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75 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.1 – Poids économique de l’agriculture et de l’agroalimentaire en France  1. Les dix pays de l’Union européenne (UE) à plus forte production agricole en valeur 0 5 10 15 20 5 10 15 20 part de la production végétale, en % part de la production animale, en % France Allemagne Pologne Italie Espagne Pays-Bas Danemark Roumanie Grèce Irlande Lecture : La France produit 15,2 % de la production animale en valeur de l’UE et 19,8 % de la production végétale. Champ : Les dix premiers pays de l’Union européenne (UE) relativement à la production agricole en valeur en 2022. Source : Eurostat, données 2022 provisoires.  2. Part de l’agriculture et des IAA dans l’emploi en France Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac Agriculture, sylviculture et pêche 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 0 2 4 6 8 10 12 en % Lecture : En 2022, l’agriculture, la sylviculture et la pêche représentent 2,7 % de l’ensemble des équivalents temps plein en France ; la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac en représente 2,4 %. Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.  3. Part de l’agriculture et des IAA dans le produit intérieur brut 0 1 2 3 4 5 6 7 Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac Agriculture, sylviculture et pêche en % 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 Lecture : En 2022, la valeur ajoutée dégagée par l’agriculture, la sylviculture et la pêche représente 1,9 % du produit intérieur brut ; la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac en représente également 1,9 %. Champ : France. Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

76 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 1.2 Emploi, capital et productivité dans la production agricole depuis 1980 Depuis 1980, l’essor de la production agricole en valeur a été tiré par celui des productions végétales, bien plus que par celui des productions animales    figure 1. Ces dernières ne représentent plus que 33 % de la production en 2022, contre 42 % en 1980. La part des productions végétales est passée de 54 % à 61 %, et celle des services a doublé, passant de 3 % à 6 %. L’augmentation de la production s’est effectuée par un recours croissant au capital, alors que l’emploi a fortement diminué. Depuis 1980, l’emploi en équivalent temps plein (ETP) a chuté des deux tiers    figure 2. La baisse a atteint 73 % pour l’emploi non salarié, en raison de la concentration des exploitations et de la baisse des emplois non salariés familiaux. L’emploi salarié n’a reculé que de 13 %. De ce fait, les salariés fournissent désormais 39 % des ETP, contre 17 % en 1980. Dans le même temps, l’agriculture mobilise davantage de capital. Depuis 1980, le taux d’investissement s’est élevé, particulièrement au cours de la décennie 2005‑2015 où il a atteint 32 % en moyenne    figure 3. Il s’est ensuite replié, mais atteint encore 28 % en 2022. En 2022, l’investissement est consacré pour 65 % à l’acquisition de nouveaux matériels, 22 % de bâtiments, 8 % de produits agricoles et 5 % de services professionnels (pour la plupart liés aux transferts de terrains). Du fait de l’usure du matériel, la consommation de capital fixe est également élevée et suit les cycles de l’investissement. Emploi en baisse et recours croissant au capital se traduisent par une forte recombinaison des moyens de production, et par une hausse très marquée de la productivité du travail. Dans le contexte de cette recombinaison productive, la production en valeur a augmenté davantage que les consommations intermédiaires, permettant une élévation de la valeur ajoutée brute. Compte tenu du rôle des subventions dans l’agriculture, l’indicateur couramment observé est la valeur ajoutée brute au coût des facteurs (VABCF), qui comprend l’ensemble des subventions. En 2022, la VABCF par actif s’élève à 68 300 euros. En termes réels, la VABCF de l’activité agricole a connu des évolutions contrastées. Elle a reculé jusqu’au milieu des années 2000, comme les prix des produits agricoles augmentaient moins vite que ceux des consommations intermédiaires et de l’ensemble des produits et services. Avec la forte baisse de l’emploi agricole, la VABCF par actif en termes réels augmente de façon tendancielle, mais avec des périodes de stabilité dans les années 1980 et la première moitié des années 2000    figure 4. Après 2010, le rattrapage des prix agricoles permet une hausse prononcée de la VABCF en termes réels. Le résultat par actif non salarié en termes réels suit des évolutions similaires.  Définitions La production en valeur au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, augmentée des subventions sur les produits et diminuée des impôts spécifiques sur les produits. Un équivalent temps plein (ETP) correspond au travail d’une personne à plein temps pendant une année entière (un ETP = au moins 1 607 heures travaillées sur l’année). Il est équivalent, dans la statistique agricole, à l’unité de travail annuel (UTA). Le taux d’investissement dans les comptes de l’agriculture est calculé comme le rapport entre la formation brute de capital fixe et la valeur ajoutée brute au coût des facteurs. La consommation de capital fixe correspond à la dépréciation subie par le stock d’actifs fixes au cours de la période considérée par suite d’usure normale et d’obsolescence prévisible ou de dommages accidentels pouvant être considérés comme normaux. Les indicateurs de résultats sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont déflatées par l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un résultat calculée en termes réels est positive si elle est supérieure à l’évolution générale des prix. Il s’agit d’une moyenne qui résulte d’une grande diversité de situations individuelles. Consommations intermédiaires, valeur ajoutée brute, valeur ajoutée brute au coût des facteurs (VABCF) : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « Le compte prévisionnel de l’agriculture pour 2023 – Recul du prix des céréales », Insee Première n° 1977, décembre 2023. • « Comptes de l’agriculture en 2023 », Chiffres détaillés, Insee, décembre 2023. • « Les comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture en 2023 », Documents de travail n° 2023‑23, Insee, décembre 2023. • « Comptes économiques de l’agriculture – Revenu du secteur agricole, Indicateur A : indice du revenu réel des facteurs dans l’agriculture par unité de travail annuel », Eurostat, mars 2023.

77 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.2 – Emploi, capital et productivité dans la production agricole depuis 1980  1. Production agricole par produit, en valeur depuis 1980 0 20 40 60 80 100 en milliards d'euros courants Produits végétaux Produits animaux Services Ensemble 2022 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 Lecture : En 2022, la valeur de la production agricole totale au prix de base est de 97,4 milliards d’euros. Champ : France.  Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture en 2022 arrêté en juin 2023.  2. Emploi agricole depuis 1980 2022 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 0 500 1 000 1 500 2 000 en milliers d'ETP Emploi total Emploi salarié Emploi non salarié Lecture : En 2022, la branche agricole emploie au total 734 900 équivalents temps plein (ETP). Champ : France.  Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture en 2022 arrêté en juin 2023.  3. Taux d’investissement et taux de consommation de capital fixe de la branche agricole depuis 1980 20 25 30 35 40 Taux d’investissement Taux de consommation de capital fixe 2022 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 en % de la VABCF1 1 VABCF : valeur ajoutée brute au coût des facteurs. Note : La consommation de capital fixe en 2022 est provisoire. Lecture : En 2022, le taux d’investissement de la branche agricole est de 28,0 %. Champ : France.  Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture en 2022 arrêté en juin 2023.  4. Évolution de la valeur ajoutée brute au coût des facteurs (VABCF) par actif en termes réels et du résultat brut de la branche agricole par actif non salarié en termes réels 100 150 200 250 300 350 400 indice base 100 en 1980 VABCF par actif en termes réels Résultat brut de la branche agricole par actif non salarié en termes réels Moyenne mobile 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2022 Note : Les nombres d’actifs et d’actifs non salariés sont exprimés en équivalent temps plein. Lecture : Entre 1980 et 2022, dans la branche agricole, la VABCF par actif en termes réels augmente de 168,3 %. Champ : France.  Source : Insee, compte provisoire de l’agriculture en 2022 arrêté en juin 2023.

78 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 1.3 Industries agroalimentaires En 2020, les industries agroalimentaires (IAA) rassemblent un peu plus de 17 000 entreprises, dont huit sur dix sont des microentreprises
figure 1. Les IAA réalisent une activité de transformation de produits de l’agriculture et de la pêche en aliments et boissons destinés à l’homme et aux animaux. Elles regroupent les secteurs de l’industrie alimentaire, hors artisanat commercial, ainsi que les
boissons. Ces entreprises emploient 451 000 salariés en équivalent temps plein (ETP), soit 16 % de l’ensemble de l’industrie manufacturière. Entre 1990 et 2020, l’emploi résiste dans les branches des industries alimentaires, boissons et tabac (+5 %), tandis qu’il chute de 35 % dans l’industrie
figure 2. Le secteur des IAA représente 21 % du chiffre d’affaires et 17 % de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière. Dans son processus de production, l’industrie agroalimentaire mobilise davantage d’intrants que les autres secteurs industriels. Ainsi, le taux de valeur ajoutée y est légèrement inférieur : 21 % contre 26 %. Ce taux est plus élevé dans la fabrication de boissons (28 %) et plus faible dans la fabrication d’huile et de graisse (11 %). Depuis 1980, la valeur ajoutée de la branche des industries alimentaires, boissons et tabac augmente de 38 % en euros constants, contre 61 % pour l’ensemble de l’industrie figure 3. Les replis conjoncturels, lors de la récession de 2008‑2009 et plus récemment au moment de la crise sanitaire de 2020, y sont par ailleurs de moindre ampleur que dans l’ensemble de l’industrie. Les IAA sont moins tournées vers l’extérieur que les autres secteurs industriels : 24 % de leur chiffre d’affaires est réalisé à l’exportation, contre 41 % en moyenne pour l’ensemble de l’industrie manufacturière. Le taux d’exportation est élevé dans le travail des grains (46 %) et sensiblement moindre dans les secteurs de produits périssables, tels que la transformation de la viande et du poisson (11 % chacun), ainsi que dans la fabrication de produits de boulangerie‑pâtisserie (14 %). En moyenne, dans les IAA, chaque salarié génère annuellement 90 000 euros de valeur ajoutée, contre 88 000 euros dans l’ensemble de l’industrie manufacturière. La productivité apparente du travail est la plus élevée dans la fabrication de boissons (164 000 euros) et d’aliments pour animaux (113 000 euros), et la plus faible dans la transformation et conservation de la viande (63 000 euros) et du poisson (72 000 euros). Le taux d’investissement des IAA s’élève à 18 %, soit davantage que dans l’ensemble de l’industrie (14 %) figure 4. Les microentreprises investissent 44 % de leur chiffre d’affaires, contre 15 % pour les grandes entreprises. La concentration de la production est importante dans les IAA. Ainsi, les 22 grandes entreprises, telles que LDC et Lactalis, rassemblent un tiers des effectifs salariés du secteur des IAA, 42 % du chiffre d’affaires et 54 % du chiffre d’affaires à l’export. De 2018 à 2020, six entreprises des IAA sur dix innovent, dont un tiers en produits et la moitié en procédés. Les secteurs relevant de la fabrication d’aliments pour animaux et de produits laitiers sont ceux qui innovent le plus (respectivement 82 % et 75 %).  Méthode Dans cette fiche, les données issues des comptes de la Nation retiennent l’approche par branche, tandis que celles issues d’autres sources de données suivent l’approche sectorielle.  Définitions Le terme industries agroalimentaires (IAA) désigne deux concepts différents selon que l'on parle d'entreprises (approche par
secteur) ou d'activité (approche par branche). Le secteur des IAA comprend l'ensemble des entreprises dont l’activité principale,
au sens de la NAF rév. 2, relève des « Industries alimentaires » et de la « Fabrication de boissons », à l’exclusion de l’artisanat
commercial. La branche des IAA recouvre l’ensemble des activités de fabrication de denrées alimentaires, de boissons mais aussi
de produits à base de tabac, y compris lorsque ces activités ne sont que des activités secondaires d'une entreprise. Artisanat commercial, industrie manufacturière, taux de valeur ajoutée, taux d’exportation, productivité apparente du travail, taux d’investissement, grande entreprise, NAF rév. 2 : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « L’innovation dans les entreprises agroalimentaires entre 2018 et 2020 », Agreste Chiffres et données n° 13, août 2023. • « Les industries et le commerce de gros agroalimentaires en 2020 : résultats économiques », Agreste Chiffres et données n° 5, mars 2023. • Agreste Graph’Agri 2023, janvier 2024. 79 Insee Références – Édition 2024 – Fiche 1.3 – Industries agroalimentaires  1. Chiffres-clés des industries agroalimentaires en 2020 Secteur d'activité Entreprises1 Effectifs salariés en ETP2 Chiffre d'affaires HT Valeur ajoutée3 Taux d'exportation4 Taux de valeur ajoutée5 Productivité apparente du travail par tête (en nombre) (en millions d'euros) (en %) (en milliers d'euros) Industries alimentaires (hac)6 et boissons 17 372 450 803 196 968 40 662 24 21 90 Transf. et conserv. viande et prép. viande 1 863 105 555 36 407 6 649 11 18 63 Transf. et conserv. poisson, crust., etc. 353 11 119 4 793 799 11 17 72 Transf. et conserv. de fruits et légumes 1 689 25 416 8 759 2 009 25 23 79 Fab. huile et graisse végétale et animale 257 9 315 9 057 959 31 11 103 Fabrication de produits laitiers 1 292 85 231 42 896 7 346 22 17 86 Travail des grains ; fab. prod. amylacés 393 19 028 11 296 1 778 46 16 94 Fab. prod. boulangerie-pâtis. et pâtes 2 257 48 197 12 162 3 336 14 27 69 Fab. d'autres produits alimentaires 4 482 79 790 31 365 7 641 29 24 96 Fab. d'aliments pour animaux 320 17 023 10 939 1 930 23 18 113 Fabrication de boissons 4 466 50 130 29 293 8 215 31 28 164 Ensemble de l'industrie manufacturière 217 376 2 744 918 937 691 241 792 41 26 88 Industries alimentaires (hac)6 et boissons Microentreprises (MIC) 14 296 14 164 3 124 878 4 28 62 Petites et moyennes entreprises hors MIC 2 745 87 962 27 126 6 167 13 23 70 Entreprises de taille intermédiaire 309 197 978 83 961 17 818 21 21 90 Grandes entreprises 22 150 698 82 756 15 800 30 19 105 1 Entreprises au sens économique.  2  ETP : équivalent temps plein.  3  Y compris autres produits et autres charges. 4 Chiffre d’affaires à l’exportation / chiffre d’affaires hors taxes. 5 Valeur ajoutée y compris autres produits et autres charges / chiffre d’affaires hors taxes.  6  Hac : hors artisanat commercial. Lecture : En 2020, les industries alimentaires (hors artisanat commercial) et les boissons comptent 17 372 entreprises. Champ : France, entreprises des industries agroalimentaires, artisanat commercial et tabac exclus. Source : Insee, Ésane, traitements : SSP.  2. Évolution de l'emploi salarié hors intérim des branches agroalimentaire et manufacturière indice base 100 en 1990 70 80 90 100 110 120 60 Industrie manufacturière Industries alimentaires, boissons, tabac1 1996 2002 2008 2014 2021 1990 1 Y compris artisanat commercial. La source ne permet pas de distinguer l'artisanat commercial au sein des industries alimentaires. Note : Données provisoires pour 2021. Lecture : Entre 1990 et 2021, l'emploi salarié a augmenté de 10 % dans les industries alimentaires, boissons, tabac. Champ : France hors Mayotte. Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.  3. Évolution de la valeur ajoutée brute des branches agroalimentaire et industrielle 90 100 110 120 130 140 150 160 170 180 indice base 100 en 1980 Industries manufacturière, extractives et autres Industries alimentaires, boissons, tabac 1980 1986 1992 1998 2004 2010 2016 2021 Lecture : Entre 1980 et 2021, la valeur ajoutée générée par la branche des industries alimentaires, boissons et tabac a augmenté de 38 % en euros constants. Champ : France hors Mayotte. Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.  4. Taux d'investissement selon la catégorie d'entreprises en 2020 en % Secteur d'activité Microentreprises (MIC) Petites et moyennes entreprises hors MIC Entreprises de taille intermédiaire Grandes entreprises Ensemble Industries alimentaires (hac)1 et boissons 44 24 18 15 18 Industries alimentaires (hac) 35 22 18 15 18 Fabrication de boissons 69 31 17 12 19 Ensemble de l'industrie manufacturière 16 13 15 14 14 1 Hac : hors artisanat commercial. Lecture : En 2020, le taux d'investissement des microentreprises des industries alimentaires (hors artisanat commercial) et boissons est de 44 %. Champ : France, entreprises des industries agroalimentaires, artisanat commercial et tabac exclus. Source : Insee, Ésane, traitements : SSP.