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101 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 1.3 – Traitement des affaires par les juridictions pénales  1. Affaires nouvelles reçues aux parquets, en 2019 en % Nombre Répartition Taux d’affaires transmises par la police et la gendarmerie Taux d’affaires sans auteur présumé Répartition des affaires sans auteur présumé Répartition des affaires avec au moins un auteur présumé Affaires enregistrées 3 085 012 100,0 88,0 38,3 100,0 100,0 Atteintes aux biens 1 283 235 41,6 92,6 65,7 71,4 23,1 Atteintes à la personne 786 769 25,5 84,7 24,5 16,3 31,2 Infractions à la circulation ou à la réglementation sur les transports 509 027 16,5 93,4 16,6 7,2 22,3 Atteintes à l’autorité de l’État 195 648 6,3 83,0 11,5 1,9 9,1 Infractions à la législation sur les stupéfiants 153 937 5,0 94,8 1,7 0,2 7,9 Atteintes économiques, financières et sociales 104 308 3,4 52,1 24,9 2,2 4,1 Atteintes à l’environnement 52 088 1,7 46,1 17,1 0,8 2,3 Affaires non enregistrées 1 376 397 30,9 /// /// /// /// Ensemble des affaires 4 461 409 /// /// /// /// /// /// : absence de résultats due à la nature des choses. Lecture : en 2019, 30,9 % des affaires reçues par les parquets n’ont pas été enregistrées. Parmi les affaires enregistrées, 88,0 % ont été transmises par les services de police ou de gendarmerie, 38,3 % n’ont pas d’auteur identifié à ce stade et 41,6 % concernent une atteinte aux biens. Champ : France, affaires nouvelles devant les parquets. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.  2. Orientation des auteurs dans les affaires poursuivables selon la nature d’affaire, en 2019 0 20 40 60 80 100 en % Poursuite Composition pénale réussie Mesure alternative réussie Inopportunité des poursuites Ensemble Atteintes à l'environnement Atteintes économiques, financières et sociales Infractions à la législation sur les stupéfiants Atteintes à l'autorité de l'État Circulation et transports Atteintes aux biens Atteintes à la personne Lecture : en 2019, 40 % des auteurs d’atteinte à la personne poursuivables ont fait l’objet d’une mesure alternative réussie. Champ : France, auteurs poursuivables dans les affaires traitées par les parquets. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique Cassiopée.  3. Peines et mesures prononcées, en 2019 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Ensemble Atteintes à l'environnement Atteintes économique et financière Infractions à la législation sur les stupéfiants Atteintes à l'autorité de l'État Circulation et transports Atteintes aux biens Atteintes à la personne en % Réclusion et emprisonnement avec partie ferme Amende Mesure et sanction éducatives Emprisonnement avec sursis total Mesure de substitution et contrainte pénale Dispense de peine Lecture : en 2019, 33,7 % des auteurs condamnés pour atteinte à la personne ont été condamnés, à titre principal, à une peine de réclusion ou d’emprisonnement en tout ou partie ferme. Champ : France, condamnations prononcées à titre principal, hors tribunal de police. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.

102 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 1.4 Prise en charge des auteurs d’infractions Les personnes soumises à des décisions pénales restrictives ou privatives de liberté sont prises en charge par l’administration pénitentiaire lorsqu’elles sont majeures ou, pour les personnes mineures, par la protection judiciaire de la jeunesse, à l’exception des mineurs écroués dans des établissements pénitentiaires. Au 1 er janvier 2020, 244 270 personnes sont suivies par l’administration pénitentiaire, 81 602 au titre d’un placement sous écrou,
le plus souvent en milieu fermé, et 162 668 dans le cadre d’une mesure en milieu ouvert.
figure 2. 26 % des personnes sous écrou sont prévenues, c’est‑à‑dire incarcérées, en attente d’un jugement définitif, les autres étant déjà condamnées à une peine privative de liberté
figure 1. Pour autant, ces condamnés ne sont pas nécessairement détenus. En effet, 1 sur 5 exécute sa peine à l’extérieur d’un établissement pénitentiaire, à la faveur d’un placement sous surveillance électronique (95 % des condamnés non détenus) ou d’un placement extérieur sans hébergement (5 %). Par ailleurs, près d’un condamné détenu en établissement pénitentiaire sur 20 bénéficie d’un aménagement de peine (placement en semi‑liberté ou placement extérieur avec hébergement). Au 1 er janvier 2020, 69 569 personnes sont détenues pour 60 051 places disponibles, soit une densité carcérale moyenne de 115,8. Plus de la moitié des 60 700 personnes écrouées condamnées exécutent une peine d’une durée totale inférieure à deux ans, un quart une peine de plus de cinq ans
figure 3. Les personnes exécutant une peine de réclusion criminelle à perpétuité représentent moins de 1 % des condamnés écroués. Près de 4 personnes condamnées sur 10 sont écrouées pour une atteinte à la personne, notamment pour des violences volontaires, 3 sur 10 pour des atteintes aux biens et 2 sur 10 pour une atteinte à la législation sur les substances illicites, le plus souvent des stupéfiants
figure 4. En milieu ouvert, l’administration pénitentiaire suit et contrôle les personnes majeures soumises à des mesures et obligations restrictives de liberté, qui sont prises en charge le plus souvent au titre d’une mesure post‑sentencielle (96 %)
figure 5. Les mesures post‑sentencielles les plus fréquentes sont le sursis avec mise à l’épreuve (67 %) ainsi que le travail d’intérêt général (TIG) et le sursis‑TIG (19 % au total). Sur décision judiciaire, un mineur délinquant peut être placé dans un établissement de placement éducatif ou un centre éducatif fermé et/ou être soumis à une mesure en milieu ouvert. Ces décisions sont mises en œuvre par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) qui dispose pour cela de 1 200 structures. Cependant, lorsque le mineur fait l’objet d’un placement en détention provisoire ou d’une condamnation à une peine d’emprisonnement ferme, il est alors incarcéré dans un établissement pénitentiaire tout en bénéficiant du suivi socio‑éducatif de la PJJ. Au 1 er janvier 2020, parmi les personnes écrouées, 819 sont mineures. 99 % d’entre elles sont détenues dans un établissement ou quartier d’établissement réservé aux mineurs. Plus de 8 mineurs détenus sur 10 sont en détention provisoire. Ce taux très élevé s’explique par le délai entre la commission des faits et le jugement : les mineurs ont souvent atteint leur majorité au moment de leur condamnation, et sont alors comptabilisés, en prison, parmi les majeurs. Dans le même temps, au 1 er janvier 2020, la PJJ suit 38 700 mineurs au titre de l’enfance délinquante. 2 600 sont suivis dans le cadre d’une mesure d’investigation et 2 200 dans le cadre d’une mesure de placement en structure visant à les soustraire à leur milieu habituel. La très grande majorité des mineurs délinquants suivis par la PJJ sont soumis à au moins une mesure de milieu ouvert telle qu’un contrôle judiciaire (28 %), une liberté surveillée préjudicielle (26 %) ou une mesure de réparation (25 %).  Définitions Placement sous écrou, mesure post‑sentencielle,
sursis avec mise à l’épreuve, travail d’intérêt général, sursis‑TIG, mesure d’investigation, contrôle judiciaire, liberté surveillée préjudicielle, mesure de réparation : voir Glossaire.  Pour en savoir plus Références Statistiques Justice, Partie 9 pour l’administration pénitentiaire et partie 12 pour les mineurs délinquants pris en charge par la DPJJ, Année 2019, ministère de la Justice, SDES, janvier 2021. 103 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 1.4 – Prise en charge des auteurs d’infractions  1. Personnes placées sous écrou par l’administration pénitentiaire au 1er janvier 2020 ... non détenues 15 % ... détenues 59 % avec aménagement 3 % Personnes prévenues 26 % Personnes condamnées ... 74 % sans aménagement 56 % Note : y compris les 819 mineurs écroués. Champ : France, personnes écrouées. Source : ministère de la Justice, Direction de l’administration pénitentiaire.  2. Prise en charge des auteurs d’infraction par la justice au 1er janvier 2020 244 270 Administration pénitentiaire Majeurs et mineurs écroués Majeurs suivis en milieu ouvert Personnes écrouées 38 7301 Projection judiciaire de la jeunesse (PJJ) Mineurs délinquants Mineurs sous mesure d’investigation Mineurs suivis en milieu ouvert Mineurs placés 2 635 37 118 2 241 162 668 819 mineurs 81 602 dont

1 Les mineurs pouvant être suivis dans plusieurs mesures, les lignes ne s’additionnent pas.
Hors mineurs écroués. Le suivi éducatif de ces mineurs est effectué par la PJJ. Champ : France, personnes placées sous main de justice. Source : ministère de la Justice, Direction de l’administration pénitentiaire ; ministère de la Justice, SDSE.  3. Personnes condamnées au 1er janvier 2020 selon la durée de la peine Perpétuité 20 à 30 ans 10 à 20 ans 5 à 10 ans 2 à 5 ans 1 an à 2 ans 6 mois à 1 an Moins de 6 mois 0 5 10 15 20 25 en % Note : durée de la peine, toutes affaires confondues. Un même condamné peut exécuter successivement plusieurs peines d’enprisonnement dont les durées sont ici additionnées. Champ : France, personnes écrouées condamnées. Source : ministère de la Justice, Direction de l’administration pénitentiaire.  4. Personnes condamnées au
1er janvier 2020 selon la nature de l’infraction principale en % Atteintes à la personne 39 Homicides et atteintes volontaires ayant entraîné la mort 8 Viols et agressions sexuelles 10 Violences contre les personnes 16 Autres atteintes à la personne 5 Atteintes aux biens 27 Vols (criminels, aggravés ou simples) 20 Autres atteintes aux biens1 8 Atteintes à la législation sur les substances illicites2 19 Atteintes à l’autorité de l’État 5 Infractions à la circulation routière (hors homicides
et blessures involontaires) 9 Autres infractions 1 1 Y compris escroqueries, destructions et dégradations. 2 Principalement les stupéfiants. Champ : France, personnes écrouées condamnées. Source : ministère de la Justice, Direction de l’administration pénitentiaire.  5. Personnes et mesures suivies
en milieu ouvert par l’administration pénitentiaire au 1er janvier 2020 Nombre Répartition (en %) Personnes suivies en milieu ouvert 162 668 /// Mesures suivies en milieu ouvert 181 141 100,0 Alternatives aux poursuites 1 786 1,0 Mesures pré-sentencielles 5 023 2,8 Mesures post-sentencielles 174 253 96,2 Sursis avec mise à l’épreuve 121 927 67,3 Libération conditionnelle 4 632 2,6 TIG et sursis-TIG 35 198 19,4 Interdiction de séjour 1 611 0,9 Suivi socio-judiciaire 7 111 3,9 Contrainte pénale 1 885 1,0 Autres mesures post-sentencielles 1 889 1,0 Autres mesures suivies en milieu ouvert 79 0,0 /// : absence de résultat due à la nature des choses. Champ : France, personnes et mesures suivies en milieu ouvert par l’administration pénitentiaire. Source : ministère de la Justice, Direction de l’administration pénitentiaire.

104 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 1.5 Recours aux associations d’aide aux victimes En 2019, près de 300 000 personnes ont fait appel à une association d’aide aux victimes (AAV) après avoir subi une atteinte. Le recours à une association est peu répandu au regard des 2 millions de victimes personnes physiques dont l’affaire est passée devant la justice en 2019, mais surtout au regard des plus de 7 millions de personnes de 14 ans ou plus déclarant avoir subi au cours de l’année 2018 au moins un vol avec violence (166 000), des violences physiques (710 000), un vol sans violence (970 000), ou bien encore des menaces (1,8 million) ou injures (4,9 millions), qu’elles aient ou non déposé plainte. Parmi les victimes qui ont eu recours à l’aide d’une association, 46 % l’ont connue par les services de police ou de gendarmerie, 21 % sur les conseils de leur entourage et 19 % sur ceux du personnel d’un tribunal    figure 1. Seules 1 % des victimes ont eu connaissance de l’AAV par le 116 006, numéro dédié aux victimes d’infractions. Ce service téléphonique est d’ailleurs assez peu connu des victimes accompagnées par les AAV (11 % le connaissent). Par ailleurs, 14 % des victimes ont été directement contactées par l’association. Les victimes ayant sollicité l’appui d’une association sont majoritairement des femmes (71 %) alors qu’elles représentent 45 % des personnes victimes recensées dans les affaires traitées par les parquets. Les trois quarts des victimes ayant sollicité une association déclarent avoir subi principalement une atteinte à la personne    figure 2. Il s’agit alors plus souvent d’un préjudice physique ou moral (77 %) que d’un harcèlement (34 %) ou d’une agression sexuelle (18 %). Le quart restant déclare avoir subi principalement une atteinte aux biens ; il s’agit alors une fois sur deux d’un vol. Les hommes comme les femmes déclarent majoritairement avoir subi une atteinte à la personne (respectivement 66 % et 82 %). Cependant, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à déclarer une agression à caractère sexuel (22 % contre 6 % pour les hommes) ou un harcèlement (41 % contre 15 %), tandis que les hommes se disent davantage victimes d’accident de la route (17 % contre 10 % pour les femmes). L’aide apportée par les associations est diverse : 49 % des victimes ont bénéficié d’un appui juridique (démarches pour se constituer partie civile, pour déposer plainte, pour demander des dommages et intérêts), 45 % d’un accompagnement psychologique et 25 % d’un soutien administratif ou social, tel qu’une orientation vers une structure d’hébergement. Toutefois, 17 % des victimes considèrent n’avoir reçu aucune aide. De manière générale, les bénéficiaires estiment que l’aide qui leur a été la plus utile est le soutien juridique (39 %), suivi de l’accompagnement psychologique (35 %) et administratif ou social (16 %)    figure 3. Cette hiérarchie varie selon l’atteinte subie : pour les victimes d’atteinte aux biens, l’aide considérée la plus utile est l’accompagnement juridique (54 %), tandis que les victimes d’atteinte à la personne mettent en avant l’accompagnement psychologique (42 %). Si les hommes considèrent l’aide juridique comme l’apport qui leur a été le plus utile (45 %), les femmes sont plus sensibles à l’accompagnement psychologique (40 %), en lien notamment avec la nature des atteintes qu’ils ou elles ont subies.  Définition Les associations d’aide aux victimes, conventionnées et subventionnées par le ministère de la Justice, accueillent les victimes d’infractions pénales, les informent sur leurs droits, leur proposent une aide psychologique, les accompagnent et les assistent tout au long de la procédure judiciaire et les orientent si nécessaire vers des services spécialisés.  Pour en savoir plus « Les victimes d’infractions pénales usagères des associations d’aide aux victimes en 2019 », Infostat Justice n° 177, ministère de la Justice, août 2020.