84 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021
Un collégien sur quatre est victime de cyber‑violence
24,8 % des collégiens du public déclarent avoir été victimes d’au moins une cyber‑violence depuis
le début de l’année scolaire figure 4 parmi l’usurpation d’identité ou la diffusion d’images
humiliantes (films, photos), de rumeurs, de surnom désagréable, d’humiliation et de différentes
formes d’insultes (sur l’origine, la couleur de la peau, la religion, la tenue vestimentaire, l’apparence
physique ou le lieu d’habitation). En outre, 7,1 % des collégiens du public déclarent avoir subi au
moins trois faits de violence par internet ou SMS, ce qui s’apparente à du cyber‑harcèlement. Les
filles et les élèves de 3
e sont un peu plus fréquemment victimes de cyber‑violence (+ 2,8 points et
+ 3,1 points respectivement) et de cyber‑harcèlement (+ 2,1 points et + 1,5 point respectivement) que
les garçons et les élèves de 6
e.
3. Sentiment d’insécurité dans les collèges en %
Femmes Hommes Collèges hors
éducation
prioritaire
Collèges en
éducation
prioritaire
Ensemble
Enseignants
Plutôt beaucoup ou beaucoup de violence dans l’établissement 65,0 59,3 57,6 80,4 62,8
Sentiment d’insécurité1 aux abords du collège 9,0 9,4 5,9 20,1 9,1
Sentiment d’insécurité1 à l’intérieur du collège 7,0 6,7 5,4 11,9 6,9
Appréhension avant d’aller au travail 25,0 25,0 24,2 27,5 25,0
Collégiens
Plutôt beaucoup ou beaucoup de violence au sein du collège 22,5 27,2 22,2 34,8 24,9
Plutôt beaucoup ou beaucoup d’agressivité entre les élèves 28,6 28,3 26,7 35,0 28,4
Plutôt beaucoup ou beaucoup d’agressivité dans les
relations entre les élèves et les professeurs 12,2 13,2 11,4 17,7 12,7
Sentiment d’insécurité1 aux abords du collège 27,3 23,4 24,1 30,0 25,3
Sentiment d’insécurité1 à l’intérieur du collège 10,2 11,2 10,1 13,1 10,7
Ne pas venir au collège par peur de la violence 7,0 5,2 5,9 7,0 6,1
1 Il s’agit des individus qui déclarent se sentir pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité.
Lecture : au cours de l’année scolaire 2018‑2019, 57,6 % des enseignants des collèges publics hors éducation prioritaire considèrent
qu’il y a beaucoup ou plutôt beaucoup de violence au sein de leur établissement ; en 2016‑2017, c’est le cas de 22,2 % des élèves
des collèges publics hors éducation prioritaire.
Champ : France, élèves et enseignants des collèges publics.
Source : DEPP‑MENJS, Enquête nationale de climat scolaire auprès des personnels du second degré de l’Éducation nationale de
2019 ; Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des collégiens de 2017.
4. Collégiens ayant connu une cyber‑violence depuis le début de l’année scolaire
en %
Une cyber-violence
ou plus
dont au moins une usurpation
d’identité ou diffusion d’images
humiliantes (films, photos)
ou de rumeurs
Trois cyber-violences ou plus
(cyber-harcèlement)
Filles 26,2 18,1 8,1
Garçons 23,4 16,9 6,0
En éducation prioritaire 29,6 20,9 9,0
Hors éducation prioritaire 24,5 17,3 6,9
6e 22,6 15,6 5,9
5e 24,8 17,6 6,8
4e 26,3 18,3 8,2
3e 25,7 18,6 7,4
Ensemble des collégiens 24,8 17,5 7,1
Note : les cyber‑violences comprennent ici les violences par internet ou par téléphone (SMS, etc.) : usurpation d’identité ou diffusion
d’images humiliantes (films, photos) ou de rumeurs, un surnom désagréable, une humiliation, une insulte sur l’origine ou la couleur
de la peau, sur la religion, sur la tenue vestimentaire, sur l’apparence physique ou sur le lieu d’habitation. Au total, cela recoupe
douze types de violences.
Lecture : au cours de l’année scolaire 2016‑2017, 24,8 % des collégiens déclarent avoir subi au moins une cyber‑violence depuis
le début de l’année scolaire, dont 17,5 % déclarent au moins une usurpation d’identité ou diffusion d’images humiliantes (films,
photos) ou de rumeurs.
Champ : France, élèves des collèges publics.
Source : DEPP‑MENJS, Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des collégiens de 2017.
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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Au collège, dans un climat scolaire globalement serein…
5. Sentiment d’insécurité des collégiens dans certains lieux spécifiques de l’établissement
Filles
Garçons
Collèges hors éducation prioritaire
Collèges en éducation prioritaire
Ensemble
Couloirs ou escaliers
Toilettes
Vestiaires
Cour de récréation
Salle de cours
en %
0
5
10
15
20
25
Note : il s’agit des individus qui déclarent se sentir pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité.
Lecture : 17,9 % des collégiennes déclarent se sentir pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité dans les couloirs ou les escaliers.
Champ : France, élèves des collèges publics.
Source : DEPP-MENJS, Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des collégiens de 2017.
Du côté des enseignants en collège public, ce type de violence est moins fréquent avec 2,0 % qui
déclarent avoir été victimes d’au moins une cyber‑violence dans l’année scolaire 2018‑2019. Les
cyber‑violences subies par les enseignants regroupent les violences sexuelles, des menaces et des
moqueries ou insultes sur internet (réseaux sociaux, etc.) ou par messages téléphoniques.
Enseignants et collégiens se sentent plus en insécurité aux abords du collège que dans son enceinte.
9,1 % des enseignants et 25,3 % des collégiens se sentent en insécurité aux abords de l’établissement,
contre respectivement 6,9 % et 10,7 % à l’intérieur du collège. En particulier, les collégiennes sont
un peu plus nombreuses à se sentir en insécurité aux abords du collège (27,3 % contre 23,4 % pour
leurs homologues masculins). Au sein du collège, la proportion de garçons et de filles se sentant en
insécurité est proche. Pour les enseignants, ce sentiment d’insécurité est de même ampleur tant pour
les hommes que pour les femmes (9,4 % et 9,0 % respectivement aux abords du collège et 6,7 % et
7,0 % à l’intérieur).
En outre, pour les collégiens, le sentiment d’insécurité à l’intérieur de l’établissement varie selon le
lieu
figure 5. En effet, peu d’élèves se sentent en insécurité dans les salles de cours (4,1 %), mais
davantage dans des lieux où les adultes sont moins présents : dans les couloirs ou les escaliers (17,0 %),
les toilettes (16,1 %) ou les vestiaires (13,3 %). Enfin, les garçons se sentent plus vulnérables que les filles
dans les toilettes : 20,8 % d’entre eux s’y sentent en insécurité contre 11,3 % des collégiennes.
Un sentiment d’insécurité plus marqué dans les collèges socialement défavorisés
et les très grands collèges
Le sentiment d’insécurité des élèves et enseignants dans l’enceinte, mais également aux abords
du collège, varie selon leurs caractéristiques personnelles et celles de leur établissement. Des
modélisations économétriques permettent d’isoler l’effet propre de chaque caractéristique sur le fait
de se sentir en insécurité dans le cadre scolaire
figure 6a et
figure 6b.
Le contexte social du collège a un impact sur le sentiment d’insécurité : le fait d’exercer dans un collège
socialement très défavorisé plutôt que dans un collège très favorisé augmente la probabilité pour les
86 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 6. Sentiment d’insécurité selon les profils et les établissements scolaires a. Collégiens Brut1 (en %) Modélisé (écart2 en points) Aux abords du collège À l’intérieur du collège Aux abords du collège À l’intérieur du collège Ensemble 25,3 10,7 Sexe Filles 27,3 10,2 3,6
0,3 ns Garçons 23,4 11,2 Réf.
Réf. Classe 6e 32,6 11,1 6,4
– 1,1 ns 5e 26,8 11,1 1,5 ns 0,0 ns 4e 22,8 10,6 – 1,9 ** 0,4 ns 3e 18,9 10,1 Réf. Réf. Indice de multivictimation3 Absence de victimation4 17,4 4,6 – 14,1
– 10,6
Faible victimation 28,5 12,2 Réf. Réf. Multivictimation modérée 40,3 23,2 5,4
7,3
Harcèlement 55,1 37,0 18,6
20,5
Lieu d’implantation du collège Éducation prioritaire 30,0 13,1 – 0,2 ns – 0,1 ns Rural hors éducation prioritaire 23,1 10,1 Réf. Réf. Urbain hors éducation prioritaire 24,6 10,1 0,5 ns 0,4 ns Indice de position sociale moyen du collège Très défavorisé 29,8 13,1 5,3
3,4
Défavorisé 30,0 12,0 5,5
1,9 ** Favorisé 26,0 11,3 0,2 ns 0,5 ns Très favorisé 17,7 7,5 Réf. Réf. Taille du collège Petite (25 % les plus petits) 22,5 9,9 Réf. Réf. Moyenne 24,3 9,8 – 1,2 ns – 1,4 ** Grande 24,8 11,5 1,5 ns 2,2
Très grande (25 % les plus grands) 27,3 11,0 5,2
1,7
ns : non significatif (supérieur à 5 %) ; ** le niveau de significativité du coefficient est compris entre 95 % et 99 % ; *** le niveau de
significativité du coefficient est supérieur à 99 %.
1 Il s’agit des individus qui déclarent se sentir pas très en sécurité ou pas du tout en sécurité.
2 Pour chaque modalité, le modèle illustre les différences de probabilité (effet marginal) de se sentir en insécurité par rapport à
la situation de référence. L’individu de référence est un collégien en classe de 3e ayant subi une faible multivictimation depuis le
début de l’année scolaire (indice de multivictimation). Il est dans un collège de petite taille, socialement très favorisé, implanté
dans le rural hors éducation prioritaire.
3 Neuf victimations sont prises en compte dans l'indice de multivictimation
définitions.
4 Aucune des victimations retenues dans l'indice de victimation.
Lecture : 27,3 % des collégiennes du public déclarent se sentir plutôt pas ou pas du tout en sécurité aux abords du collège. Dans le
modèle, pour les collégiennes, l’effet marginal (ou écart) de ce sentiment à l’individu de référence est de 3,6 points.
Champ : France, élèves des collèges publics.
Source : DEPP-MENJS, Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des collégiens de 2017.
enseignants de se sentir en insécurité aux abords de l’établissement de 7,2 points et à l’intérieur de
l’établissement, de 4,3 points. Cet écart est respectivement de + 5,3 et + 3,4 points pour les collégiens.
La taille de l’établissement joue également sur le sentiment de sécurité. Les enseignants et les élèves
dans les collèges de grande taille (de plus de 680 élèves en 2019) éprouvent plus fréquemment
de l’insécurité, et ceci de façon plus marquée aux abords du collège qu’à l’intérieur. Ainsi, pour un
enseignant, exercer dans un collège de grande taille plutôt que dans un petit collège (de moins de
320 élèves en 2019) augmente la probabilité de se sentir en insécurité aux abords de l’établissement
de 2,3 points de pourcentage. Dans l’enceinte du collège, cette probabilité augmente de 0,9 point. Pour
un collégien, l’écart est de + 5,2 points aux abords de l’établissement et de + 1,7 point à l’intérieur.
Les enseignants et les collégiens en EP déclarent plus souvent se sentir en insécurité dans le cadre
scolaire (sans contrôle des autres caractéristiques). L’écart est particulièrement important chez
les enseignants pour le sentiment d’insécurité aux abords du collège : 20,1 % en EP contre 9,1 %
pour l’ensemble des enseignants en collège public. Cependant, une fois prises en compte les autres
caractéristiques de l’établissement (taille, contexte social) et celles de l’enquêté, l’écart se réduit de
manière importante pour les enseignants (à + 1,6 point) et il n’est pas significatif pour les collégiens.