88 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 1.8 Diversification des activités des exploitations agricoles En 2020, 36,4 % des exploitations de France métropolitaine complètent leur activité de production par une ou plusieurs activités de diversification. Ces dernières peuvent s’inscrire en prolongement direct de la production agricole, comme la transformation ou la vente en circuits courts de produits de la ferme, ou en être plus éloignées comme la production d’énergie renouvelable ou une activité touristique figure 1. La vente en circuits courts est l’activité de diversification la plus répandue. Elle concerne 23,1 % des exploitations agricoles en 2020. Les apiculteurs, horticulteurs et maraîchers plébiscitent ce type de vente, les autres élevages et les exploitations spécialisées en grandes cultures beaucoup moins figure 2. Dans tous les cas, la vente directe à la ferme est le mode de circuits courts privilégié. L’activité de transformation de produits à la ferme est un peu moins fréquente (14,5 % des exploitations) et concerne essentiellement le vin et la viande. Dans huit cas sur dix, elle se prolonge par une commercialisation des produits en circuits courts. Le travail à façon concerne en 2020 près de 34 000 exploitations, soit 8,7 % du total, une pratique en hausse comparée à 2010 (3,4 %) figure 3. L’essentiel des prestations réalisées sont des travaux liés à la production agricole (labour, récolte, etc.), peu concernent d’autres domaines (déblayage de neige, entretien de haies ou chemins communaux, etc.). Le travail à façon est plus fréquent dans les exploitations spécialisées en grandes cultures (14,0 %). La production d’énergie renouvelable destinée à la vente augmente fortement, mais reste encore peu développée. En 2020, 13 500 exploitations (3,5 % du total) sont équipées, contre 1 900 exploitations en 2010. La vente d’énergie solaire est de loin la plus répandue (11 800 exploitations) devant le biogaz (1 400) et l’éolien (700). Les ventes d’énergie issue de biomasse (bois, plaquettes, etc.) ou d’énergie hydraulique sont peu fréquentes. C’est parmi les éleveurs de porcins et/ou de volailles que la vente d’énergie renouvelable est la plus courante (7,9 %). Le tourisme reste peu pratiqué dans les exploitations agricoles. En 2020, seules 9 700 d’entre elles proposent un hébergement et/ou une restauration à la ferme, soit 2,5 % des exploitations, guère plus qu’en 2010. Cette pratique est la plus fréquente parmi les éleveurs équins (7,0 %). D’autres activités de diversification existent mais restent marginales. Parmi elles, le négoce concerne moins de 5 000 exploitations et les activités de loisirs moins de 4 000 exploitations. L’artisanat ou l’aquaculture ne sont présents que dans quelques centaines de fermes. Définitions Les circuits courts sont des circuits de vente directe au consommateur final ou avec un seul intermédiaire entre l’exploitation agricole et le consommateur final. La distance géographique n’entre pas en considération. Le travail à façon comprend l’ensemble des travaux réalisés avec les moyens de l’exploitation pour le compte d’autres entités (exploitations agricoles, particuliers, collectivités territoriales, etc.). Il peut être agricole ou non. Le travail à façon agricole concerne les travaux liés à la production agricole : le labour, la moisson, la fenaison, les vendanges, l’entretien/ réparation de clôtures, de fossés et de systèmes de drainage, la récolte de la canne à sucre, etc. Le travail à façon non agricole comprend le déblayage de la neige, les travaux de roulage, la maçonnerie, les travaux pour des collectivités territoriales (entretien de haies communales, entretien de chemins, etc.), pour des particuliers (entretien d’une résidence secondaire par exemple). Le négoce désigne l’achat pour revente de produits agricoles provenant de l’exploitation ou d’autres exploitations, sans transformation intermédiaire. Pour en savoir plus • « Recensement agricole 2020 – Commercialisation : près d’une exploitation sur quatre vend en circuit court », Agreste Primeur n° 5, mars 2023. • « Recensement agricole 2010 – Diversification des activités : 12 % des exploitations développent une activité para‑agricole », Agreste Primeur n° 302, juin 2013.
89 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.8 – Diversification des activités des exploitations agricoles 1. Activités de diversification des exploitations en 2020 Activité de diversification Exploitations Nombre en % Au moins une activité de diversification 141 739 36,4 Vente en circuits courts 90 024 23,1 Transformation de produits à la ferme (y compris vins) 56 459 14,5 Réalisation de travail à façon, dont : 33 795 8,7 agricole 28 080 7,2 non agricole 8 690 2,2 Production d'énergie renouvelable pour la vente, dont : 13 457 3,5 solaire 11 792 3,0 biogaz 1 366 0,4 éolien 687 0,2 biomasse 409 0,1 énergie hydraulique 30 0,0 Accueil des touristes à la ferme, dont : 9 705 2,5 pour l'hébergement 8 942 2,3 pour la restauration 1 745 0,4 Autres activités de diversification, dont : 13 683 3,5 négoce 4 628 1,2 activités de loisirs 3 489 0,9 transformation de bois pour la vente et/ou exploitation forestière 2 602 0,7 services médico-sociaux ou éducatifs (ferme pédagogique, médiation animale, etc.) 1 413 0,4 sylviculture (production de bois sur pied) 1 154 0,3 artisanat (vannerie, tannerie, etc.) 557 0,1 aquaculture 345 0,1 autre (gardiennage de caravane ou camping cars, etc.) 795 0,2 Ensemble des exploitations 389 779 100 Note : Une exploitation peut avoir plusieurs activités de diversification. Lecture : En 2020, 141 739 exploitations ont au moins une activité de diversification, soit 36,4 % du total des exploitations. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 2. Part d'exploitations vendant en circuits courts selon leur spécialisation en 2020 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 Apiculture Fleurs, horticulture diverse Légumes, champignons Cultures fruitières Polyculture, polyélevage (hors apiculture) Viticulture Ovins, caprins, autres herbivores Combinaisons de granivores (porcins, volailles) Volailles Porcins Bovins viande Bovins mixte Bovins lait Grandes cultures en % Lecture : En 2020, 86,6 % des exploitations spécialisées en apiculture vendent en circuits courts. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensement agricole 2020. 3. Part d'exploitations pratiquant certaines activités de diversification en 2010 et 2020 0 2 4 6 8 10 Réalisation de travail à façon Production d'énergie renouvelable pour la vente Hébergement et/ou restauration en % 2010 2020 Lecture : En 2010, 3,4 % des exploitations réalisent des travaux à façon, contre 8,7 % en 2020. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, recensements agricoles 2010 et 2020.
90 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 1.9 Sites de transformation et zones de production agricole Les sites de transformation des produits agricoles et de la mer ne se situent pas nécessairement dans leur zone de production. Pour les produits fragiles comme les fruits et légumes ou les produits de la pêche, la proximité est nécessaire, tandis que pour les produits facilement transportables, les entreprises de transformation peuvent être situées à proximité des bassins de consommation (Île‑de‑France pour le blé, par exemple). Quant aux autres productions, notamment les produits sous appellation d’origine protégée (AOP) (dont de nombreux fromages), leur localisation peut être contrainte par des exigences réglementaires. Les sites de transformation des fruits et légumes sont implantés au cœur des bassins de production pour limiter le transport et assurer une fraîcheur et une qualité optimales des produits. Les productions de légumes pour l’industrie (pois et haricots verts, qui représentent 80 % des surfaces) sont réparties sur trois grands bassins de production : Nord, Grand‑Ouest et Sud‑Ouest figure 1. Les 24 sites de transformation s’y trouvent également. Il s’écoule en moyenne entre 4 et 5 heures entre la récolte et la mise en boîte ou en surgélation des légumes. Les vergers destinés à la fois au marché du frais et à la transformation sont davantage implantés le long de la Vallée du Rhône et de la Garonne, où sont concentrés également les principaux sites de transformation. Les entreprises de mareyage, premiers transformateurs des produits de la pêche, sont plus nombreuses dans les départements qui produisent une quantité élevée de ces denrées très fragiles figure 2. Leur capacité de transformation est en revanche plus homogène le long des côtes, du Nord aux Pays de la Loire, à l’exception des départements du Calvados et des Côtes‑d’Armor, dont les quantités de coquilles Saint‑Jacques traitées pèsent proportionnellement plus lourd dans leur activité. Au sud de la France, la faiblesse de la production ne permet pas l’installation de structures de grande taille. Le croissant laitier, qui s’étend des Pays de la Loire au Massif central, en passant par la Bretagne, la Normandie, le Nord et les plaines de l’Est, concentre 91 % de la collecte de lait de vache en France figure 3. Cette concentration ne reflète pas la répartition des sites de transformation par région : en effet, plus de 50 % des sites de transformation sont situés en Bourgogne‑Franche‑Comté et Auvergne‑Rhône‑Alpes, alors que moins de 18 % du lait y est collecté. Ces régions sont plus spécialisées dans les productions fromagères avec la présence de plusieurs zones AOP et de plus petites structures de transformation que dans le Grand‑Ouest. Ainsi, la filière du Comté compte à elle seule 140 fruitières (petits collectifs d’agriculteurs constitués pour transformer leur matière première mutualisée en produit agroalimentaire). Les régions Hauts‑de‑France, Grand Est et Centre‑Val de Loire produisent à elles seules près de la moitié de la production française de blé tendre (35,4 millions de tonnes en 2021) figure 4. La farine est quant à elle moulue pour moitié dans le Grand Est, les Pays de la Loire, l’Île‑de‑France et la Nouvelle‑Aquitaine. Ces régions se caractérisent par leur proximité avec des bassins de forte consommation, comme la région parisienne, ou avec les infrastructures portuaires de La Pallice, le port de La Rochelle, permettant les exportations des céréales produites dans le centre et l’ouest de la France.
91Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.9 – Sites de transformation et zones de production agricole
1. Localisation des principales surfaces
de production de pois et de haricots
verts et des sites de transformation
de légumes en conserve et surgelés
Sites de transformation
(appertisation/surgélation)
en ha
Surfaces de production de haricots verts et de pois
50010 1 000 5 000 10 000 15 000
© IGN - Insee - FAM 2024
Lecture : Les Landes représentent une surface de
9 480 hectares (ha) de pois et de haricots verts qui seront
transformés dans 4 usines.
Champ : France métropolitaine.
Sources : Agreste 2021 ; Unilet 2023.
2. Localisation de l’activité de mareyage
en France métropolitaine en 2022
Département
Nombre
d’entreprises
de mareyage
Volumes moyens
transformés par
entreprise de
mareyage
(en tonnes)
Nombre
de halles
à marée
Aude 3 76,9 1
Bouches-du-Rhône 3 221,3 0
Calvados 4 3 097,5 2
Charente-Maritime 10 649,9 3
Côtes-d’Armor 6 1 763,4 3
Finistère 36 787,5 7
Gard 3 457,8 0
Gironde 6 59,5 1
Hérault 8 91,6 2
Ille-et-Vilaine 10 185,5 1
Loire-Atlantique 12 259,3 2
Manche 16 596,7 2
Morbihan 15 803,1 2
Nord 6 655,0 0
Pas-de-Calais 21 617,7 1
Pyrénées-Atlantiques 0 0,0 2
Seine-Maritime 7 653,7 2
Vendée 12 433,2 3
Val-de-Marne 4 103,8 0
Lecture : La Seine‑Maritime dispose de 2 criées et de
7 entreprises de mareyage, ce qui permet le traitement en
moyenne de 653,7 tonnes par entreprise et par an.
Champ : France métropolitaine.
Source : Union du mareyage français (UMF).
3. Répartition par région de la collecte
de lait de vache et des fabrications
de produits laitiers en 2022
secret statistique
Collecte de lait Fabrication
0,4 1 2 3 5
en milliards de litres
Autres PGC
Fromages
MGS
Produits secs
Secret statistique
© IGN - Insee - FAM 2024
MGS : Matières grasses solides ; PGC : Produits de grande
consommation.
Lecture : En région PACA, moins de 0,4 milliard de litres de lait
de vache sont collectés et les fabrications de produits laitiers
sont à 35,8 % des fromages.
Champ : France métropolitaine.
Source : FranceAgriMer d’après l’enquête mensuelle laitière
SSP‑FranceAgriMer.
4. Zones de production du blé tendre 2021
et destination des sorties de farine
de blé tendre en France métropolitaine
pour la campagne 2021-2022
Production de blé tendre
1 2 3 4
en millions de tonnes
Destination farine
sortie de meunerie
Export
Hors région
Région
© IGN - Insee - FAM 2024
Note : La destination des sorties de farine en Corse, Occitanie
et Provence‑Alpes‑Côte d’Azur ne sont pas diffusables.
Lecture : En 2021, les principales régions productrices de blé
tendre sont les régions Grand Est, Centre‑Val de Loire et
Hauts‑de‑France. Dans le Grand Est, la farine produite a pour
première destination majoritairement les autres régions
françaises, puis le territoire régional, une dernière petite
fraction étant directement destinée à l’export.
Champ : France métropolitaine.
Sources : FranceAgriMer ; Agreste.
Fiches thématiques Transformations du monde agricole