62
Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
Les femmes originaires d’Asie sont beaucoup moins souvent actives (47 %), en particulier celles
originaires de Turquie et du Moyen‑Orient. Ces dernières sont en effet 25 % à être actives et seulement
3 % à occuper un emploi à temps complet, contre 51 % de femmes actives et 32 % à temps complet
parmi les primo‑arrivantes originaires des autres pays d’Asie. Les femmes originaires du Maghreb sont
également moins souvent actives (42 %). Elles sont toutefois deux fois plus souvent à la recherche d’un
emploi que celles originaires d’Asie (18 % contre 9 %).
Ces disparités selon l’origine géographique s’expliquent en partie, mais pas seulement, par les
diplômes ou le niveau de formation. En effet, à niveau de diplôme et autres caractéristiques
sociodémographiques identiques, les femmes originaires d’Afrique hors Maghreb ont encore 1,7 fois
plus de chances d’être en emploi à temps partiel et 3,5 fois plus de chances d’être à la recherche
d’un emploi, plutôt qu’inactives, relativement aux femmes de l’ensemble Amérique-Océanie-Europe
figure 3. Toujours relativement à ces dernières, toutes choses égales par ailleurs, les femmes
originaires du Maghreb ont une probabilité beaucoup plus faible d’occuper un emploi, que ce soit à
temps complet (1,9 fois moins de chances) ou à temps partiel (2,6 fois moins de chances), plutôt que
d’être inactives.
3. Probabilité d’être à la recherche d’un emploi, en emploi à temps complet ou en emploi
à temps partiel plutôt qu’inactif selon la région d’origine, un an après l’obtention du
premier titre de séjour
a. À la recherche
d’un emploi
c. En emploi
à temps partiel
0
1
2
3
4
5
6
7
8
b. En emploi
à temps complet
0
1
2
3
4
5
6
7
8
0
1
2
3
4
5
6
7
8
Asie
Autres pays d’Afrique
Maghreb
Amérique, Océanie,
Europe (Réf.)
Asie
Autres pays d’Afrique
Maghreb
Amérique, Océanie,
Europe (Réf.)
Hommes
Femmes
odds ratio
Notes : estimations de rapports de risque relatif (odds ratio) d’un modèle logit multinomial. Pour chaque variable, les odds ratio
permettent de comparer les différentes modalités avec la modalité de référence (Réf.) qui vaut 1. Une valeur supérieure
à 1 signifie qu’une variable est associée, toutes choses égales par ailleurs, à une augmentation de la probabilité d’être dans
un statut donné sur le marché de l’emploi (à la recherche d'un emploi, en emploi à temps complet ou en emploi à temps
partiel) par rapport à la situation de référence, celle d’être d’inactif. Les variables grisées indiquent que le risque relatif n’est
pas significativement différent de 1 (seuil de 10 %). Les odds ratio des autres variables de contrôle incluses dans le modèle
(l’ancienneté sur le territoire au moment de l’enquête, le niveau de diplôme, le niveau de maîtrise de la langue française,
le réseau, l’état de santé, la dernière activité principale occupée avant de quitter son pays d’origine ainsi que les variables liées
à la configuration familiale) sont disponibles dans les fichiers en téléchargement sur insee.fr.
Lecture : en 2019, à caractéristiques identiques, les femmes primo-arrivantes originaires d’Afrique hors Maghreb ont 3,5 fois
plus de chances d’être à la recherche d’un emploi plutôt qu’être inactives, par rapport aux femmes originaires de l’ensemble
Amérique-Océanie-Europe.
Champ : départements d’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019-2020), calculs des auteurs.
Chez les hommes, quelle que soit l’origine géographique, l’inactivité, hors poursuite d’études, est
marginale (entre 3 % et 5 %). L’emploi à temps complet est majoritaire, compris entre 55 % pour
les primo‑arrivants originaires d’Afrique hors Maghreb et 62 % pour ceux originaires d’Asie ou du
Maghreb. Le constat d’une situation comparable quelle que soit l’origine géographique demeure
en tenant compte des autres caractéristiques individuelles, sauf pour les hommes originaires
du Maghreb : à caractéristiques identiques, les primo‑arrivants d’origine maghrébine sont
significativement plus souvent en emploi qu’inactifs relativement aux primo‑arrivants originaires
63
Insee Références – Édition 2023 – Dossiers – L’insertion professionnelle des immigrés primo-arrivants en France
de l’ensemble Amérique-Océanie-Europe (2,0 fois plus souvent à temps complet, 1,7 fois plus souvent
à temps partiel), mais aussi nettement plus fréquemment à la recherche d’un emploi (3,3 fois plus).
Ces écarts s’expliquent notamment par un taux d’inactivité élevé pour les hommes originaires de
l’ensemble Amérique-Océanie-Europe : 18 % d’entre eux sont des étudiants ou d’autres inactifs, soit
2,6 fois plus que les hommes originaires du Maghreb.
Le diplôme universitaire est déterminant pour l’accès à un emploi à temps complet
pour les femmes, mais pas pour les hommes
Les femmes primo‑arrivantes sont plus diplômées que leurs homologues masculins. 37 % détiennent
un diplôme du supérieur, soit 11 points de plus que les hommes primo‑arrivants. En outre, elles ne
sont que 23 % à ne pas détenir de diplôme, contre 31 % pour les hommes. Pourtant, les femmes
primo‑arrivantes sont moins souvent en emploi à temps complet que les hommes3.
Le niveau de diplôme diffère entre femmes et hommes quel que soit le motif d’admission au séjour
ou l’origine géographique
figure 4. Par exemple, parmi les personnes admises au séjour pour
motif économique, plus souvent diplômées du supérieur que les autres primo‑arrivants, les femmes
3 Cette situation correspond à ce qui est également observé pour la population générale en France, où les femmes sont plus
nombreuses à détenir un diplôme du supérieur, mais avec une moindre valorisation de leur diplôme sur le marché du travail.
4. Niveau de diplôme des primo-arrivants selon le sexe, le motif d’admission
et la région d’origine, un an après l’obtention du premier titre de séjour
0
20
40
60
80
100
en %
Aucun diplôme
CEP-BEPC-CAP
Baccalauréat
Diplôme universitaire
Femmes
Hommes
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
a. Par motif d’admission
0
20
40
60
80
100
Amérique,
Océanie,
Europe
Maghreb
Autres pays
d’Afrique
Asie
Amérique,
Océanie,
Europe
Maghreb
Autres pays
d’Afrique
Asie
Femmes
Hommes
en %
b. Par région d’origine
Lecture : en 2019, 11 % des femmes ayant obtenu un premier titre de séjour en 2018 pour motif économique n’ont aucun
diplôme. 46 % des femmes originaires du Maghreb ayant obtenu un premier titre de séjour en 2018 ont un diplôme
universitaire.
Champ : départements d’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019-2020), calculs des auteurs.
64
Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
le sont bien davantage (67 %) que les hommes (39 %). Parmi les personnes originaires de l’ensemble
Amérique-Océanie-Europe, 51 % des femmes sont titulaires d’un diplôme universitaire, contre 43 % des
hommes. Les hommes sont quant à eux plus nombreux à ne pas détenir de diplôme : 39 % des hommes
originaires d’Asie sont par exemple dans cette situation, contre 27 % des femmes de même origine.
Par rapport aux femmes sans diplôme, celles qui détiennent un diplôme universitaire non reconnu ont
1,8 fois plus de chances d’occuper un emploi à temps complet que d’être inactives, et même 3,2 fois
plus de chances si ce diplôme est reconnu (c’est‑à‑dire obtenu en France, ou obtenu à l’étranger et
ayant fait l’objet d’une démarche de reconnaissance par l’État ayant abouti)
figure 5. À l’inverse,
pour les hommes, l’emploi est la situation la plus fréquente quel que soit le niveau de diplôme, et à
autres caractéristiques données, un haut niveau de diplôme ne donne pas significativement plus de
chances d’être en emploi plutôt qu’inactif.
5. Probabilité d’être à la recherche d’un emploi, en emploi à temps complet ou en emploi
à temps partiel plutôt qu’inactif selon le niveau de diplôme, un an après l’obtention
du premier titre de séjour
Hommes
Femmes
a. À la recherche
d’un emploi
b. En emploi
à temps complet
c. En emploi
à temps partiel
0
2
4
6
8
0
2
4
6
8
0
2
4
6
8
Aucun diplôme (Réf.)
CEP-BEPC-CAP - Non reconnu
CEP-BEPC-CAP - Reconnu
Baccalauréat - Non reconnu
Baccalauréat - Reconnu
Diplôme universitaire - Non reconnu
Diplôme universitaire - Reconnu
Aucun diplôme (Réf.)
CEP-BEPC-CAP - Non reconnu
CEP-BEPC-CAP - Reconnu
Baccalauréat - Non reconnu
Baccalauréat - Reconnu
Diplôme universitaire - Non reconnu
Diplôme universitaire - Reconnu
odds ratio
Notes : estimations de rapports de risque relatif (odds ratio) d’un modèle logit multinomial. Pour chaque variable, les odds ratio
permettent de comparer les différentes modalités avec la modalité de référence (Réf.) qui vaut 1. Une valeur supérieure
à 1 signifie qu’une variable est associée, toutes choses égales par ailleurs, à une augmentation de la probabilité d’être dans
un statut donné sur le marché de l’emploi (à la recherche d'un emploi, en emploi à temps complet ou en emploi à temps
partiel) par rapport à la situation de référence, celle d’être d’inactif. Les variables grisées indiquent que le risque relatif n’est
pas significativement différent de 1 (seuil de 10 %). Les odds ratio des autres variables de contrôle incluses dans le modèle
(l’ancienneté sur le territoire au moment de l’enquête, l’origine géographique, le niveau de maîtrise de la langue française,
le réseau, l’état de santé, la dernière activité principale occupée avant de quitter son pays d’origine ainsi que les variables liées
à la configuration familiale) sont disponibles dans les fichiers en téléchargement sur insee.fr.
Lecture : en 2019, à caractéristiques identiques, les femmes primo-arrivantes détenant un diplôme universitaire reconnu ont
2,3 fois plus de chances d’être à la recherche d’un emploi que d’être inactives, par rapport aux femmes sans diplôme.
Champ : départements d’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019-2020), calculs des auteurs.
Plus de neuf primo‑arrivants sur dix admis pour motif économique sont en emploi
En France, l’immigration venant des pays tiers est essentiellement familiale. Les motifs familiaux sont
majoritaires et représentent 74 % des premiers titres délivrés aux femmes primo‑arrivantes et 47 %
de ceux délivrés aux hommes. Ces derniers sont plus souvent admis pour motif économique
(29 %, contre 9 % des femmes).
65Insee Références – Édition 2023 – Dossiers – L’insertion professionnelle des immigrés primo-arrivants en France
Un an après la délivrance de leur titre de séjour, les personnes admises pour motif économique
occupent très souvent un emploi (92 % pour les femmes, 95 % pour les hommes), la plupart du temps
à temps plein (79 % pour les femmes, 90 % pour les hommes) : une partie des titres délivrés pour motif
économique est en effet conditionnée par l’obtention préalable d’une autorisation de travail4, donc
délivrée à des personnes ayant déjà obtenu un emploi figure 6.
Le motif familial est associé à des taux d’emploi plus faibles, pour les hommes (52 % sont en emploi
à temps complet et 18 % à temps partiel) et davantage encore pour les femmes (15 % sont à temps
complet et 17 % à temps partiel). L’inactivité hors poursuite d’études, situation très rare pour le motif
économique (2 % des femmes et presque aucun homme), est nettement plus fréquente pour le
motif familial, en particulier pour les femmes (41 %, contre 4 % pour les hommes).
18 % des femmes admises pour motif familial ont eu un enfant
durant leur première année en France, contre 3 % des femmes admises
pour motif économique
Le profil familial des primo‑arrivants diffère selon les motifs d’obtention du titre de séjour.
Les personnes admises pour motif économique sont en grande majorité sans enfant et vivent sans
conjoint, à la différence de celles admises pour motif familial qui ont souvent déjà au moins un enfant
(58 % des femmes, 45 % des hommes) figure 7.
D’une manière générale, la migration induit une discontinuité dans la fécondité des femmes
immigrées, qui connaît un pic lors des premières années de présence dans le pays d’accueil
[Reynaud, 2023 ; Toulemon, 2004]. Chez les primo‑arrivantes, l’ampleur de ce pic de fécondité,
lorsqu’il est observé, dépend du motif migratoire. Lorsque celui‑ci est familial, 18 % des femmes ont
un enfant dans l’année suivant leur arrivée sur le territoire, contre 11 % pour celles admises pour
motif humanitaire figure 8. Lorsque le motif est économique, la fécondité des primo‑arrivantes
ne connaît pas de pic la première année suivant l’arrivée sur le territoire, et seules 3 % des femmes
admises au séjour pour ce motif ont un enfant durant leur première année en France. Chez les
hommes, 6 % de ceux admis au motif familial, 2 % de ceux admis au motif humanitaire et 1 % de ceux
admis au motif économique ont un enfant durant leur première année de présence en France.
4 Les titres de séjours salariés représentent 78 % de l’ensemble des titres de séjours délivrés pour motif économique.
6. Statut des primo‑arrivants sur le marché du travail selon le sexe
et le motif d’admission, un an après l’obtention du premier titre de séjour
Autre inactif
Étudiant
En emploi à temps partiel
En emploi à temps complet
À la recherche d’un emploi
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes
Motif économique Motif familial Motif humanitaire
en %
Lecture : en 2019, 79 % des femmes ayant obtenu un premier titre de séjour pour motif économique en 2018 sont en emploi
à temps complet.
Champ : départements d’Île‑de‑France hors Seine‑et‑Marne, départements des Bouches‑du‑Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019‑2020), calculs des auteurs.
66
Immigrés et descendants d’immigrés en France – Insee Références – Édition 2023
7. Configurations familiales des primo-arrivants selon le sexe et le motif d’admission,
un an après l’obtention du premier titre de séjour
0
20
40
60
80
100
en %
Femmes
Hommes
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
a. Présence d’enfants
Pas d’enfant
Un enfant
Deux enfants
Trois enfants ou plus
Vivant sans conjoint
Vivant avec un conjoint
sans emploi
Vivant avec un conjoint
en emploi
b. Présence d’un conjoint dans le ménage
0
20
40
60
80
100
en %
Femmes
Hommes
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
Motif
économique
Motif
familial
Motif
humanitaire
Lecture : en 2019, 80 % des femmes ayant obtenu un premier titre de séjour pour motif économique en 2018 n’ont pas d’enfant.
Champ : départements d’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019-2020), calculs des auteurs.
8. Part des primo-arrivants ayant un enfant pendant leur première année sur le territoire
selon le sexe et le motif d’admission
0
5
10
15
20
Motif humanitaire
Motif familial
Motif économique
en %
Hommes
Femmes
Lecture : 3 % des femmes ayant obtenu un premier titre de séjour pour motif économique en 2018 ont eu un enfant l’année
suivant leur arrivée en France.
Champ : départements d’Île-de-France hors Seine-et-Marne, départements des Bouches-du-Rhône, du Nord et du Rhône,
primodétenteurs d’un titre de séjour d’au moins un an en 2018, hors motifs étudiant et divers, âgés de 18 à 65 ans et
non retraités.
Source : DSED, ministère de l’Intérieur, enquête Elipa 2 (2019-2020), calculs des auteurs.