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187 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 7.5 – Opinion des Européens sur les forces de sécurité  1. Habitants de l’Union européenne déclarant avoir plutôt confiance dans les forces
de sécurité de leur pays, en 2020 Bulgarie Slovaquie Roumanie Pologne Croatie Malte Chypre Italie Hongrie Slovénie Lettonie France Grèce UE28 République tchèque Espagne Belgique Royaume‑Uni Autriche Lituanie Luxembourg Irlande Portugal Allemagne Pays‑Bas Estonie Suède Finlande Danemark 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % Lecture : en juin 2020, en Bulgarie, 43 % des habitants déclarent avoir plutôt confiance dans les forces de sécurité de leur pays. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Commission européenne, Eurobaromètre standard 93 (juin 2020).  2. Part des habitants européens déclarant avoir plutôt confiance dans les forces de sécurité de leur pays, entre 2014 et 2020 50 55 60 65 70 75 80 85 Novembre Mai Mai Novembre Mai Novembre Mars Novembre Juillet Novembre Juin 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 en % UE28 France Lecture : en France, 71 % des habitants déclarent avoir plutôt confiance dans leurs forces de sécurité en novembre 2014. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Commission européenne, Eurobaromètres standard 82, 83 et de 85 à 93.

188 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 7.6 Effectifs et dépenses en matière de sécurité dans l’Union européenne En 2018, dans l’Union européenne, les administrations publiques consacrent, en moyenne, 3,8 % de leurs dépenses à l’ordre et à la sécurité publics, loin derrière les dépenses de protection sociale (40,5 %), de santé (15,5 %) ou d’enseignement (10,2 %). Un peu plus de la moitié de ces dépenses sont dédiées aux missions spécifiques des forces de sécurité, le reste étant réservé aux tribunaux, à l’administration pénitentiaire ou à la protection civile. Au final, les dépenses relatives aux forces de sécurité représentent 2,0 % de l’ensemble des dépenses publiques
figure 1. La part de ces dépenses varie de 0,9 % en Finlande à 3,3 % en Bulgarie. De manière générale, les pays scandinaves dépensent le moins en ce domaine, contrairement aux pays baltes (hormis la Lituanie) et à la plupart des pays de l’Europe de l’Est ou du Sud. En France, 1,7 % des dépenses publiques sont affectées aux missions de la police et de la gendarmerie, soit un niveau moindre que la moyenne européenne. Cependant, par habitant, la dépense française occupe la 6 e place : 331 euros par an et par habitant, contre 286 euros en moyenne dans l’Union européenne. Entre 2014 et 2018, les budgets alloués aux missions des forces de sécurité ont, en moyenne, augmenté de 10 % dans l’Union européenne, davantage que les dépenses publiques globales (+ 8 %). Cette dépense augmente dans l’ensemble des États membres, à l’exception du Portugal (– 1 %). L’augmentation a été particulièrement soutenue en Slovaquie (+ 42 %), en République Tchèque (+ 49 %) et en Hongrie (+ 57 %). Elle est en revanche faible au Royaume‑Uni (+ 1 %), en Grèce (+ 3 %), ainsi qu’en Suède et en Finlande (+ 4 %). Sur la période, les dépenses françaises ont crû de 11 %, soit un niveau comparable à la moyenne européenne. En 2018, dans l’Union européenne (hors Irlande), il y a en moyenne 325 officiers de police pour 100 000 habitants. Ce rapport varie entre 139 policiers pour 100 000 habitants en Finlande et 566 à Chypre. Relativement à leur population, les pays scandinaves comptent moins de policiers que les États du sud ou de l’est de l’Europe, qui affichent des ratios souvent supérieurs à la moyenne européenne
figure 2. Entre 2014 et 2018, en moyenne dans l’Union européenne, l’effectif de policiers par habitant est resté stable, mais les situations sont disparates entre États membres. Le nombre de policiers a chuté de plus de 10 % dans les pays baltes, alors qu’il a augmenté en Belgique (+ 9 %) et au Luxembourg (+ 12 %). En France, les effectifs des forces de sécurité ont davantage augmenté que la moyenne européenne (+ 5 %). Inférieur à la moyenne européenne en 2014, le ratio par habitant dépasse désormais la moyenne européenne en 2018 (+ 4 policiers pour 100 000 habitants).  Définitions : Les dépenses d’administrations publiques sont extraites des comptes des administrations publiques (administration publique centrale, administrations publiques locales et administrations de sécurité sociale). Les dépenses des administrations publiques sont ventilées suivant une nomenclature internationale, la COFOG (Classification of the Functions of Government) qui répartit les dépenses en dix catégories selon leur fonction. Les dépenses liées à l’ordre et à la sécurité publics comprennent les dépenses consacrées aux services de police/ gendarmerie, aux services de protection contre l’incendie et de protection civile, aux cours et tribunaux civils et pénaux et au système judiciaire, au service pénitentiaire, ainsi que les dépenses liées à la recherche et au développement concernant l’ordre et la sécurité publics et les autres dépenses en matière d’ordre et sécurité publics non répertoriés dans les précédentes rubriques. Les dépenses des forces de sécurité comprennent, d’une part, les dépenses liées à l’administration des affaires et services de police et de gendarmerie (immatriculation, tenue des fichiers d’arrestation, etc.), et d’autre part, les dépenses de fonctionnement des forces de l’ordre, y compris les frais de fonctionnement des laboratoires et les programmes de formation. Le nombre d’officiers de police regroupe l’ensemble des personnels affectés dans les organismes et administrations publics dont les fonctions principales sont la prévention, la détection et l’investigation des infractions et l’arrestation des auteurs présumés. Les personnels de soutien sont exclus du comptage. En France, ce nombre inclut les policiers et les gendarmes. 189 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 7.6 – Effectifs et dépenses en matière de sécurité dans l’Union européenne  1. Dépenses consacrées aux missions des forces de sécurité dans l’Union européenne 2018 Évolution
2014-2018 des dépenses
(en %) Dépenses (en millions d’euros) Part des dépenses totales (en %) Dépenses pour
100 000 habitants (en euros) Luxembourg 291 1,2 478 15 Belgique 4 631 1,9 405 6 Irlande 1 946 2,4 400 28 Pays-Bas 6 612 2,0 384 18 Royaume-Uni 24 194 2,4 364 1 France 22 189 1,7 331 11 Italie 19 974 2,3 331 9 Chypre 272 3,0 313 12 Espagne 14 041 2,8 300 5 Allemagne 24 856 1,7 300 14 Autriche 2 647 1,4 299 20 Union européenne 146 782 2,0 286 10 Danemark 1 638 1,1 283 15 Suède 2 831 1,2 278 4 Grèce 2 460 2,8 229 3 Finlande 1 152 0,9 209 4 Estonie 270 2,7 204 39 Hongrie 1 872 3,0 192 57 République Tchèque 1 989 2,4 187 49 Portugal 1 909 2,2 186 – 1 Malte 89 2,0 183 36 Lettonie 352 3,1 183 35 Croatie 720 3,0 176 39 Slovaquie 937 2,5 172 42 Slovénie 345 1,7 166 24 Pologne 5 363 2,6 141 6 Roumanie 2 300 3,2 118 38 Bulgarie 680 3,3 97 15 Lituanie 224 1,5 80 14 Lecture : en 2018, dans l’Union européenne, 2 % des dépenses des administrations publiques sont consacrées aux missions des forces de sécurité, soit 286 euros pour 100 000 habitants. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Eurostat, extraction des données en janvier 2021.  2. Nombre d’officiers de police pour 100 000 habitants dans l’Union européenne, en 2018 © IGN‑Insee 2021 pour 100 000 habitants 300 200 400 500 non disponible

Lecture : en 2018, l’Allemagne compte 295 officiers de police pour 100 000 habitants. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28) hors Irlande. Source : Eurostat, extraction des données en janvier 2021.

Annexes

193 Insee Références – Édition 2021 – Annexes – Sources Sources L’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » L’enquête « Cadre de vie et sécurité » (CVS), dite de « victimation », est conduite chaque année depuis 2007. Elle vise à connaître les faits de délinquance dont les ménages et les individus ont pu être victimes dans les deux années précédant l’enquête, qu’ils aient, ou non, donné lieu à une déclaration dans les services de police ou de gendarmerie. L’enquête vise également à recueillir, auprès de l’ensemble de la population (victimes et non‑victimes), leur opinion concernant leur cadre de vie et la sécurité, à analyser leur sentiment d’insécurité ainsi que leur niveau de satisfaction envers l’action de la justice et des forces de sécurité. Les informations issues de l’enquête CVS sont distinctes et complémentaires des données enregistrées par la police et la gendarmerie nationales car les victimes ne déposent pas toujours plainte. Combinées, elles offrent des outils précieux pour évaluer et analyser tant la délinquance que le sentiment d’insécurité. L’enquête porte sur la France métropolitaine mais des extensions territoriales ponctuelles ont été conduites en Outre‑mer (La Réunion en 2011, Guadeloupe, Guyane et Martinique en 2015 et Mayotte en 2020). L’enquête Cadre de vie et sécurité 2020 portant sur les victimations de 2019, prévue au deuxième trimestre 2020, n’a pas pu être réalisée par l’Insee. Du fait des mesures mises en place pour lutter contre l’épidémie de Covid‑19, l’Insee a été contraint d’interrompre ses enquêtes en face-à-face à partir du 16 mars et ne les a reprises qu’à partir du 15 juillet. Compte tenu de la longueur du questionnaire et des sujets abordés, il n’a pas été possible d’effectuer la collecte de l’enquête CVS 2020 par téléphone dans le calendrier imparti. La maîtrise d’ouvrage (décisions sur le questionnaire, méthodes statistiques, etc.) de l’enquête CVS est assurée par l’Insee, en partenariat avec l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP, supprimé fin 2020) et le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI, créé fin 2014) au ministère de l’Intérieur. La maîtrise d’œuvre (échantillonnage, organisation de la collecte, élaboration et diffusion des bases de données, etc.) est assurée par l’Insee. L’enquête bénéficie, pour chacune de ses éditions, du label d’intérêt général et de qualité statistique avec caractère obligatoire délivré par le Conseil national de l’information statistique (CNIS). L’enquête CVS sera remplacée à partir de 2022 par l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » (VRS) conduite par le SSMSI. Cette enquête poursuivra les mêmes objectifs. Elle vise à satisfaire les besoins croissants de données localisées, via, en complément d’indicateurs nationaux, la production d’indicateurs inédits à des échelons locaux, notamment départementaux, tout en assurant une description détaillée des victimes et des atteintes subies. La délinquance enregistrée dans les logiciels de rédaction des procédures
de la police (LRPPN) et de la gendarmerie (LRPGN) nationales Dans le cadre de leur activité judiciaire, les services de police et de gendarmerie rédigent des procédures relatives à des infractions avant de les transmettre à l’autorité judiciaire qui est susceptible de les requalifier par la suite. Ces infractions ont pu être constatées suite à une plainte, à un signalement, à un témoignage, à un flagrant délit, à une dénonciation ou encore sur l’initiative des forces de l’ordre. Les informations recueillies via une main courante n’y sont pas intégrées. Enfin, les infractions relevées par d’autres services (douanes, offices environnementaux, etc.) n’y figurent pas non plus. • L’« État 4001 » historique À partir de 1972, les forces de sécurité (police et gendarmerie) se sont dotées d’un outil standardisé de mesure de l’activité judiciaire des services basé sur des comptages mensuels, appelé « État 4001 ». Ce document administratif porte sur les crimes et les délits (à l’exclusion des contraventions et des délits routiers), enregistrés pour la première fois par les forces de sécurité et portés à la connaissance de l’institution judiciaire. Les infractions y sont classées en 107 catégories

194 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 (appelés « index »), très hétérogènes par la nature et la gravité des faits, mais aussi par le nombre d’infractions constatées chaque mois. On y trouve aussi bien les « homicides commis sur des mineurs de moins de 15 ans » (catégorie qui compte autour de 60 victimes enregistrées chaque année) que les « coups et blessures volontaires criminels ou correctionnels sur personne de 15 ans et plus » (environ 250 000 victimes par an), l’infraction de « non versement de pension alimentaire » (12 000 auteurs recensés par an) ou encore les « infractions relatives à la chasse et à la pêche » (1 400 procédures annuelles). Selon l’index, l’unité de compte retenue peut varier : elle peut être la victime par exemple en matière de violence sexuelle (index 46 à 49), l’auteur par exemple en matière d’usage (index 57) ou d’usage‑revente (index 56) de stupéfiants, le chèque en matière de falsification et usage de chèques volés (index 89), ou encore le véhicule en matière de vol de véhicule (index 34 à 38), etc. Cela implique qu’il n’est pas pertinent de constituer des agrégats regroupant des index n’ayant pas la même unité de compte. Depuis sa création en 2014, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) expertise et fiabilise ces différents index. À ce jour, 46 des 107 index utilisés, regroupés en 12 indicateurs, font l’objet d’une diffusion mensuelle. Le regroupement de ces index a été choisi et construit en fonction de plusieurs critères : • l’existence d’une victimation directe ; • la cohérence entre les données administratives et les résultats des enquêtes de victimation : plus la proportion des victimes qui se signalent aux forces de sécurité est élevée, plus la donnée administrative est représentative de l’ampleur réelle du phénomène ; • la stabilité dans le temps des chiffres, preuve de la fiabilité de leur mode de production et de construction : des données très erratiques, pour illustrer des phénomènes sociaux qui ont tous une certaine inertie, montrent que le système de production n’est pas fiable ; • la cohérence dans les unités de compte. • Les bases statistiques Infractions, Victimes et Mis en cause L’État 4001 n’est pas suffisant pour répondre aux besoins d’information statistique sur la délinquance. La nomenclature des index, très ancienne, ne permet pas d’identifier certaines catégories de délinquance apparues récemment, ou que l’on souhaite davantage appréhender aujourd’hui qu’auparavant : la cybercriminalité, les violences conjugales, les atteintes du type crimes de haine (racistes, xénophobes, antireligieux, anti‑LGBT, sexistes, etc.). Ces crimes et délits se retrouvent répartis dans différents index de l’« État 4001 » (escroqueries, coups et blessures volontaires, menaces ou chantage, etc.) mais ne peuvent être isolés afin d’être quantifiés séparément. De plus, l’exclusion des contraventions pose problème notamment pour des catégories de délinquance pour lesquelles la frontière entre délit et contravention n’est pas très clairement définie, comme c’est le cas pour les dégradations. Enfin, comme indiqué précédemment, l’hétérogénéité des unités de compte pose problème pour la constitution d’agrégats. Depuis 2016, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) constitue des bases statistiques relatives aux infractions enregistrées, aux victimes associées et aux mis en cause correspondants, à partir des procédures enregistrées par les services de police et de gendarmerie nationales. Dans cet ouvrage, ce sont principalement ces trois sources qui ont été utilisées pour décrire la délinquance enregistrée par les forces de sécurité. La base statistique Infractions La base Infractions décrit l’ensemble des infractions commises en France et relevées lors de l’établissement du procès‑verbal ou de l’enregistrement de la plainte par les services de police et de gendarmerie. Ces infractions sont de nature criminelle, délictuelle (y compris les délits routiers) ou contraventionnelle, elles sont caractérisées par une nature d’infraction (NATINF). La base Infractions intègre la date et l’adresse de commission de l’infraction, la date d’enregistrement, ainsi que des informations sur le lieu de commission (par exemple, les transports en commun) et sur le caractère intrafamilial ou non de l’infraction. C’est à partir de l’adresse de commission