94 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.1 Répartition des élevages sur le territoire En 2020, le cheptel situé en France métropolitaine s’élève à 24,7 millions d’unités de gros bétail (UGB). Trois espèces représentent près de 93 % de ce troupeau : les bovins (15,7 millions d’UGB), les volailles (3,8 millions d’UGB) et les porcins (3,5 millions d’UGB) figure 1. Depuis 2010, ce cheptel a diminué d’environ 2 millions d’UGB. Cette baisse concerne principalement le cheptel bovin qui a perdu 1,4 million d’UGB. En 2020, 197 000 exploitations agricoles françaises possèdent des animaux d’élevage, dont 146 000 sont spécialisées dans une activité d’élevage et 46 500 ont une activité mixte, polyculture – élevage. Le cheptel bovin se décompose en un élevage laitier (3,5 millions de vaches laitières, 200 000 de moins qu’en 2010) et un troupeau pour la production de viande (3,8 millions de vaches allaitantes, 300 000 de moins qu’en 2010). L’élevage laitier concerne 56 000 exploitations. Un tiers du cheptel se trouve dans les départements bordant la Manche figure 2. Dans ces territoires, la taille des troupeaux laitiers y est plus grande qu’en moyenne nationale : 75 vaches contre 62. Les principales régions fromagères, situées dans le Massif central et la Franche‑Comté, rassemblent par ailleurs 10 % du cheptel laitier. La taille des troupeaux y est plus faible qu’au niveau national (50 vaches). L’élevage bovin viande est présent dans plus de 93 000 exploitations. Il est réparti sur tout le territoire métropolitain, avec deux territoires de plus forte densité : du Massif central (du Cantal à la Nièvre) au Charolais (Saône‑et‑Loire) avec plus de 1,4 million de vaches allaitantes et dans l’ouest de la France (Loire-Atlantique, Maine‑et‑Loire, Deux‑Sèvres et Vendée) avec près de 400 000 têtes figure 3. Dans les deux territoires, la taille des troupeaux atteint en moyenne 41 vaches (contre 38 au niveau national). L’élevage porcin concerne 13 000 exploitations (‑40 % depuis 2010). Il comprend 13,3 millions de têtes, dont 770 000 truies mères (effectif stable entre 2010 et 2020). C’est un élevage très concentré : 40 % des exploitations rassemblent 80 % du cheptel. Elles possèdent en moyenne plus de 2 100 porcins, dont 200 truies mères. Les élevages se concentrent dans les départements bretons avec plus de 4 000 exploitations et 7,5 millions de porcs figure 4. L’aviculture concerne 29 000 exploitations et regroupe de nombreuses espèces avec trois principales destinations : les élevages pour la chair, ceux des œufs à couver (reproduction du cheptel) et ceux des œufs de consommation. Les élevages de poulets de chair et de poules pondeuses d’œufs de consommation sont les plus gros, avec respectivement 154 millions et 54 millions de têtes. Depuis 2010, l’élevage de volaille a progressé en effectif de 9,5 % pour les poulets de chair et de 19,9 % pour les poules pondeuses. L’élevage de ces dernières est très concentré : cinq départements en Bretagne et Pays de la Loire regroupent ainsi plus de la moitié du cheptel français. Quelques départements (Drôme, Oise, Somme) possèdent également d’importants ateliers de production (environ 6,5 millions de poules) figure 5. Au total, la France produit 16 milliards d’œufs par an. 45 % des effectifs de poules pondeuses sont dans un élevage en cage, 25 % dans un élevage au sol en bâtiment fermé et 40 % disposent d’un accès extérieur. Définition L’unité de gros bétail (UGB) est utilisée pour comparer ou agréger des effectifs animaux d’espèces ou de catégories différentes. À chaque type d’animal est attribué un coefficient fondé sur ses besoins alimentaires. L’UGB mentionnée ici comprend tous les aliments (herbe, fourrages et concentrés). Pour en savoir plus • « Les exploitations bovines laitières en France métropolitaine en 2020 », Agreste Les Dossiers no 4, novembre 2023. • « Les exploitations bovines laitières », Dataviz « Viz'Agreste ».
95 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 2.1 – Répartition des élevages sur le territoire 1. Répartition du cheptel français en UGB1 Bovins Ovins Caprins Porcins Volailles Équins Lapins 1 UGB : Unité Gros Bétail basée sur la consommation alimentaire. Une UGB correspond à l'alimentation d'une vache laitière. Lecture : Les bovins représentent 15,7 millions d'UGB, soit 63,6 % du cheptel français, et les lapins 0,1 million d’UGB, soit 0,4 % du cheptel français. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 2. Localisation du cheptel de vaches laitières effectifs, en têtes par km² 12,4 4,8 22,1 37,0 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les zones les plus sombres présentent les densités de vaches laitières les plus élevées. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 3. Localisation du cheptel de vaches allaitantes effectifs, en têtes par km² 9,4 3,9 17,4 28,0 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les zones les plus sombres présentent les densités de vaches allaitantes les plus élevées. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 4. Localisation du cheptel de porcins effectifs, en têtes par km² 150 44 321 622 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les zones les plus sombres présentent les densités de porcins les plus élevées. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 5. Localisation du cheptel de poules pondeuses d'œufs de consommation effectifs, en têtes par km² 610 180 1 450 2 890 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les zones les plus sombres présentent les densités de poules pondeuses les plus élevées. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020.
96 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.2 Principales cultures en France En France métropolitaine, la surface agricole utilisée (SAU) représente 49 % de la surface totale en 2020. Les départements les plus agricoles se situent dans le quart nord‑ouest de la France. Dans la plupart d’entre eux, la SAU représente plus de 60 % de la surface totale. Dans les départements du Sud et de l’Est, cette part est nettement plus faible figure 1. En 2020, les grandes cultures occupent 12,7 millions d’hectares, soit 47 % de la SAU figure 2. Les surfaces en céréales, oléagineux et protéagineux (COP) concentrent 90 % des surfaces des grandes cultures. Celles des pommes de terre n’en représentent que 2 %. Depuis 2010, la part des surfaces en cultures industrielles croît nettement, avec notamment un doublement des surfaces en plantes à fibres (chanvre, lin textile). En 2020, les cultures fourragères, destinées à l’alimentation des animaux, s’étendent sur 12,6 millions d’hectares, soit 47 % des surfaces agricoles. Les autres cultures (cultures permanentes, légumes, fleurs) occupent 5 % de la SAU totale. Les surfaces de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) progressent fortement (+63 %). Les surfaces de vignes ont fortement diminué au cours des années 1980, avec notamment les mesures d’arrachage de vignes à vins de consommation courante, qui visaient à limiter les excédents. Elles ne représentent en 2020 que 0,8 million d’hectares, contre 1,2 million en 1970. Les grandes cultures sont davantage présentes dans la moitié nord de la France figure 3. Leur part est particulièrement élevée dans la grande couronne francilienne ainsi que dans certains départements des régions Hauts‑de‑France (Somme, Oise), Grand Est (Aube, Marne) et Centre‑Val de Loire (Loiret, Eure‑et‑Loir). Les principaux départements de production des COP, en matière de surface, sont la Marne, l’Eure‑et‑Loir, l’Aisne, la Somme, la Vienne et la Seine‑et‑Marne. En France, les céréales constituent 79 % des superficies en COP, contre 19 % pour les oléagineux (colza, tournesol, soja et lin oléagineux). Les surfaces en cultures fourragères sont principalement situées dans les grandes régions d’élevage figure 4. Elles sont à 88 % composées de prairies permanentes ou de prairies artificielles et temporaires. Les 12 % restants, soit 1,6 million d’hectares, sont principalement constitués de cultures fourragères annuelles. Ces dernières représentent 6 % de la SAU. Dans les principaux départements d’élevage de vaches laitières (Manche, Ille‑et‑Vilaine, Côtes‑d’Armor et Mayenne), la part des fourrages annuels dans la SAU dépasse 19 %. Les cultures permanentes, essentiellement des vignobles et vergers, sont principalement localisées dans les départements du Sud‑Ouest, du pourtour méditerranéen et dans la vallée de la Loire figure 5. Définitions La surface agricole utilisée (SAU) comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous abri, jardins familiaux, etc.), les surfaces toujours en herbe (STH) et les cultures permanentes (vignes, vergers, etc.). Les grandes cultures comprennent les céréales, les oléagineux, les protéagineux (COP), les plantes à fibres (lin textile, chanvre, etc.), les plantes industrielles (betterave à sucre, etc.), les pommes de terre et les jachères. Les cultures fourragères comprennent les prairies permanentes (surfaces toujours en herbe), les prairies temporaires (de cinq ans ou moins) et artificielles (prairies temporaires semées uniquement de légumineuses), les plantes sarclées fourragères (choux, betteraves, etc.) et les fourrages annuels (maïs fourrage, légumineuses fourragères annuelles, etc.). Les cultures permanentes comprennent principalement les vignes et les vergers. Elles comprennent également les autres cultures permanentes : arbres de Noël, pépinières ornementales, forestières et fruitières, cultures permanentes énergétiques (miscanthus, etc.), arbres truffiers (hors noisetiers), autres (joncs, mûriers, osiers, etc.). Pour en savoir plus • « Recensement agricole 2020 – Surface moyenne des exploitations agricoles en 2020 : 69 hectares en France métropolitaine et 5 hectares dans les DOM », Agreste Primeur n° 13, octobre 2022. • « La superficie agricole utilisée », Dataviz « Viz’Agreste ».
97 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 2.2 – Principales cultures en France 1. Part de la surface agricole utilisée (SAU) dans la superficie totale en 2020 en % 40 20 60 80 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Dans les territoires du nord-ouest de la France, les surfaces agricoles occupent régulièrement plus de 60 % de la surface totale, et parfois même plus de 80 %. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 2. Répartition de la surface agricole utilisée (SAU) par groupe de cultures Groupe de cultures Surface (en milliers d’hectares) Évolution 2020/2010 (en %) 2010 2020 Grandes cultures 13 124 12 690 -3,3 Céréales 9 226 8 925 -3,3 Oléagineux 2 233 2 117 -5,2 Protéagineux 415 401 -3,4 Cultures industrielles (y c. plantes à fibres) 471 589 25,0 Pommes de terre 154 215 39,4 Jachères 624 443 -29,1 Cultures fourragères 12 505 12 649 0,1 Prairies (temporaires, artificielles, permanentes) 11 107 11 080 -0,2 Autres cultures fourragères 1 398 1 570 12,3 Cultures fruitières 186 202 8,4 Vignes 789 780 -1,1 Autres1 360 425 18,1 Surface agricole utilisée 26 963 26 746 -0,8 1 Semences (sauf pour les céréales, oléagineux et protéagineux), plantes à parfum, aromatiques, médicinales, légumes, horticulture, pépinières, sapins de Noël, autres. Lecture : Les grandes cultures représentent 12 690 milliers d’hectares en 2020, en baisse de 3,3 % entre 2010 et 2020. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensements agricoles 2010 et 2020. 3. Part de la surface occupée par les grandes cultures en 2020 en % 40 20 60 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les grandes cultures sont principalement situées dans la moitié nord et le sud-ouest de la France. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 4. Part de la surface occupée par les cultures fourragères en 2020 en % 40 20 60 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : Les cultures fourragères sont très présentes dans l’ouest de la Normandie ainsi que dans le Massif central. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 5. Part de la surface occupée par les vergers en 2020 en % 8 1 © IGN - MASA-SG-SSP 2024 Lecture : L’arboriculture se situe principalement dans le sud‑ouest et le sud-est de la France. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020.
98 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 2.3 Nombre d’exploitations En 2020, la France métropolitaine compte près de 390 000 exploitations agricoles, soit 100 000 de moins qu’en 2010 figure 1. Si la baisse du nombre d’exploitations est continue depuis cinquante ans, elle a été plus marquée entre 1988 et 2000 avec une diminution de 3,5 % par an. Depuis 2000, la baisse s’atténue progressivement pour atteindre en moyenne ‑2,3 % par an entre 2010 et 2020. Le nombre d’exploitations diminue également dans les départements d’outre‑mer ; il s’élève à 27 000 en 2020. La Guyane fait exception avec une augmentation de 800 exploitations en vingt ans. La baisse du nombre d’exploitations reflète surtout une poursuite de leur agrandissement. Les exploitations se regroupent, s’agrandissent et la surface agricole utilisée (SAU) moyenne augmente. En 2020, la SAU d’une exploitation en France est de 69 hectares en moyenne, contre 55 en 2010. Entre 2010 et 2020, la surface agricole utilisée totale recule légèrement (‑1 %) ; elle occupe désormais près de la moitié du territoire métropolitain. L’évolution du nombre d’exploitations varie selon la taille économique. Entre 2010 et 2020, le nombre de microexploitations diminue de 4,0 % par an en moyenne, tandis que celui des grandes exploitations augmente de 0,4 % par an. En 2020, ces dernières représentent 20 % des exploitations, contre 28 % pour les plus petites. Entre 2010 et 2020, la baisse du nombre d’exploitations est plus marquée dans les spécialisations d’élevage (‑3,6 % par an) et représente les deux tiers de la diminution totale. Les exploitations en spécialisations végétales résistent mieux (‑1,2 %). La spécialisation « Horticulture, maraîchage » est la seule pour laquelle le nombre d’exploitations augmente au cours de la dernière décennie. En 2020, le premier rang revient à la spécialisation « Grandes cultures », occupé en 2010 par l’élevage bovins figure 2. Les fermes en polyculture et/ou polyélevage sont, comme celles spécialisées en élevage bovins, de moins en moins nombreuses (‑3,4 % par an). En 2020, l’Union européenne regroupe 9 millions d’exploitations figure 3. La Roumanie en concentre 32 %, suivie par la Pologne (14 %), l’Italie (12 %), puis l’Espagne (10 %). La France se classe au 6e rang, avec 4 % des exploitations européennes. En dix ans, 3 millions d’exploitations ont disparu en Europe, principalement dans les pays de l’Est (dont 1 million en Roumanie) et ceux du bassin méditerranéen (Italie, Grèce, Croatie). Moins nombreuses, mais de plus grande taille, les exploitations d’Europe occidentale génèrent plus de la moitié du potentiel de production agricole européen mesuré par la production brute standard (PBS) et donc un chiffre d’affaires moyen (approché par la PBS moyenne) plus élevé figure 4. La France réalise 18 % de la PBS, l’Italie 16 %, l’Allemagne 13 % et l’Espagne 12 %. Définitions La surface agricole utilisée (SAU) comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous abri, jardins familiaux, etc.), les surfaces toujours en herbe (STH) et les cultures permanentes (vignes, vergers, etc.). Taille économique, production brute standard (PBS) : voir Glossaire. Pour en savoir plus • « Recensement agricole 2020 – Âge des exploitants et devenir des exploitations : les exploitations fruitières ou de grandes cultures plus souvent dirigées par au moins un exploitant senior », Agreste Primeur n° 10, juillet 2022. • « La transmission des exploitations agricoles », Agreste Les Dossiers n° 29, septembre 2015. • « Recensement agricole 2010 – Les jeunes agriculteurs : un agriculteur sur cinq a moins de 40 ans », Agreste Primeur n° 293, novembre 2012.