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144 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 4.3 Auteurs selon la nationalité En 2019, 82 % des personnes mises en cause par la police et la gendarmerie se sont déclarées françaises et 18 % étrangères, tandis qu’elles représentent respectivement 93 % et 7 % de la population en France. La proportion des personnes étrangères parmi les mis en cause a augmenté depuis 2016 (16 %), le nombre de mis en cause étrangers ayant augmenté plus vite que celui des mis en cause français (respectivement + 15 % et + 1 %). Personnes françaises et étrangères ne sont pas mises en cause pour les mêmes faits
figure 1. Les étrangers sont davantage impliqués dans les atteintes économiques et financières (46 % des mis en cause pour ce motif concernent des étrangers, contre 18 % tous motifs confondus) qui comprennent notamment les délits liés à la contrefaçon ou à la concurrence et les ventes à la sauvette, dans les vols (27 %) et dans les autres crimes et délits (25 %) où sont enregistrés les délits en lien avec la législation sur le travail, la législation sur l’entrée et le séjour sur le territoire, etc. Inversement, les Français sont davantage représentés parmi les mis en cause pour les atteintes à la famille (92 %) recouvrant par exemple les litiges nés de la garde ou du versement de la pension alimentaire des enfants, pour les destructions et dégradations (89 %) ou pour les infractions à caractère sexuel (87 %). Les mis en cause étrangers sont majoritairement des personnes originaires d’Afrique (58 % ; ils représentent 43 % de l’ensemble des étrangers résidant en France), suivis des originaires d’un pays de l’Union européenne (UE) à 28 (17 % contre 32 %)
figure 2. Selon le pays d’origine, les faits diffèrent en lien avec les filières de criminalité organisée : les ressortissants d’Haïti et du Portugal sont plus souvent mis en cause pour des atteintes physiques (respectivement 29 % et 28 % contre 17 % pour l’ensemble des mis en cause étrangers), ceux de Roumanie et de Géorgie pour des vols (51 % et 78 % contre 27 %). En 2019, les affaires traitées par les parquets ont concerné 1,9 million d’auteurs, parmi lesquels 273 000 étrangers (14 % des auteurs traités)
figure 3. Cet effectif est supérieur au nombre de personnes mises en cause par la police et la gendarmerie en 2019 (204 000), notamment parce que le champ d’infractions est plus large, d’autres services peuvent transmettre des affaires aux parquets (inspecteurs du travail, douanes, impôts, etc.), mais aussi parce que la nationalité initialement déclarée peut être contrôlée en cours de procédure. Après un premier examen, les parquets ont estimé l’affaire non poursuivable pour 22 % des auteurs étrangers et 25 % des auteurs français. Plus de 90 % des auteurs étrangers et français poursuivables ont fait l’objet d’une réponse pénale. Cette réponse prend la forme de poursuites à l’encontre de 56 % des auteurs étrangers, 57 % des auteurs français. À l’issue du jugement, les tribunaux prononcent davantage, à titre principal, une peine d’amende à l’encontre des Français reconnus coupables (34 % contre 29 % des condamnés étrangers)
figure 4. Inversement, les étrangers sont plus fréquemment condamnés à une peine d’emprisonnement avec tout ou partie ferme (31 % contre 23 %). Dépendant de l’infraction commise, l’emprisonnement avec partie ferme a été plus souvent prononcé à l’encontre de ressortissants du Maghreb (37 %) davantage impliqués dans les vols avec violence et à l’encontre des étrangers originaires d’Amérique du Sud ou du Nord (38 %) davantage impliqués dans les trafics de stupéfiants. Au 1 er janvier 2020, 21 % des personnes écrouées sont étrangères, en raison de la plus forte proportion de peines d’emprisonnement prononcées à leur encontre mais aussi d’un recours plus fréquent, avant jugement, à la détention provisoire qui peut être ordonnée pour garantir le maintien de la personne mise en cause à la disposition de la justice. Au 1 er janvier 2020, 26 % des Français écroués sont en détention provisoire contre 35 % des étrangers écroués. Avertissement La nationalité du mis en cause ne peut systématiquement être vérifiée par les services de sécurité, faute de disposer de pièces d’identité. Les statistiques associées doivent donc être interprétées avec précaution.  Définitions Personne étrangère, poursuivable, non poursuivable, réponse pénale, poursuivi, détention provisoire :
voir Glossaire. 145 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 4.3 – Auteurs selon la nationalité  1. Personnes mises en cause par les services de sécurité selon la nature du crime ou délit et la nationalité, en 2019 Atteintes à la famille Destructions et dégradations Autres atteintes à la personne Infractions à la légistration sur les stupéfiants Escroqueries Infractions à caractère sexuel Atteintes physiques Ensemble Vols liés aux véhicules1 Cambriolages1 Autres crimes et délits Vols avec violence1 Autres vols (dont sans violence sur personne)1 Atteintes économiques et financières 0 20 40 60 80 100 en % Étrangers Français 1 Y compris tentatives. Note : catégories construites à partir des 107 index utilisés dans l’« État 4001 »    Sources. Champ : France, personnes mises en cause, hors infractions routières. Source : SSMSI, base des mis en cause pour crimes ou délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019.  2. Nationalité des étrangers mis en cause pour un crime ou un délit, en 2019 Autre Europe 6,9 % Asie et Océanie 13,9 % Amérique du Sud et du Nord 4,3 % Maghreb 37,6 % Afrique hors Maghreb 20,6 % Union européenne à 281 16,7 % 1 Hors France. Champ : France, personnes étrangères mises en cause, hors infractions routières. Source : SSMSI, base des mis en cause pour crimes ou délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019.  3. Auteurs dans les affaires traitées par les parquets selon la nationalité, en 2019   Auteurs français Auteurs étrangers Ensemble Part des étrangers (en %) Part des auteurs dont la nationalité n’est pas renseignée (en %) Nombre d’auteurs dans les affaires traitées 1 442 471 273 429 1 927 997 14 11 dont non poursuivables sur l’ensemble des auteurs traités (en %) 25 22 28 11 22 Nombre d’auteurs poursuivables 1 076 105 213 367 1 383 616 15 7 dont classement pour inopportunité des poursuites
sur l’ensemble des auteurs poursuivables (en %) 7 8 10 12 34 Nombre d’auteurs ayant fait l’objet d’une réponse pénale 1 004 185 197 073 1 250 727 16 4 Taux de réponse pénale des auteurs poursuivables (en %) 93 92 90 /// /// Nature des réponse pénales (en %) 100 100 100 /// /// Mesure alternative réussie 37 42 39 17 8 Composition pénale réussie 6 3 5 7 1 Poursuites pénales 57 56 55 16 2 /// : absences de résultats due à la nature des choses. Note : la colonne « Ensemble » comprenant les auteurs dont la nationalité est inconnue, elle est supérieure à la somme des deux premières colonnes et la structure par nationalité des auteurs traités ne doit pas être comparée directement à celle de l’ensemble. Les auteurs dont la nationalité n’est pas renseignée représente 11 % de l’ensemble des auteurs. 77 % d’entre eux ne sont pas poursuivables ou ont vu leur affaire classée sans suite pour inopportunité des poursuites. Ceci pourrait indiquer un sous- enregistrement de l’identité des auteurs lorsque l’affaire n’a pas vocation à se prolonger. Champ : France, auteurs personnes physiques. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.  4. Peines ou mesures prononcées à titre principal selon la nationalité du condamné, en 2019 0 10 20 30 40 en % Français Étrangers Emprisonnement avec sursis total Amende Mesure de substitution Mesure ou sanction éducative Autre1 Réclusion et emprisonnement ferme ou en partie ferme 1 Contrainte pénale et dispense de peine. Champ : France, condamnations prononcées à titre principal, hors tribunal de police. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.

146 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 4.4 Récidivistes et réitérants En 2019, 178 condamnés pour crime et 70 000 condamnés pour délit sont en état de récidive légale. De plus, 130 000 autres condamnés pour délit sont en état de réitération. De manière générale, 40 % des personnes condamnées en 2019 sont en état de récidive ou de réitération. Cette part est de 8 % pour les condamnés pour crime et de 40 % pour ceux condamnés pour un délit (14 % au titre de la récidive légale, 26 % au titre de la réitération)    figure 1. Depuis 2005, la proportion de récidivistes augmente aussi bien en matière délictuelle (+ 8 points) que criminelle (+ 5 points).
En revanche, la proportion de condamnés en état de réitération est stable. En matière de délit, la proportion de réitérants et de récidivistes est plus élevée parmi les condamnés pour outrages et actes de rébellion (54 % contre 40 % en moyenne), port d’arme (49 %) et infractions à la législation sur les stupéfiants (49 %)    figure 2. En revanche, elle est inférieure parmi les condamnés pour délit sexuel (19 %). Récidive légale et réitération ne relèvent pas forcément des mêmes délits. Ainsi, la récidive légale concerne davantage les condamnés pour vol et recel (22 % contre 14 % en moyenne) et la conduite en état alcoolique (17 %). La part des réitérants et récidivistes est d’autant plus élevée que la peine prononcée est lourde et contraignante : 18 % chez les condamnés à une dispense de peine et 80 % chez les condamnés à une peine d’emprisonnement ferme. La réponse de la justice est souvent graduelle : classement sans suite, rappel à la loi, composition pénale, travail d’intérêt général, etc. ; l’emprisonnement ferme s’applique donc soit à des infractions particulièrement graves, soit à des personnes ayant déjà un passé pénal. En matière criminelle, 8 % des condamnés en 2019 sont en état de récidive légale    figure 3. Ce taux est plus élevé pour les condamnés pour vols, recels ou destructions criminels (17 %) et plus faible pour les condamnés pour homicide volontaire (7 %) et pour viol (5 %). De même, la proportion des récidivistes est plus élevée parmi les condamnés les plus lourdement sanctionnés (12 % parmi les condamnés à une peine de réclusion, 4 % pour ceux sanctionnés par une peine d’emprisonnement avec sursis partiel). Les taux de récidive et de réitération varient selon le profil des personnes condamnées pour crime ou délit. Quatre condamnés sur dix en état de récidive et quatre condamnés sur dix en réitération ont entre 20 et 29 ans contre trois sur dix parmi les condamnés sans antécédent (ou dont les antécédents n’entrent pas dans la définition de la récidive légale ou de la réitération). La proportion des condamnés sans antécédent parmi l’ensemble des condamnés s’élève avec l’âge : de 58 % pour les 20-39 ans, elle passe à 67 % pour les 40‑59 ans et à 79 % pour les 60 ans ou plus. La proportion de femmes est moins élevée parmi les récidivistes et les réitérants (6 % contre 15 % parmi les condamnés sans antécédent). De même, les condamnés étrangers sont proportionnellement moins nombreux parmi les récidivistes et réitérants (respectivement 12 % et 13 % contre 16 % parmi les condamnés sans antécédent).  Pour en savoir plus « Mesurer et comprendre les déterminants de la récidives des sortants de prison », Infostast Justice
n° 183, ministère de la Justice, juillet 2021.  Définitions Crime, délit, récidive légale, réitération, taux de récidive, taux de réitération : voir Glossaire.

147 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 4.4 – Récidivistes et réitérants  1. Taux de récidive et de réitération, depuis 2005 Récidivistes ‑ crimes Récidivistes ‑ délits Réitérants ‑ délits 0 5 10 15 20 25 30 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2019 2018 en % Lecture : en 2019, 8,1 % des condamnés pour crime sont en état de récidive légale. Champ : France, condamnés pour crimes et délits. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichiers statistiques du Casier judiciaire national des personnes physiques.  2. Récidive et réitération des condamnés pour délit selon la nature du délit et de la peine, en 2019 en %   Récidive Réitération Ensemble Ensemble des délits 14.1 26.2 40.3 dont : vols, recels 22.4 25.6 48.0 conduites en état alcoolique 16.8 14.4 31.2 violences volontaires 15.4 24.4 39.8 infractions aux stupéfiants 14.8 34.1 48.9 outrages, rébellions 9.1 44.4 53.5 destructions, dégradations 6.3 33.6 39.9 délits sexuels 6.8 11.7 18.5 ports d’arme 5.1 43.4 48.5 Ensemble des peines 14.1 26.2 40.3 Emprisonnements fermes 43.1 36.8 79.9 Emprisonnements avec sursis partiel 40.8 25.9 66.7 Emprisonnements avec sursis total 15.2 22.0 37.2 Amendes 1.6 26.1 27.7 Mesures de substitution 10.6 26.8 37.4 Mesures et sanctions éducatives 0.2 11.6 11.8 Dispenses de peine 3.4 14.4 17.8 Lecture : en 2019, 39,9 % des personnes condamnées pour destructions et dégradations sont en état de récidive légale (6,3 %) ou de réitération (33,6 %). Champ : France, condamnés pour délit en 2018. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.  3. Récidive des condamnés pour crime selon la nature du crime et de la peine, en 2019 0 4 8 12 16 20 Homicide volontaire Viol Vol, recel, destruction Réclusion criminelle Emprisonnement ferme Emprisonnement avec sursis partiel Nature du crime Nature de la peine Ensemble des condamnés pour crime en % Lecture : en 2019, 7,2 % des personnes condamnées pour homicides volontaires sont en état de récidive légale. Champ : France, condamnés pour crime en 2018. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.