104 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.6 Conditions de travail dans l’agriculture Les conditions de travail dans l’agriculture se caractérisent principalement par des facteurs de pénibilité physique intense. En 2019, huit chefs d’exploitation sur dix et sept salariés agricoles sur dix déclarent devoir rester longtemps debout ou être amenés à déplacer des charges lourdes figure 1. Plus de la moitié des exploitants ou des salariés agricoles se déclarent exposés à un bruit intense ou à des fumées et poussières. Le contact avec des produits dangereux est également fréquent. Les contraintes horaires sont particulièrement fortes chez les exploitants : 76 % d’entre eux ne disposent pas de 48 heures consécutives de repos par semaine et / ou travaillent le samedi figure 2. Ils sont deux fois plus nombreux que l’ensemble des non‑salariés à déclarer travailler habituellement le dimanche (60 % contre 26 %). Un exploitant sur trois déclare travailler sous pression, contre un sur cinq parmi les salariés agricoles figure 3. Si les chefs d’exploitation et les salariés agricoles sont presque autant à estimer que leur travail n’est pas reconnu (environ 15 %), les salariés agricoles déclarent bien plus souvent craindre pour leur emploi dans l’année qui vient (30 %, contre 15 % des chefs d’exploitation). En 2021, les salariés des exploitations de culture ou d’élevage relevant du régime agricole de la Mutualité sociale agricole (MSA) ont été victimes de 12 982 accidents du travail ayant nécessité un arrêt, soit 28 accidents pour 1 000 salariés (contre 30 ‰ pour l’ensemble des salariés) figure 4. Ce taux est plus élevé dans les élevages spécialisés en gros animaux (45 ‰) ou en petits animaux (40 ‰) et les champignonnières (39 ‰). Le taux d’accidents du travail des chefs d’exploitation est identique à celui des salariés agricoles (28 ‰), avec une fréquence plus élevée dans les exploitations spécialisées en bovins mixte (43 ‰), bovins lait (39 ‰) et bovins viande (38 ‰). Entre 2010 et 2021, le nombre d’accidents du travail avec arrêt diminue régulièrement, chez les exploitants (‑38 %) et chez les salariés agricoles des filières culture‑élevage (‑10 %). Les maladies professionnelles reconnues se traduisent dans neuf cas sur dix par des troubles musculosquelettiques, principalement des affections périarticulaires dues à des gestes ou postures, que ce soit pour les salariés ou les chefs d’exploitation. Elles sont plus fréquentes chez les actifs travaillant dans les élevages de petits animaux (volailles, lapins, etc.). Le taux de maladies professionnelles, avec ou sans arrêt, s’établit en 2021 à 2,3 ‰ pour les chefs d’exploitation et 2,7 ‰ pour les salariés agricoles des filières culture‑élevage. Le nombre de maladies professionnelles diminue à la fois pour les exploitants et les salariés de cette filière. Définitions Un accident du travail est un accident provoqué par le fait ou à l’occasion du travail par un événement ou une série d’événements survenus à des dates certaines. Une maladie professionnelle est une atteinte à la santé contractée au cours du travail et qui résulte d’une série d’événements à évolution lente auxquels on ne saurait assigner une origine et une date certaine. Ses symptômes apparaissent après une période de latence. Un trouble musculosquelettique est un ensemble de pathologies affectant les tissus mous (muscles, tendons, nerfs) présents au voisinage des articulations des membres et du dos. Elles se traduisent par des symptômes douloureux et par une capacité fonctionnelle réduite. Ces affections touchent le poignet, l’épaule, le coude, le rachis ou les membres inférieurs (genoux, pieds). Pour en savoir plus • « Quelles étaient les conditions de travail en 2019, avant la crise sanitaire ? », Dares Analyses n° 44, août 2021. • « Quelles conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de travail et les risques psycho‑sociaux ? », Dares Analyses n° 28, mai 2021.
105 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 2.6 – Conditions de travail dans l’agriculture 1. Conditions de travail des chefs d'exploitation et des salariés agricoles en 2019 en % Conditions de travail Salariés Non-salariés Salariés agricoles Ensemble Agriculteurs exploitants Ensemble Contraintes physiques intenses (au moins 3 parmi les 5 citées) 74,1 41,3 85,4 50,0 Rester longtemps debout 71,3 48,7 78,6 57,0 Rester longtemps dans une autre posture pénible ou fatigante à la longue 55,9 36,2 60,6 41,1 Effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents 55,7 37,2 70,7 33,6 Porter ou déplacer des charges lourdes 68,4 40,6 81,2 51,6 Subir des secousses ou des vibrations 45,5 17,4 75,8 28,5 Exposition à des risques physiques (au moins 2 parmi les 3 cités) 45,8 24,3 71,2 27,0 Être exposé à un bruit intense1 70,2 17,7 68,8 13,5 Respirer des fumées ou des poussières 53,0 30,5 81,6 37,5 Être en contact avec des produits dangereux 42,4 30,0 74,3 31,6 Subir au moins 3 contraintes de rythme de travail parmi les 8 citées 16,7 24,8 15,9 9,6 1 Bruit qui gêne pour entendre une personne située à 3 mètres. Lecture : En 2019, 74,1 % des salariés agricoles déclarent être soumis à au moins trois contraintes physiques. Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi. Sources : Dares-Drees-DGAFP-Insee, enquête Conditions de travail 2019. 2. Horaires et organisation du temps de travail en 2019 Pas de repos de 48 h consécutives La nuit (00h-5h)2 Le dimanche1 Le samedi1 40 h ou plus par semaine 0 20 40 60 80 100 en % Agriculteurs exploitants Non-salariés – Ensemble Salariés agricoles Salariés – Ensemble 1 Habituellement. 2 Même occasionnellement. Lecture : En 2019, 76,1 % des agriculteurs exploitants ne disposent pas de 48 heures consécutives de repos par semaine. Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi. Sources : Dares-Drees-DGAFP-Insee, enquête Conditions de travail 2019. 3. Intensité et insécurité du travail en 2019 0 10 20 30 40 Devoir effectuer une quantité de travail excessive Travailler sous pression Ne pas être reconnu pour son travail Craindre pour son emploi l'année qui vient en % Agriculteurs exploitants Non-salariés – Ensemble Salariés agricoles Salariés – Ensemble Lecture : En 2019, 32,7 % des agriculteurs exploitants déclarent travailler sous pression. Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi. Sources : Dares-Drees-DGAFP-Insee, enquête Conditions de travail 2019. 4. Nombre d'accidents du travail et de maladies professionnelles Accidents du travail et maladies professionnelles 2010 2015 2019 2020 2021 Chefs d'exploitation1 Accidents du travail avec ou sans arrêt, dont : 24 853 19 556 15 219 13 777 13 584 avec arrêt 19 111 15 230 13 353 12 232 11 910 Accidents de trajet 199 144 148 134 106 Maladies professionnelles avec ou sans arrêt 1 829 1 615 1 184 895 963 Salariés agricoles des filières culture-élevage1 Accidents du travail avec arrêt 14 467 13 758 13 880 12 858 12 982 Accidents de trajet avec arrêt 1 015 829 800 662 826 Maladies professionnelles, dont : 1 697 1 733 1 579 1 280 1 332 avec arrêt 1 373 1 333 1 385 1 103 1 194 1 Affiliés à la MSA limités aux exploitations de culture et d’élevage, aux champignonnières, hors haras-dressage et pisciculture. Lecture : En 2021, 12 982 accidents du travail avec arrêt ont été enregistrés chez les salariés agricoles des filières culture-élevage et 11 910 parmi les chefs exploitants. Champ : France métropolitaine hors départements du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle, événements ayant donné lieu à un premier versement sur la période. Source : Mutualité sociale agricole (MSA).
106 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.7 Exploitants agricoles En 2020, 496 365 chefs d’exploitation et coexploitants dirigent une exploitation agricole en France métropolitaine. Corollaire de la baisse du nombre d’exploitations, la population des exploitants agricoles diminue entre 2010 et 2020 (‑18 %) et elle vieillit. En 2020, l’âge moyen des chefs d’exploitation, coexploitants et associés de France métropolitaine atteint 51,4 ans, contre 50,2 en 2010. Entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitants diminue dans toutes les tranches d’âge sauf entre 60 et 75 ans figure 1. Toutefois, la part des exploitants de moins de 40 ans reste stable sur la période. La moitié des exploitations en France métropolitaine sont dirigées par au moins un exploitant âgé de 55 ans ou plus. Ces dirigeants ont ainsi déjà atteint l’âge légal de départ à la retraite ou l’atteindront d’ici 2030. Les exploitants sont plus âgés dans les microexploitations : un sur deux a au moins 60 ans. Dans les grandes exploitations, ils sont âgés en moyenne de 48 ans, soit 10 ans de moins que dans les microexploitations. Le niveau de formation des exploitants agricoles augmente au fil des générations, comme pour l’ensemble des actifs. En 2020, un exploitant sur deux a suivi une formation générale ou agricole de niveau baccalauréat ou plus figure 2. Parmi les exploitants de 60 ans ou plus, 23 % n’avaient pas suivi de formation générale ou agricole au‑delà de l’école primaire, tandis que la quasi‑totalité des générations suivantes ont au moins une formation de second cycle court. Les moins de 40 ans disposent d’un niveau de formation plus élevé : 85 % ont un niveau au moins égal au baccalauréat ou équivalent. Outre l’effet générationnel, le niveau de formation s’élève avec la taille économique des exploitations. Les deux tiers des exploitants des plus grandes exploitations ont un niveau égal ou supérieur au baccalauréat. Par rapport à 2010, la part des femmes reste stable, à 26 %, pour les chefs d’exploitation et coexploitants. Les femmes chargées d’une exploitation agricole ont en moyenne 3 ans de plus que les hommes. Les exploitantes se sont installées à différents âges de la vie, contrairement aux hommes qui s’installent jeunes figure 3. 45 % des exploitantes se sont établies avant 35 ans et 25 % après 48 ans, contre respectivement 80 % et 5 % pour les hommes. Fréquemment, les femmes reprennent l’exploitation familiale lors du départ à la retraite de leur conjoint. Les femmes exploitantes travaillent moins souvent à temps complet sur l’exploitation : 59 %, contre 71 % pour les hommes. Les exploitantes ont plus souvent un niveau d’études supérieur à celui des hommes, mais plus faible en matière de formation agricole. Définitions Le chef d’exploitation est la personne physique qui assure la gestion courante de l’exploitation. Dans le cas d’une forme sociétaire, où plusieurs personnes peuvent remplir cette fonction, on retient celle qui assure la plus grande part de responsabilité, les autres étant définies comme coexploitants. Microexploitations, taille économique : voir Glossaire. Pour en savoir plus • « Recensement agricole 2020 – Âge des exploitants et devenir des exploitations : les exploitations fruitières ou de grandes cultures plus souvent dirigées par au moins un exploitant senior », Agreste Primeur n° 10, juillet 2022. • « La transmission des exploitations agricoles », Agreste Les Dossiers n° 29, septembre 2015. • « Recensement agricole 2010 – Les jeunes agriculteurs : un agriculteur sur cinq a moins de 40 ans », Agreste Primeur n° 293, novembre 2012.
107 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 2.7 – Exploitants agricoles 1. Répartition des exploitants par sexe et classe d’âge en 2010 et 2020 2020 2010 80 ou plus 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 moins de 25 âge, en années 4 2 0 2 4 6 8 10 12 6 14 en % Hommes Femmes Lecture : En 2020, 9,0 % des exploitants sont des hommes âgés de 45 à 49 ans, contre 12,1 % en 2010. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensements agricoles 2010 et 2020. 2. Niveau de formation des exploitants en 2020 Aucune formation ou scolarisé jusqu'en primaire Second cycle long2 Second cycle court1 Niveau études supérieures Ensemble Grandes exploitations Moyennes exploitations Petites exploitations Microexploitations 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % 1 Brevet des collèges, BEP, CAP ou équivalent. 2 Baccalauréat ou équivalent. Lecture : 30 % des exploitants des grandes exploitations ont un second cycle court comme niveau de formation le plus élevé. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 3. Nombre d’exploitants selon l’âge lors de la première installation et le sexe en 2020 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 16 26 36 46 56 66 75 âge, en années Femmes Hommes Lecture : 18 422 hommes exploitants avaient 26 ans lors de leur 1re installation. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020.