96 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 2.1 Flux migratoires en France et dans les pays européens En 2019, 385 000 personnes sont entrées en France figure 1. Parmi elles, 90 000 sont nées en France, 23 000 sont nées Françaises à l’étranger et 272 000 sont immigrées. Parmi ces dernières, 90 000 sont originaires d’Europe, 112 000 d’Afrique, 41 000 d’Asie et 30 000 d’Amérique ou d’Océanie. La moitié des immigrés entrés en France en 2019 ont moins de 26 ans. Les immigrés originaires d’Europe du Sud ou d’Afrique hors Maghreb sont les plus jeunes ; à l’inverse, les immigrés du reste de l’Europe sont les plus âgés. Plus de la moitié (52 %) de ces personnes sont des femmes. Cette part est plus faible pour les personnes originaires d’Europe du Sud, de Turquie ou du Moyen‑Orient (47 %) et, au contraire, plus élevée pour celles venant d’Amérique ou d’Océanie (56 %). Par ailleurs, 43 % des immigrés âgés de 15 ans ou plus entrés sur le territoire français en 2019 sont diplômés du supérieur et 24 % n’ont aucun diplôme. Les immigrés originaires du Maghreb, d’Asie et d’Amérique ou d’Océanie entrés en France en 2019 sont légèrement plus fréquemment diplômés du supérieur que les autres immigrés, mais nettement moins que les personnes non immigrées (72 %). Le nombre d’immigrés entrant en France chaque année a augmenté de 25 % entre 2011 et 2019, avant de revenir en 2020 au niveau de 2011, dans un contexte de crise sanitaire qui a conduit à une restriction temporaire des entrées sur le territoire figure 2. En 2018, le solde migratoire global est de + 201 000 personnes. Celui des immigrés s’établit à + 222 000 personnes, en hausse de 40 % entre 2011 et 2018. Il provient essentiellement des mouvements des personnes de moins de 40 ans, dont le solde est de + 215 000 en 2018. Le solde migratoire des immigrés de plus de 50 ans est légèrement négatif (– 6 000 en 2018), en raison de faibles entrées plus que compensées par les sorties. Celui des personnes non immigrées est, quant à lui, de – 22 000 personnes, les sorties du territoire de ces personnes étant plus nombreuses que leurs entrées. Le nombre d’étrangers entrés chaque année est relativement plus faible pour la France que pour ses voisins de grande taille. Ainsi, en 2019, 254 000 étrangers sont entrés en France, 265 000 en Italie, 603 000 au Royaume‑Uni, 666 000 en Espagne et 727 000 en Allemagne figure 3. Dans ces pays, la crise sanitaire s’est traduite par une diminution des entrées d’étrangers de l’ordre de 20 % à 38 % entre 2019 et 2020. Les évolutions des flux migratoires diffèrent selon les pays européens. Entre 2011 et 2019, le nombre d’étrangers entrés sur le territoire a très fortement augmenté en Allemagne (+ 82 %) et en Espagne (+ 98 %), plus modérément au Royaume‑Uni (+ 24 %) et en France (+ 27 %), mais a diminué de 25 % en Italie. En Allemagne, il a particulièrement augmenté entre 2014 et 2016 dans le contexte de la guerre en Syrie. Dans les flux d’entrées, la part d’étrangers possédant une nationalité d’un pays n’appartenant pas à l’Union européenne à 28 est très différente selon les pays européens. Ainsi, elle est de 71 % pour les étrangers entrés en France en 2019, contre 78 % pour l’Italie, 77 % pour l’Espagne, 67 % pour le Royaume‑Uni et 52 % pour l’Allemagne. Par ailleurs, entre 2011 et 2019, cette part a augmenté pour la France et ses grands voisins (hausse de plus de 10 points pour l’Allemagne, le Royaume‑Uni, la France et l’Espagne, et de 6 points pour l’Italie), mais a diminué de 4 points au Danemark et en Autriche. Définitions Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l’année. Étrangers, immigrés : voir Glossaire. Pour en savoir plus • “Demography of Europe – 2022 interactive publication”, Eurostat, mai 2022. • « En 2017, 44 % de la hausse de la population provient des immigrés », Insee Première n° 1849, avril 2021.
97Insee Références – Édition 2023 – Fiche 2.1 – Flux migratoires en France et dans les pays européens
- Caractéristiques des personnes entrées en France en 2019
Origines Nombre
d’entrées
en 2019
Âge médian
(en années)
Part de femmes
(en %)
Part de
non-diplômés1 (en %) Part de diplômés
du supérieur1 (en %) Afrique 112 000 26 51 28 39 Maghreb 57 000 28 54 23 47 Autres pays d’Afrique 54 000 23 48 33 30 Asie 41 000 25 52 25 50 Turquie, Moyen-Orient 11 000 26 47 27 47 Autres pays d’Asie 30 000 25 53 24 52 Europe 90 000 28 50 20 43 Europe du Sud 28 000 23 47 23 39 Autres pays de l’UE27 31 000 31 51 16 44 Autres pays d’Europe 31 000 30 53 21 44 Amérique, Océanie 30 000 27 56 21 47 Ensemble des immigrés 272 000 26 52 24 43 Ensemble des non-immigrés 113 000 24 51 4 72 Ensemble 385 000 25 51 19 50 1 Le diplôme porte sur les personnes de 15 ans ou plus. Lecture : en 2019, 57 000 immigrés originaires du Maghreb sont entrés en France. Leur âge médian est de 28 ans. Champ : France. Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2020. - Entrées, sorties et flux migratoires des immigrés en France 0 50 100 150 200 250 300 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020p en milliers Entrées d'immigrés (1) Sorties d'immigrés (2) Solde migratoire des immigrés = (1) - (2) p : données provisoires pour les entrées en 2020. Lecture : en 2018, 273 000 immigrés sont entrés en France et 51 000 en sont sortis, soit un solde migratoire de + 222 000 immigrés. Champ : France hors Mayotte jusqu’en 2013 et y compris Mayotte à partir de 2014. Source : Insee, estimations de population, des flux d’entrées et de sorties.
- Entrées d’étrangers dans certains pays européens 0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000 1 400 000 1 600 000 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020p Allemagne Espagne Royaume-Uni Italie France Note : les chiffres pour l’année 2020 sont provisoires et ont fait l’objet d’une estimation pour l’Allemagne et la France. Lecture : en 2019, 666 000 étrangers sont entrés en Espagne. Champ : Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume‑Uni, population de nationalité étrangère entrée sur le territoire une année donnée. Source : Eurostat, extraction mars 2022. 98 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 2.2 Trajectoires migratoires des primodétenteurs d’un titre de séjour obtenu en 2018 Parmi les ressortissants des pays tiers détenant pour la première fois en 2018 un titre de séjour d’au moins un an (hors motif étudiant), seulement trois sur dix sont arrivés en France en 2017 ou en 2018 figure 1. Cette proportion est la plus forte pour ceux qui ont été admis en France pour rejoindre un membre de leur famille (cinq sur dix). À l’inverse, les personnes disposant d’un titre « liens personnels et familiaux » déclarent souvent (plus de quatre sur dix) être arrivées avant 2010 en France, soit plus de neuf ans avant d’obtenir leur premier titre de séjour. Près de 20 % des primodétenteurs ont vécu au moins un an dans un autre pays que leur pays d’origine avant d’arriver en France. C’est le cas notamment des personnes ayant un titre de séjour délivré pour motif humanitaire (25 %). Cette part est plus faible pour les personnes disposant d’un titre pour motif familial (17 %). 57 % des bénéficiaires d’un titre de séjour pour motif humanitaire indiquent avoir quitté leur pays principalement « pour échapper à l’insécurité, à une guerre ou des troubles politiques », contre 20 % pour l’ensemble des primodétenteurs figure 2. Cette raison est plus souvent citée par les hommes (26 %), surreprésentés dans cette catégorie. 18 % des primodétenteurs ont quitté leur pays d’origine pour accompagner ou rejoindre leur conjoint ; les personnes issues de la migration familiale (29 %) sont logiquement plus concernées. Les femmes, surreprésentées dans ce motif de migration, citent plus souvent cette raison que les hommes (respectivement 30 % et 7 %). Connaître des personnes en France a influencé 45 % des primodétenteurs dans leur choix de la France comme pays d’émigration. C’est particulièrement le cas des femmes (54 %) et des personnes admises au motif familial (56 %). Quel que soit le motif d’admission au séjour, le « goût pour la France, sa culture et ses valeurs » a souvent joué dans le choix de la France (entre 15 % et 33 %). Parler français semble aussi particulièrement décisif pour les migrations professionnelles ou familiales. En revanche, 22 % des bénéficiaires d’un titre de séjour pour motif humanitaire déclarent ne pas avoir eu le choix de leur pays d’accueil. En 2019, soit un an après l’obtention de leur premier titre de séjour, 77 % des primodétenteurs souhaitent rester définitivement en France figure 3. Ceux arrivés depuis plus de deux ans ou ceux admis en France pour motif humanitaire sont plus nombreux encore. Le souhait de devenir Français (85 %) traduit également ce désir de s’installer : plus de la moitié de ceux exprimant ce souhait déclarent que « leur vie est en France ». Ceux qui ne souhaitent pas vivre définitivement en France souhaitent plutôt pouvoir faire des allers‑retours avec leur pays d’origine (pour 7 %), y rentrer après quelques années (4 %), ou n’ont pas de projet précis (8 %). Définitions Les pays tiers sont les États hors de l’Union européenne, de l’Islande, de la Norvège, du Liechtenstein et de la Suisse. Les liens personnels et familiaux concernent les étrangers n’entrant dans aucune catégorie de l’immigration familiale, mais dont les liens privés et familiaux en France justifient la délivrance d’un titre de séjour. Un primodétenteur (ou primo‑arrivant) est une personne originaire d’un pays tiers disposant d’un premier titre de séjour d’au moins un an attribué en 2018 (hors motif étudiant). Pour en savoir plus • fiche 2.5. • « Les primo‑arrivants en 2019, un an après leur premier titre de séjour : premiers résultats de l’enquête Elipa 2 », Infos migrations n° 98, DSED, juin 2020. • « L’enquête longitudinale sur l’intégration des primo‑arrivants (personnes admises au séjour) ‑ Elipa 2 », Infos migrations n° 97, DSED, juin 2020.
99Insee Références – Édition 2023 – Fiche 2.2 – Trajectoires migratoires des primodétenteurs d’un titre de séjour obtenu en 2018
- Répartition des primodétenteurs d’un titre de séjour par sexe et année d’arrivée, selon le motif d’admission en 2018 en % Ensemble des primo‑ détenteurs Motif familial Famille de Français Membre de famille Liens personnels et familiaux Motif humanitaire Motif économique Motifs divers1 Sexe Femmes 46 57 51 71 46 37 21 48 Hommes 54 43 49 29 54 63 79 52 Année d’arrivée en France Avant 2010 18 18 8 12 44 6 14 57 Entre 2011 et 2013 31 32 27 29 42 16 45 26 Entre 2014 et 2016 20 14 21 8 10 53 6 10 Entre 2017 et 2018 32 36 44 51 4 25 35 7 1 Les motifs divers concernent essentiellement des étrangers entrés mineurs. Lecture : 54 % des primodétenteurs ayant obtenu leur premier titre de séjour sont des hommes. Champ : départements de l’Île‑de‑France hors Seine‑et‑Marne, départements des Bouches‑du‑Rhône, du Nord et du Rhône. Primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motif étudiant. Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019).
- Raisons du départ du pays de naissance et du choix de s’installer en France en %
Ensemble
des primo‑
détenteurs
Sexe Motif d’admission au séjour en 2018
Femmes Hommes Familial Humanitaire Économique Motifs
divers1
Raison principale du départ du pays de naissance
Pour échapper à l’insécurité, à une guerre
ou des troubles politiques 20 12 26 9 57 17 7
Pour accompagner ou rejoindre votre conjoint 18 30 7 29 3 2 4
Pour trouver un travail, améliorer votre
situation professionnelle 12 7 17 11 2 32 3
Pour changer de vie 10 8 13 12 4 13 7
Pour accompagner ou rejoindre d’autres
personnes de votre famille 10 12 7 12 5 3 22
Pour suivre vos parents 8 9 7 7 5 3 37
Pour faire des études ou suivre une formation 7 7 7 7 3 13 10
Autres raisons du départ du pays de naissance2 15 13 16 12 21 17 10
Raisons du choix de s’installer en France
Vous connaissez des personnes en France (y compris
votre conjoint ou tout autre membre de votre famille) 45 54 37 56 28 29 47
Par goût pour la France, sa culture et ses valeurs 28 23 32 28 28 33 15
Vous parliez le français 25 21 28 27 18 29 16
On peut y trouver du travail 20 16 24 20 11 34 14
Votre pays a des liens historiques avec la France 15 12 18 16 11 18 7
Pour le système de santé et de protection sociale 12 12 13 12 16 12 8
Beaucoup de personnes de votre pays choisissent
de venir en France 12 10 14 11 14 14 9 Par hasard, parce que c’est le destin 12 13 11 12 15 8 14 Pour la qualité de l’enseignement 12 12 11 12 8 14 18 Vous n’aviez pas d’autres choix / Vous êtes réfugié réinstallé 8 6 9 3 22 4 9 1 Les motifs divers concernent essentiellement des étrangers entrés mineurs. 2 Pour sauver votre vie, celle de votre famille (y compris pour éviter l’excision des jeunes filles), pour fuir la pauvreté, pour des raisons médicales, pour l’avenir de vos enfants, pour fuir la sécheresse, des inondations ou pour toute autre raison écologique, pour d’autres raisons. Note : il y a plusieurs réponses possibles pour les raisons du choix de s’installer en France. La somme des pourcentages ne fait donc pas 100. Lecture : 20 % des primodétenteurs déclarent qu’« échapper à l’insécurité, à une guerre ou des troubles politiques » est la principale raison du départ de leur pays de naissance. Champ : départements de l’Île‑de‑France hors Seine‑et‑Marne, départements des Bouches‑du‑Rhône, du Nord et du Rhône. Primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motif étudiant. Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019). - Projet des primodétenteurs
en %
Ensemble des primodétenteurs
Projet migratoire
Rester définitivement en France 77
Rester quelques années en France puis rentrer dans
votre pays d’origine 4 Rester quelques années en France puis aller dans un autre pays 2 Vivre entre la France et l’étranger et faire des allers et retours 7 Vous n’avez pas de projet ni d’idée précis 8 Autre projet 1 Ensemble 100 Souhait de devenir Français Vous souhaitez demander la nationalité française 85 Vous ne souhaitez pas demander la nationalité française 4 Vous n’êtes pas encore certain 6 Vous n’y avez pas encore réfléchi 5 Ensemble 100 Lecture : 77 % des primodétenteurs déclarent vouloir rester définitivement en France. Champ : départements de l’Île‑de‑ France hors Seine‑et‑Marne, départements des Bouches‑du‑ Rhône, du Nord et du Rhône.
Primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motif étudiant. Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019). 100 Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023 2.3 Parcours administratif des primodétenteurs de titres de séjour En 2018, près de 120 000 étrangers ressortissants des pays tiers ont obtenu un premier titre de séjour d’au moins un an (hors motif étudiant). Parmi eux, la moitié réside dans l’un des dix départements de France métropolitaine dans lesquels les primodétenteurs de titres de séjour sont les plus nombreux (Paris, Essonne, Hauts‑de‑Seine, Seine‑Saint‑Denis, Val‑de‑Marne, Val‑d’Oise, Yvelines, Bouches‑du‑Rhône, Nord et Rhône). Avant d’entamer leurs démarches pour obtenir un titre, deux sur cinq n’avaient pas de document autorisant leur séjour en France ou avaient un document expiré (respectivement 26 % et 14 %) figure 1a. En particulier, 38 % des primodétenteurs pour motif humanitaire n’avaient aucun document avant leur demande de titre. Les primodétenteurs en situation régulière en France avant leurs démarches (60 %) se répartissent à parts égales entre ceux qui disposaient d’un document de séjour provisoire (récépissé, autorisation provisoire de séjour) et les détenteurs d’un visa en cours de validité ou d’une carte de circulation pour mineur. La date d’obtention du premier titre de séjour ne coïncide pas forcément avec l’année d’arrivée. Plus le délai entre l’arrivée en France et la délivrance de leur titre de séjour est long, plus le risque d’être sans document au moment de la demande de titre est élevé. De fait, plus de la moitié des personnes présentes en France depuis plus de deux ans en 2018 déclarent qu’elles n’avaient alors pas ou plus de document, contre deux sur dix parmi celles présentes depuis moins de deux ans figure 1b. Entre l’obtention en 2018 de leur premier titre de séjour et 2020, 16 % des primodétenteurs déclarent avoir traversé une période sans document autorisant à séjourner en France figure 2. Les raisons les plus souvent évoquées sont un renouvellement n’ayant pas abouti à temps (45 %), des difficultés à prendre un rendez‑vous à la préfecture ou des difficultés à fournir les justificatifs demandés. Cette situation n’a pas dépassé trois mois pour la majorité d’entre eux. En outre, parmi les 84 % de primodétenteurs n’ayant pas connu de période sans document de séjour,
48 % ont eu uniquement un document de séjour provisoire, le plus souvent un récépissé, pendant un temps. Un peu plus d’une personne sur cinq ayant connu une ou plusieurs périodes sans document autorisant son séjour ou avec seulement un document provisoire déclare avoir subi des conséquences négatives sur sa vie en France. Parmi ces personnes, la moitié indique des effets néfastes sur l’emploi actuel ou futur et un quart a fait face à une interruption d’allocations. D’autres conséquences sur le logement, sur l’ouverture d’un compte bancaire ou sur le plan psychologique (peur, stress, sensation de non‑liberté, etc.) sont évoquées. Ces effets néfastes concernent 40 % des personnes sans aucun document, contre 13 % de celles ayant un document provisoire. La crise sanitaire ne paraît pas être la cause du nombre élevé de personnes sans document de séjour ou avec un document provisoire : les proportions de primodétenteurs ayant connu une période sans document ou avec un document provisoire sont proches qu’ils aient été interrogés avant ou après le premier confinement du printemps 2020. Définitions Les pays tiers sont les États hors de l’Union européenne, de l’Islande, de la Norvège, du Liechtenstein et de la Suisse. Un primodétenteur (ou primo‑arrivant) est une personne originaire d’un pays tiers disposant d’un premier titre de séjour d’au moins un an attribué en 2018 (hors motif étudiant). Le récépissé est un document provisoire d’une durée de quatre à six mois, renouvelable, remis par la préfecture permettant de séjourner régulièrement en France durant l’examen du dossier de demande ou de renouvellement de titre de séjour. L’autorisation provisoire de séjour (APS) est un document provisoire permettant de rester sur le territoire français de manière temporaire et exceptionnelle. L’APS peut durer de six à douze mois et être renouvelée. Elle concerne des catégories particulières d’immigrés : jeunes diplômés étrangers, parents accompagnant un enfant malade, etc. Pour en savoir plus « Le parcours administratif des primo‑arrivants (résultats de l’enquête Elipa 2) », Infos migrations n° 106, DSED, mars 2022. 101 Insee Références – Édition 2023 – Fiche 2.3 – Parcours administratif des primodétenteurs de titres de séjour 1. Situation administrative avant les démarches d’obtention du premier titre de séjour en 2018 Aucun document Document expiré Document de séjour provisoire Visa en cours de validité ou carte de circulation pour mineur a. Selon le motif du titre de séjour b. Selon la durée de présence en France 0 20 40 60 80 100 en % Motif humanitaire (20 % des titres délivrés) Motif économique (18 % des titres délivrés) Motifs divers (6 % des titres délivrés) Ensemble Motif familial (56 % des titres délivrés) Moins de 2 ans (37 % des titres délivrés) De 2 à 4 ans (24 % des titres délivrés) De 5 à 9 ans (24 % des titres délivrés) 10 ans ou plus (14 % des titres délivrés) Ensemble en % 0 20 40 60 80 100 Notes : 118 928 premiers titres de séjour (hors étudiants) d’au moins un an ont été délivrés en 2018. L’enquête Elipa 2 est représentative des 59 294 primodétenteurs résidant dans les dix départements couverts par l’enquête. Les primodétenteurs d’un titre de séjour pour motifs divers représentent 6 % des primodétenteurs. Ce sont principalement des étrangers rentrés mineurs et des titres visiteurs. Lecture : 30 % des primodétenteurs en 2018 d’un titre de séjour pour motif familial avaient un visa en cours de validité ou une carte de circulation pour mineur avant d’entamer les démarches pour obtenir leur titre de séjour. Champ : départements de l’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône. Primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motif étudiant. Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019). 2. Parts de primo-arrivants de 2018 ayant connu une situation administrative difficile entre l’obtention de leur titre de séjour en 2018 et 2020 Mais a connu une ou plusieurs périodes avec uniquement un document provisoire depuis l'obtention de son premier titre en 2018 Non 84 % A connu une ou plusieurs périodes sans document autorisant le séjour entre l'obtention en 2018 du premier titre et 2020 Oui 16 % Oui 48 % Non 52 % 56 % des primo-arrivants Lecture : parmi les 84 % de primodétenteurs n’ayant pas connu de période sans document de séjour, 48 % ont déjà connu une période avec uniquement un document provisoire. Champ : départements de l’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône. Primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motif étudiant. Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2020).