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108 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.8 Chefs d’exploitation nouvellement installés Les chefs d’exploitation dont la première installation a eu lieu après 2010 dirigent près d’un quart des exploitations recensées en France métropolitaine en 2020. Ils peuvent être nouveaux dans l’activité agricole (installation ou reconversion), ou être passés du statut de coexploitant à celui de chef d’exploitation, par exemple après le départ à la retraite du chef précédent. Cette population recouvre des profils variés et se distingue de celle des chefs d’exploitation plus anciens dans le métier. Les chefs d’exploitation récemment installés sont en moyenne plus jeunes que les chefs installés avant 2010 : 41,7 ans en moyenne, contre 55,6 ans. Cependant, un chef d’exploitation nouvellement installé sur cinq est tout de même âgé de 55 ans ou plus, du fait d’un changement de statut ou d’une reconversion    figure 1. Les chefs d’exploitation installés depuis 2010, plus jeunes, ont un niveau de formation plus élevé : 74 % ont suivi une formation de niveau au moins égal au baccalauréat, et 44 % une formation supérieure, contre respectivement 48 % et 22 % pour les autres chefs d’exploitation. Ils sont aussi moins souvent installés dans le cadre familial (61 % contre 77 %). Les chefs d’exploitation récemment installés sont le plus souvent à la tête d’exploitations sous statut individuel et de micro ou de petite taille économique. Ils travaillent dans des fermes plus fréquemment conduites en agriculture biologique et plus souvent impliquées dans la vente en circuits courts. Les femmes sont presque deux fois plus présentes chez les chefs d’exploitation récemment installés : 32 %, contre 18 % pour les chefs anciennement installés. La féminisation atteint 49 % entre 50 et 59 ans et dépasse même 60 % pour les 60 ans ou plus    figure 2. Cette tendance s’explique en partie par l’accession des femmes au statut de chef d’exploitation au moment du départ à la retraite de leur conjoint. Enfin, la part des nouveaux installés varie selon la spécialisation. Elle est la plus élevée en maraîchage‑horticulture (39 %) et, à l’inverse, la plus faible dans les élevages de bovins    figure 3a. Les installations récentes sont les plus nombreuses en grandes cultures et en viticulture, mais aussi en élevage d’ovins‑caprins    figure 3b.  Définitions Le chef d’exploitation est la personne physique qui assure la gestion courante de l’exploitation. Dans le cas d’une forme sociétaire, où plusieurs personnes peuvent remplir cette fonction, on retient celle qui assure la plus grande part de responsabilité, les autres étant définies comme coexploitants. Les circuits courts sont des circuits de vente directe au consommateur final ou avec un seul intermédiaire entre l’exploitation agricole et le consommateur final. La distance géographique n’entre pas en considération. Taille économique : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « Recensement agricole 2020 – Âge des exploitants et devenir des exploitations : les exploitations fruitières ou de grandes cultures plus souvent dirigées par au moins un exploitant senior », Agreste Primeur n° 10, juillet 2022. • « La transmission des exploitations agricoles », Agreste Les Dossiers n° 29, septembre 2015. • « Recensement agricole 2010 – Les jeunes agriculteurs : un agriculteur sur cinq a moins de 40 ans », Agreste Primeur n° 293, novembre 2012.

109 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 2.8 – Chefs d’exploitation nouvellement installés  1. Caractéristiques des chefs d’exploitation et de leurs exploitations, selon l’ancienneté d’installation en % Caractéristiques Exploitations Avec un chef installé en 2010 ou avant Avec un chef installé après 2010 Ensemble Chefs d’exploitation Installation dans le cadre familial 77 61 73 Ayant 55 ans ou plus 54 19 45 Niveau de formation au moins égal au baccalauréat 48 74 54 Niveau de formation supérieur au baccalauréat 22 44 28 Femmes 18 32 22 Exploitations Micro et petites 52 61 54 Sous statut individuel 58 63 59 Vendant en circuits courts 20 32 23 En agriculture biologique 10 19 12 Lecture : En 2020, 61 % des exploitations avec un chef installé après 2010 ont à leur tête un chef qui a repris l’exploitation familiale. Champ : France métropolitaine, hors les 5 782 exploitations dont la gestion est assurée par un prestataire. Source : Agreste, recensement agricole 2020.  2. Part des femmes parmi les chefs d’exploitation en fonction de l’ancienneté d’installation et de l’âge 0 10 20 30 40 50 60 70 Moins de 40 ans De 40 à 49 ans De 50 à 59 ans 60 ans ou plus en % Installation en 2010 ou avant Installation après 2010 Lecture : Parmi les chefs de moins de 40 ans, la part des femmes est de 10 % chez les chefs installés en 2010 ou avant. Champ : France métropolitaine, hors les 5 782 exploitations dont la gestion est assurée par un prestataire. Source : Agreste, recensement agricole 2020.  3. Chefs d’exploitation installés après 2010, selon la spécialisation a. Part b. Nombre Maraîchage, horticulture Ovins, caprins, autres herbivores Cultures fruitières Porcins, volailles Polyculture, polyélevage Viticulture Grandes cultures Bovins viande Bovins lait Bovins mixte 0 5 10 15 20 25 30 35 40 en % en milliers 0 5 10 15 20 25 30 Maraîchage, horticulture Ovins, caprins, autres herbivores Cultures fruitières Porcins, volailles Polyculture, polyélevage Viticulture Grandes cultures Bovins viande Bovins lait Bovins mixte Lecture : En 2020, 17,8 % des exploitations spécialisées en bovins lait ont à leur tête des chefs d’exploitation installés après 2010. Champ : France métropolitaine, hors les 5 782 exploitations dont la gestion est assurée par un prestataire. Source : Agreste, recensement agricole 2020.

Fiches thématiques Évolution de la consommation alimentaire

112 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 3.1 Évolution de la consommation des ménages selon les territoires de 2009 à 2019 Entre 2009 et 2019, la quantité de viande consommée baisse de 5 % en France métropolitaine (hors Corse). Le plus fort recul s’observe en région parisienne (‑13 %), où la consommation diminue pour toutes les catégories de produits carnés : ‑24 % pour les quantités achetées de viande fraîche de boucherie, ‑26 % pour les viandes et volailles surgelées et ‑16 % pour le jambon. Même les volumes consommés de volaille fraîche reculent (‑5 %), alors qu’ils augmentent dans tous les autres territoires    figure 1. L’Ouest et le Sud‑Ouest se démarquent : la baisse de produits carnés est moindre. La consommation augmente pour tous les produits, sauf pour les viandes fraîches de boucherie (respectivement ‑14 % et ‑13 %). Les quantités achetées de viandes et volailles surgelées y augmentent (+4 % et +10 %). La consommation de volailles et lapins frais croît davantage dans ces deux territoires qu’ailleurs (+11 %, contre +5 % en moyenne nationale). Les volumes de fruits et légumes frais achetés augmentent au niveau national à l’exception du Nord (‑6 % de légumes frais et ‑2 % de fruits frais). Les quantités achetées de légumes transformés y diminuent également (‑5 %), tout comme celles de pommes de terre fraîches (‑14 %), dont la consommation semble s’être reportée sur les pommes de terre surgelées (+8 %)    figure 2. Les ménages du Nord sont toutefois ceux qui consomment le plus de pommes de terre (fraîches et surgelées), avec 46 kg achetés par ménage en moyenne triennale. Sur le reste du territoire, c’est dans le Centre‑Est que la consommation de fruits et légumes augmente le plus (+10 %). Pour les boissons alcoolisées, les évolutions sont contrastées. Dans le Sud‑Ouest, les quantités consommées augmentent pour toutes les catégories de produits (+22 %, contre +10 % au niveau national), notamment pour la bière (+61 %)    figure 3 ; le Nord reste cependant la région la plus consommatrice de bière (37 litres par ménage et par an en moyenne triennale). Les quantités achetées de vins tranquilles augmentent de 4 % entre 2009 et 2019 au niveau national, et particulièrement dans le Sud‑Est et l’Ouest (+11 %), et en région parisienne (+6 %). La part de vins tranquilles dans le budget de boissons alcoolisées est la plus élevée en région parisienne (40 %, contre 34 % au niveau national) et la plus faible dans le Nord (25 %). Quant aux vins effervescents, les quantités consommées diminuent de 5 % à l’échelle nationale, mais augmentent dans le Sud‑Ouest (+14 %) et l’Ouest (+10 %). Une même tendance baissière s’observe pour les spiritueux, sauf dans le Sud‑Ouest où la consommation augmente de 25 %. Le Nord est le territoire où l’on en consomme le plus (8 litres par ménage en moyenne triennale), malgré un repli de 16 % en dix ans. Enfin, les quantités consommées de matières grasses reculent dans tous les territoires. Seul le beurre résiste au niveau national, avec une stabilité sur la décennie. Dans l’Ouest, où la consommation de beurre est la plus élevée (8 kg par ménage en moyenne triennale), les volumes achetés sont stables également. Les ménages du Sud‑Ouest et du Sud‑Est, les plus consommateurs d’huiles (presque 9 litres par ménage en moyenne triennale), augmentent leur consommation de beurre (+7 %) et diminuent dans le même temps celle d’huiles au‑delà de la moyenne nationale (‑11 %, contre ‑9 % au niveau national).  Méthodes Les années de référence sont des moyennes triennales calculées de 2008 à 2010 pour l’année 2009 et de 2018 à 2020 pour l’année 2019. Ceci permet d’atténuer les évolutions d’années atypiques comme 2020 avec la crise sanitaire de Covid-19.

113 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 3.1 – Évolution de la consommation des ménages selon les territoires de 2009 à 2019  1. Évolution de la consommation de viandes, volailles et charcuterie selon les différents territoires entre 2009 et 2019 Région parisienne Nord Est Centre-Est Sud-Est Ouest Centre-Ouest Sud-Ouest Ensemble -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 Viande de boucherie fraîche Volailles et lapins frais Jambon Charcuterie Viandes et volailles surgelées en % Note : Les années de référence sont des moyennes triennales calculées de 2008 à 2010 pour l’année 2009, et de 2018 à 2020 pour l’année 2019. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de jambon achetées par les ménages du Nord diminuent de 5 %. Champ : France métropolitaine hors Corse.  Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.  2. Évolution de la consommation de fruits, légumes et pommes de terre selon les différents territoires entre 2009 et 2019 Région parisienne Nord Est Centre-Est Sud-Est Ouest Centre-Ouest Sud-Ouest Ensemble -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 Fruits frais1 Légumes frais2 Légumes transformés2 Pommes de terre fraîches Pommes de terre surgelées en % 1 Fruits tempérés, exotiques et agrumes.  2 Frais : Tomates, carottes, salades, melons, endives ; Transformés : en conserve et surgelés. Note : Voir Note de la figure 1. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de fruits frais achetées par les ménages de la région parisienne augmentent de 2 %. Champ : France métropolitaine hors Corse.  Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.  3. Évolution de la consommation de boissons alcoolisées selon les différents territoires entre 2009 et 2019 -20 -10 0 10 20 30 40 50 60 70 Vins tranquilles Vins effervescents Bière Spiritueux en % Région parisienne Nord Est Centre-Est Sud-Est Ouest Centre-Ouest Sud-Ouest Ensemble Note : Voir Note de la figure 1. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de bière achetées par les ménages du Sud-Ouest augmentent de 61 %. Champ : France métropolitaine hors Corse.  Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.

114 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 3.2 Évolution de la consommation des ménages selon l’âge de 2009 à 2019 Entre 2009 et 2019, les dépenses alimentaires totales augmentent en valeur en France métropolitaine hors Corse, en particulier pour les ménages dont le responsable des achats a 65 ans ou plus (+31 %) ou entre 50 et 64 ans (+18 %), conjointement à la hausse des volumes achetés (respectivement +23 % et +8 %)    méthodes. L’augmentation des dépenses est plus limitée entre 35 et 49 ans (+11 %), seule tranche d’âge pour laquelle les quantités achetées baissent (‑1 %). Les tendances de consommation des fruits et légumes sont à deux vitesses. Les quantités de fruits achetées augmentent en volume pour les plus âgés, +7 % pour les 50‑64 ans et +20 % pour les 65 ans ou plus, alors qu’elles se réduisent pour les ménages plus jeunes    figure 1. Ce recul atteint 7 % pour les moins de 35 ans et 6 % pour les 35‑49 ans. Comme pour les fruits, la consommation de légumes baisse entre 35 et 49 ans (‑8 %) et augmente pour les 65 ans ou plus (+14 %) ; toutefois, elle stagne pour les autres tranches d’âge. La consommation de pommes de terre surgelées croît pour tous les âges, particulièrement pour les 65 ans ou plus (40 %). Au contraire, les pommes de terre fraîches sont en recul pour les 35‑49 ans (‑4 %) et les 50‑64 ans (‑3 %). Les quantités de viande de boucherie fraîche achetées sont en forte baisse pour l’ensemble de la population (‑17 % en dix ans), particulièrement parmi les 35‑49 ans et les 50‑64 ans (respectivement ‑25 % et ‑20 %)    figure 2. La baisse est moins marquée pour les 65 ans ou plus (‑5 %). Ces seniors sont par ailleurs ceux dont la consommation de charcuterie (+22 %) et de jambon (+16 %) croît le plus. La consommation de volailles augmente néanmoins le plus chez les plus jeunes (+17 %), les seniors arrivant ensuite (+11 %). Concernant les autres protéines animales, le changement est également perceptible : les poissons et fruits de mer sont délaissés par toutes les générations à l’exception des plus de 50 ans qui augmentent leur consommation de produits traiteurs, conserves et plats préparés à base de produits de la pêche et de l’aquaculture. Une partie de la consommation de protéines animales se déplace vers les œufs, dont les quantités achetées augmentent, en particulier pour les seniors (+41 %) et les jeunes (+22 %). Les quantités achetées de vins tranquilles, vins effervescents et spiritueux baissent, sauf pour les ménages de 65 ans ou plus    figure 3. Ceux‑ci accordent en moyenne 10 % de leur budget aux boissons alcoolisées, ce qui représente leur troisième plus gros poste de dépenses alimentaires après les produits carnés et les produits laitiers. Ils restent les premiers consommateurs de boissons alcoolisées. Seule exception, la bière, pour laquelle la consommation progresse pour tous les ménages, surtout les plus jeunes (+57 %). Les plus de 65 ans augmentent considérablement leur consommation de plats préparés, essentiellement les sandwichs (+91 %), les plats cuisinés à base de pâtes (+62 %) et les pizzas, quiches et tourtes (+53 %). Ils restent cependant les plus petits consommateurs. À l’inverse, les moins de 35 ans sont ceux qui diminuent le plus leur consommation de plats cuisinés à base de pommes de terre (‑35 %), de produits carnés (‑24 %) et de produits de la pêche et de l’aquaculture (‑33 %).  Méthodes Les années de référence sont des moyennes triennales calculées de 2008 à 2010 pour l’année 2009 et de 2018 à 2020 pour l’année 2019. Ceci permet d’atténuer les évolutions d’années atypiques comme 2020 avec la crise sanitaire de Covid‑19. Les évolutions des dépenses totales de consommation des ménages décrites ici reflètent en partie l’évolution des effectifs de la population par tranche d’âge, la part des 65 ans ou plus ayant par exemple augmenté de 3 points entre 2009 et 2019 (pour représenter près de 28 % de la population en 2019).  Définition Le responsable des achats est la personne qui déclare auprès de Kantar les achats de produits alimentaires, produits de grande consommation et produits frais.