129 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 3.2 – Victimation et sentiment d’insécurité selon l’âge 1. Victimes enregistrées par les services de sécurité selon l’âge, en 2019 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0 40 80 120 160 200 240 280 320 360 0‑4 5‑9 10‑14 15‑19 20‑24 25‑29 30‑34 35‑39 40‑44 45‑49 50‑54 55‑59 60‑64 65‑69 70‑74 75‑79 80 ou plus en % en milliers Victimes enregistrées par les services de sécurité Part des victimes pour 100 habitants (échelle de droite) Lecture : en 2019, 312 500 victimes de 25 à 29 ans ont été enregistrées par les services de sécurité, soit un taux de 8,4 pour 100 habitants âgés de 25 à 29 ans. Champ : France, personnes physiques victimes, hors infractions routières. Sources : SSMSI, base des victimes de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019 ; Insee, estimations de population 2019. 2. Victimes enregistrées par les services de sécurité selon la nature du crime ou délit subi et l’âge, en 2019 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Moins de 10 ans 10‑14 ans 15‑19 ans 20‑29 ans 30‑39 ans 40‑49 ans 50‑59 ans 60‑69 ans 70 ans ou plus en % Autres délits Escroqueries et autres atteintes économiques et financières Destructions et dégradations Autres vols et tentatives de vol (y c. sans violence sur personne) Vols ou tentatives de vol liés aux véhicules Cambriolages ou tentatives de cambriolage Vols ou tentatives de vol avec violence Autres atteintes à la personne1 Atteintes sexuelles Atteintes physiques 1 Y compris atteintes à la famille. Note : catégories construites à partir des 107 index utilisés dans l’« État 4001 » sources. Lecture : en 2019, 7,3 % des victimes de 15 à 19 ans enregistrées par les services de sécurité ont porté plainte pour un vol avec violence. Champ : France, personnes physiques victimes, hors infractions routières. Source : SSMSI, base des victimes de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019. 3. Taux de victimation et taux de plainte des victimes selon l’âge, sur la période 2016-2018 0 5 10 15 20 25 15‑19 ans 20‑29 ans 30‑39 ans 40‑49 ans 50‑59 ans 60‑69 ans 70 ans ou plus en % Taux de victimation1 Taux de plainte 1 Violences physiques, vols avec ou sans violence, menaces et injures. Lecture : en moyenne annuelle, entre 2016 et 2018, 21 % des 15-19 ans ont déclaré avoir subi une victimation, 8 % de ces victimes ont porté plainte. Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 15 ans ou plus vivant en ménage ordinaire. Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité 2017 à 2019, traitement SSMSI.
130 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 3.3 Victimation et sentiment d’insécurité selon la nationalité Sur la période 2017‑2018, selon l’enquête Cadre de vie et sécurité (CVS), les personnes étrangères et françaises âgées de 14 ans ou plus résidant en France déclarent dans des proportions assez similaires avoir subi des menaces et injures (un peu plus de 10 %), des atteintes sans violence telles qu’une arnaque ou un vol (moins de 6 %) ou des violences physiques y compris à l’occasion d’un vol (moins de 2 %). En revanche, étrangers et Français se différencient au regard des atteintes discriminatoires, plus souvent subies par les personnes étrangères (7 % contre 5 % pour les françaises). Les motifs de discrimination sont assez différents. 67 % des étrangers victimes de discrimination l’ont été en raison de leurs origines et 32 % de leur couleur de peau figure 1. Ces motifs ne sont avancés, respectivement, que par 20 % et 16 % des Français victimes de discrimination, ces derniers évoquant plus fréquemment un traitement défavorable en raison de leur sexe (32 %). Cependant, en restreignant l’analyse aux personnes de 18 à 75 ans et aux violences à caractère sexuel au sein ou en dehors du ménage, les personnes étrangères représentent 16 % des victimes (contre 7 % de la population française). Face à ces atteintes, qu’elles soient françaises ou étrangères, les victimes de 14 ans ou plus déposent plainte, en moyenne, 1 fois sur 10. Les taux de plainte sont très liés au type d’atteinte subie. Quelle que soit leur nationalité, les victimes de discrimination ne portent presque jamais plainte (moins de 1 %). En 2019, les forces de sécurité ont enregistré 2,9 millions de victimes de crimes et délits, dont 323 000 sont étrangères. Ces dernières représentent 11 % des victimes (contre 7 % dans la population), une surreprésentation qui s’explique, en partie, par les plaintes de ressortissants étrangers ne résidant pas en France, par exemple des touristes. Ceci se traduit en partie sur la nature des atteintes : les victimes étrangères ont davantage porté plainte pour atteinte aux biens (66 % contre 59 % pour les victimes françaises), notamment pour vol sans violence (36 % contre 23 %) figure 2. S’agissant des atteintes physiques à la personne, les personnes étrangères et françaises ont déposé plainte dans les mêmes proportions (respectivement 13 % et 12 %). Nonobstant des taux de victimation similaires, les étrangers résidant en France se sentent davantage en insécurité dans leur quartier ou village que les Français (17 % contre 11 %) figure 3. Ce sentiment d’insécurité est plus élevé chez les personnes ayant déjà subi une atteinte personnelle l’année précédente, qu’il s’agisse de violences physiques, d’un vol avec ou sans violence, d’une arnaque, de menaces, d’injures ou d’un comportement discriminatoire. L’écart est plus marqué chez les étrangers (+ 16 points) que chez les Français (+ 9 points). Cette insécurité plus prégnante chez les personnes étrangères peut s’expliquer en partie par les caractéristiques des quartiers où ils résident. Globalement, les personnes étrangères ont une opinion beaucoup plus négative sur leur lieu de résidence : elles sont proportionnellement plus nombreuses à trouver que leur quartier est concerné par des problèmes de bruit (33 % contre 25 % chez les Français), de pollution (37 % contre 32 %) ou que l’environnement est dégradé (28 % contre 20 %). De même, elles déclarent davantage que leur quartier est concerné par des problèmes de délinquance (30 % contre 23 %) ou qu’il souffre d’une mauvaise réputation (23 % contre 13 %). Cependant, au‑delà de l’opinion sur le quartier ou village, les personnes étrangères déclarent plus souvent avoir observé des trafics dans leur quartier ou village au cours des douze derniers mois. Ainsi, 24 % des personnes étrangères ont observé des phénomènes de consommation ou de trafic de drogues (contre 18 % chez les personnes françaises), 26 % des phénomènes de consommation exagérée d’alcool (contre 21 %), 5 % des phénomènes de prostitution (contre 3 %) et 4 % des phénomènes de trafic de voiture, deux‑roues, matériel informatique, etc. (contre 2 %). Définitions Victimation, personne étrangère, taux de victimation : voir Glossaire.
131
Insee Références – Édition 2021 – Fiche 3.3 – Victimation et sentiment d’insécurité selon la nationalité
1. Nature des discriminations subies selon la nationalité, sur la période 2017-2018
0
10
20
30
40
50
60
70
Autres
Orientation ou identité sexuelle
Opinions politiques ou syndicales
Handicap, état de santé
Quartier ou lieu de résidence
Grossesse
Âge
Sexe
Religion (ou religion supposée)
Couleur de peau
Origines (ou origines supposées)
en %
Français
Étrangers
Note : une victime peut faire l’objet de plusieurs discriminations.
Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 14 ans ou plus victimes de discriminations vivant en ménage ordinaire,
incident le plus récent.
Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité 2018 et 2019, traitement SSMSI.
2. Victimes enregistrées par les services de sécurité selon le crime ou délit subi
et la nationalité, en 2019
en %
Étrangers1
Français
Atteintes à la personne
21
26
dont atteintes physiques
13
12
dont infractions à caractère sexuel
1
2
Atteintes aux biens
66
59
Vols ou tentatives de vol avec violence
5
3
Cambriolages ou tentatives de cambriolage
6
11
Vols ou tentatives de vol liés au véhicule
12
14
Autres vols et tentatives de vol
37
24
dont vols sans violence sur personne
36
23
Destructions et dégradations de biens
6
7
Escroqueries et autres atteintes économiques et financières
8
11
Autres délits
5
4
Ensemble
100
100
Note : catégories construites à partir des 107 index utilisés dans l’« État 4001 »
sources.
1 Y compris victimes étrangères ne résidant pas en France.
Champ : France, personnes physiques victimes, hors infractions routières.
Source : SSMSI, base des victimes de crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019.
3. Sentiment d’insécurité, opinion et expériences vécues dans le quartier
selon la nationalité, sur la période 2018-2019
Étrangers
(en %)
Français
(en %)
Écart
(en points)
Sentiment d’insécurité dans le quartier ou le village
Ensemble des 14 ans ou plus
16,5
11,4
5,1
14 ans ou plus ayant subi une atteinte personnelle1
32,7
20,3
12,4
Opinion sur le quartier ou le village
Problèmes liés au bruit
32,8
24,8
8,0
Problèmes liés à la pollution (air, sols, eau, etc.)
37,3
32,1
5,2
Environnement dégradé (mal entretenu, manque de propreté)
27,6
19,7
7,9
Problèmes de délinquance
29,6
22,6
7,0
Mauvaise image ou mauvaise réputation
22,9
13,2
9,7
Phénomènes observés souvent ou de temps en temps dans le quartier ou village2
Consommation ou trafic de drogues
24,3
17,8
6,5
Consommation exagérée d’alcool
25,6
21,2
4,4
Prostitution
5,0
2,6
2,4
Autres (trafics de voiture, de pièces de voiture, deux-roues, matériels électroniques, chèques volés…)
3,5
2,4
1,1
1 Violences physiques, vols avec ou sans violence, arnaques, injures, menages et comportements discriminatoires subis au cours
de l’année précédente.
2 Phénomènes observés souvent ou de temps en temps au cours des 12 derniers mois.
Champ : France métropolitaine, personnes âgées de 14 ans ou plus vivant en ménage ordinaire.
Sources : Insee-ONDRP-SSMSI, enquêtes Cadre de vie et sécurité 2018 et 2019, traitement SSMSI.
132
Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021
3.4 Personnes en situation de handicap, victimes de la délinquance
Selon les enquêtes Cadre de vie et sécurité 2011
à 2018, les personnes handicapées âgées de 18
à 64 ans et vivant en ménage ordinaire déclarent
plus souvent que le reste de la population avoir
été victimes de violences physiques, sexuelles et
verbales au cours des deux années précédant
leur interrogation : 7,3 % ont subi des violences
physiques ou sexuelles, autant ont été exposées
à des menaces et 15,3 % à des injures, contre
respectivement 5,1 %, 5,8 % et 14,1 % parmi les
personnes n’étant pas handicapées . Toutes
choses égales par ailleurs, c’est‑à‑dire à sexe, âge,
situation d’emploi, composition du ménage, taille
d’agglomération, type d’habitat et de quartier
comparables, le fait d’être handicapé accroît de
façon significative la probabilité d’avoir subi des
violences physiques ou sexuelles (+ 3,0 points),
des menaces (+ 3,3 points) et d’avoir été
exposé à des injures (+ 4,2 points). Les écarts
entre les personnes handicapées et le reste
de la population sont plus accentués parmi les
femmes que parmi les hommes
figure 1.
Les atteintes subies par les personnes
handicapées hors ménage, c’est‑à‑dire à
l’exclusion des violences physiques ou sexuelles
commises par une personne vivant sous le
même toit que la victime, se produisent plus
souvent sur leur lieu de vie. Dans 38 % des cas,
les faits se sont déroulés dans leur quartier ou
leur village de résidence, contre 30 % dans le
reste de la population
figure 2. Les victimes
handicapées sont deux fois plus nombreuses à
avoir été agressées dans leur propre logement
(17 % contre 8 % pour les personnes non
handicapées) ou dans les parties communes de
leur immeuble (8 % contre 4 %).
Les victimes handicapées connaissent
plus souvent leur agresseur de vue ou
personnellement, excepté celles ayant subi
des violences sexuelles en dehors du ménage
figure 3. C’est le cas de 68 % parmi celles
ayant été exposées à des menaces (contre 53 %
parmi les personnes non handicapées), 61 % à
des violences physiques (contre 48 %) et 47 % à
des injures (contre 37 %). Les vols, avec ou sans
violence, sont plus rarement commis par un
auteur connu.
Après avoir subi une atteinte (dans ou hors
ménage), une victime handicapée sur quatre
s’est déplacée à la police ou à la gendarmerie
(une victime sur cinq parmi le reste de la
population)
figure 4. Parmi elles, 17 % ont
déposé plainte et 9 % y ont renoncé ou ont
déposé une main courante. Les taux de plainte
varient fortement en fonction des atteintes
subies. Plus d’une victime sur trois de vol sans
violence ou de violences physiques hors du
ménage a déposé plainte après son agression.
C’est le cas de 18 % des victimes de vol avec
violence, 17 % des victimes de violences sexuelles
hors ménage, 15 % des victimes de menaces et
4 % de celles d’injures.
Qu’elles aient ou non été victimes, 17 % des
personnes handicapées se sentent de temps en
temps ou souvent en insécurité dans leur village
ou leur quartier et 16 % renoncent parfois ou
souvent à sortir seules de chez elles pour des
raisons de sécurité, soit davantage que le reste
de la population (respectivement 11 % et 9 %).
À l’intérieur du domicile, les personnes en situation
de handicap se sentent aussi plus en insécurité,
14 % contre 9 % pour le reste de la population.
Le sentiment d’insécurité dans le quartier ou
au domicile augmente nettement quand les
personnes ont subi une atteinte, surtout chez les
personnes en situation de handicap.
Définitions
Les personnes handicapées sont les personnes
déclarées, par elle‑même ou un tiers (la personne de
référence du ménage) en situation de handicap ou ayant
simplement quelques gênes ou difficultés dans la vie
quotidienne.
Les atteintes hors du ménage correspondent aux
atteintes commises par une personne n’habitant
pas avec la victime au moment de l’enquête. Elles
comprennent les violences physiques, sexuelles
et verbales (menaces et injures) et les vols avec ou
sans violence.
Pour en savoir plus
« Les personnes handicapées sont plus souvent victimes
de violences physiques, sexuelles et verbales », Interstats
Analyses n° 29, SSMSI, juillet 2020.