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125Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.3 – Empreinte carbone de l’alimentation

  1. Décomposition de l’empreinte carbone par poste de consommation en 2018 Déplacements 2 860 kg - 31 % Habitat 2 048 kg - 22 % Équipements 928 kg - 10 % Autres services, principalement marchands 702 kg - 8 % Administration, santé, éducation, action sociale 683 kg - 7 % dont émissions importées pour consommations intermédiaires 458 kg - 23 % dont émissions importées pour demande finale 476 kg - 24 % dont émissions intérieures 1 041 kg - 51 % dont émissions directes des ménages 50 kg - 2 % Alimentation 2 020 kg - 22 % en kg CO2 éq par personne Note : Les gaz à effet de serre pris en compte sont le CO2, le CH4 et le N2O. Lecture : En 2018, les émissions françaises de GES associées à l’alimentation représentent 22 % de l’empreinte carbone. Champ : France. Sources : SDES ; Citepa ; Insee ; Eurostat ; AIE ; FAO ; Douanes ; Ademe, estimations de l’empreinte de l’année 2018 ; traitements : SDES.
  2. Décomposition de l’empreinte carbone de l’alimentation par substances gazeuses en 2018 Gaz à effet de serre (GES) Empreinte carbone totale en millions de tonnes de CO2 éq par habitant en tonnes de CO2 éq en % Dioxyde de carbone (CO2) 62,0 0,92 46 Méthane (CH4) 41,8 0,62 31 Protoxyde d’azote (N2O) 31,8 0,47 23 TOTAL GES 135,6 2,02 100 Note : Les gaz à effet de serre pris en compte sont le CO2, le CH4 et le N2O. Lecture : En 2018, l’empreinte carbone française de l’alimentation est composée de 46 % de CO2, 31 % de CH4 et 23 % de N2O. Champ : France. Sources : SDES ; Citepa ; Insee ; Eurostat ; AIE ; FAO ; Douanes ; Ademe, estimations de l’empreinte de l’année 2018 ; traitements : SDES.
  3. Décomposition de l’empreinte carbone de l’alimentation en 2018 Déchets et assainissement Émissions directes des ménages Service de restauration marchande Agriculture Services de transport et tracteurs Industrie manufacturière et construction Industries de l'énergie Industrie agroalimentaire Autres services 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % a. Par branche d'activités Produits des industries agroalimentaires Produits de l'agriculture et de la pêche Services marchands de restauration Restauration collective Émissions directes des ménages (cuisson) Eau, assainissement et gestion des déchets Production d'électricité, de gaz et de chaleur 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % b. Par biens et services Note : Les gaz à effet de serre pris en compte sont le CO2, le CH4 et le N2O. Lecture : En 2018, les émissions associées aux biens des industries agroalimentaires représentent 53 % de l’empreinte carbone. Champ : France. Sources : SDES ; Citepa ; Insee ; Eurostat ; AIE ; FAO ; Douanes ; Ademe, estimations de l’empreinte de l’année 2018 ; calculs 2022 du SDES. 126 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.4 Artificialisation des sols En 2020 (moyenne 2019‑2020‑2021), les 54,9 millions d’hectares de France métropolitaine se répartissent pour 39 % en sols naturels (principalement des sols boisés), pour 52 % en sols agricoles (cultivés ou toujours en herbe à l’instar des prairies) et pour 9 % en sols artificialisés    figure 1. En incluant les départements d’outre‑mer, et notamment en raison de la Guyane recouverte en grande partie de forêts, la part des sols artificialisés de la France est ramenée à 8 %. Ces derniers rassemblent 3,5 % de sols imperméables bâtis ou revêtus et 4,5 % de sols perméables enherbés ou stabilisés. Plus de la moitié (53 %) des espaces artificialisés en France sont utilisés à des fins résidentielle, culturelle, sportive ou de loisir et un tiers est occupé par des infrastructures logistiques de transport ou de stockage. La proportion de sols artificialisés est la plus grande dans la région Île‑de‑France (21,5 %), puis en Martinique (16,0 %). Elle est très faible en Guyane (0,3 %) et en Corse (3,7 %), deux régions où les sols naturels sont prédominants    figure 2. La loi n° 2021‑1104 du 22 août 2021 dite « Climat et résilience » a introduit le concept de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) comme « la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné ». Le rythme de cette consommation annuelle d’espaces ralentit depuis 2012 et tend à se stabiliser autour de 21 000 hectares par an depuis 2015    figure 3. Pour autant, 320 000 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés entre 2009 et 2022. L’habitat demeure le premier facteur de consommation d’espaces avec 65 % de la surface consommée entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2022. Avec 23 % de la surface consommée, l’activité industrielle et commerciale figure au deuxième rang. La consommation d’espaces pour de nouvelles infrastructures routières tend à diminuer et celle des infrastructures ferroviaires, bien que restant très faible, est étroitement liée aux programmes de lignes à grande vitesse.  Définitions Les sols naturels correspondent aux sols boisés, landes et friches, sols nus naturels (zones où le couvert végétal occupe moins de 25 % de la surface) tels que les plages, zones humides ou sous les eaux, surfaces en herbe à usage ni agricole, ni artificiel ; voir aussi Glossaire. Les sols agricoles comprennent les sols cultivés, les jachères, les prairies et surfaces toujours en herbe. Les serres et abris hauts, les chemins à usage agricole et les autres sols agricoles (cours de ferme, aires de stockage, surfaces annexes non bâties) leur sont rattachés. Les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis (y compris les hangars agricoles), les sols revêtus (routes, parkings, etc.) et autres sols enherbés (comme les parcs et espaces verts) ou stabilisés (comme les voies ferrées, les chemins forestiers et les terrains vagues) ; voir aussi Glossaire. La consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF) est la création ou l’extension effective d’espaces urbanisés sur le territoire concerné. La consommation d’espaces se distingue du terme « artificialisation ». En effet, ce dernier est défini dans le cadre de la loi « Climat et résilience », comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage ».  Pour en savoir plus • Agreste Graph'Agri 2023, janvier 2024. • « Analyse de la consommation d’espaces – Période du 1er janvier 2009 au 1er janvier 2022 », Rapport d’étude, Cerema, septembre 2023. • « L’utilisation du territoire en 2019 – Enquêtes Teruti 2018‑2019‑2020 », Agreste Chiffres et données n° 12, septembre 2022. • « La consommation d’espaces et ses déterminants d’après les Fichiers fonciers (période 2009‑2021 – chiffres au 1er janvier 2022) », Rapport, Portail de l’artificialisation des sols, Cerema.

127 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 4.4 – Artificialisation des sols  1. Occupation des sols en 2019‑2021 Sols artificialisés 9,1 % Sols agricoles 51,8 % Sols naturels 39,1 % Lecture : En moyenne sur 2019‑2020‑2021, les sols artificialisés couvrent 9,1 % du territoire métropolitain. Champ : France métropolitaine. Source : Agreste, enquêtes Teruti.  2. Occupation des sols en 2019-2021 par région 20 0 40 60 80 100 Île-de-France Martinique La Réunion Guadeloupe Bretagne Hauts-de-France Pays de la Loire Mayotte Normandie Provence-Alpes-Côte d'azur Nouvelle-Aquitaine Auvergne-Rhône-Alpes Centre-Val de Loire Grand Est Occitanie Bourgogne-Franche-Comté Corse Guyane France métropolitaine France en % Sols artificialisés Sols agricoles Sols naturels Note : Les régions sont classées selon la part des sols artificialisés. Lecture : En moyenne sur 2019‑2020‑2021, en Bretagne, les sols artificialisés représentent 12,4 % de la surface totale. Champ : France.  Source : Agreste, enquêtes Teruti.  3. Consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers par destination Habitat Activité industrielle ou commerciale Infrastructures routière ou ferroviaire Non connue 0 5 000 10 000 15 000 20 000 25 000 30 000 35 000 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 surface, en hectares Mixte1 1 À la fois habitat et zone d’activité industrielle ou commerciale. Lecture : En 2021, les espaces naturels, agricoles et forestiers ont été consommés à hauteur de 21 310 hectares, dont 13 765 hectares destinés à l’habitat. Champ : France.  Source : Cerema, Fichiers fonciers 2009‑2022.

128 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 4.5 Qualité des sols agricoles Au cœur des grands enjeux environnementaux, les sols jouent un rôle majeur pour l’agriculture. Ils absorbent les eaux de pluie et en stockent entre 30 et 60 % de leur volume. Cette réserve alimente les nappes souterraines, approvisionne les plantes et transporte les éléments nutritifs. La capacité des sols à retenir l’eau dépend de leur porosité, de leur perméabilité et de leur granulométrie : elle est élevée dans les sols limoneux (Bassin parisien), faible dans les sols sableux (Landes, Vosges) ou peu épais (Causses, Provence, seuil du Poitou). Le réservoir utile est plus élevé dans les Hauts‑de‑France et en Normandie, régions de grandes cultures : il y dépasse 150 mm. La biodiversité des sols (animaux, champignons, bactéries, végétation) structure les sols, minéralise la matière organique, nourrit les plantes, dépollue les sols et lutte contre les pathogènes. Les sols de France métropolitaine abritent en moyenne 260 vers de terre par m² : 421 vers/m² dans les prairies, 223 dans les cultures et 163 dans les vignes. La biomasse microbienne représente en moyenne 61 microgrammes d’ADN par gramme de sol (µg/g). Plus abondante dans les sols argileux alcalins et riches en carbone organique, elle dépend des pratiques agricoles : elle varie entre 27 µg/g dans les vignes et vergers, généralement davantage traités par des produits phytosanitaires, et 81 dans les prairies. Les communautés bactériennes représentent un million d’espèces et un milliard de bactéries par gramme de sol, les plus diversifiées se situant dans les territoires agricoles    figure 1. Puits de carbone, le sol contribue à atténuer le changement climatique. Les sols de France métropolitaine (hors Corse) renferment 6,91 gigatonnes (Gt) de carbone organique, dont plus de la moitié dans la partie superficielle (soit 3,56 Gt) et seulement 12 % au‑delà de 1 m. Ce stock varie selon l’affectation du sol. Certains changements d’usage (conversion des cultures en prairies ou en forêts) ou de pratiques agricoles (apports de boues urbaines ou d’effluents d’élevage, non labour) favorisent le stockage. Les stocks sont très faibles dans les vignobles (34 t/ha) et cultures très intensives, moyens dans les grandes plaines cultivées (environ 60 t/ha), élevés dans les prairies, forêts, pelouses et pâturages naturels (plus de 80 t/ha)    figure 2. Sans changement d’usage des sols et sans modification des pratiques agricoles et forestières, l’évolution des stocks de carbone des sols français est estimée en 2019 à +2,3 ‰ par an. L’initiative « 4 pour 1 000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat », lancée à Paris en 2015 lors de la COP21 sur le climat, vise à porter ce taux à 4 ‰ par an en promouvant des pratiques agricoles permettant d’enrichir la teneur en carbone des sols, parmi lesquelles les pratiques agroécologiques. Chaque année en France, les sols perdent en moyenne 1,5 t/ha en raison du ruissellement des eaux. Certaines pratiques agricoles (sols nus, suppression de haies, surpâturage, etc.)
aggravent cette situation. L’érosion perturbe la biodiversité du sol, diminue les rendements, dégrade la qualité de l’eau et peut générer des coulées d’eau boueuse. Le service écosystémique rendu par le couvert végétal pour les stabiliser et contrôler l’érosion est quasi nul dans les zones planes (Landes, Beauce, plaine d’Alsace), faible dans les zones de grandes cultures ou cultures permanentes, élevé dans les zones herbagères (Bretagne, Basse-Normandie, Massif central, Alpes, Jura) et maximal dans les zones les plus sensibles à l’érosion (nord et est du Bassin parisien, piémont pyrénéen, Midi‑Pyrénées, Languedoc, Lyonnais)    figure 3.  Définition Le réservoir utile est la quantité d’eau maximale que le sol peut contenir et restituer aux racines pour les plantes.  Pour en savoir plus • « Atlas français des bactéries du sol », Biotope, Mèze, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, 2018. • “Pedotransfer functions for predicting available water capacity in French soils, their applicability domain and associated uncertainty”, Geoderma 336, p. 81‑95, février 2019. • « Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques, volet “écosystèmes agricoles” », Rapport d’étude, Inra, 2017. • « La carte nationale des stocks de carbone des sols intégrée dans la carte mondiale de la FAO », Gis Sol, 2017.