28 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Les jeunes et les parents de jeunes enfants aspirent plus souvent à se former L’accès et l’aspiration à la formation varient également selon l’âge. Le non‑recours à la formation professionnelle est particulièrement élevé en début et en fin de vie active. 57 % des jeunes de 18 à 24 ans ayant terminé leurs études ne se forment pas. Plus souvent au chômage (23 %, contre 9 % pour l’ensemble), ils expriment pourtant un plus grand besoin de formation (13 %, contre 8 % en moyenne). L’aspiration non satisfaite à la formation décroît ensuite avec l’âge. Elle est de 9 % pour les 25‑44 ans, qui ont l’accès le plus fréquent à la formation, leur taux d’emploi étant élevé. Elle n’est que de 5 % pour les 55‑64 ans, alors que leur accès à la formation est encore plus faible que pour les jeunes : 69 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ne se forment pas. Pour les personnes les plus âgées non retraitées, la moindre possibilité d’évolution professionnelle et les transitions plus fréquentes vers l’inactivité rendent peut‑être moins attractive la formation professionnelle [Dubois et al., 2023]. L’aspiration insatisfaite varie selon la composition familiale. Les parents d’enfants de six ans ou moins ne se différencient pas de la moyenne pour l’accès à la formation, mais 10 % d’entre eux ne se sont pas formés alors qu’ils le souhaitaient. Parmi eux, c’est particulièrement le cas au sein des familles monoparentales (14 %). Plus généralement, les parents vivant seuls avec au moins un enfant mineur, plus souvent des femmes, ont un accès un peu plus restreint à la formation que les couples avec au moins un enfant mineur et aspirent plus souvent à se former (10 %). Par ailleurs, dans les départements d’outre‑mer, non‑recours élevé et souhait non satisfait se cumulent. Les trois quarts des résidents des DOM n’ont pas eu accès à une formation en 2022 et ils sont deux fois plus nombreux que dans l’Hexagone à y aspirer (15 % contre 8 %). Toutes choses égales par ailleurs, les personnes non formées résidant dans les DOM ont une probabilité 1,7 fois plus grande d’aspirer à se former que celles habitant en France métropolitaine encadré. Les personnes résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) aspirent plus souvent à une formation 4. Formation et aspiration à la formation non formelle à but professionnel des personnes en emploi en 2022 en % Caractéristiques Formés Non-formés Aspirants Non-aspirants Ensemble Statut d’emploi Indépendants 41 7 52 59 Salariés du public 61 6 34 39 Salariés du privé 48 7 46 52 Type de contrat de travail pour les salariés CDI ou fonctionnaire 52 6 42 48 CDD, intérim 38 10 52 62 Temps de travail Temps complet 51 6 43 49 Temps partiel 42 9 50 58 Ancienneté de l’emploi Moins d’un an 49 9 42 51 Un an ou plus 50 6 44 50 Catégorie socioprofessionnelle Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise 35 5 60 65 Cadres 68 4 28 32 Professions intermédiaires 60 7 33 40 Employés 39 8 52 61 Ouvriers 33 7 61 67 Taille de l’établissement pour les salariés du privé Moins de 10 salariés 32 8 60 68 De 10 à 19 salariés 42 10 48 58 De 20 à 49 salariés 51 6 43 49 De 50 à 249 salariés 51 6 43 49 250 salariés ou plus 62 4 34 38 Recherche d’un (autre) emploi ou à se mettre à son compte Oui 48 18 34 52 Non 50 5 45 50 Ensemble 49 6 44 51 Lecture : En 2022, parmi les personnes en emploi, 49 % ont suivi au moins une formation non formelle à but professionnel (formés), 6 % n’en ont pas suivi mais l’auraient souhaité (aspirants) et 44 % n’en ont pas suivi et ne le souhaitaient pas (non-aspirants). Champ : France, personnes âgées de 18 à 64 ans se déclarant en emploi à la date de l’enquête, sorties de formation initiale. Sources : Insee-Dares, enquête Formation tout au long de la vie 2022-2023.
29 Insee Références – Édition 2025 – Dossiers – 8 % des personnes n’ont suivi aucune formation à but professionnel... Encadré – Les aspirants ressemblent‑ils aux personnes formées souhaitant se former davantage ? 8 % des personnes ont suivi au moins une formation non formelle à but professionnel mais souhaitent se former davantage. C’est la même proportion que celle des aspirants non formés. Ces deux populations partagent certaines caractéristiques. Toutes choses égales par ailleurs, être une femme, résider dans les DOM ou être au chômage est associé plus souvent à un souhait de se former davantage professionnellement pour les personnes formées, comme d’aspirer à la formation pour les personnes non formées figure. Que l’on soit formé ou non, l’aspiration à la formation diminue pour les plus âgés. Déterminants du souhait de suivre une formation professionnelle selon les caractéristiques individuelles en 2022 odds ratio Caractéristiques Souhait de se former davantage pour les personnes formées Souhait de se former pour les personnes non formées Sexe Femmes 1,4 1,3 Hommes Réf. Réf. Âge 18-24 ans ns ns 25-34 ans ns ns 35-44 ans Réf. Réf. 45-54 ans ns 0,8 55-64 ans 0,7 0,5 Statut d’activité déclaré au moment de l’enquête Emploi Réf. Réf. Chômage 2,0 1,8 Inactivité (hors retraite) 1,8 0,7 Composition familiale Célibataire Réf. Réf. Famille monoparentale avec enfant(s) mineur(s) ns 1,3 En couple sans enfant mineur ns ns En couple avec enfant(s) mineur(s) ns ns Autres ns ns Présence d’un enfant de 6 ans ou moins dans le ménage Oui ns ns Non Réf. Réf. Niveau de diplôme Inférieur au baccalauréat ns ns Baccalauréat ou équivalent Réf. Réf. Bac+2 ns ns Supérieur à bac+2 1,3 ns Personne en difficulté à l’écrit Oui ns 0,6 Non Réf. Réf. Lieu de naissance En France Réf. Réf. À l’étranger ns 1,7 Résidence en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) Oui ns ns Non Réf. Réf. Lieu de résidence France métropolitaine Réf. Réf. Départements d’outre-mer (DOM) 1,4 1,7 ns : non significatif au seuil de 5 % ; Réf. : modalité de référence. Lecture : Toutes choses égales par ailleurs, parmi les personnes formées, une personne résidant dans les DOM a 1,4 fois plus de chances qu’une personne résidant en France métropolitaine d’avoir un souhait de formation professionnelle supplémentaire non satisfait ; parmi les personnes non formées, une personne résidant dans les DOM a 1,7 fois plus de chances d’être aspirante qu’une personne résidant en France métropolitaine. Champ : France, personnes âgées de 18 à 64 ans, non retraitées, sorties de formation initiale. Sources : Insee-Dares, enquête Formation tout au long de la vie 2022-2023. mais cela s’explique par la surreprésentation des chômeurs et des personnes moins qualifiées dans ces quartiers. Les personnes nées à l’étranger sont également plus nombreuses à ne pas se former professionnellement : 69 %, contre 55 % parmi les personnes nées en France. Toutefois, elles aspirent davantage à se former quand elles ne l’ont pas été (13 % contre 7 %). Ce résultat reste vrai à caractéristiques sociodémographiques similaires.
30 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Les non‑formés souhaitent surtout se former pour évoluer professionnellement Les aspirants n’ont pas les mêmes objectifs de formation professionnelle que les personnes qui ont bénéficié d’une formation. Ils mettent davantage en avant la volonté d’évoluer professionnellement : améliorer leurs perspectives de carrière (47 %), trouver du travail ou en changer (46 %), obtenir un diplôme ou un titre (26 %) ou créer leur propre entreprise (13 %) figure 5a. À l’inverse, les formés privilégient l’amélioration de leurs connaissances (78 % des formations) et l’adaptation à leur poste de travail, qu’il s’agisse de mieux faire leur travail (65 %) ou de se préparer à des changements dans le travail (33 %). Ces écarts s’expliquent en partie par les différences de statut d’activité entre les aspirants et les formés, ces derniers étant plus souvent en emploi. Mais à statut d’activité donné, des écarts subsistent. Parmi les personnes au chômage, plus des trois quarts des formés déclarent souhaiter améliorer leurs connaissances, contre un peu plus d’un tiers des aspirants figure 5b. 72 % des chômeurs aspirants souhaitent se former pour trouver du travail ou changer de métier et 45 % pour améliorer leurs perspectives de carrière. Parmi les personnes en emploi, les aspirants comme les formés évoquent souvent l’amélioration de leurs connaissances et le fait de mieux faire leur travail figure 5c. Mais comme pour les chômeurs, les aspirants sont beaucoup plus nombreux à évoquer l’objectif de changer de travail ou de métier et celui d’améliorer leurs perspectives de carrière. 18 % des personnes en emploi qui souhaitent changer d’emploi ou se mettre à leur compte aspirent à une formation, alors que le recours à la formation n’est pas plus faible que la moyenne dans cette population figure 4. À sexe, âge, niveau de diplôme, composition familiale et territoire de résidence et de naissance donnés, ceux qui veulent changer d’emploi ont une probabilité quatre fois plus forte d’aspirer à une formation professionnelle. Quand l’initiative vient des personnes formées, pour les personnes en emploi, les motifs évoqués sont beaucoup plus souvent l’amélioration de ses connaissances ou de ses perspectives de carrière, principales motivations évoquées également par les aspirants. À l’inverse, quand la formation est à l’initiative de l’employeur, les motivations s’éloignent de celles des aspirants, ces formations n’ayant pas toujours été souhaitées. Ainsi, près de la moitié des formations suivies par les personnes en emploi l’ont été à la suite d’une obligation légale ou formulée par l’employeur. Pour 71 % des formations suivies à l’initiative de l’employeur, les principales motivations évoquées sont de mieux faire son travail ou d’améliorer ses connaissances. Les jeunes aspirants se distinguent des autres dans leurs motivations. Un aspirant sur deux ayant moins de 35 ans souhaite améliorer ses perspectives de carrière ; ce motif décroît avec l’âge. Les moins de 25 ans, plus souvent peu diplômés (les jeunes encore en études étant exclus de l’analyse), sont ceux qui souhaitent le plus souvent obtenir un diplôme ou un titre (43 %). Cependant, ces deux populations se distinguent sur d’autres aspects. Les non‑formés aspirants sont plus souvent des parents seuls ou des personnes nées à l’étranger et moins souvent en difficulté à l’écrit. À l’inverse, les formés souhaitant se former davantage sont plus souvent des personnes qui se déclarent inactives (hors retraitées), et sont plus souvent diplômées du supérieur. Parmi les non‑formés, les inactifs non retraités ont une plus faible probabilité de souhaiter se former que les personnes se déclarant en emploi ou au chômage, alors que pour ceux qui ont déjà suivi une formation, les inactifs ont plus de chances de souhaiter une formation supplémentaire que les personnes en emploi. L’appétence pour une formation supplémentaire chez les formés est plus grande quand la personne a été à l’initiative d’au moins une des formations déjà suivies (22 % pour les personnes en emploi, 31 % pour celles au chômage) que lorsque toutes les formations ont été à l’initiative d’un tiers, comme l’employeur ou France Travail (respectivement 15 % pour les personnes en emploi et 27 % pour celles au chômage). L’incompatibilité avec l’emploi du temps est la difficulté la plus souvent citée ayant empêché le suivi d’une formation. Elle l’est davantage par les personnes qui ont pu se former (52 %) que par les aspirants insatisfaits (36 %). Les aspirants se distinguent en mentionnant plus souvent n’avoir pas le niveau de base ou les prérequis (15 % contre 6 %).