L’empreinte carbone augmente jusqu’en 2008, puis chute en 2009 en lien avec la crise financière. Elle décroît en moyenne depuis 2009 de 2,3 % par an. L’empreinte carbone moyenne par personne a diminué de 32 % entre 1990 et 2023. Elle est estimée à 8,2 tonnes de CO2 éq en 20243. Elle représente entre 12,1 et 12,7 tonnes jusqu’en 2008 et ne dépasse plus les 10 tonnes depuis 2015.
Figure 17 : Empreinte GES de la France en masse CO2 éq et par tête depuis 1990
Source : Insee-SDES, 2025.
L’exploitation des résultats du SNAC Simplifié / Figaro permet de décomposer l’empreinte carbone selon différentes variables : origine géographique des émissions, branches d’activités dans le monde qui ont émis les GES, biens et les services de la demande finale intérieur française dans lesquels sont incorporés les GES, postes de demandes constituant l’empreinte carbone, composantes de l’empreinte (figures 18 et 19). L’empreinte carbone peut également être décomposée par substances gazeuses : en 2023, 74 % pour le CO2, 18 % pour le CH4, 5 % pour le N2O et 2 % pour les gaz fluorés), ou par composantes de la demande finale : en 2023, 52 % pour la consommation finale des ménages, 10 % pour la consommation finale des APU, 1 % pour la consommation finale des ISBLSM, 20 % pour les investissements et 0,5 % pour les variations de stock.
Figure 18 : L'empreinte carbone de la France et ses décompositions en 2023 - graphique Source : Insee-SDES, 2025.
Figure 19 : L'empreinte carbone de la France et ses décompositions en 2023 - tableau Total empreinte carbone
Total 583 100 % Quels sont les GES comptabilisés dans l'empreinte carbone ? GES 583 100 % CO2 434 74 % CH4 105 18 % N2O 30 5 % Gaz fluorés 14 2 % Total 583 100 % Où ont été émis les GES ?
France 285 49 % Allemagne 15 3 % Union européenne à 27, hors France et Allemagne 60 10 % Chine 61 11 % Russie 16 3 % États-Unis 20 3 % Autres pays d'origine des émissions 125 21 % Total 583 100 % Quelles sont les composantes de l'empreinte carbone ?
GES issus de la production intérieure, hors exportations 185 32 % GES associés aux importations de la production intérieure 182 31 % GES associées aux importations pour usage final 116 20 % Émissions directes des ménages 100 17 % Total 583 100 % Quelles branches d'activité ont émis les GES ?
A - Agriculture
87
15 %
B - Activités extractives
45
8 %
C - Industrie
126
22 %
D - Production et distribution d'électricité, chaleur, gaz
85
15 %
E - Eau, assainissement, déchets
30
5 %
F - Construction
9
2 %
G - Commerce
12
2 %
H - Services de transport
59
10 %
I à U - Services marchands et non marchands
29
5 %
GES émis directement par les ménages
100
17 %
Total
583
100 %
Dans quels biens et services finaux sont contenus les GES ?
A - Agriculture
35
6 %
B - Activités extractives
0
0 %
C - Industrie
201
34 %
D - Production et distribution d'électricité, chaleur, gaz
19
3 %
E - Eau, assainissement, déchets
10
2 %
F - Construction
66
11 %
G - Commerce
1
0 %
H - Services de transport
26
4 %
I à U - Services marchands et non marchands
125
21 %
GES émis directement par les ménages
100
17 %
Total
583
100 %
Quels postes de consommation constituent l'empreinte ?
Alimentation
135
23 %
Habitat
121
21 %
Déplacements
142
24 %
Services principalement publics
75
13 %
Biens d'équipements
57
10 %
Services principalement marchands
54
9 %
Total
583
100 %
Quelles sont les composantes de la demande finale dans le calcul de l'empreinte carbone ?
Consommation finale des administrations publiques
58
10 %
Consommation finale des ménages
301
52 %
Consommation finale des ISBLSM
6
1 %
Formation brute de capital fixe - entreprises financières
66
11 %
Formation brute de capital fixe - entreprises non financières
4
1 %
Formation brute de capital fixe - administrations publiques
20
3 %
Formation brute de capital fixe - ménages
25
4 %
Formation brute de capital fixe - ISBLM
1
0 %
Variations de stock et acquisition d’objets de valeur
3
0 %
GES émis directement par les ménages
100
17 %
Total
583
100 %
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC
En 2023, l’empreinte carbone de la France s’élève à 583 Mt CO2éq avec la méthode SNAC simplifiée contre 549 Mt en utilisant directement FIGARO, soit un écart de + 6 %. La composante domestique est, comme attendu, proche entre les deux méthodes (+ 4 %), car les données mobilisées sont comparables. L’essentiel de l’écart porte sur l’empreinte importée pour satisfaire les consommations intermédiaires de la production française (+30 Mt soit + 20 % de cette composante). Figure 20 : empreinte carbone en 2023 selon la méthodologie SNAC et FIGARO brut milliers tonnes CO2 éq
SNAC FIGARO SNAC - FIGARO Empreinte totale 582 561 548 667 33 895 6 % Emissions directes des ménages 99 980 99 980 0 0 % Empreinte hors émissions directes des ménages 482 581 448 687 33 895 8 % décomposition par composante Domestique 182 356 175 886 6 470 4 % Importations pour consommation intermédiaire 183 391 153 241 30 151 20 % Importations pour demande finale 116 834 119 560 -2 726 -2 % décomposition par type de GES
CO2 340 230 312 427 27 803 9 % CH4 101 528 97 126 4 402 5 % N2O 28 634 27 640 994 4 % Gaz fluorés 12 189 11 494 695 6 %
Cet important écart tient essentiellement à la composition par produit qui diffère entre les deux sources, alors que la composition par origine géographique a une importance moindre. Quelques produits, au contenu GES unitaire élevé, expliquent l’essentiel de la différence : produits de l’agriculture (A01), produits pétrolier raffinés (C19), produits chimiques (C20), métaux de base (C24), produits informatiques, électroniques et optiques (C26) et équipements électriques (C27). Figure 21 : Écart d’empreinte carbone sur les importations pour consommation intermédiaire en 2023 milliers tonnes CO2 éq SNAC FIGARO SNAC - FIGARO Tous produits 183 391 153 241 30 151 A01 - Produits de l'agriculture 9 973 3 811 6 162 C19 - Produits de la cokéfaction et du raffinage 11 483 5 573 5 910 C20 - Produits chimiques 18 496 13 616 4 880 C26 - produits informatiques, électroniques et optiques 6 987 2 676 4 311 C27 - Equipements électriques 9 984 6 250 3 735 C10T12 - Produits des industries agro-alimentaires 10 087 7 225 2 862 C24 - produits métallurgiques 12 671 9 935 2 736 Autres produits 103 710 104 154 -445
Pour tous ces produits, la demande adressée par la France à ses partenaires étrangers est plus élevée dans le SNAC que dans la source FIGARO, ce qui pèse significativement sur l’empreinte carbone.
Le constat présenté ici sur 2023 est relativement stable sur la série temporelle disponible. L’écart sur l’empreinte totale est ainsi de + 6 % pour le SNAC en 20 23 contre + 8 % en 20 10. Le diagnostic général en évolution n’est donc pas modifié : l’empreinte SNAC diminue ainsi de 22 % entre 2010 et 202 3 contre 21 % pour l’empreinte directement calculée à partir de FIGARO.
3.3. Révisions par rapport à la publication précédente (novembre 2024)
L’empreinte GES de la France pour l’année 2021 est revue de 666 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2éq)
dans la publication de l’an dernier à 620 Mt CO2éq dans la publication de cette année, soit - 46 Mt CO2éq
ou - 6,9 %.
Les causes de révision sont les suivantes :
• (+ 6 Mt CO2éq) Correction d’une erreur dans la publication précédente : certaines données d’émissions
de gaz fluorés dans les pays hors UE étaient manquantes, elles ont étés ajoutées.
• (- 7 Mt CO2éq) Des améliorations méthodologiques ont été apportées à la réalisation du « TES
symétrique » français qui sert de support au calcul de l’empreinte carbone. En particulier, les taux de
taxes sur les produits énergétiques étaient, de manière erronée, tous identiques quel que soit
l’utilisateur du produit. Or, les ménages payent en moyenne des taux plus élevés que les entreprises, et
certains secteurs bénéficient d’abattement particuliers (gazole non routier par exemple pour
l’agriculture ou la construction). La prise en compte de taux différenciés suivant les utilisateurs conduit
à attribuer moins de contenu carbone des produits énergétique aux ménages (où ils contribuent à 100%
à l’empreinte de la France) et plus aux entreprises (où une part fini t par être exportée à l’étranger).
L’effet agrégé de cette modification est donc de réduire l’empreinte de la France.
• (+ 7 Mt CO2éq) Les émissions françaises de GES ont été revues par le Citepa sur différents postes, en
moyenne en hausse sur toute la période.
• (- 9 Mt CO2éq) Les émissions mondiales de GES ont été revues dans la base de données EDGAR (pays
hors UE), en moyenne en baisse sur toute la période. Les émissions des pays de l’UE (qui transmettent
à Eurostat des comptes d’émission dans l’air complets) ne sont pratique ment pas revues.
• (- 44 Mt CO2éq) La révision de loin la plus importante est liée à l’intégration du TIES FIGARO version
2025, en remplacement de la version 2024 (cf. partie 2.2.4). L’estimation de la production monétaire
par branche de la région « reste du monde » était très incorrecte d ans la version 2024, avec trop de
poids accordé aux services et pas assez à l’agriculture et à l’industrie. Dans la version 2025, la production
agricole est ainsi revue en hausse d’un facteur 4. Dans le même temps, les émissions de GES de la
branche agricole dans cette région ne sont pratiquement pas revues, car elles proviennent d’une source
indépendante (EDGAR, retraité par Eurostat). Au total, le contenu carbone par euro de produit agricole
importé par la France en provenance de cette région « reste du monde » est donc divisé par 4 entre les
deux versions, ce qui se traduit par une baisse notable de l’empreinte associée.
Les tableaux suivants présentent la révision suivant ces différentes causes en Mt CO2 éq et en tonnes par
habitants, suivant le partage par type de GES et par origine des émissions.
Empreinte 2021 par type de GES – millions de tonnes de CO2eq
Tous GES CO2 CH4 N2O GF Publication novembre 2024 666 485 134 37 10 correction gaz fluorés manquants 6 0 0 0 6 améliorations méthodo TESS -7 -4 -3 0 0 maj émissions françaises 7 3 2 2 0 maj émissions mondiales -9 1 -8 -1 0 maj FIGARO 2025 -44 -18 -19 -7 -1 Publication octobre 2025 620 468 106 31 15 révision totale -46 -17 -28 -6 5 Empreinte 2021 par type de GES – tonnes de CO2eq par habitant
Tous GES CO2 CH4 N2O GF Publication novembre 2024 9,8 7,1 2,0 0,5 0,1 correction gaz fluorés manquants 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 améliorations méthodo TESS -0,1 -0,1 0,0 0,0 0,0 maj émissions françaises 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 maj émissions mondiales -0,1 0,0 -0,1 0,0 0,0 maj FIGARO 2025 -0,7 -0,3 -0,3 -0,1 0,0 Publication octobre 2025 9,1 6,9 1,6 0,5 0,2 révision totale -0,7 -0,3 -0,4 -0,1 0,1
Empreinte 2021 par origine – millions de tonnes de CO2eq
Empreinte totale Émissions directes ménages Hors émissions ménages
Total Domestique Importée dont « FIGW1 » Publication novembre 2024 666 111 555 192 363 106 correction gaz fluorés manquants 6 0 6 0 6 0 améliorations méthodo TESS -7 0 -7 1 -8 -4 maj émissions françaises 7 3 5 5 0 0 maj émissions mondiales -9 0 -9 0 -9 -5 maj FIGARO 2025 -44 0 -44 0 -44 -37 Publication octobre 2025 620 113 507 198 309 61 révision totale -46 3 -49 5 -54 -45
Sur la période 2010-2021, la révision du niveau de l’empreinte s’élève à - 7 % en moyenne pour l’ensemble des GES et affecte principalement le méthane (CH4, - 20 %) et le protoxyde d’azote (N2O, - 14%). Elle est globalement homogène sur l’ensemble de la période et n’affecte donc pas significativement les évolutions annuelles. La révision du niveau de l’empreinte pour l’année 2023 est un peu plus forte (- 9,5 %) : 583 Mt estimées actuellement, soit 8,5 tonnes par personne contre 644 Mt CO2 éq l’an dernier, soit 9,4 t CO2 éq par personne. L’estimation pour la dernière année est en effet toujours plus fragile, compte tenu de l’indisponibilité de certaines données sources. La baisse de l’empreinte en 2023 par rapport à 2022 est ainsi révisée à - 6,1 %, contre
- 4,1 % pour la première estimation publiée l’an passé. Cette révision est de plus forte ampleur que celle des émissions françaises (- 6,0 % contre - 5,6 % estimé l’an dernier).