste, recensement agricole 2020. Auteurs : François Lafont (Cour des comptes, direction méthodes et données) Loïa Lamarque (Cour des comptes, direction méthodes et données) Laurent Piet (Inrae, UMR SMART) Legrand D. F. Saint‑Cyr (Anses, direction Sciences sociales, économie et société)
25 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – 1970‑2020 : des exploitations agricoles moins nombreuses, plus grandes... Une distribution inégale de la SAU, mais relativement stable au fil du temps En 2020, le coefficient de Gini concernant la SAU par exploitation s’établit à 0,60, ce qui témoigne d’une répartition très inégale figure 1. En effet, 25 % des exploitations françaises détiennent moins de 5 hectares (ha) et se partagent 1 % seulement de la SAU totale ; 50 % des exploitations ont une superficie inférieure à 35 ha et n’exploitent que 7 % de la SAU nationale. À l’autre bout du spectre, les 5 % d’exploitations les plus grandes (superficie supérieure à 214 ha) concentrent à elles seules 25 % de la SAU. 1. Distribution de la surface agricole utilisée (SAU) part cumulée de la SAU totale 1,00 0,75 0,50 0,25 a. En 2020 coefficient de Gini : 0,60 0,32 0,07 0,01 82 ha 138 ha 214 ha 35 ha 97 ha 5 ha part cumulée des exploitations 0,70 0,85 0,95 1,00 0,75 0,50 0,25 0,00 part cumulée des exploitations part cumulée de la SAU totale b. De 1970 à 2020 1,00 0,75 0,50 0,25 1,00 0,75 0,50 0,25 0,00 coefficient de Gini : 1970 : 0,57 2000 : 0,62 2010 : 0,62 2020 : 0,60 1988 : 0,59 1979 : 0,58 Lecture : En 2020, la moitié des exploitations font moins de 35 ha et exploitent 7 % de la SAU nationale. Champ : France métropolitaine, toutes exploitations agricoles. Source : Agreste, recensements agricoles de 1970 à 2020. Ces inégalités de répartition sont restées globalement stables au cours du temps. En 1970, le coefficient de Gini n’était que de 0,03 point inférieur à celui de 2020, et en 2000 et 2010 il était légèrement supérieur (+0,02). Les surfaces libérées par la forte diminution du nombre d’exploitations n’ont pas été préférentiellement récupérées par les plus grandes d’entre elles : en 1970, les 25 % d’exploitations les plus grandes exploitaient déjà 66 % de la SAU nationale, un chiffre qui n’est pas très différent de celui de 2020 (68 %). Il s’agit là toutefois d’une analyse à l’échelle nationale et cette apparente homogénéité peut masquer des situations plus contrastées, dans certains territoires ou pour certaines productions.