IREF_SECUR21.pdf

Type: Document | Status: ready

Fiches Comparaisons européennes

178 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 7.1 Cambriolages et vols de véhicule motorisé enregistrés par les forces de sécurité en Europe En 2018, dans l’Union européenne (hors Italie, Hongrie et Estonie), les forces de sécurité ont enregistré 1,9 million de cambriolages (y compris tentatives de cambriolage), soit un taux moyen de 424 cambriolages pour 100 000 habitants. 52 % ont visé une maison, un appartement ou tout autre local à usage d’habitation, les autres des entrepôts, usines et autres locaux à usage professionnel. Entre 2014 et 2018, le nombre de cambriolages enregistrés par les forces de sécurité a régulièrement diminué (‑ 20 %). Seul le Royaume‑Uni enregistre une légère augmentation (+ 1 % de cambriolages)    figure 1. Cette évolution doit cependant être interprétée avec prudence, car l’enregistrement des plaintes pourrait être plus systématique à la suite d’un rapport d’inspection HMICFR (Her Majesty’s Inspectorate of Constabulary and Fire & Rescue Services) de novembre 2014 pointant un défaut d’enregistrement. L’amplitude et le rythme de la baisse des plaintes pour cambriolage sont variables d’un pays à l’autre. Parmi les 7 pays de l’Union qui recensent le plus de cambriolages en 2018, aux Pays‑Bas, la baisse est deux fois plus forte que la moyenne européenne sur la période 2014‑2018 (‑ 39 % contre – 20 %) ; en France, la baisse est beaucoup plus modérée (‑ 6 %). En outre, la diminution des cambriolages enregistrés commence dès 2015 en Espagne, Belgique, Pologne et aux Pays‑Bas et à partir de 2016 en Allemagne. En France, les cambriolages déclarés sont stables jusqu’en 2017 et reculent de 7 % en 2018. Les vols (y compris tentatives) de véhicule motorisé terrestre enregistrés par les forces de sécurité sont beaucoup moins nombreux. En 2018, on recense, en moyenne, dans l’Union européenne 124 vols ou tentatives de vol de véhicule motorisé pour 100 000 habitants. Entre 2014 et 2018, les vols déclarés de véhicule motorisé ont reculé de 15 %    figure 2. Toutefois, ils se sont accrus à Malte (+ 31 %), en Croatie (+ 46 %) et au Royaume‑Uni (+ 52 %), peut‑être là encore en raison d’un enregistrement plus systématique de ces atteintes par les forces de sécurité. En France, ils ont diminué de 16 %, soit une baisse du même ordre qu’en Allemagne (– 14 %), en Espagne (– 17 %) ou en Italie (– 20 %). De ce fait, en France, le nombre de ces vols pour 100 000 habitants a reculé de 262 en 2014 à 217 en 2018, restant malgré tout nettement supérieur à la moyenne de l’UE (124). Généralement, dans les pays où le nombre de cambriolages baisse le plus fortement, le nombre de vols de véhicule motorisé diminue également davantage. Ces similitudes pourraient résulter d’un mouvement de renforcement des systèmes de sécurité des bâtiments et des véhicules.  Définitions Un véhicule motorisé terrestre est un véhicule doté d’un moteur circulant sur la route. Cette catégorie regroupe notamment les voitures, motocycles, bus, camions, véhicules de construction, ou les véhicules agricoles. Cambriolages, vols : voir Glossaire.

179 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 7.1 – Cambriolages et vols de véhicule motorisé enregistrés par les forces de sécurité en Europe  1. Évolution du nombre de cambriolages enregistrés par les forces de sécurité,
entre 2014 et 2018 © IGN‑Insee 2021 en % – 35 – 48 – 26 – 12 non disponible Note : catégorie d’infractions de l’ICCS (classification internationale des infractions à des fins statistique)    sources. Lecture : entre 2014 et 2018, en Allemagne, les cambriolages et tentatives enregistrés par les forces de sécurité ont diminué de 27 %. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28) hors Italie, Estonie et Hongrie. Source : Eurostat, extraction des données en février 2021.  2. Évolution du nombre de vols de véhicule motorisé enregistrés par les forces
de sécurité, entre 2014 et 2018 en % – 52 – 82 – 25 – 4 © IGN‑Insee 2021 non disponible Note : catégorie d’infractions de l’ICCS (classification internationale des infractions à des fins statistique)   sources. Lecture : entre 2014 et 2018, en Allemagne, les vols et tentatives de vol de véhicule motorisé enregistrés par les forces de sécurité ont diminué de 14 %. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Eurostat, extraction des données en février 2021.

180 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 7.2 Viols et agressions sexuelles en Europe En 2018, dans l’Union européenne à 28 pays (UE28), 348 000 violences sexuelles ont été enregistrées par les forces de sécurité. Un tiers sont des viols. Près de 9 victimes sur 10 sont des femmes et la quasi‑totalité des personnes mises en cause sont des hommes (97,6 %). En moyenne 68 personnes pour 100 000 habitants ont déposé plainte après avoir subi de tels faits. Selon les pays, le taux de violences sexuelles varie considérablement, avec un rapport de 1 à 80 entre Chypre (3 plaintes enregistrées pour 100 000 habitants) et le Royaume‑Uni (268 pour 100 000). Avec 74 violences sexuelles enregistrées pour 100 000 habitants, la France se situe au‑dessus de la moyenne européenne. Les données des États membres sont influencées par de nombreux facteurs, tels que le système pénal et les définitions juridiques des infractions propres à chaque État, les pratiques d’enregistrement et les règles de comptage,
ou encore la volonté et la capacité des victimes à dénoncer les faits qui dépendent en partie de l’attitude de la société face à ces actes. Dans l’UE, les violences sexuelles déclarées aux forces de sécurité ont augmenté de 57 % entre 2014 et 2018    figure 1. Cette hausse a concerné la majorité des 28 États membres (20 sur 28). Toutefois, le nombre de violences sexuelles enregistrées a notablement baissé en Lettonie (– 47 %), en Lituanie (– 31 %) ou en Hongrie (– 30 %). Le Royaume‑Uni (+ 98 %) explique à lui seul 70 % de l’augmentation du nombre de violences sexuelles enregistrées en Europe. Cette situation, qui illustre bien la difficulté à interpréter, à ce stade, un indicateur global et des comparaisons internationales, même en évolution, s’explique en partie par une amélioration de l’enregistrement des plaintes. Celle‑ci fait suite au rapport d’inspection du HMICFR (Her Majesty’s Inspectorate of Constabulary and Fire & Rescue Services) de novembre 2014 qui pointait un défaut d’enregistrement des plaintes, notamment celles relatives aux violences sexuelles, dont le sous‑enregistrement est estimé à 26 %. Hors Royaume‑Uni, la hausse des violences sexuelles déclarées s’établit à 28 % en Europe entre 2014 et 2018. En France et chez ses principaux voisins (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume‑Uni), le nombre de ces atteintes a augmenté entre 2014 et 2018    figure 2. Cependant, cette hausse apparaît contrastée aussi bien en amplitude qu’en matière de calendrier. En cinq ans, le nombre de violences sexuelles enregistrées a augmenté de 98 % au Royaume‑Uni, tandis que la hausse a été de 13 % en Italie et en Belgique et s’établit à 60 % en France. En matière de rythme, l’accroissement a été continu sur l’ensemble de la période en France et au Royaume‑Uni, alors qu’il s’est amorcé à partir de 2016 en Espagne, à partir
de 2017 en Italie. En Allemagne, la hausse
globale s’est faite par à‑coups, marquée par un bond important en 2018 (+ 23 % par rapport
à 2017). Ces augmentations s’inscrivent dans un contexte de forte médiatisation du mouvement international #MeToo visant à libérer la parole des victimes et à les inciter à porter plainte.
Ce mouvement, intensifié par l’affaire Weinstein révélée en octobre 2017, a connu un écho dans les différents États membres avec un retentissement parfois amplifié par certains événements nationaux : nuit du Nouvel An 2016 en Allemagne, collectif « Yo sí te creo » en Espagne, etc.  Définition Violences sexuelles : voir Glossaire.  Pour en savoir plus : « Violent sexual crimes recorded in the EU », Commission européenne, Eurostat, 23 novembre 2017.

181 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 7.2 – Viols et agressions sexuelles en Europe  1. Évolution du nombre de violences sexuelles enregistrées par les forces de sécurité, entre 2014 et 2018 © IGN‑Insee 2021 en % 0 – 30 25 70 Note : catégorie d’infractions de l’ICCS (Classification internationale des infractions à des fins statistiques)  sources. Lecture : entre 2014 et 2018, au Portugal, le nombre de violences sexuelles enregistrées par les forces de sécurité a augmenté de 5,7 %. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Eurostat, extraction des données en septembre 2020.  2. Évolution du nombre de violences sexuelles enregistrées par les forces de sécurité, entre 2014 et 2018 60 80 100 120 140 160 180 200 2014 2015 2016 2017 2018 indice 100 en 2014 Royaume‑Uni France Allemagne Espagne Italie UE28 Belgique Note : catégorie d’infractions de l’ICCS (Classification internationale des infractions à des fins statistiques)  sources. Lecture : en Espagne, le nombre de violences sexuelles enregistrées par les forces de sécurité a diminué de 21 % entre 2014 et 2015. Champ : Union européenne à 28 pays (UE28). Source : Eurostat, extraction des données en septembre 2020.

182 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 7.3 Victimes de cybercriminalité en Europe La moitié des habitants de l’Union européenne à 28 pays, UE28, usagers d’Internet déclarent qu’un ou plusieurs membres de leur famille ou bien des amis ont été exposés ou victimes, au cours des trois dernières années, d’un des 10 cybercrimes sur lesquels ils ont été interrogés en 2018 et 2019. Plus personnellement, 35 % des internautes européens ont été exposés à du phishing, c’est‑à‑dire la réception de courriels ou d’appels téléphoniques frauduleux visant à soustraire des informations personnelles, et 30 % ont découvert un logiciel malveillant sur leur équipement d’accès à Internet (ordinateur, netbook, tablette, smartphone, télévision ou autre)    figure 1. Par ailleurs, 15 % des internautes européens ont été confrontés à des contenus haineux et extrémistes et 13 % à une fraude en ligne. Comparativement à la moyenne européenne, les internautes français déclarent plus souvent avoir été exposés ou victimes d’un cybercrime, exception faite des atteintes par rançongiciel. La moitié d’entre eux disent avoir été exposés à du phishing, et 42 % ont découvert, sur leur équipement Internet, un virus malveillant.
Ils sont proportionnellement presque deux fois plus nombreux à mentionner un acte de piratage de leur compte mail ou de réseau social
(19 % contre 11 % dans l’UE28) ou à avoir été victimes d’une fraude à la carte bancaire ou d‘une escroquerie bancaire sur Internet
(16 % contre 9 %). La fréquence des atteintes subies est variable selon le type de cybercriminalité : 43 % des internautes européens victimes de phishing et 39 % de ceux confrontés à des contenus haineux ou extrémistes l’ont été plus de 3 fois ; à l’inverse, 14 % des internautes victimes d’escroquerie bancaire ou de vente en ligne frauduleuse, ont subi plus de 3 atteintes de cette nature. Dans l’UE28, plus de la moitié des internautes victimes de cybercrime l’ont signalé, auprès du site utilisé, de leur fournisseur d’accès internet, des forces de sécurité ou d’autres instances    figure 2. Cette démarche n’est pas systématique et dépend de la nature du préjudice subi. 84 % des internautes dénoncent les fraudes à la carte bancaire ou les escroqueries bancaires sur Internet, 77 % les ventes en ligne frauduleuses et 73 % les usurpations d’identité. En revanche, ils signalent moins souvent le phishing ou l’exposition à un contenu haineux ou extrémiste (respectivement 47 % et 44 % des victimes). Globalement, les internautes français dénoncent autant les cybercrimes subis que les autres internautes européens (56 % contre 57 % en UE28). Cependant, les internautes français dénoncent moins fréquemment une atteinte par rançongiciel (41 % contre 54 % dans l’UE28), l’exposition à des contenus pédopornographiques (43 % contre 57 %) ou le piratage d’une boite mail ou d’un compte de réseau social (57 % contre 64 %). En Europe, 36 % des internautes ont signalé les cybercrimes auprès du site internet ou du revendeur et 22 % directement auprès du fournisseur d’Internet. Près d’un quart ont contacté les forces de sécurité (24 %). L’entité informée diffère en fonction de l’atteinte subie. Les fraudes de produits en ligne sont signalées plus systématiquement aux sites internet ou aux revendeurs (60 %), tandis que les services de police sont plutôt informés des usurpations d’identité (43 %), des escroqueries bancaires (41 %) ou des diffusions d’images à caractère pédopornographique (38 %). Par rapport à l’ensemble des internautes européens, les internautes français ont moins souvent rapporté les cybercrimes aux services de police ou de gendarmerie, à l’exception des usurpations d’identité. Par contre, ils ont davantage signalé les faits, par mail ou sur une plateforme ad hoc, à une autre autorité officielle ou à d’autres acteurs (41 % contre 31 % dans l’UE28), vraisemblablement la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), les services des douanes, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ou bien encore des établissements bancaires et autres entreprises informatiques spécialisées en cybercriminalité.  Définitions Cybercriminalité, rançongiciel : voir Glossaire.