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90 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 De même, l’agressivité entre élèves est moins fréquemment ressentie par les lycéens que par les collégiens (21,9 % contre 28,4 %). Cependant, 16,0 % des lycéens de LEGT constatent de l’agressivité entre les élèves contre 33,7 % des lycéens de LP. Les lycéens sont proportionnellement quasi aussi nombreux que les collégiens à considérer qu’il existe de l’agressivité dans les relations entre élèves et enseignants (13,8 % contre 12,7 %). Cette opinion est cependant plus fréquente parmi les lycéens de LP (22,8 % contre 10,7 % en LEGT). Par ailleurs, les lycéens se sentent plus en sécurité au sein ou aux abords de leur établissement que les collégiens. À l’intérieur des établissements scolaires, le sentiment d’insécurité concerne 8,8 % des lycéens contre 10,7 % des collégiens. Néanmoins, il touche proportionnellement plus de lycéens de LP (13,6 %) que de LEGT (6,1 %). En revanche, pour les enseignants, le sentiment d’insécurité à l’intérieur du lycée tout comme à ses abords, est plus prégnant qu’au collège (respectivement 8,6 %, 12,0 % et 6,9 %, 9,1 %). Comme pour les élèves, les taux sont plus élevés dans les LP (11,9 % à l’intérieur et 14,4 % aux abords) et plus faibles dans les LEGT (5,6 % et 8,3 %). B. Sentiment d’insécurité dans les lycées publics en %   Lycée d’enseignement général et technologique Lycée professionnel Lycée polyvalent Ensemble Enseignants         Plutôt beaucoup ou beaucoup de violence dans l’établissement 34,8 65,2 52,4 50,5 Sentiment d’insécurité1 aux abords du lycée 8,3 14,4 13,4 12,0 Sentiment d’insécurité1 à l’intérieur du lycée 5,6 11,9 8,5 8,6 Appréhension avant d’aller au travail 21,6 29,3 25,3 25,3 Élèves         Plutôt beaucoup ou beaucoup de violence au sein du lycée 6,9 20,9 13,5 12,0 Plutôt beaucoup ou beaucoup d’agressivité entre les élèves 16,0 33,7 23,2 21,9 Plutôt beaucoup ou beaucoup d’agressivité dans les relations entre les élèves et les professeurs 10,7 22,8 13,1 13,8 Ne pas venir au lycée par peur de la violence 3,8 8,1 4,6 4,9 Sentiment d’insécurité1 aux abords du lycée 23,5 29,8 24,7 25,0 Sentiment d’insécurité1 à l’intérieur du lycée 6,1 13,6 9,6 8,8 1 Il s’agit des individus qui déclarent se sentir pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité. Lecture : au cours de l’année scolaire 2017-2018, 12,0 % des lycéens déclarent qu’il y a plutôt beaucoup ou beaucoup de violence au sein de leur lycée. Champ : France, élèves et enseignants des lycées publics. Source : DEPP-MENJS, Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des lycéens de 2018 ; Enquête nationale de climat scolaire auprès des personnels du second degré de l’Éducation nationale de 2019. Auteurs : Hélène Fréchou (Depp) Boubou Traore (Depp)

91Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Au collège, dans un climat scolaire globalement serein… Sources La direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports conduit depuis 2011 des enquêtes de climat scolaire et de victimation auprès des élèves (collégiens et lycéens). Elle a interrogé pour la première fois au printemps 2019 des personnels (dont des enseignants) de l’Éducation nationale exerçant en collège ou en lycée. Les enquêtes visent à mesurer la manière dont les élèves et les personnels perçoivent le climat scolaire au sein de leur établissement, à caractériser les éventuelles atteintes subies depuis le début de l’année scolaire, que celles‑ci aient fait ou non l’objet d’un signalement au sein de l’établissement ou auprès des autorités policières ou judiciaires. Seules les atteintes ayant eu lieu dans le cadre scolaire sont identifiées. Il s’agit par définition des atteintes ayant eu lieu dans l’établissement scolaire, aux abords de celui‑ci et lors de tout événement en rapport avec la vie scolaire, en particulier lors du trajet domicile‑école. L’objectif est alors de savoir quelles sont les formes d’atteintes que subissent les élèves et les personnels dans le cadre ainsi élargi du temps scolaire. Ces enquêtes de climat scolaire et de victimation complètent le dispositif Sivis (Système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire) de la Depp qui recueille les atteintes les plus graves dans auprès d’un échantillon d’établissements du second degré publics et privés sous contrat. Les enquêtes nationales de climat scolaire et de victimation de la Depp auprès des collégiens en 2017, des lycéens en 2018 et des personnels du second degré en 2019 ont été réalisées auprès d’échantillons représentatifs du secteur public et privé sous contrat en France. Dans cette étude, le champ est restreint aux élèves et aux enseignants de collèges et lycées du secteur public. Définitions Dans un souci de lisibilité du texte, les modalités des réponses aux enquêtes ont été regroupées. Ainsi, les modalités « plutôt bien » et « tout à fait bien » sont regroupées, de même que « plutôt juste » et « très juste » ; « bonnes » et « très bonnes ». Le sentiment d’insécurité pour un enseignant ou un élève correspond au fait de déclarer se sentir « pas très en sécurité » ou « pas du tout en sécurité » à l’intérieur ou aux abords de l’établissement scolaire. Il ne prend pas en compte les dimensions d’insécurité au travail comme celles liées à des pressions psychologiques. Les atteintes subies regroupent les atteintes aux biens, vols ou actes de destruction, dégradation, ou des atteintes aux personnes, violences physiques ou sexuelles, menaces et injures. Le harcèlement est approché grâce à un indice de multivictimation calculé pour les collégiens. Neuf faits de violence d’ordre psychologique et physique sont retenus, en prenant en compte leur fréquence et leur gravité. Pour la violence psychologique, cinq faits de violences sont retenus (avoir reçu un surnom désagréable souvent ou plutôt souvent, avoir été moqué pour sa bonne conduite souvent ou plutôt souvent, avoir été victime d’ostracisme souvent ou plutôt souvent, avoir été insulté au moins trois fois et avoir été humilié), et quatre faits sont retenus pour la violence physique (avoir été bousculé au moins deux fois, frappé au moins deux fois, la cible de lancers d’objets au moins deux fois, avoir participé à une bagarre collective). Un élève est dans une situation assimilée à du harcèlement dès qu’il a déclaré cinq situations violentes ou plus parmi les neuf. Avec trois ou quatre violences déclarées, l’élève sera en situation de multivictimation modérée et faible avec une ou deux violences déclarées. La politique d’éducation prioritaire (EP) se fonde sur des réseaux composés d’un collège et des écoles du secteur accueillant le même public. Les établissements en EP sont situés dans des quartiers rencontrant des difficultés sociales. À la rentrée 2020, 20,7 % des collèges publics et 21,5 % des collégiens du secteur public sont en EP. Les enseignants exerçant en EP disposent de conditions particulières d’exercice permettant notamment de développer et faciliter le travail collectif et la formation continue. Les collégiens bénéficient de conditions d’apprentissage visant à réduire les écarts de réussite entre les élèves scolarisés en éducation prioritaire et ceux qui ne le sont pas, comme le programme « devoirs faits » par exemple. Un collège est de « petite taille » lorsque le nombre d’élèves scolarisés est inférieur au 1 er quartile de taille. Ce seuil correspond à la taille des établissements en dessous duquel se situent 25 % des collèges avec les effectifs les plus faibles. Symétriquement, un collège est de « très grande taille » lorsque le nombre d’élèves scolarisés est au‑dessus du niveau des 25 % des collèges de taille supérieure (3 e quartile). Les collèges de « moyenne taille » ont un nombre d’élèves compris entre le 1 er quartile et la médiane (2 e quartile). Lorsque le nombre de collégiens est compris entre la médiane et le 3e quartile de taille, le collège est de « grande taille ». À titre d’illustration, les collèges de petite taille en 2019 ont moins de 321 élèves et ceux de très grande taille, plus de 678 élèves. L’indice de position sociale (IPS) est calculé sur les professions et catégories sociales (PCS) des deux représentants de l’élève. L’IPS est une variable quantitative qui synthétise plusieurs dimensions (sociale, économique, scolaire) à partir de la PCS. Il a pour objectif de décrire les inégalités sociales à l’école et d’étudier les relations entre la performance scolaire et l’origine sociale. Il est calculé pour chaque établissement scolaire comme la moyenne des IPS croisés des élèves. Cet indice prendra une valeur d’autant plus élevée que les PCS sont considérées comme favorables à la réussite scolaire de l’élève [Rocher, 2016]. Un collège est qualifié de socialement « très défavorisé » lorsque la valeur de la moyenne des indices de position sociale (IPS) croisés des élèves se trouve en dessous du 1 er quartile d’IPS, soit le niveau d’IPS au‑dessous duquel se situent les 25 % de collèges d’IPS les plus faibles. Un collège est qualifié de « très favorisé » lorsque la valeur de la moyenne des IPS croisés des élèves qui y sont scolarisés est élevée (supérieure au 3 e quartile). Les seuils retenus pour la catégorie « défavorisé » sont le 1er quartile et la médiane d’IPS et pour « favorisé » la médiane et le 3 e quartile. 92 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 Pour en savoir plus • Catheline N., Le harcèlement scolaire, PUF, « Que sais‑je ? », 2015. • Debarbieux É., Anton N., Astor R.A., Benbenishty R., Bisson‑Vaivre C., Cohen, J., Giordan A., Hugonnier B., Neulat N., Ortega Ruiz R., Saltet J., Veltcheff C., Vrand R., « Le « climat scolaire » : définition, effets et conditions d’amélioration », Rapport au Comité scientifique de la Direction de l’enseignement scolaire, ministère de l’Éducation nationale. MEN‑DGESCO/Observatoire International de la Violence à l’École, 2012. • Debarbieux É., « L’école face à la violence, Décrire, expliquer, agir », édition Armand Colin, 2016. • Évrard L., « Résultats de la première enquête nationale de victimation au sein des collèges publics au printemps 2011 », Note d’information n° 11.14, MENJVA‑DEPP, octobre 2011. • Hubert T., « Résultats de l’enquête de climat scolaire et victimation auprès des lycéens pour l’année scolaire 2017‑2018 », Note d’information n° 18.33, MENJ‑DEPP, décembre 2018. • Hubert T., « 94 % des collégiens déclarent se sentir bien dans leur collège », Note d’information n° 17.30, MEN‑DEPP, décembre 2017. • Fréchou H., Hubert T., Touahir M., « Résultats de la première enquête de climat scolaire auprès des personnels du second degré de l’Éducation nationale », Note d’information n° 19.53 MENJ‑DEPP, 2019. • Traore B., « Chapitre 8. Le climat scolaire auprès des personnels du second degré de l’Éducation nationale », in Bilan social national du ministère de l’Éducation nationale, Enseignement scolaire (2018‑2019), 2020. • Éduscol, Le harcèlement entre élèves, mai 2021. • Rocher T., « Construction d’un indice de position sociale », Éducation & formations, 90, p. 5‑27, DEPP‑MENESR, 2016.

Fiches

Fiches Parcours d'une infraction :
de la commission des faits au traitement pénal 96 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 1.1 Victimation et déclaration des faits aux services de sécurité Au cours de l’année 2018, 15 % des ménages déclarent avoir été victimes d’une escroquerie bancaire (4 %), d’un vol ou
d’une dégradation ayant visé leur résidence principale (respectivement 3 % et 2 %) ou leur voiture (respectivement 3 % et 4 %)    figure 1. Dans le même temps, 10 % des personnes âgées de 18 à 75 ans indiquent avoir été injuriées, 4 % menacées, 2 % volées, 2 % victimes de violences physiques ou sexuelles perpétrées en dehors du ménage et 1 % au sein du ménage    figure 2. Tous actes confondus, 20 % des victimes se sont déplacées auprès des services de police ou de gendarmerie. Cette part dépend de la gravité de l’acte ou de l’importance du préjudice, à l’exception notable des atteintes sensibles (violences sexuelles, violences commises au sein du ménage) moins souvent reportées (17 % des situations)    figure 3. Les victimes d’atteintes aux biens se déplacent plus souvent lorsque les conséquences, en particulier financières, sont élevées ou lorsque la plainte est nécessaire pour être indemnisé par l’assurance (73 % après un cambriolage abouti et 96 % après un vol de voiture abouti). Pour les atteintes personnelles, plus de 40 % des victimes se déplacent après un vol, 35 % après des violences physiques en dehors du ménage. Elles se déplacent davantage lorsque l’agresseur a usé d’une arme ou lorsque l’atteinte a donné lieu à une incapacité totale de travailler (ITT).
À l’inverse, les victimes se déplacent moins souvent après des menaces (20 %) ou des injures (4 %). Une fois rendues dans les services de sécurité, 73 % des victimes déposent formellement plainte, mais 19 % font une déclaration de type main courante, signalement qui ne permet pas d’engager de poursuites contre l’auteur, ni de le convoquer. 9 % se rétractent et renoncent à faire tout signalement. Lorsque les actes ont des conséquences matérielles lourdes (cambriolage, vol de voiture aboutis) ou des séquelles physiques importantes (notamment, les atteintes suivies d’une ITT), plus de neuf victimes sur dix portent plainte. Lorsqu’il s’agit de vandalisme ou de vol sans effraction sur le logement, d’escroquerie, de menaces ou d’injures, les victimes signalent davantage les faits par une main courante ou se désistent une fois sur place. Moins de 2 victimes d’atteintes sensibles sur 10 se rendent en commissariat ou en gendarmerie. Une fois sur place 81 % des victimes de violences sexuelles perpétrées en dehors du ménage portent plainte. Celles qui ont subi des violences dans le ménage le font moins souvent (67 %), elles déclarent davantage les faits par une main courante (24 %), ou se rétractent (9 % des cas, 18 % lorsque les faits se sont produits une seule fois). Les taux de plainte varient énormément selon la nature de l’acte subi et seule une part limitée de la délinquance est donc enregistrée par les services de sécurité. La principale raison invoquée par les victimes qui ne se déplacent pas dans les services de police ou de gendarmerie est la faible gravité des faits subis (42 %) puis l’inutilité présumée de la démarche (32 %). Les victimes de violences sensibles avancent plusieurs motifs : 75 % préfèrent trouver une autre solution, 67 % considèrent que cela ne servirait à rien, 55 % estiment que ce n’était pas grave (cette part atteignant 79 % pour les victimes d’une violence unique au sein du ménage).  Définitions Ménage, plainte, incapacité totale de travailler (ITT), main courante : voir Glossaire.  Pour en savoir plus « Faire un signalement auprès des forces de sécurité : une démarche que n’effectuent pas toutes les victimes », Interstats Analyse n° 17, SSMSI, juillet 2017.