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57 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – L’activité judiciaire pénale de 2012 à 2019 Par ailleurs, 33 % sont des peines d’amende, 16 % des peines de substitution ou autres peines, les plus fréquemment prononcées étant l’interdiction ou la suspension du permis de conduire, ou encore le travail d’intérêt général (TIG). Depuis 2012, la part des peines d’emprisonnement en tout ou partie ferme progresse nettement, de 21 % à 24 %, tandis que les peines de sursis total baissent légèrement, de 28 % à 27 %. Ainsi, l’ensemble  7. Condamnations pour crimes et délits 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 Crimes 2 700 2 660 2 370 2 350 2 439 2 237 2 250 2 237 Viols 1 269 1 196 1 066 1 022 1 023 1 064 978 1 064 Homicides et violences volontaires 797 716 708 750 796 776 787 776 Vols criminels 606 710 563 552 611 363 443 363 Autres crimes 28 38 33 26 9 34 42 34 Délits 570 058 561 234 542 245 540 507 551 388 549 436 543 234 555 726 Circulation routière et transport 230 550 222 505 214 070 210 510 217 097 214 794 221 833 221 979 Atteintes aux biens 130 133 130 300 123 949 119 561 118 986 116 375 108 626 110 407 Vols, recels 97 038 99 289 95 089 91 416 90 360 88 142 81 520 81 262 Escroqueries, abus de confiance 17 471 16 244 14 844 14 973 15 420 15 448 14 659 15 401 Destructions, dégradations 15 624 14 767 14 016 13 172 13 206 12 785 12 447 13 744 Atteintes à la personne 96 512 94 111 90 438 91 916 92 051 93 510 90 899 97 241 Coups et violences volontaires 60 581 58 909 56 775 57 536 57 502 57 928 57 000 61 705 Homicides et blessures involontaires 9 203 8 598 7 963 7 925 7 782 8 370 7 889 8 092 Délits sexuels 8 986 8 421 7 694 7 915 7 797 7 998 7 781 8 255 Autres atteintes à la personne 17 742 18 183 18 006 18 540 18 970 19 214 18 229 19 189 Infractions à la législation sur les stupéfiants 52 600 56 285 59 242 63 079 66 226 67 336 66 611 66 876 Infractions à la législation économique et financière 15 307 14 660 13 639 13 942 13 492 13 124 11 758 12 102 Atteintes à l’ordre administratif et judiciaire
(dont outrage, rébellion) 24 729 23 865 22 505 22 243 23 124 23 795 23 661 26 027 Commerce et transport d’armes 6 371 6 489 6 124 7 042 7 987 7 652 7 691 8 435 Faux en écriture publique ou privée 4 887 4 783 4 636 4 632 4 501 4 273 3 823 3 831 Atteintes à l’environnement 2 829 2 895 2 718 2 615 2 241 2 394 2 208 2 078 Autres délits 6 140 5 341 4 924 4 967 5 683 6 183 6 124 6 750 Contraventions de 5e classe 37 086 34 459 32 971 30 889 2 469 2 894 2 927 4 705 Ensemble 609 844 598 353 577 586 573 746 556 296 554 567 548 411 562 668 Lecture : en 2012, 609 844 condamnations ont été prononcées. Champ : France. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.  8. Peines prononcées 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 en % Emprisonnement ferme ou sursis partiel Emprisonnement sursis total simple Amende Peine de substitution Autre peine Lecture : en 2019, 51 % des peines principales prononcées étaient des peines d’emprisonnement, dont 24 % avec sursis total simple. Champ : France. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques.

58 Sécurité et société – Insee Références – Édition 2021 des peines d’emprisonnement augmente légèrement, au détriment des peines d’amende. De plus, le quantum de ces peines d’emprisonnement augmente lui aussi : le quantum moyen ferme est passé de 7,8 à 8,8 mois. Ce durcissement des peines peut s’expliquer par la progression des atteintes à la personne. Les cours d’assises, qui jugent les crimes, ont prononcé 2 200 condamnations définitives en 2019. Il s’agit de peines de réclusion dans 48 % des cas (10 % pour les peines de 20 ans ou plus, 38 % pour celles de 10 à moins de 20 ans), de peines d’emprisonnement avec une partie ferme pour 44 % (29 % de 5 à 10 ans et 15 % de moins de 5 ans) et d’autres peines pour 8 %. Ces peines moins lourdes s’expliquent notamment par le fait que certaines personnes jugées par les cours d’assises ne sont poursuivies que pour des délits, ou poursuivies pour des crimes et des délits et condamnées seulement pour des délits. Depuis 2012, la proportion de peines de réclusion prononcées par les cours d’assises augmente régulièrement, passant de 39 % en 2012 à 48 % en 2019. Cette progression touche la réclusion quelle que soit la durée de la peine. Elle se fait au détriment des peines d’emprisonnement avec partie ferme, notamment celles de 5 à 10 ans, et, dans une moindre mesure, des autres peines. En 2019, 55 200 mineurs ont été condamnés, dont 260 par une cour d’assises. En 2019, 48 % des condamnations correspondent à des mesures éducatives (telle une admonestation), 4 % à une sanction éducative (telle une activité de réparation, nécessitant un suivi par un éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse) et 46 % à une peine. Il s’agit alors le plus souvent d’une peine d’emprisonnement (34 % des condamnations, dont 10 % avec une partie ferme), ou bien d’une amende (3 %) ou d’un travail d’intérêt général (TIG) ou à un sursis‑TIG, c’est‑à‑dire à un sursis assorti de l’obligation d’accomplir un TIG (7 %). Enfin, 2 % sont dispensés de mesure ou de peine    figure 9.  9. Peines et mesures principales prononcées à l’encontre de mineurs en % 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 (sd)  Peine 47,8 47,0 47,1 47,1 46,2 48,0 46,7 45,5 dont emprisonnement avec au moins une partie ferme 10,1 10,5 10,8 10,4 10,2 10,6 10,3 10,1 dont emprisonnement avec sursis total 24,8 23,7 23,8 23,8 24,0 25,3 24,7 23,8 dont amende 3,9 3,8 3,5 3,1 2,9 3,2 2,9 2,7 dont TIG et sursis-TIG 7,5 7,4 7,4 8,0 7,5 7,2 6,9 7,1 Sanction éducative 3,3 3,7 3,8 3,6 4,0 4,2 4,0 4,3 Mesure éducative 45,4 46,3 45,9 46,7 46,8 45,2 47,0 47,9 Dispense de mesure ou de peine 3,5 3,0 3,2 2,7 3,0 2,5 2,3 2,3 sd : semi-définitif. Lecture : en 2012, 3,3 % des peines et mesures principales prononcées à l’encontre d’un mineur étaient des sanctions éducatives. Champ : France. Source : ministère de la Justice, SDSE, fichier statistique du Casier judiciaire national des personnes physiques. Des taux de mise à exécution des peines stables Une peine d’emprisonnement au moins en partie ferme devient exécutoire, c’est‑à‑dire susceptible d’être mise à exécution, quand le tribunal ordonne son exécution immédiate (mandat de dépôt ou maintien en détention du condamné) ou après un délai qui dépend de la présence ou non du condamné au moment du prononcé du jugement. Une peine d’emprisonnement ferme est dite mise à exécution dans plusieurs cas : quand le condamné est incarcéré, quand la durée de détention provisoire effectuée avant le jugement couvre la durée de la peine ferme, ou encore si la peine est aménagée, soit ab initio par le tribunal, soit par le juge d’application des peines dans le cadre de l’article 723‑15 du Code de procédure pénale. Par exemple, la juridiction de jugement ou le juge de l’application des peines peut décider que la peine sera exécutée sous le régime de détention à domicile sous surveillance électronique. Le délai d’exécution des peines court à partir du moment où la peine est devenue exécutoire jusqu’à sa mise à exécution.

59 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – L’activité judiciaire pénale de 2012 à 2019 34 % des peines d’emprisonnement ferme prononcées en 1re instance par les tribunaux correctionnels et les juridictions pour mineurs et devenues exécutoires en 2019 ont été mises à exécution immédiatement. Ce taux augmente avec le délai de mise à exécution : 54 % des peines devenues exécutoires depuis 6 mois en 2019 étaient mises à exécution, contre 71 % à un an, 86 % à deux ans et 92 % à cinq ans. Ces taux de mise à exécution sont relativement stables entre 2013 et 2019. Le taux de peines mises à exécution immédiates en 2019 est de 43 % pour les jugements contradictoires, c’est‑à‑dire lorsque la personne condamnée est présente lors du jugement, contre 2 % dans le cas contraire. Le taux de peines en attente de mise à exécution diminue fortement avec la durée de la peine : au 31 décembre 2020, ces peines représentent 23 % de l’ensemble des peines de 6 mois ou moins devenues exécutoires entre 2016 et 2020. Ce taux est de 12 % pour les peines de plus de 6 mois à 2 ans, de 10 % pour les peines de plus de 2 ans. Une hausse tendancielle du nombre de détenus jusqu’en 2020 Au 1er janvier 2021, 61 700 personnes sont détenues en France    figure 10. 17 700 de ces détenus sont en détention provisoire, ils n’ont pas encore été jugés ou ils ont été condamnés mais ont fait appel de leur condamnation, 41 600 sont condamnés à une peine d’emprisonnement ferme et 2 400 sont à la fois condamnés et prévenus, dans des affaires différentes. Parmi les condamnés, 1 400 sont en semi‑liberté, ils sont hébergés en établissement pénitentiaire mais sont libres pendant la journée.  10. Population carcérale au 1er janvier   2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 Condamnés 47 787 49 444 49 774 48 994 47 756 48 169 48 264 48 782 48 697 41 553 dont en semi-liberté 1 838 1 763 1 746 1 659 1 579 1 610 1 592 1 717 2 039 1 430 Condamnés-prévenus nd nd nd nd nd nd nd nd 2 700 2 405 Prévenus 16 132 16 321 16 487 16 402 18 013 19 367 19 662 20 167 18 172 17 692 Ensemble 63 919 65 765 66 261 65 396 65 769 67 536 67 926 68 949 69 569 61 650 nd : non disponible. Lecture : au 1er janvier 2019, 68 949 personnes étaient détenues. Champ : France. Source : ministère de la Justice, DAP, statistiques de milieu fermé. Le nombre de personnes détenues a augmenté tendanciellement entre 2012 et 2020 (+ 9 % sur la période), puis a diminué de 11 % en 2020 en raison de la crise sanitaire liée à la Covid‑19. En effet, les condamnés, notamment en fin de peine, ont été nombreux à disposer de mesures exceptionnelles de libération liées à la situation sanitaire. Au contraire, pour les prévenus, les délais maximums de détention provisoire ont été allongés. Depuis 2012, la proportion de condamnés parmi les détenus a fortement chuté, passant de 75 % entre 2012 et 2015 à 71 % à partir de 2017, puis à 67 % en 2021. En contrepartie, la proportion de prévenus a augmenté sur la période, la baisse de 2019 n’étant due qu’à l’introduction de la catégorie des « condamnés‑prévenus », qui étaient auparavant majoritairement comptabilisés parmi les prévenus. La proportion de condamnés en semi‑liberté fluctue autour de 2,5 % sur toute la période, hormis en 2021 où cette proportion diminue à 2,3 %. La population carcérale est relativement jeune (22 % ont moins de 25 ans) et 21 % sont de nationalité étrangère. Les femmes ne représentent que 4 % des personnes écrouées. Un condamné sur huit (13 %) exécute une ou plusieurs peines dont la durée cumulée est inférieure ou égale à six mois. À l’inverse, un sur quatre exécute une ou plusieurs peines d’une durée cumulée de cinq ans ou plus. Auteur : Emilie Le Caignec (ministère de la Justice, SDSE)