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148 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 4.5 Personnes morales auteures d’infractions pénales En 2019, les parquets ont traité 86 100 affaires dont un auteur présumé est une personne morale, soit 4,3 % de l’ensemble des affaires dont au moins un auteur est identifié. Dans les affaires impliquant des personnes morales, les parquets sont essentiellement saisis par les services de police et de gendarmerie (45 %), une autre administration (29 %) ou directement par la victime ou une autre personne (23 %). Les services de police et de gendarmerie sont à l’origine de la majorité des affaires relatives à la santé publique (composées à 55 % d’infractions en matière de sécurité alimentaire) et des contentieux en matière de circulation routière et de transport (formées à 42 % d’infractions liées à la vitesse et à 36 % d’infractions à la réglementation des professions de transport). En revanche, ils sont moins fréquemment à l’origine des affaires liées à l’environnement et à la législation sur le travail (moins de 40 %) et rarement à l’origine des affaires économiques et financières (19 %), ces dernières étant majoritairement signalées par les tribunaux de commerce. Près de la moitié des auteurs personnes morales ne sont pas poursuivables, le parquet estimant, après examen, que l’infraction reprochée est insuffisamment caractérisée ou non avérée (6 fois sur 10). La proportion des personnes morales non poursuivables est inférieure à 30 % pour les infractions économiques et financières et pour les atteintes à l’environnement, mais d’environ 70 % pour les atteintes aux biens (vols et escroqueries, abus de confiance, etc.) et les atteintes à la personne (accidents de travail, mises en danger d’autrui et blessures involontaires, mais aussi atteintes à la vie privée, discriminations et exploitations de personne vulnérable, etc.)    figure 1. Sur les 44 100 personnes morales poursuivables, 16 % ont fait l’objet d’un classement pour inopportunité des poursuites en raison de la faiblesse du préjudice causé ou d’une régularisation spontanée par l’auteur. Lorsque la personne morale fait l’objet d’une réponse pénale (84 % des personnes poursuivables), il s’agit d’une mesure alternative aux poursuites dans 7 cas sur 10.
Cette sanction est privilégiée lorsqu’elle permet de réparer le dommage, de mettre fin au trouble causé par l’infraction ou de régulariser la situation au regard de la loi et des règlements. Par ailleurs, dans 28 % des situations, le parquet décide de poursuivre l’affaire vers une juridiction de jugement (tribunal correctionnel pour les affaires délictuelles, tribunal de police pour les affaires contraventionnelles) ou vers le juge d’instruction pour les affaires criminelles ou complexes. La réponse pénale du parquet dépend du contentieux. Les auteurs d’infractions économiques, financières et sociales, d’atteintes à l’environnement ou d’infractions en matière de santé publique font l’objet, dans 9 cas sur 10, d’une mesure alternative aux poursuites.
En matière d’atteinte à la personne, 57 % des auteurs sont poursuivis, principalement devant un tribunal correctionnel    figure 2. En 2019, les personnes morales représentent moins de 1 % des auteurs des affaires jugées par les tribunaux correctionnels. Sur les 4 200 personnes morales jugées devant le tribunal correctionnel, 14 % ont été relaxées, c’est‑à‑dire déclarées non coupables, soit une part nettement supérieure à celle des personnes physiques (4 %). Dans la mesure où elles ne peuvent pas être emprisonnées, les 3 655 personnes morales jugées coupables ont été, quasi exclusivement, condamnées à une amende (98 %)    figure 3. Alors que le montant médian des amendes prononcées à titre principal est de 2 969 euros, il s’élève à 10 000 euros dans les cas d’une atteinte à la personne humaine, d’une atteinte aux biens ou d’une infraction économique et financière.  Définitions Personne morale, auteur non poursuivable, auteur poursuivable, réponse pénale, mesure alternative aux poursuites : voir Glossaire.  Pour en savoir plus « Le traitement judiciaire des infractions commises par les personnes morales », Infostat Justice n° 154, ministère de la Justice, août 2017.

149 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 4.5 – Personnes morales auteures d’infractions pénales  1. Traitement des personnes morales par les parquets, en 2019   Personnes morales dans les affaires traitées (1+2) Personnes morales non poursuivables (1) (en %) Personnes morales poursuivables (2=3+4) (en %) Taux de réponse pénale (en %) (4/2) Classement sans suite pour inopportunité des poursuites (3) Réponse pénale
(4) Infractions à la circulation et aux transports 21 762 54,5 7,1 38,4 84,5 Infractions économiques et financières 18 588 22,3 5,6 72,0 92,7 Atteintes aux biens 18 569 71,6 12,1 16,3 57,4 Atteintes à la personne 7 758 69,5 6,9 23,7 77,5 Atteintes à l’environnement 7 041 27,2 9,8 63,0 86,5 Infractions à la législation du travail 6 320 40,0 10,2 49,8 83,0 Atteintes à l’autorité de l’État 3 698 57,8 7,8 34,4 81,5 Infractions en matière de santé publique 2 371 29,0 4,4 66,6 93,8 Ensemble 86 107 48,7 8,2 43,0 83,9 Note : catégories construites à partir de la nomenclature du ministère de la Justice. Champ : France, personnes morales traitées par les parquets. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.  2. Personnes morales ayant fait l’objet d’une réponse pénale par les parquets, en 2019   Personnes morales ayant fait l’objet d’une réponse pénale Nature de la réponse pénale
(%) Juridiction de poursuites (pour 100 personnes morales poursuivies) Mesure alternative réussie Composition pénale réussie Poursuites Tribunal de police Tribunal correctionnel Juge d’instruction Infractions économiques, financières et à la législation sur le travail 16 537 87,0 3,5 9,5 32,9 54,5 12,6 Infractions à la circulation et aux transports 8 364 33,8 0,4 65,8 50,6 49,4 0,0 Atteintes à l’environnement 4 437 87,4 2,4 10,2 20,0 77,8 2,2 Atteintes aux biens 3 027 67,7 0,5 31,8 0,4 38,4 61,2 Atteintes à la personne 1 836 42,2 1,1 56,8 3,7 67,2 29,1 Infractions en matière de santé publique 1 579 86,4 2,6 11,0 50,3 44,5 5,2 Atteintes à l’autorité de l’État 1 271 51,7 2,7 45,6 3,6 50,0 46,4 Ensemble 37 051 70,0 2,2 27,8 32,5 54,8 12,8 Note : catégories construites à partir de la nomenclature du ministère de la Justice. Champ : France, personnes morales ayant fait l’objet d’une réponse pénale. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.  3. Peines et mesures prononcées par les tribunaux correctionnels à l’encontre
des personnes morales, en 2019   Condamnations dont amendes
(peine principale) Effectif Répartition (en %) Part
(en %) Montant
moyen (en euros) Montant
médian (en euros) Infractions à la réglementation de la circulation et des moyens de transports 1 890 51,7 100 2 451 2 219 Infractions à la législation du travail 631 17,3 98 10 807 4 000 Atteintes à la personne 402 11,0 99 22 445 10 000 Atteintes à l’environnement 262 7,2 87 14 700 5 000 Infractions économiques et financières 245 6,7 97 112 479 10 000 Atteintes à l’autorité de l’Etat 100 2,7 93 19 163 3 000 Atteintes aux biens 81 2,2 89 23 106 10 000 Infractions en matière de santé publique 44 1,2 98 10 185 5 000 Ensemble 3 655 100,0 98 15 107 2 969 Note : catégories construites à partir de la nomenclature du ministère de la Justice. Champ : France, condamnations prononcées, à titre principal, à l’encontre des personnes morales. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.

Fiches Lieux spécifiques d’insécurité et de délinquance

152 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 5.1 Violences au sein de la famille En 2019, 44 % des plaintes pour violences physiques ou sexuelles enregistrées par les services de sécurité concernent des violences commises au sein de la famille, ce qui représente 160 000 victimes (119 000 majeures et 41 000 mineures). En un an, ces plaintes ont augmenté de 14 % (+ 13 % lorsque la victime est majeure, + 15 % lorsqu’elle est mineure), probablement en lien avec le Grenelle sur les violences conjugales lancé en 2019 qui a pu favoriser un meilleur accueil par les services de sécurité, inciter les victimes de violences conjugales à davantage déposer plainte et peut‑être, plus largement, encourager les signalements de toute forme de violences intrafamiliales. La hausse des violences intrafamiliales s’est poursuivie en 2020 (+ 10 %) notamment lors du premier confinement (du 17 mars au 10 mai 2020), où l’isolement strict a pu exacerber les tensions au sein des familles. Les victimes de violences intrafamiliales subissent presque exclusivement des violences physiques (96 %) de la part du conjoint ou de l’ex‑conjoint (90 %) lorsqu’elles sont majeures, alors que les violences sexuelles sont plus fréquentes à l’encontre des mineurs (23 % des violences intrafamiliales sur mineur). La majorité de ces victimes sont des femmes : 77 % lorsqu’il s’agit de violences physiques et 85 % pour les violences sexuelles. Cependant, avant 15 ans, les garçons sont légèrement plus nombreux à subir des violences physiques    figure 1. Au sein de la famille, les victimes de violences sexuelles sont particulièrement jeunes : 60 % ont moins de 15 ans contre 18 % des victimes de violences physiques ; pour ces dernières, les plus exposées sont les femmes de 20 à 39 ans (42 % de l’ensemble des victimes)    figure 2. En 2019, 115 000 personnes ont été mises en cause pour des violences intrafamiliales, majoritairement des hommes (83 %). Les mis en cause sont quasi exclusivement des hommes pour les violences sexuelles sur majeur (99 %) et sur mineur (95 %). Dans les violences physiques, leur part est moins importante lorsque la victime a moins de 15 ans (59 %). La répartition par âge des mis en cause est la même concernant les violences physiques sur personne de 15 ans ou plus et les violences sexuelles sur majeur : en moyenne, de 2016 à 2020, 60 % des mis en cause ont entre 25 et 45 ans et un tiers entre 30 et 40 ans    figure 3. En revanche, les auteurs de violences sexuelles sur mineur sont nettement plus jeunes : 17 % ont moins de 15 ans et 25 % moins de 20 ans. Les services de police et gendarmerie n’enregistrent qu’une faible part des violences intrafamiliales. Selon l’enquête Cadre de vie et sécurité, sur la période 2011‑2018, 1 % des personnes de 18 à 75 ans interrogées a subi des violences de la part d’un membre de sa famille vivant ou non avec elle au moment des faits, soit 425 000 personnes chaque année. 7 fois sur 10, il s’agit de violences conjugales, majoritairement physiques, visant des femmes dans 72 % des cas. 65 % des victimes de violences conjugales ont été violentées plus d’une fois et plus de 30 % d’entre elles rapportent qu’au moins une fois, l’auteur était sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiant. Les violences conjugales restent des atteintes faiblement rapportées : 14 % des victimes de violences conjugales ont déposé plainte ; 30 % de celles cohabitant avec le conjoint au moment de l’enquête ont effectué au moins une démarche sociale ou médicale, après l’agression. Le caractère intrafamilial des violences n’est pas toujours identifiable dans les saisines du parquet, à l’exception des violences physiques entre conjoints. En 2019, les parquets ont traité la situation de 70 000 auteurs présumés de violences par conjoint. 31 % ont été considérés non poursuivables pour infraction insuffisamment caractérisée ou défaut d’élucidation. Parmi les auteurs poursuivables, 89 % ont reçu une réponse pénale, qui prend la forme de poursuites devant un juge (56 % des réponses pénales) ou d’une mesure alternative (38 %).  Définitions Violences conjugales, violences intrafamiliales, mis en cause, auteurs non poursuivables, auteurs poursuivables, réponse pénale : voir Glossaire.  Pour en savoir plus • « Les violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2020 », Info rapide n° 19, SSMSI, novembre 2021. • « Le traitement judiciaire des violences conjugales en 2015 », Infostat Justice n° 159, février 2018.