121 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.1 – Émissions de GES et polluants atmosphériques issus de l’agriculture 1. Principales contributions de l'agriculture dans les émissions nationales de GES et de polluants atmosphériques en 2022 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % NH3 N2O CH4 TSP HCB COVNM NOx PM1 CO2 eq BC PM2,5 Cd CO Notes : Les gaz à effet de serre (GES) sont représentés en bleu foncé, les polluants atmosphériques en bleu clair ; estimation préliminaire ; CO2 eq correspond à la somme des émissions de CO2, CH4, N2O et des gaz fluorés. Lecture : En 2022, le secteur de l'agriculture contribue pour 94,4 % aux émissions nationales de NH3. Champ : France et Saint-Martin pour les GES ; France métropolitaine pour les polluants atmosphériques. Source : Citepa, Inventaire au format Secten, avril 2023. 2. Émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur de l'agriculture de 1990 à 2022 Engrais et amendements organiques Bovins Autres émissions des cultures Engrais et amendements minéraux Autres émissions de l'élevage Pâture Engins, moteurs et chaudières en agriculture 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022(e) GES en Mt CO2 eq Note : Estimation préliminaire pour l'année 2022. Lecture : En 1990, l'élevage de bovins émet 44,28 millions de tonnes équivalent CO2. Champ : France et Saint-Martin. Source : Citepa, Inventaire au format Secten, avril 2023. 3. Émissions de NH3 du secteur de l'agriculture de 1990 à 2022 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022(e) 0 100 200 300 400 500 600 700 Autres émissions de l'élevage Engrais et amendements organiques Bovins Engrais et amendements minéraux Pâture Autres émissions des cultures en milliers de tonnes Notes : Estimation préliminaire pour l'année 2022 ; les émissions de NH3 dues aux engins, moteurs et chaudières en agriculture, inférieures à 300 tonnes par an, ne sont pas représentées. Lecture : En 1990, les émissions de NH3 de la part des bovins s'élèvent à 158,73 milliers de tonnes. Champ : France métropolitaine. Source : Citepa, Inventaire au format Secten, avril 2023.
122 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.2 Agriculture et prélèvements d’eau douce Le secteur agricole mobilise de l’eau douce pour irriguer les cultures et, dans une moindre mesure, pour abreuver les animaux ou nettoyer les installations. L’irrigation intervient en complément des apports pluviométriques pour améliorer les rendements ou compenser les périodes de sécheresse. Sur la période 2010‑2020, le volume prélevé annuellement en France métropolitaine pour l’ensemble des usages agricoles est en moyenne de 3 milliards de m3. L’irrigation mobilise plus de 90 % de ce volume. Les prélèvements pour l’irrigation ont un impact environnemental d’autant plus fort qu’ils ont lieu généralement entre avril et septembre, au moment où le débit naturel des cours d’eau est le plus bas (période d’étiage). Les prélèvements d’eau douce pour usages agricoles représentent, selon les années, entre 7 % et 12 % des prélèvements totaux annuels hors hydroélectricité. Les autres usages de l'eau douce sont : le refroidissement des centrales de production d’électricité (environ la moitié des volumes prélevés), l’eau potable et l’alimentation des canaux de navigation et les prélèvements industriels. Le taux de consommation d’eau douce ou prélèvement net, défini comme la part de l’eau prélevée non restituée directement aux milieux aquatiques après usage et assainissement éventuel, est quant à lui nettement plus élevé pour les usages agricoles : 58 % des prélèvements nets tous usages confondus sur la période. En effet, l’eau prélevée est pour l’essentiel consommée par les plantes ou évaporée. Les prélèvements d’eau pour les usages agricoles sont les plus élevés dans la moitié sud du pays et, dans une moindre mesure, dans le Centre‑Ouest figure 1. L’eau utilisée est en majorité puisée dans les rivières, canaux et lacs (58 % en 2020), avec toutefois des disparités territoriales ; ainsi, dans le Sud, elle provient à plus de 85 % des eaux de surface, alors que pour les bassins du Centre et de l’Ouest, les eaux souterraines sont sollicitées pour plus de 85 % des prélèvements. Sur la période 2010‑2020, les prélèvements pour usages agricoles varient sensiblement selon les années. Ils atteignent ainsi un point bas en 2014, avec 2,1 milliards de m3, dans un contexte de forte pluviométrie estivale, et un point haut en 2020 (3,4 milliards de m3), année marquée par une forte sécheresse estivale sur une large partie du territoire figure 2. Le prélèvement moyen par hectare irrigué, estimé à partir des données des recensements agricoles décennaux et des données de prélèvements de la banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE), s’établit à 1 902 m3 par hectare (ha) en 2020, soit un niveau légèrement plus faible qu’en 2010 (1 924 m3/ha). Par rapport à 2010, les surfaces effectivement irriguées sont en effet supérieures de 14,8 % en 2020, tandis que les prélèvements pour l’irrigation augmentent de 13,4 %. Les surfaces irriguées comme les prélèvements varient fortement selon les années, en lien notamment avec la pluviométrie, le type d’espèces cultivées et leur répartition géographique. En 2020, l’irrigation des céréales occupe une place prépondérante : le maïs (y compris fourrage) couvre 38 % de la surface irriguée, devant le blé (12 %), les autres cultures représentant chacune moins de 10 %. En France métropolitaine, la SAU irrigable, correspondant aux parcelles équipées pour l’irrigation, augmente de 23 % en moyenne entre 2010 et 2020 figure 3. Son évolution reflète un investissement sur le moyen terme (équipement d’irrigation, accès prévu à la ressource), elle dépend moins des circonstances météorologiques ou économiques d’une année précise. Elle croît de façon plus marquée pour les surfaces en micro‑irrigation (+120 %) ou en irrigation gravitaire (+43 %). L’irrigation par aspersion, qui augmente de 17 %, reste toutefois le mode d’irrigation principal (87 % de la SAU irrigable en 2020). Définitions La micro‑irrigation ou irrigation localisée permet d’apporter l’eau au plus proche des plantes avec de faibles débits et à basses pressions. La micro‑irrigation comprend le goutte‑à‑goutte, les micro‑asperseurs, les micro‑diffuseurs, les micro‑jets. L’irrigation gravitaire permet de distribuer l’eau à la parcelle sans mise en pression par écoulement à la surface du sol, soit par submersion, soit par ruissellement. L’irrigation par aspersion consiste à projeter de l’eau en pluie sur la parcelle. Les canons, les asperseurs (ou « sprinklers »), les pivots sont des dispositifs d’irrigation par aspersion. Pour en savoir plus « Les prélèvements d’eau douce : principaux usages en 2020 et évolution depuis 25 ans en France », Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Datalab, juin 2023.
123Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.2 – Agriculture et prélèvements d’eau douce
- Prélèvements d'eau douce pour l'agriculture par sous‑bassin hydrographique en 2020 406 98 Eaux de surface Eaux souterraines Prélèvements d’eau pour l’agriculture (en millions de m3) © MTECT-CGDD-SDES 2024 Lecture : En 2020, pour le bassin Loire aval et côtiers vendéens, 169,4 millions de m3 d'eau ont été prélevés, dont 84 dans les eaux souterraines. Champ : France. Sources : Office français de la biodiversité (OFB), Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) ; traitements : SDES, 2023.
- Prélèvements d’eau douce pour les usages principalement agricoles de 2010 à 2020 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 3,5 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 en milliards de m3 Prélèvement en eaux de surface Prélèvement en eaux souterraines Lecture : En 2014, 1,3 milliard de m3 d'eau ont été prélevés dans les rivières et lacs et 0,8 dans les eaux souterraines. Champ : France métropolitaine. Sources : Agences de l'eau ; Office français de la biodiversité (OFB), Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) ; traitements : SDES, 2023.
- Surfaces agricoles irrigables et irriguées en 2010 et 2020 Surface agricole utilisée (SAU) 2010 (en milliers d'ha) 2020 (en milliers d'ha) 2020/2010 (en %) SAU irrigable 2 309 2 843 23,1 SAU irriguée 1 578 1 811 14,8 SAU totale 26 963 26 746 ‑0,8 Lecture : En 2020, la SAU irrigable est de 2 843 milliers d'hectares (ha), en hausse de 23,1 % par rapport à 2010. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensements agricoles 2010 et 2020. 124 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.3 Empreinte carbone de l’alimentation L’empreinte carbone moyenne d’un Français est estimée à 9,2 tonnes de CO2 éq (tCO2 éq) pour l’année 2018, dont 22 % (2 tCO2 éq) dues aux émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’alimentation figure 1. Plus de la moitié des GES de l’empreinte carbone de l’alimentation sont d’origine biologique : du méthane (CH4) principalement associé à l’élevage pour 31 %, et du protoxyde d’azote (N2O) associé aux cultures pour 23 % figure 2. Les 46 % restants sont du gaz carbonique (CO2), principalement émis lors de la combustion d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon). La chaîne de production de biens et services alimentaires comprend en effet de nombreuses activités consommatrices d’énergie : tracteurs, transport, procédés industriels, fabrication de biens manufacturés, chauffage dans les bâtiments d’élevage, industriels ou commerciaux, cuisson. Les GES de l’empreinte carbone de l’alimentation peuvent être affectés aux branches d’activités qui en sont à l’origine. Plus de la moitié d’entre eux (53 %) résultent de pratiques agricoles, hors tracteurs, en élevage et culture figure 3a. Les émissions attribuables à l’industrie agroalimentaire (IAA ; 7 %) et manufacturière (chimie, métaux, minéraux, etc. ; 9 %) proviennent quant à elles de la fabrication d’intrants nécessaires à la production agricole ou alimentaire ou de procédés industriels. Les transports, tracteurs agricoles et fret, engendrent 12 % des émissions, la production d’électricité ou de carburants consommés notamment par l’agriculture et les IAA, 8 %. Les GES de l’empreinte carbone peuvent également être associés aux biens et services alimentaires consommés. Ces derniers contiennent les émissions de toutes les branches d’activités intervenant dans les chaînes de production « de la fourche à l’assiette ». La majorité des émissions (53 %) sont contenues dans les denrées alimentaires transformées par les industries agroalimentaires figure 3b. 26 % proviennent des produits agricoles, 15 % sont liées aux services de restauration collective (restaurants et repas pris en collectivité). Les 6 % restantes sont directement émises par les ménages (énergie, déchets). Près de la moitié des GES de l’empreinte carbone de l’alimentation sont importés figure 1. Ils sont associés à des biens alimentaires importés et directement consommés par les Français, mais également à des biens et services importés consommés par les activités économiques intérieures qui produisent des biens alimentaires à destination des Français : produits agroalimentaires et agricoles, services de restauration, produits énergétiques. Définition L’empreinte carbone est une estimation des émissions de GES induites par la demande finale intérieure de la France (consommation finale et investissements) que les biens ou services soient produits sur le territoire national ou importés. La méthodologie est fondée sur un calcul input‑output, combinant les tableaux entrées‑sorties symétriques des comptes nationaux et les comptes d’émissions de GES. L’empreinte carbone est décomposée en 64 biens et services, auxquels sont ajoutées les émissions directes des ménages. L’empreinte carbone de l’alimentation regroupe les émissions associées aux biens agricoles, agroalimentaires, aux services de restauration marchande et collective, à l’eau et l’assainissement et à la cuisson. Pour en savoir plus • « L’empreinte carbone de la France de 1995 à 2021 », SDES, novembre 2022. • « Un tiers de l’empreinte carbone de l’Union européenne est dû à ses importations », Insee analyses n° 74, juillet 2022. • « La décomposition de l’empreinte carbone de la demande finale de la France par postes de consommation : transport, alimentation, habitat, équipements et services », SDES, juillet 2022. • « Méthodologie de calcul de l’empreinte carbone de la France », SDES, octobre 2021.