Formation-Emploi-2025.pdf

Type: Document | Status: ready

16 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025  6. Taux de chômage, part des CDD et de l’intérim dans l’emploi selon la durée depuis la sortie de formation initiale a. Taux de chômage selon la durée depuis la sortie de formation initiale en % 0 5 10 15 20 25 30 1980 1984 1988 1992 1996 2000 2004 2008 2012 2016 2020 2023 Depuis 1 à 4 ans Depuis 5 à 10 ans Depuis 11 ans ou plus b. Part des CDD et de l’intérim dans l’emploi selon la durée depuis la sortie de formation initiale en % Depuis 1 à 4 ans Depuis 5 à 10 ans Depuis 11 ans ou plus 0 5 10 15 20 25 30 35 2023 1990 1994 1998 2002 2006 2010 2014 2018 Note : À la suite des changements de questionnaires en 2013 puis en 2021, les données ont été rétropolées afin de rendre comparables les années 2003-2013 d’une part, les années 2014 et ultérieures d’autre part.  Lecture : En 2023, parmi les actifs sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans, 14,2 % sont au chômage ; parmi les personnes en emploi sorties de formation initiale depuis 1 à 4 ans, 22,6 % travaillent en CDD ou intérim. Champ : France métropolitaine jusqu’en 2013, France hors Mayotte à partir de 2014, personnes vivant en logement ordinaire, actives ou en emploi, sorties depuis 1 an ou plus de formation initiale. Source : Insee, enquêtes Emploi annuelles jusqu’en 2002, enquêtes Emploi en continu à partir de 2003. 42 % des jeunes actifs peu ou pas diplômés sont au chômage Les moins diplômés accèdent plus difficilement à l’emploi : en 2023, parmi les jeunes diplômés au plus du baccalauréat et sortis de formation initiale depuis un à quatre ans, le taux de chômage atteint 22 %, contre 9 % parmi les diplômés du supérieur. Il monte à 42 % pour les peu ou pas diplômés. Depuis 2018, le taux de chômage parmi les sortis de formation initiale depuis un à quatre ans a proportionnellement plus baissé pour les diplômés du supérieur que pour les peu ou pas diplômés. Ces derniers sont également beaucoup plus souvent inactifs au sens du BIT, dans le halo autour du chômage ou non (43 %, contre 7 % des diplômés du supérieur).

17 Insee Références – Édition 2025 – Vue d’ensemble – Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion... Lorsqu’ils travaillent, les jeunes les moins diplômés occupent plus souvent des emplois à durée limitée (CDD, intérim, alternance ou stage). Parmi les jeunes en emploi sortis depuis un à quatre ans de formation initiale, c’est le cas de 35 % des diplômés au plus du baccalauréat, 12 points de plus que pour ceux diplômés du supérieur. De plus, les jeunes diplômés ayant au plus un baccalauréat travaillent deux fois plus souvent à temps partiel que ceux diplômés du supérieur (19 % contre 9 %), et trois fois plus subissent cette situation (11 % travaillent à temps partiel alors qu’ils souhaitent travailler plus, contre 3 % des diplômés du supérieur). Ces difficultés sont particulièrement prégnantes pour les peu ou pas diplômés, qui occupent un emploi à durée limitée dans 47 % des cas, et travaillent à temps partiel dans 30 % des cas. Au total, parmi les jeunes sortis depuis un à quatre ans de formation initiale, les peu ou pas diplômés sont trois fois plus souvent contraints dans leur offre de travail que les diplômés du supérieur, avec respectivement 46 % et 15 % d’entre eux qui sont au chômage, dans son halo ou en situation de sous‑emploi. Cette différence en fonction du niveau d’études a peu évolué par rapport à 2014, année où ces proportions s’élevaient à 55 % et 21 %. Sur la période, la hausse de la part des diplômés du supérieur ne s’accompagne pas d’une contrainte plus forte sur leur offre de travail. Le niveau de qualification de l’emploi exercé est également très lié au niveau d’études : près de la moitié des diplômés du supérieur long (niveau bac+3 ou plus) sortis depuis un à quatre ans de formation initiale occupent un emploi de cadre contre moins de 5 % à tout autre niveau de diplôme. À l’inverse, 81 % des jeunes diplômés au plus du baccalauréat occupent un emploi d’employé ou ouvrier, peu qualifié dans la moitié des cas. Ces différences expliquent en grande partie les écarts élevés de salaires selon le niveau d’études en début de carrière : entre 2021 et 2023, parmi les jeunes salariés sortis depuis un à quatre ans de formation initiale, les diplômés du supérieur long perçoivent un salaire mensuel net médian de 2 000 euros, contre 1 200 euros pour les peu ou pas diplômés. La spécialité de formation influence l’insertion professionnelle De façon moins marquée que le niveau de diplôme, la spécialité étudiée affecte aussi les conditions d’insertion sur le marché du travail. Ainsi, en moyenne entre 2019 et 2023, parmi les actifs titulaires d’un CAP ou BEP, ceux spécialisés dans l’agroalimentaire sont moins touchés par le chômage que ceux ayant étudié le commerce (15 % contre 24 %). Pour les titulaires d’un baccalauréat professionnel, ce taux de chômage varie de 8 % dans l’agriculture, la pêche, la forêt, les espaces verts, à 21 % dans la communication et l’information. Certaines filières répondent à un besoin fort sur le marché du travail de sorte que ce critère supplante le niveau d’études. Par exemple, les diplômés du paramédical et social sont particulièrement peu confrontés au chômage quel que soit leur niveau d’études. Les jeunes accèdent à leur premier emploi 7 mois en moyenne après leur sortie de formation initiale Les jeunes ayant terminé leurs études initiales en 2017, interrogés en 2023, ont mis en moyenne 7 mois pour accéder à leur premier emploi, et 19 mois pour accéder à leur premier emploi à durée indéterminée    figure 7. Les jeunes peu ou pas diplômés n’ont accédé à leur premier emploi qu’au bout de 22 mois en moyenne, à leur premier contrat à durée indéterminée qu’au bout de 34 mois. À l’opposé, les diplômés du supérieur ont mis 15 mois en moyenne pour accéder à leur premier contrat à durée indéterminée, et seulement 9 mois pour les diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs. L’écart en défaveur des peu ou pas diplômés reste marqué durant les six premières années de vie active. Entre leur sortie d’études en 2017 et l’automne 2023, les jeunes peu ou pas diplômés ont passé en moyenne 17 % de leur temps en emploi à durée indéterminée contre 49 % de l’ensemble des jeunes sortis en 2017, et 39 % de leur temps au chômage contre 17 %. Certaines populations rencontrent des difficultés d’insertion plus fortes en début de vie active à niveau de diplôme équivalent, comme les résidents de quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les enfants d’immigrés et les femmes. Là encore, les différences s’observent avant tout chez les moins diplômés. Parmi les lycéens professionnels sortant de la voie scolaire, l’accès à l’emploi évolue surtout la première année. Par exemple, six mois après leur sortie d’études en 2021, 54 % des sortants d’un BTS par la voie scolaire sont salariés en France dans le secteur privé et 61 % au bout d’un an    figure 8. Ce taux d’emploi n’augmente en revanche que de 4 points au cours de l’année suivante. De même, l’accès à l’emploi augmente rapidement entre six mois et un an pour les sortants d’un baccalauréat professionnel (de 37 % à 47 %) et d’un CAP (de 24 % à 33 %), avant de ralentir [Reist et al., 2025].

18 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Les adultes continuent de se former après la fin de leurs études initiales En 2022, près de la moitié des personnes âgées de 18 à 69 ans sorties de formation initiale ont suivi au moins une formation au cours des douze derniers mois. Il s’agit en grande partie de formations ne permettant pas l’obtention d’un titre ou d’un diplôme reconnu (formations dites non formelles), souvent à but professionnel (36 % des 18-69 ans). L’accès à la formation est équivalent entre les femmes et les hommes. Il est plus élevé en première partie de vie active (57 % pour les 25‑44 ans) et diminue au fur et à mesure que l’âge augmente (20 % pour les 65‑69 ans)    figure 9. Il croît nettement avec le niveau de diplôme (75 % des bac+5 ou plus contre 22 % des personnes peu ou pas diplômées).  7. Insertion professionnelle des jeunes sortis de formation initiale en 2017, par niveau de diplôme Caractéristiques Diplômés du supérieur CAP, BEP, baccalauréat ou équivalent Peu ou pas diplômés Ensemble des jeunes de la génération 2017 Part des jeunes ayant occupé un emploi au cours… (en %) De la première année suivant la fin de formation 97 86 51 87 Des trois premières années 99 92 64 92 Des six premières années 99 95 77 95 Temps d’accès (en mois) À l’emploi1 4 8 22 7 À l’emploi à durée indéterminée2 15 23 34 19 Part du temps passé depuis la sortie de formation3 (en %) En emploi à durée indéterminée 65 41 17 49 En emploi à durée limitée 20 27 19 23 Au chômage 9 18 39 17 1 Parmi les jeunes ayant eu au moins un emploi au cours de la période. 2 Parmi les jeunes ayant eu au moins un emploi à durée indéterminée au cours de la période. 3 Entre la sortie de formation en 2017 et la date de l’enquête à l’automne 2023. Lecture : En moyenne, les jeunes sortis de formation en 2017 et ayant occupé au moins un emploi avant l’automne 2023 ont mis 7 mois à accéder à cet emploi. Champ : France, jeunes de la génération 2017 (sortis de formation initiale en 2017). Source : Céreq, enquêtes auprès de la génération 2017.  8. Taux d’emploi salarié dans le secteur privé en France des lycéens professionnels de niveau CAP à BTS, de 6 à 24 mois après leur sortie d’études en 2021 en % 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 6 mois 12 mois 18 mois 24 mois BTS Bac pro CAP Lecture : 40 % des lycéens professionnels de CAP sortant d’études en 2021 sont en emploi salarié dans le secteur privé 24 mois après leur sortie d’études. Champ : France hors Mayotte, personnes sortant en 2021 d’une dernière année de formation professionnelle de niveau CAP à BTS en lycée public ou privé sous contrat (hors mentions complémentaires qui représentent 2 % des lycéens sortants en 2021), 6 à 24 mois après la fin de leurs études. Sources : Dares-Depp, InserJeunes.

19 Insee Références – Édition 2025 – Vue d’ensemble – Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion... Il est aussi plus élevé pour les personnes en emploi que pour celles qui se déclarent au chômage et inactives. Les caractéristiques des formations suivies diffèrent selon l’activité des individus à leur entrée en formation : 42 % des formations non formelles à but professionnel suivies par les personnes se déclarant au chômage durent plus de 60 heures, contre 6 % pour celles suivies par des personnes en emploi. Par ailleurs, 65 % des formations suivies par les chômeurs sont à leur initiative et 24 % à celle du service public de l’emploi. Pour les personnes en emploi, elles sont à l’initiative de l’employeur dans 67 % des cas. Par rapport à 2016, le taux d’accès à la formation à but professionnel est resté stable pour les personnes en emploi, alors qu’il a augmenté pour les chômeurs (+4 points) et les inactifs (+3 points).  9. Participation à la formation au cours des douze derniers mois en 2022, tous types de formation confondus en % Caractéristiques Toutes formations dont formation non formelle à but professionnel Âge 18-24 ans 57 42 25-34 ans 57 46 35-44 ans 57 48 45-54 ans 51 43 55-64 ans 35 24 65-69 ans 20 4 Sexe Femmes 47 35 Hommes 46 38 Situation sur le marché du travail1 Emploi 57 49 Chômage 43 28 Inactivité 21 5 Niveau de diplôme Bac+5 ou plus 75 62 Bac+3 ou bac+4 67 54 Bac+2 60 48 Baccalauréat ou équivalent 50 37 CAP, BEP ou équivalent 30 23 Aucun diplôme, brevet des collèges 22 15 Ensemble 47 36 1 Situation déclarée au moment de l’enquête. Lecture : En 2022, 57 % des personnes âgées de 18 à 24 ans ayant terminé leurs études initiales ont suivi au moins une formation au cours des douze derniers mois. Champ : France, personnes âgées de 18 à 69 ans, sorties de formation initiale. Sources : Insee-Dares, enquête Formation tout au long de la vie 2022-2023. L’accès à la formation des personnes en recherche d’emploi s’élargit La formation des personnes en recherche d’emploi se fait principalement via les conseils régionaux, France Travail (anciennement Pôle emploi) et depuis 2019 par l’intermédiaire du Compte personnel de formation (CPF). Le nombre d’entrées dans les programmes de formation et d’accompagnement à destination des personnes en recherche d’emploi a doublé par rapport à la période précédant la mise en place du Plan d’investissement dans les compétences (PIC) en 2018. Toutefois, cette hausse s’explique en grande partie par le recours au CPF [Bucher, Terraz, 2025]. En effet, quel que soit son statut d’activité, il est possible de se former via le CPF en utilisant ses droits acquis. Depuis fin 2019, le compte personnel peut être mobilisé sans intermédiaire. Ce changement a entraîné une augmentation considérable du nombre d’entrées en formation dans le cadre du CPF. Ces dernières ont quadruplé entre 2019 et 2021, pour ensuite se réduire en 2022 (‑7 % par rapport à l’année précédente) et plus encore en 2023 (‑28 %), avec l’instauration de mesures de régulation et de lutte contre la fraude.