77 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Être victime à proximité ou loin de son domicile en 2019 9. Distance médiane entre le lieu de résidence de la victime et le lieu de commission du vol ou de l’agression (produit en dehors des zones touristiques et des gares) en 2019 a. Selon la taille de l’unité urbaine de commission de l’infraction 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Violences sexuelles en dehors du cadre familial Vols violents sans arme Coups et blessures volontaires en dehors du cadre familial Vols de véhicule Vols sans violence contre des personnes en kilomètres Unité urbaine de Paris De 200 000 à 2 000 000 habitants De 100 000 à 200 000 habitants De 50 000 à 100 000 habitants De 20 000 à 50 000 habitants De 10 000 à 20 000 habitants De 5 000 à 10 000 habitants De 2 000 à 5 000 habitants Hors unités urbaines b. Selon la taille de l’unité urbaine de résidence de la victime 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 Violences sexuelles en dehors du cadre familial Vols violents sans arme Coups et blessures volontaires en dehors du cadre familial Vols de véhicule Vols sans violence contre des personnes en kilomètres Unité urbaine de Paris De 200 000 à 2 000 000 habitants De 100 000 à 200 000 habitants De 50 000 à 100 000 habitants De 20 000 à 50 000 habitants De 10 000 à 20 000 habitants De 5 000 à 10 000 habitants De 2 000 à 5 000 habitants Hors unités urbaines Note : distance réelle en voiture (ou équivalent). Lecture : pour la moitié des vols violents sans arme enregistrés en 2019 commis dans une unité urbaine comptant entre 50 000 et 100 000 habitants (hors communes ou stations touristiques et hors proximité des gares), la victime est domiciliée à plus de 2,4 km du lieu du vol. Champ : France hors Mayotte, enregistrements de plaintes de 2019, infractions produites dans une commune ou station classée de tourisme ou à proximité d’une gare exclues. Sources : SSMSI, bases géolocalisées des victimes, crimes et délits enregistrés par la police et gendarmerie nationales 2019 ; données cartographiques OpenStreetMap, calculs des distances avec OSRM ; Insee, recensement de la population 2017, unités urbaines de 2020.
78 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 Définitions Les coups et blessures volontaires (sur personne de 15 ans ou plus) désignent les actes, à caractère criminel ou correctionnel, par lesquels une personne porte volontairement atteinte à l’intégrité physique d’une autre personne. Sont exclus les coups et blessures ayant entraîné la mort, ceux assénés contre des mineurs de moins de 15 ans, les violences dépositaires de l’autorité et les faits juridiquement considérés de l’ordre de la contravention. Les vols de véhicule regroupent les vols, ou les tentatives de vols, de voitures, de deux‑roues motorisés, de poids lourds et de remorques. Les vols violents sans arme désignent les vols et tentatives de vols pour lesquels l’auteur a eu recours à des violences physiques, des menaces, à la force ou à la combinaison de ces circonstances pour arracher de la victime l’objet volé (téléphone portable, bijou, sac à main etc.). Les vols sans violence contre des personnes regroupent les vols et les tentatives de vols, qui n’ont été assortis d’aucune violence et qui ne sont ni des cambriolages, ni des vols liés aux véhicules à moteur. Les violences sexuelles comptabilisent les victimes majeures comme les victimes mineures et regroupent les viols, les tentatives de viols et les agressions sexuelles y compris le harcèlement sexuel. Elles n’incluent pas les atteintes sexuelles comme l’exhibitionnisme. Si l’on ordonne une distribution de distances, les déciles (notés généralement D1 à D9) sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Les quartiles (Q1 à Q4) la partagent en quatre parties égales. La médiane (D5 ou Q2) partage la population en deux sous‑populations égales. Ainsi, le neuvième décile (D9) est le seuil en‑dessous duquel se situent 90 % des distances entre le lieu de résidence des victimes et le lieu de l’infraction. L’écart interquartile (respectivement interdécile) est la différence entre le troisième et le premier quartile (respectivement neuvième et premier décile). Cet indicateur permet notamment de juger la distribution des distances réelles entre les lieux de commission des crimes et délits et les lieux de résidence des victimes. Plus il est faible, plus le 1 er et le 3e quartile (respectivement 1er et 9e décile) sont proches et plus les distances sont homogènes entre elles (faible dispersion). A contrario, un grand écart interquartile (ou interdécile) est le signe d’une plus grande variété de valeurs dans la distribution des distances (grande dispersion). La notion d’unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d’habitants. Les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d’après la définition suivante : une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants. commis dans une commune hors unité urbaine et à plus de 4,1 km lorsqu’il a été commis en agglomération parisienne. En matière de vols de véhicule, la taille de l’unité urbaine a peu d’influence : ces atteintes se produisent essentiellement à proximité du domicile de la victime, à moins d’un kilomètre pour la moitié des cas et ce quelle que soit la taille de l’unité urbaine. En excluant les atteintes qui ont été subies soit à proximité des gares, soit dans les territoires touristiques, les victimes résidant dans des communes hors unités urbaines ou des petites unités urbaines subissent des atteintes nettement plus loin de leur domicile que les habitants des plus grandes unités urbaines. La distance médiane pour les vols sans violence (7,1 km chez les victimes résidant dans des communes hors unité urbaines), les coups et blessures volontaires (6,5 km), les vols violents sans arme (19,7 km) et les violences sexuelles (9,7 km) y est toujours nettement supérieure à celle observée parmi les victimes résidant dans les plus grandes unités (respectivement 2,9 km, 2,0 km, 2,6 km et 3,5 km pour les victimes résidant dans des unités urbaines de plus de 200 000 habitants, hors Paris). Pour les victimes résidant dans les unités urbaines de plus de 5 000 habitants, la distance médiane augmente légèrement lorsque la taille de la population augmente pour les vols sans violence et pour les coups et blessures volontaires. Cette relation s’inverse pour les vols violents sans arme et les violences sexuelles : plus la taille de l’unité urbaine de résidence augmente et plus le vol violent sans arme ou les violences sexuelles se déroulent à proximité de chez soi. Quant aux vols de voiture, ils ont lieu plus fréquemment à proximité du domicile, et ce quelle que soit la taille de l’unité urbaine de résidence de la victime. Auteur : Kévin Milin (SSMSI) 79 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Être victime à proximité ou loin de son domicile en 2019 Pour en savoir plus • Insee, Fiche 1.2 « Unités urbaines », in La France et ses territoires, coll. « Insee Références », édition 2021. • SSMSI, « Insécurité et délinquance en 2020 : bilan statistique », avril 2021. • SSMSI, « Insécurité et délinquance en 2019 : bilan statistique ; éclairage B : Les délais de déclaration des faits auprès des services de sécurité évoluent pour les violences sexuelles et les escroqueries », septembre 2020. • Direction Générale des Entreprises (DGE), « Guide méthodologique – Procédures relatives aux communes touristiques et aux stations classées de tourisme », août 2020. • SSMSI, « Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » 2019 », décembre 2019a. • SSMSI, « Le lissage spatial de la délinquance enregistrée et la représentation sous forme de carte de chaleur », Interstats Méthode n° 11, mai 2019b.
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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Au collège, dans un climat scolaire globalement serein…
Au collège, dans un climat scolaire globalement
serein, 25 % des élèves et 9 % des enseignants
se sentent en insécurité aux abords
de l’établissement mais beaucoup moins
dans l’enceinte
La très grande majorité des élèves et des enseignants se sentent bien dans leur collège
public. Ils perçoivent l’enceinte du collège comme plus protectrice que ses abords : 10,7 %
des élèves et 6,9 % des enseignants se sentent en insécurité dans l’enceinte du collège.
Aux abords du collège, c’est le cas de 25,3 % des collégiens et 9,1 % des enseignants. À
l’intérieur du collège, le sentiment d’insécurité est plus fort dans les lieux où les adultes
sont moins présents, notamment dans les couloirs et les toilettes. En outre, à l’intérieur
comme aux abords du collège, il est plus marqué dans les établissements socialement
défavorisés et les très grands collèges, tant pour les enseignants que pour les collégiens.
Les élèves de 6e, les filles et les enseignants en début de carrière se sentent plus souvent
en insécurité aux abords de l’établissement, mais pas à l’intérieur. Par ailleurs, les
collégiens (24,9 %), mais surtout les enseignants (62,8 %), ressentent de la violence dans
leur établissement. Au cours de l’année 2016‑2017, un collégien sur quatre a été victime de
cyber‑violence sur les réseaux sociaux et internet dans le cadre scolaire, et pour un tiers
d’entre eux, il s’agit de cyber‑harcèlement.
Avoir été victime de violence dans le cadre scolaire, tant psychique que physique ou
d’atteintes aux biens, joue assez logiquement sur le sentiment d’insécurité pour les
collégiens et pour leurs enseignants. Pour les élèves, le sentiment d’insécurité est d’autant
plus fort qu’ils ont subi un nombre élevé d’atteintes. Pour les enseignants, le harcèlement
et les agressions sexuelles, qui concernent 3 % des enseignants, sont les atteintes qui
amplifient le plus le sentiment d’insécurité. Par rapport au collège, le climat scolaire est
plus positif dans les lycées d’enseignement général et technologique, mais moins favorable
dans les lycées professionnels.
Faire en sorte que les élèves et les enseignants se sentent bien dans leur établissement scolaire est
un enjeu important des politiques éducatives. Un climat scolaire serein offre en effet des conditions
adaptées à l’enseignement et à l’apprentissage, et il est un facteur de meilleure performance scolaire
pour les élèves [Debarbieux et al., 2012].
Le climat scolaire recouvre en particulier la qualité des relations avec les pairs, entre les élèves et
les adultes, le sentiment d’appartenance à l’établissement, le sentiment de sécurité, la violence
ressentie ou subie, l’expérience scolaire pour les élèves et professionnelle pour les personnels de
l’établissement. Il renvoie ainsi à l’analyse du contexte d’apprentissage et de vie, et à la construction du
bien vivre et du bien‑être.
Cette étude se focalise sur le climat solaire et plus particulièrement le sentiment d’insécurité dans
les collèges publics à la fois du point de vue des élèves et des enseignants, avec un complément sur
les lycées.
Globalement, les élèves et les enseignants se sentent bien au collège
Élèves et enseignants portent un jugement positif sur le climat scolaire dans les collèges publics.
En 2016‑2017, plus de neuf collégiens sur dix disent se sentir bien dans leur établissement et dans
leur classe
figure 1. Leurs relations avec les adultes du collège sont bonnes : neuf collégiens sur
dix déclarent avoir de bonnes relations avec les enseignants. En outre, 83,3 % des collégiens jugent
bonne l’ambiance entre les élèves. Ces opinions positives sont plus répandues parmi les collégiens
scolarisés dans des établissements hors éducation prioritaire comparativement à ceux des collèges en
éducation prioritaire (EP).
82 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021
Les filles ont une opinion plus positive que les garçons sur l’apprentissage, leurs relations avec les
enseignants ou les sanctions.
C’est également le cas des élèves de 6e : 93,0 % des élèves de 6e pensent que l’on apprend bien dans
leur collège, contre 85,7 % parmi les élèves de 3e. Cependant les élèves de 6e se sentent un peu
moins bien dans leur classe et leur collège, et surtout trouvent l’ambiance moins bonne entre les
élèves : 76,0 % d’entre eux trouvent que l’ambiance entre les élèves est bonne, contre 87,8 % des
élèves de 3
e.
Comme pour les élèves, une grande majorité des enseignants exerçant en collège public se sent
bien dans son collège et également dans sa fonction au cours de l’année scolaire 2018‑2019
(respectivement 82,5 % et 81,2 %)
figure 2. Les relations qu’ils entretiennent avec les membres
de la communauté éducative sont, quant à elles, très largement positives. En particulier, 94,1 %
déclarent avoir, en règle générale, de bonnes relations avec les élèves et 90,2 % se sentent respectés
par ces derniers. Ils ont également, pour une très grande majorité d’entre eux, de bonnes relations
avec les autres enseignants et dans une moindre mesure avec le personnel de direction. Enfin,
84,9 % se sentent respectés par les parents d’élèves et cela de façon plus marquée lorsqu’ils exercent
en éducation prioritaire (88,5 %). Malgré tout, seuls 66,2 % sont satisfaits du climat scolaire dans
leur établissement et 50,5 % considèrent que les élèves apprennent bien dans l’établissement.
Ces proportions sont respectivement de 57,3 % et 29,7 % parmi les enseignants exerçant en EP.
Les enseignantes ont une opinion un peu plus positive que leurs homologues masculins sur leur
fonction, leurs relations avec les élèves ou le respect des élèves. Cette opinion positive sur la fonction
d’enseignant est un peu plus forte pour celles et ceux exerçant en EP comparativement à leurs
homologues exerçant hors EP.
- Opinion générale des collégiens sur le climat scolaire selon le sexe et le type de collège
Filles Garçons Collèges hors éducation prioritaire Collèges en éducation prioritaire Ensemble
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Se sentir plutôt bien ou tout à fait bien au collège
Se sentir plutôt bien ou tout à fait bien dans sa classe
On apprend plutôt ou tout à fait bien dans son collège
Plutôt bonne ou bonne ambiance entre les élèves
Les relations avec les professeurs sont en général
bonnes ou très bonnes
Les punitions et les sanctions données dans le collège
sont plutôt justes ou très justes
en %
Lecture : au cours de l’année scolaire 2016‑2017, 93,4 % des collégiennes déclarent se sentir plutôt bien ou tout à fait bien au
sein de leur collège.
Champ : France, élèves des collèges publics.
Source : DEPP‑MENJS, Enquête nationale de climat scolaire et de victimation auprès des collégiens de 2017.
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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Au collège, dans un climat scolaire globalement serein…
Les élèves perçoivent moins de violence que les enseignants
Les enseignants sont nombreux à déclarer qu’il y a de la violence dans leur collège. C’est le cas de 62,8 %
de l’ensemble des enseignants et 80,4 % de ceux qui exercent dans des collèges en EP
figure 3.
En outre, un quart des enseignants éprouve de l’appréhension avant de se rendre au travail. Parmi les collégiens, ce sentiment de violence en milieu scolaire est moins fréquent : 24,9 % d’entre eux déclarent qu’il y a de la violence dans leur établissement ; comme pour les enseignants, cela est beaucoup plus fréquent en EP (34,8 %). Les collégiens mettent plus en avant l’agressivité entre élèves, beaucoup plus prégnante que l’agressivité entre les élèves et les enseignants. 28,4 % des collégiens déclarent qu’il y a de l’agressivité entre les élèves, soit deux fois plus que ceux qui déclarent de l’agressivité entre les élèves et les enseignants (12,7 %). L’agressivité entre les élèves est plus présente pour les collégiens scolarisés en EP que pour les collégiens hors EP (35,0 % contre 26,7 %), tout comme l’agressivité entre élèves et professeurs (17,7 % contre 11,4 % hors EP). Pour quelques collégiens, ces problèmes de violence peuvent être la cause d’absentéisme. Ainsi, 6,1 % des collégiens déclarent ne pas s’être rendus au collège au moins une fois dans l’année car ils avaient peur de la violence, phénomène sans grande différence entre les collégiens en EP et les collégiens hors EP. 2. Opinion générale des enseignants sur le climat scolaire selon le sexe et le type de collège Se sentir plutôt bien ou tout à fait bien dans son établissement Se sentir plutôt bien ou tout à fait bien dans sa fonction Plutôt ou tout à fait satisfait du climat scolaire dans l'établissement Les élèves apprennent plutôt ou tout à fait bien dans l'établissement Les relations sont bonnes ou très bonnes avec les élèves Les relations sont bonnes ou très bonnes avec les enseignants Les relations sont bonnes ou très bonnes avec le personnel de direction Plutôt ou tout à fait respecté par les élèves Plutôt ou tout à fait respecté par les parents d'élèves Femmes Hommes Collèges hors éducation prioritaire Collèges en éducation prioritaire Ensemble 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % Lecture : au cours de l’année scolaire 2018-2019, 82,6 % des enseignants des collèges publics hors éducation prioritaire se sentent plutôt bien ou tout à fait bien dans leur établissement. Champ : France, enseignants des collèges publics. Source : DEPP-MENJS, Enquête nationale de climat scolaire auprès des personnels du second degré de l’Éducation nationale de 2019.