AGRI24.pdf

Type: Document | Status: ready

129 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.5 – Qualité des sols agricoles  1. Biodiversité bactérienne et richesse lombricienne des sols de France métropolitaine 0 2 4 6 8 10 12 14 0 200 400 600 800 1 000 1 200 1 400 Prairies Cultures Vignes et vergers Agroforesterie Forêts Autres (milieux naturels, parcs urbains) Ensemble richesse lombricienne, en nombre de taxons Biodiversité bactérienne Biodiversité spécifique des vers de terre biodiversité bactérienne (nombre moyen de taxons, en équivalent au niveau genre) Note : Le nombre moyen de taxons n'est pas disponible pour l'agroforesterie pour la biodiversité bactérienne. Lecture : La diversité bactérienne moyenne des sols de France métropolitaine est de 1 288 taxons, celle relative aux vers de terre est de 6 taxons. Champ : France métropolitaine hors Corse. Sources : © Université de Rennes1, UMR 6553 EcoBio, 2015 ; Plateforme GenoSol – UMR Agroécologie – INRA – GIS Sol, 2016.  2. Stock de carbone organique dans la partie superficielle des sols (entre 0 et 30 cm de profondeur) stocks de carbone organique, en t/ha 2 5 10 15 20 25 40 50 75 100 120 150 175 © GIS Sol 2024 Notes : Carte nationale (hors Corse) des stocks de carbone des sols intégrée dans la carte mondiale de la FAO. Les données ne sont pas assez nombreuses pour produire des géostatistiques sur le territoire de la Corse. Lecture : Les stocks de carbone les plus élevés (rouge foncé) correspondent à des situations extrêmes climatiques (sols situés en altitude), minéralogiques (sols volcaniques du Massif central) ou hydriques (marais de l’Ouest). Champ : France métropolitaine hors Corse. Source : Gis Sol, IGCS-RMQS, Inra 2017 ; traitements : SDES, 2019.  3. Stabilisation des sols et contrôle de l’érosion par petite région agricole (PRA) © MTECT-CGDD-SDES 2024 quantité de sols stabilisés, en t/ha/an 0,6 0,5 0,8 0,9 Note : Quantité de sol stabilisé correspondant au différentiel du taux d’érosion entre la situation « couverture végétale actuelle » et des situations de référence (sol nu / couvert permanent). Lecture : Dans le nord et l’est du Bassin parisien, la quantité de sols stabilisés est inférieure ou égale à 0,5 tonne par hectare et par an (vert foncé) : l'érosion des sols y est très importante. Champ : France métropolitaine. Sources : MTE, Projet Efese (INRA « Les services écosystémiques rendus par les sols », 2017 ; INRA/UR Sol modèle aléa d’érosion Mesales) ; traitements : SDES, 2022.

130 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.6 Paiements pour services environnementaux Depuis les années 1990, les paiements pour services environnementaux (PSE) ont suscité un intérêt croissant à l’échelle mondiale en tant qu’instrument économique incitant les gestionnaires du foncier à adopter des pratiques favorables à la préservation de l’environnement. Leur objectif est de pérenniser la fourniture de services écosystémiques tels que la régulation du climat, la qualité de l’eau ou la présence d’habitats pour la faune et la flore sauvages. Ainsi, ils peuvent représenter un outil efficace d’atténuation et d’adaptation des territoires au changement climatique et contribuer à freiner la déforestation ou inciter à la performance environnementale des systèmes d’exploitation agricole. En France, dans le cadre du plan Biodiversité de 2018, un dispositif expérimental de « paiements pour services environnementaux » a été élaboré par le ministère chargé de la transition écologique et déployé par les agences de l’eau à partir de 2020. Il rémunère sur une durée de cinq ans les pratiques des agriculteurs ayant des impacts positifs sur l’environnement, en particulier la biodiversité, l’eau et les sols, et inscrites dans des projets de territoire portés le plus souvent par des collectivités locales. Début 2023, 121 projets sont en cours de mise en œuvre ; ils impliquent un peu plus de 2 700 exploitations agricoles pour près de 250 000 hectares contractualisés, avec une répartition variée selon les bassins hydrographiques gérés par les agences de l’eau, et les spécificités des territoires mettant en œuvre l’expérimentation. Ainsi, sur le bassin hydrographique Loire‑Bretagne, les projets PSE, au nombre de 34, sont tournés majoritairement vers la protection de la ressource en eau    figure 1. Au niveau national, 69 % des projets ont pour enjeu principal la qualité de l’eau, 21 % la préservation de la biodiversité et 9 % les zones humides. La rémunération annuelle des agriculteurs est comprise entre 90 et 130 euros par hectare. En moyenne, chaque projet rassemble 24 exploitations agricoles pour 2 160 hectares engagés    figure 2. La logique de rémunération d’un agriculteur se fonde sur l’atteinte de résultats observés chaque année, sur la totalité de l’exploitation. L’appréciation de la performance environnementale s’appuie sur un système d’indicateurs et de notation construit au niveau national et adapté par le porteur de projet, afin d’ajuster les résultats à atteindre aux spécificités territoriales. Les indicateurs sont répartis entre deux grands domaines d’intervention : structures paysagères et systèmes de production agricole. La rémunération de l’agriculteur comporte deux parties : le maintien des pratiques bénéfiques à l’environnement et l’amélioration de ces pratiques par rapport aux années précédentes. Les indicateurs les plus fréquemment retenus pour calculer la rémunération des agriculteurs sont ceux permettant de suivre l’usage des intrants (engrais minéraux pour 50 projets, produits phytosanitaires pour 40 projets), la couverture des sols (47 projets), et les actions assurant une gestion durable des infrastructures agroécologiques (IAE) (46 projets)    figure 3. Dans un objectif de pérennisation, ce dispositif fait l’objet d’une évaluation afin de déterminer dans quelle mesure l’expérimentation mise en œuvre est efficace pour accélérer la transition agroécologique des exploitations. Ce dispositif est également promu dans la Stratégie nationale pour la biodiversité à 2030 adoptée en décembre 2023 et le Plan eau présenté en avril 2023.  Définitions Les paiements pour services environnementaux (PSE) sont des transactions volontaires entre usagers et fournisseurs de services écosystémiques qui sont conditionnées à des règles convenues de gestion des ressources naturelles pour générer des services hors site. Les infrastructures agroécologiques (IAE) rassemblent des habitats semi‑naturels (spontanés ou aménagés), dont les haies, arbres isolés, jachères fleuries, souvent placés de façon interstitielle dans l’espace agricole et gérés par des agriculteurs.  Pour en savoir plus « Les paiements pour services environnementaux (PSE) », Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

131 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.6 – Paiements pour services environnementaux  1. Répartition des projets de paiements pour services environnementaux (PSE) en cours en 2023, par bassin hydrographique et enjeu environnemental 0 20 40 60 80 100 120 140 France métropolitaine Loire-Bretagne Adour-Garonne Rhône-Méditerrannée-Corse Rhin-Meuse Seine-Normandie Artois-Picardie nombre de projets Zones humides Eau Biodiversité Lecture : En 2023, 29 projets PSE sont en cours dans le bassin Adour-Garonne, dont 19 ciblés sur la qualité de l’eau. Champ : France métropolitaine. Source : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), Commissariat général au développement durable (CGDD).  2. Caractérisation des projets de paiements pour services environnementaux (PSE) en cours en 2023, par bassin hydrographique 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000 4 000 3 500 France métropolitaine Adour- Garonne Artois- Picardie Loire- Bretagne Rhin-Meuse Rhône- Méditerrannée- Corse Seine- Normandie nombre d'exploitations agricoles nombre d'hectares Nombre moyen d'hectares engagés dans les projets PSE Nombre moyen d'exploitations engagées dans les projets PSE Lecture : En 2023, les projets PSE de l’agence de l’eau Adour-Garonne rassemblent en moyenne 24 exploitations et 1 530 hectares. Champ : France métropolitaine. Source : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), Commissariat général au développement durable (CGDD).  3. Indicateurs utilisés pour calculer la rémunération des exploitations agricoles dans les projets PSE en cours en 2023 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Quantité moyenne d’azote minéral par hectare Part de couverture des sols (en %) Part d'IAE2 au sein de la SAU gérées durablement (en %) IFT1 herbicides (hors prairies) Nombre de milieux présents sur l’exploitation Part des prairies permanentes dans la SAU (en %) Longueur moyenne des rotations sur l’exploitation Part de légumineuses sans produits phytopharmaceutiques dans la surface cultivée (en %) Mesure du reliquat d'azote en entrée d'hiver nombre de projets 1 L’Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires (IFT) est un indicateur de suivi de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (pesticides) à l’échelle de l’exploitation agricole ou d’un groupe d’exploitations. 2 Infrastructures agroécologiques. Lecture : L’indicateur « Quantité moyenne d’azote minéral par hectare » est utilisé dans 50 projets PSE pour calculer la rémunération des exploitations agricoles. Champ : France métropolitaine. Source : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), Commissariat général au développement durable (CGDD).

132 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.7 Évolution des surplus d’azote et de phosphore L’azote et le phosphore sont des éléments indispensables à la nutrition des plantes, qui font notamment l’objet d’apports d’engrais au champ. Lorsque les apports sont supérieurs aux besoins des végétaux, le surplus peut être entraîné vers le milieu aquatique par ruissellement ou dans les nappes phréatiques par infiltration, en particulier lors des périodes de drainage (automne et hiver), pouvant conduire localement à des pollutions de l’eau. Le calcul du surplus azoté et phosphaté permet de quantifier ce risque. Le surplus brut correspond au bilan entre les flux d’azote ou de phosphore entrant sur les terres agricoles et les flux sortants liés aux prélèvements par les cultures. Le surplus net tient compte également des flux sortants dans l’atmosphère. En 2020, en France métropolitaine, le surplus brut d’azote est estimé à 1,5 million de tonnes, soit 52 kg par hectare de surface agricole utilisée (SAU)    figure 1. Le flux d’azote entrant (apports d’azote) est estimé à 4,2 millions de tonnes, soit 145 kg d’azote par hectare de SAU ; il provient à 50 % de l’azote contenu dans les fertilisants minéraux, boues et composts (azote issu dans sa quasi‑totalité d’engrais de synthèse), à 40 % de l’azote organique contenu dans les déjections des animaux d’élevage (32 % des déjections d’herbivores), à 7 % de l’azote capté par les plantes légumineuses (fixation symbiotique) et à 3 % de l’azote atmosphérique (déposition). En sortie, les prélèvements par les cultures sont estimés à 2,7 millions de tonnes (soit 93 kg d’azote par hectare de SAU), dont 62 % par les fourrages et prairies. Par ailleurs, 540 000 tonnes d’azote (soit 19 kg d’azote par hectare de SAU) se volatilisent dans l’atmosphère notamment sous forme d’ammoniac, en provenance aux deux tiers des élevages. Par déduction, le surplus net d’azote s’élève en 2020 à 970 000 tonnes d’azote, soit 33 kg par hectare de SAU. Les apports en phosphore sont répartis différemment : 42 % proviennent des fertilisants minéraux, boues et compost (la quasi‑totalité issue d’engrais minéraux), contre 57 % de déjections d’animaux d’élevage (40 % spécifiquement d’herbivores). Les fourrages et prairies représentent 53 % des exports. Contrairement à l’azote, le phosphore n’est pas émis dans l’atmosphère. Le surplus est estimé à 6 kg de phosphore par hectare de SAU en 2020. Entre 2000 et 2020, les apports azotés ont diminué de 25 kg par hectare de SAU (‑14,7 %). La baisse régulière observée sur cette période est due à la diminution de l’apport dans les sols de fertilisants minéraux, et à la réduction du cheptel bovin    figure 2. Les exports azotés ont également diminué, de 116 kg par hectare de SAU en 2000‑2004 à 106 kg en 2016‑2020. Cette diminution est liée pour partie aux conditions climatiques. Ainsi, sur la période, les années marquées par la sécheresse s’accompagnent d’un surplus brut d’azote plus élevé. Ce fut par exemple le cas en 2003 et dans une moindre mesure en 2020. En dehors de ces évolutions marquées, le surplus brut est globalement stable sur la période, tout comme le surplus net. Concernant le phosphore, la baisse du surplus est estimée à 3,7 kg par hectare de SAU entre les moyennes quinquennales 2000‑2004 et 2016‑2020, soit ‑51 %. Cette baisse provient pour l’essentiel de la diminution des quantités d’engrais minéraux phosphatés épandus    figure 3.  Définitions Le surplus brut d’azote correspond à la différence entre la quantité totale d’azote apportée sur les terres agricoles et la quantité totale d’azote exportée par les productions végétales. Le surplus net d’azote correspond au surplus brut d’azote duquel sont déduites les quantités d’azote émises dans l’atmosphère sous différentes formes chimiques ; il constitue un indicateur de la pression azotée d’origine agricole dans les sols et dans les eaux.  Pour en savoir plus • « Bilans azote et phosphore », Agreste, février 2024. • Agreste Graph’Agri 2023, janvier 2024.