dépend des structures économiques réelles, mais aussi de la manière dont les statisticiens nationaux ont choisi de définir la « branche d’activité » dans leur pays3. Cette homogénéité des branches est particulièrement marquée dans les comptes nationaux français , où les branches sont (quasiment) mono -produits. Les tableaux symétriques « produit X produit » et « branche X branche » issus du tableau des ressources et emplois français sont donc très proches. Il faut d’ailleurs noter que les comptables nationaux français compilent seulement un TES symétrique « produit X produit ». Le TES symétrique « branche X branche » pour la France est reconstruit par l’équipe FIGARO, en utilisant des méthodes de symétrisation standard. Au final, pour le calcul de l’empreinte française, le SDES et l’Insee font le choix de privilégier le tableau FIGARO symétrique « produit X produit », qui conduit à des résultats plus faciles à interpréter et à réconcilier avec les informations des comptes nationaux sur la demande finale.
2.2.4. Révisions annuelles de FIGARO
Eurostat publie chaque année une version de FIGARO disponible pour les années 2010 à l’année N -2. Chaque
nouveau millésime de FIGARO contient un TIES modélisant une année supplémentaire (N-2) et actualise les TIES
de l’ensemble de la série chronologique 2010 à N -2. Ces mises à jour peuvent donner lieu à des actualisations
conséquentes de certains agrégats économiques engendrant des révisions importantes des estimations de
l’empreinte carbone de la France.
En 2025, la série 1990-2022 de FIGARO a été sensiblement révisée par rapport au modèle FIGARO diffusé en
2024. Ces révisions portent principalement sur le niveau de production, en valeur, des branches d’activités de la
zone géographique « reste du monde » de FIGARO (code FIGW1). Elles ont conduit à diminuer la production des
services et augmenter celle de l’agriculture, des activités extractives et de l’industrie (figure 8).
Figure 8 : productions de l’année 2021 par branches de Figaro 2024 et Figaro 2025
Production par branche 2021, en milliards d’euros
Cette modification des données économiques entraîne une révision à la baisse des résultats d’empreinte pour la France. Dans la version 2025, la production agricole est ainsi revue en hausse d’un facteur 4. Dans le même temps, les émissions de GES de la branche agricole dans cette région ne sont pratiquement pas revues, car elles 3 Cf. la note de blog Insee qui discute cette question : https://blog.insee.fr/combien-pese-l-industrie-en-france-et-en- allemagne/
proviennent d’une source indépendante (EDGAR, retraité par Eurostat). Au total, le contenu carbone par euro de produit agricole importé par la France en provenance de cette région « reste du monde » est donc divisé par 4 entre les deux versions, ce qui se traduit par une baisse notable de l’empreinte associée. La révision 2025 sur la production des activités extractives avait déjà été anticipée par l’Insee et le SDES en 2024 lors de l’estimation de l’empreinte carbone de la France.
Figure 9 : Estimation de l’empreinte carbone de la France fondée sur Figaro 2024 et Figaro 2025 (résultats directs FIGARO, sans application de la méthode « SNAC simplifiée ») En millions de tonnes CO2 équivalent
2.2.5. Quelques résultats de FIGARO pour la France
En utilisant l’IOT « produit X produit » de FIGARO et les émissions de GES mondiales décrites plus haut, on trouve une empreinte en gaz à effet de serre de la France qui s’élève à 549 Mt CO2éq en 2023, ou 449 Mt CO2éq hors émissions directes des ménages. Parmi celles -ci, 178 Mt CO 2éq proviennent de la production intérieure et 270 Mt CO 2éq sont associées aux importations. Les émissions de l’empreinte française ont lieu en France à 51 % et à l’étranger à 49 %. Le CO 2 compte pour 406 Mt dans l’empreinte totale, le méthane (CH 4) pour 101 Mt CO2éq, le protoxyde d’azote (N 2O) pour 29 Mt CO2éq et les gaz fluorés pour 13 Mt CO2éq.
2.3. Application d’une méthode « SNAC simplifiée »
2.3.1. Pourquoi ne pas retenir directement les résultats de FIGARO pour l’empreinte carbone de la France ?
Bien que FIGARO soit construit à partir des comptes nationaux français, il s’en éloigne sur un point très important pour le calcul d’empreinte carbone : la composition des importations. Un TIES comme FIGARO ne peut pas respecter tous les résultats des comptes nationaux de chaque pays, car ses auteurs sont forcément confrontés au problème suivant : les données d’import / export par produit publiées par les différents pays du monde ne sont pas cohérentes entre elles. En général, ce qu ’un pays A déclare importer d’un pays B est différent de ce le pays B dit exporter vers le pays A (par produit mais aussi au total) . Cette incohérence entre sources oblige les compilateurs de TIES à réaliser un arbitrage. Pour assurer la cohérence des flux mondiaux de biens et services, ils doivent modifier , soit les import ations déclarées par les pays, soit les exportations, soit les deux. Dans FIGARO, les export ations déclarées par les pays sont conservé es telles quelles, et ce sont les importations qui sont modifiées. En pratique, les importations de la France dans FIGARO sont donc différentes de celles donnés dans les comptes français. Plus précisément : le total est identique, mais la composition par produits est différente. C’est en particulier le cas pour les produits des activités extractives (dont le gaz naturel et le pétrole brut) dont le poids carbone est important. De manière générale, les importations françaises dans FIGARO sont composées de moins de biens et de plus de services, qui tend à « alléger » l’empreinte carbone (figure 10).
Figure 10 : comparaison des importations entre le TESS français et FIGARO (version 2024) en 2021 En milliards d’euros
2.3.2. Principe de la méthode « SNAC simplifié »
Pour le calcul de l’empreinte carbone de la France, on choisit d’appliquer une méthode dit « single national
accounts consistent » (SNAC). C’est à dire qu’on va modifier les résultats de FIGARO pour assurer leur cohérence
avec les comptes nationaux français (d’où le « national accounts consistent ») mais sans essayer d’améliorer la
cohérence avec les comptes d’autres pays (d’où le « single »).
La méthode SNAC « complète » a été présentée dans un article de 2015 rédigé par des statisticiens des Pays -
Bas4. Elle consiste à partir d’un TIES donné (FIGARO par exemple), à remplacer toutes les données correspondant
4 “A method to create carbon footprint estimates consistent with national accounts”, Economic Systems Research, Juin 2015
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0 120,0
A - Produits de l'agriculture, de la sylvicuture et de la…
B - Produits des industries extractives
C10T12 - Produits des industries alimentaires, boissons…
C13T15 - Produits de l'industrie textile, articles…
C16 - Bois, articles en bois et en liège, à l'exclusion des…
C17-C18 - Papier et carton, travaux d'impression et…
C19 - Produits de la cokéfaction et du raffinage
C20 - Produits chimiques
C21 - Produits pharmaceutiques de base et…
C22 - Produits en caoutchouc et en plastique
C23 - Autres produits minéraux non métalliques
C24 - Produits métallurgiques
C25 - Produits métalliques, à l'exclusion des machines…
C26 - Produits informatiques, électroniques et optiques
C27 - Équipements électriques
C28 - Machines et équipements n.c.a.
C29 - Véhicules automobiles, remorques et semi-…
C30 - Autres matériels de transport
C31_32 - Meubles et autres produits manufacturés
C33 - Réparation et installation de machines et…
D35 - Électricité, gaz, vapeur et air conditionné
E36-E37T39 - Eeau, déchets et récupération
F - Constructions et travaux de construction
G45 - Commerce et réparation d'automobiles et de…
G46 - Commerce de gros, à l'exclusion des automobiles…
G47 - Commerce de détail, à l'exclusion des…
H49 - Transports terrestres et transports par conduites
H50 - Transport par eau
H51 - Transports aériens
H52 - Entreposage et services auxiliaires des transports
M - Activités spécialisées, scientifiques et techniques
N - Activités de services administratifs et de soutien
Autres services
Comptes français (au prix de base) FIGARO
à la France (imports et exports par produits, TES domestique) par celle des comptes nationaux français, et recaler
enfin la totalité de la table pour assurer sa cohérence comptable (emploi = ressource pour tous les produits ).
Cette méthodologie est assez lourde car elle requiert de recaler le TIES complet en utilisant des algorithmes de
calage sur marges multiples, avec les risques d’instabilité que cela comporte.
La méthode SNAC « simplifiée », qui a été adoptée pour ce projet, a été présentée initialement dans un article
de 20195. Contrairement à la précédente, elle ne requiert pas de modifier le TIES FIGARO lui-même. Elle consiste
simplement, dans l’expression de l’empreinte carbone de la France, à utiliser certains termes issus des comptes
nationaux français, et certains termes issus de FIGARO. Plus précisément, on part de l’équation de Leontieff
classique pour un TIES :
𝐸𝑇𝐼𝐸𝑆 = 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1𝐷𝐹
On peut montrer que cette expression peut se développer sous la forme suivante :
𝐸𝑇𝐼𝐸𝑆 = 𝑒𝐹𝑅(𝐼 − 𝐴𝐹𝑅
𝐹𝑅)−1𝐷𝐹𝐹𝑅 + 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1𝐴𝑀
𝐹𝑅(𝐼 − 𝐴𝐹𝑅
𝐹𝑅)−1𝐷𝐹𝐹𝑅 + 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1𝐷𝐹𝑀
Où 𝐷𝐹𝐹𝑅 représente la demande finale française en produits français, 𝐷𝐹𝑀 représente la demande finale
française en produits étrangers , 𝑒𝐹𝑅 représente le vecteur des émissions françaises, 𝐴𝐹𝑅
𝐹𝑅 est la matrice des
coefficients techniques réduite aux produits français utilisés comme intrant par les branches françaises et 𝐴𝑀
𝐹𝑅
est la matrice des coefficients techniques réduite aux produits étrangers utilisés comme intrant par les branches
françaises. La démonstration de cette décomposition est disponible en annexe 1.
L’empreinte SNAC simplifiée est définie comme l’expression ci-dessus, dans laquelle on remplace tous les termes
en rouge par leur valeur dans les comptes nationaux français.
𝐸𝑆𝑁𝐴𝐶 = 𝑒𝐹𝑅(𝐼 − 𝐴𝐹𝑅
𝐹𝑅)−1𝐷𝐹𝐹𝑅 + 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1𝐴𝑀
𝐹𝑅(𝐼 − 𝐴𝐹𝑅
𝐹𝑅)−1𝐷𝐹𝐹𝑅 + 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1𝐷𝐹𝑀
Le seul terme qui est repris de FIGARO sans modification est donc 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1 , le vecteur des contenus GES
unitaires des produits étrangers (c’est à dire leur contenu en kg CO2éq par euro). Ce contenu FIGARO est appliqué
aux importations pour demande finale (dernier terme de la décomposition) et aux importations pour demande
intermédiaire (deuxième terme).
2.3.3. Quelle approximation fait-on en utilisant la méthode SNAC simplifiée par rapport à la méthode SNAC complète ?
La méthodologie SNAC simplifiée permet de couvrir 98 % des émissions françaises contribuant à l’empreinte par des données françaises, tout en restant dans un cadre nettement plus simple que la méthode SNAC « complète ». On peut noter que dans l’expression de l’empreinte ci -dessus, le vecteur de contenus unitaires 𝑒(𝐼 − 𝐴)−1 tiré de FIGARO recouvre une (faible) part d’émissions de GES ayant lieu en France. En effet, dans les chaines de valeur mondiales, il arrive que certains produits soient fabriqués en France où ils donnent lieu à des émissions directes, soient ensuite exportés dans un pays partenaire où ils sont utilisés comme intrant dans la fabrication d’un autre produit, puis que ce nouveau produit soit réimporté en France. En pratique, en 2023, 1,0 % du contenu GES des produits importés en France pour satisfaire la demande finale est constitué d’émissions ayant eu lieu en France. Dans la méthodologie SNAC simplifiée, cette petite fraction d’émissions françaises contribuant à l’empreinte via la production de biens à l’étranger est donc modélisée directement par FIGARO. Tout le reste des chaines de production française contribuant à l’empreinte (termes en rouge dans l’équation précédente) est modélisé à partir des comptes nationaux français.
5 “Towards accepted procedures for calculating international consumption -based carbon accounts ”, Climate Policy, Février 2020 2.3.4. Pré-requis : un TESS français enrichi
L’expression de l’empreinte SNAC donnée ci-dessus suppose que l’on connaisse les termes 𝐷𝐹𝑀 (demande finale
directe en produits étrangers) et 𝐴𝑀
𝐹𝑅 (demande pour la consommation intermédiaire des branches françaises) à
un niveau de détail compatible avec le TIES FIGARO, c’est à dire 64 produits X 45 pays (hors France). Le niveau
de détail par produits ne pose pas de problème, car le TES symétrique français est réalisé au niveau A138 et peut
donc être réagrégé au niveau A64. En revanche, la ventilation par pays n’est a priori pas connue : le TES
symétrique habituellement produit par les comptes nationaux français ne distingue que 3 provenances : France,
UE et hors UE.
Le premier enrichissement nécessaire est donc de ventiler le TES symétrique « importé » en 45 pays de
provenance.
Une seconde difficulté concerne la valorisation des importations : dans le TIES FIGARO, tous les emplois sont « au
prix de base » dans tous les pays , c’ est à dire « sortie d’usine ». L es éventuelles marges de commerce et de
transport ne font pas partie du prix des biens mais sont « achetées » séparément par les utilisateurs. Dans le TES
symétrique français en revanche, comme dans tous les comptes nationaux, les importations sont valorisées
« CAF » (coût assurance et fret) , c’est à dire à leur valeur à l’arr ivée sur le territoire français . Pour revenir au
« prix de base », on peut distinguer deux types de marges à retirer :
• Celles réalisées dans le pays exportateur, entre la sortie de l'usine et la frontière. Ce sont les marges
"domestiques" de ce pays. À la frontière du pays exportateur, la valorisation du bien est dite "FAB"
(franco à bord) ;
• Celles réalisées "en transit international", entre la frontière du pays exportateur et la frontière française.
Ce sont les marges dites "CAF -FAB". Par définition, les marges CAF -FAB ne concernent que les pays qui
ne sont pas frontaliers de la France. Pour les pays frontaliers, la marge CAF-FAB est nulle.
Prenons l'exemple d'une voiture importée de Chine et vendue en France en concession pour 1 8 000 euros. On
souhaite retracer l'itinéraire de la voiture pour séparer les éléments suivants :
• Prix de base (sortie d'usine en Chine) : 13 000 euros
• Marges de commerce et de transport en Chine (TTM Chine) : 1 000 euros
• Marges de transport et d'assurance en transit entre la Chine et la France (marge CAF-FAB) : 2 000 euros
• Marges de commerce et de transport en France (TTM France) : 2 000 euros
• Prix d'acquisition pour le ménage en France : 18 000 euros
Ce partage permettra de calculer correctement l'empreinte carbone du véhicule, en comptabilisant le contenu
carbone unitaire de la production automobile chinoise (en kg CO 2 / euro) pour 13 000 euros, et les contenus
carbone du commerce et du transport dans divers pays pour 5 000 euros.
Le second enrichissement nécessaire du TES consiste donc à réaliser cette séparation des marges « TTM à
l’étranger » et « CAF-FAB » dans la valorisation des importations françaises.
2.3.5. Comment a-t-on enrichi le TESS ?
Pour obtenir la ventilation par pays des importations françaises, on mobilise trois sources de données :
• Pour les biens hors produits des activités extractives, la source utilisée est la douane ;
• Pour les produits des activités extractives (c’est à dire essentiellement, en valeur monétaire, le pétrole
brut et le gaz naturel), la source utilisée est issue des statistiques sur l’énergie du SDES ;
• Pour les services, on reprend la ventilation proposée dans le TIES FIGARO pour l es importations
françaises, qui est elle-même indirectement issue de données de la balance des paiements française.
Pour séparer les marges de commerce et de transport sur les importations de biens, on mobilise trois autres
sources :
• Un fichier spécifique de la douane fournit une ventilation des marges CAF -FAB croisée par type de bien
X mode de transport (routier, maritime, aérien) ;
• Pour les marges TTM ayant lieu dans les pays de l’Union Européenne, on utilise les données des TES
symétriques de ces pays (taux de marges TTM sur les exports) ;
• Pour les marges TTM ayant lieu dans les pays hors Union Européenne, on utilise des données issues de
la compilation du TIES FIGARO.
Ces différentes étapes de traitement permettent d’aboutir à un TES symétrique français entièrement compatible
avec FIGARO, tant en niveau de détail qu’en mode de valorisation.
2.3.6. Prolongement des résultats jusqu’à l’année N-1
Un objectif majeur du projet est de pouvoir calculer une empreinte carbone de la France jusqu’à l’année N-1 (par exemple 2024 pour une publication des résultats à l’automne 2025 ). L’expression de l’empreinte SNAC donnée plus haut (cf. partie 2.3.2) requiert pour cela de connaître le TES symétrique français d’une part, les contenus carbone unitaires des produits étrangers issus de FIGARO d’autre part. Historiquement, le TES symétrique français n’était calculé que sur les comptes nationaux définitifs, soit l’année N-3. À partir de 2024, p our les besoins de l’empreinte carbone, le TES symétrique est maintenant calculé également pour les comptes semi -définitifs (N -2) et provisoire (N -1). L’enrichissement décrit au paragraphe précédent (origine géographique et valorisation des importations) est également réalisé jusqu’ à l’année N-1. Avant 2024, les émissions de GES au format AEA étaient réalisées uniquement sur l’année N -2, sur la base de l’inventaire d’émissions « définitif ». À partir de 2024, elles sont également estimées par le Citepa sur l’année N- 1, sur la base de l’inventaire de GES « proxy ». Tous les termes « français » nécessaires pour l’empreinte SNAC (TESS et émissions) sont donc bien disponibles jusqu’à l’année N-1. Concernant les contenus GES unitaires des produits étrangers en revanche, il est nécessaire de recourir à une part de modélisation. En effet, le TIES FIGARO n’ étant disponible que jusqu’à l’année N -2, il faut prolonger l’information nécessaire sur une année. La méthode suivante a été adoptée : • La projection est réalisée au niveau le plus fin disponible c’est à dire : pays de fabrication du produit (45) X produit (64) X type de GES (4) X origine des émissions en France ou à l’étranger (2) , soit au total 23 040 séries à prolonger. • Cependant, la plupart de ces séries contribuent de manière extrêmement faible à l’empreinte carbone de la France. On ordonne donc les contenus GES par contribution croissante à l’empreinte française importée pour une année de référence (par exemple 2023 pour les estimations publiées en 2025) et on fixe un seuil pour juger de la pertinence d e la projection . Toutes les séries dont le cumul contribue à moins de 0,1 % de l’empreinte GES importée (en partant de la plus faible) sont projetées de manière « naïve » en N-1 : on reprend simplement la valeur du contenu carbone unitaire observé en N-2. • Seules les 6 729 séries au -dessus du seuil font l’objet d’une vraie modélisation . On commence par calculer la différence en logarithme sur toute la série disponible (2010 -N-2). On retire ensuite les variations de prix du produit considéré, tel que connu dans les comptes nationaux français. Cela revient à s’intéresser aux variations du contenu carbone unitaire en volume plutôt qu’en valeur. On estime ensuite un modèle linéaire de cette série sans explicative, c’est à dire simplement la valeur moyenne de la série, ou avec un outlier pour l’année 2015 s’il est estimé significatif au seuil de 5%. Cette estimation est ensuite mobilisée pour prolonger la série sur les années où le TIES n’est pas disponible, en taux d’évolution à partir du dernier point observé.
2.3.7. Correction apportée au TIES FIGARO pour 2022 et 2023
Les prix de l’énergie ont connu des fluctuations très importantes depuis 2021, qui mettent à l’épreuve la méthode d’estimation de l’empreinte carbone basée sur des tableaux entrées-sorties internationaux en valeur monétaire (euros courants). Nous avons combiné les tableaux FIGARO avec des données physiques de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) sur la production de pétrole brut, gaz naturel, charbon et produits pétroliers raffinés, afin d ’estimer des « indices de prix à la production » pour chaque pays détaillé dans FIGARO. Nous avons ensuite comparé ces indices avec les indices de prix des importations françaises pour les mêmes produits. Le niveau des prix est très différent suivant ces deux perspectives (figures 11 et 12). Avec une base 100 en 2020, le prix des imports français de produit s « bruts » des activités extractives (CPA B) atteignent 394 en 2022 puis 304 en 2023, contre seulement 246 en 2022 et 193 en 2023 pour le prix à la production moyen des fournisseurs de la France. Pour les produits pétroliers raffinés (CPA C19) l’écart est également élevé en 2022 mais se referme largement en 2023. Figure 11 : niveau de prix des « produits des activités extractives » (CPA B) Année 2020 = 1