Formation-Emploi-2025.pdf

Type: Document | Status: ready

12 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Une surreprésentation des femmes dans le supérieur, notamment dans les filières paramédicales et sociales Les femmes sortant de formation initiale sont plus souvent diplômées du supérieur : c’est le cas de 58 % de celles sorties entre 2020 et 2022, contre 47 % des hommes. De leur côté, les hommes sont plus souvent diplômés du secondaire (41 % possèdent au plus un certificat d’aptitude professionnelle (CAP), BEP ou baccalauréat, contre 35 % des femmes) ou peu ou pas diplômés (12 % ont un brevet des collèges ou aucun diplôme, contre 8 % des femmes). Certaines filières du supérieur sont davantage suivies par des femmes que par des hommes. C’était déjà le cas il y a vingt ans, en particulier dans les écoles paramédicales et sociales, dont elles représentent 86 % des diplômés en 2022. Par ailleurs, la surreprésentation des femmes s’est accentuée parmi les diplômés de santé des universités, passant de 57 % il y a vingt ans à 65 % en 2022. À niveau de diplôme préparé égal, les femmes sont surreprésentées dans les spécialités des services (au sens de la nomenclature des spécialités de formation, par exemple les services aux personnes), notamment dans les formations de brevet de technicien supérieur (BTS) et de diplôme universitaire de technologie (DUT). Elles sont en revanche largement minoritaires dans les spécialités de production (27 % des diplômés de DUT de production, par exemple pour les spécialités informatiques ou de statistiques et informatique décisionnelle) et parmi les diplômés des formations d’ingénieurs (28 %), même si leur part a légèrement augmenté depuis vingt ans. Un essor de l’apprentissage impulsé par la loi de 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et par l’aide exceptionnelle instaurée en 2020 En 2023, 22 % des jeunes de 15 à 29 ans en formation initiale occupent un emploi, 9 points de plus qu’en 2017. Le cumul emploi‑études a ainsi fortement progressé du fait notamment de la hausse de l’apprentissage.  Encadré – En France, davantage de diplômés du supérieur qu’en Europe, mais aussi davantage de personnes ni en emploi, ni en études, ni en formation En 2023, 8 % des jeunes de 18 à 24 ans sont sortis précocement du système scolaire en France, une proportion inférieure à la moyenne des pays de l’Union européenne (UE), à 10 %. De façon plus nette, la part de diplômés du supérieur parmi les 25‑34 ans dépasse sensiblement la moyenne européenne : 52 % contre 43 %. De plus, la France se situe au‑delà des objectifs du cadre stratégique « éducation et formation » de l’UE pour la période 2021‑2030 pour ces deux indicateurs : limiter à 9 % la part de sortants précoces parmi les 18‑24 ans et dépasser 45 % de 25‑34 ans diplômés du supérieur. Dans la plupart des pays, entre 2018 et 2023, la part des sortants précoces a baissé, et celle des diplômés du supérieur a augmenté. En France, ces deux indicateurs évoluent dans des proportions proches de la moyenne européenne (‑1 point pour les sortants précoces depuis 2018, et +5 points pour les diplômés du supérieur). En matière d’insertion des jeunes, la position française par rapport à la moyenne européenne est plus contrastée. Le taux d’activité des 15‑29 ans en France est légèrement supérieur à la moyenne de l’UE (+1 point) avec un taux de chômage plus élevé (+2 points pour la France) et un taux d’emploi un peu plus faible (‑1 point). Par ailleurs, la part de jeunes de 15‑29 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) est aussi un peu supérieure en France (12 %) qu’en moyenne dans l’UE (11 %). Néanmoins, l’écart de taux d’activité à la moyenne de l’UE varie selon l’âge : il est supérieur d’un point pour les 15‑24 ans, en augmentation depuis 2020 du fait du recours plus fréquent à l’apprentissage, et supérieur de 3 points pour les 25‑29 ans. En France, comme dans l’UE, le taux d’activité des jeunes femmes est inférieur à celui des jeunes hommes : cet écart est plus marqué pour la moyenne européenne (‑7 points) qu’en France (‑5 points) tandis qu’il est quasi nul dans les pays scandinaves. La part de jeunes qui travaillent à temps partiel parmi les jeunes est moins forte en France (17 %) qu’en moyenne dans l’UE (24 %). Dans la quasi‑totalité des pays (hormis la Roumanie), le recours au temps partiel est supérieur chez les jeunes femmes.

13 Insee Références – Édition 2025 – Vue d’ensemble – Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion... Sous l’impulsion de la loi de 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui comprend notamment plusieurs mesures visant à développer l’apprentissage [Louvet, 2025], puis avec la mise en place à l’été 2020 d’une aide exceptionnelle pour le recrutement d’apprentis, le nombre de jeunes inscrits en CFA a plus que doublé en cinq ans pour atteindre 1 021 500 en décembre 2023    figure 3 [Jounin et al., 2025]. Cette hausse sans précédent est particulièrement marquée dans l’enseignement supérieur, devenu majoritaire au sein de l’apprentissage. En 2023, 62 % des apprentis préparent un diplôme du supérieur, contre 39 % en 2017 et 2 % en 1992.  3. Nombre d’apprentis par niveau de diplôme effectifs au 31 décembre 0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000 Diplôme de niveau bac+2 ou plus Bac professionnel ou brevet professionnel CAP, mention complémentaire, BEP et certification professionnelle 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2006 2010 2014 2018 2023 Lecture : Fin 2023, 635 825 apprentis préparent un diplôme de niveau bac+2 ou plus. Champ : France hors Mayotte jusqu’en 2010, France à partir de 2011. Source : Depp, enquête SIFA. Corollaire de l’augmentation du nombre d’apprentis dans le supérieur, les formations préparées en apprentissage relèvent désormais davantage des spécialités de formation des services que de celles de la production : 63 % des apprentis suivent une formation dans le domaine des services en 2023, contre 42 % en 2017. La part des femmes parmi les apprentis augmente, même si elles restent minoritaires : en 2023, elles représentent 43 % des apprentis, contre 33 % en 2017. Les filles de 15 à 19 ans suivent deux fois moins souvent un apprentissage que les garçons de même âge. Cette différence en fonction du genre ne s’observe plus à partir de 20 ans. Dans l’enseignement supérieur universitaire, les apprentis sont d’origine sociale plutôt moins favorisée que les étudiants de la voie scolaire. C’est l’inverse dans le secondaire. Les apprentis s’insèrent mieux sur le marché du travail que leurs homologues de la voie scolaire, notamment dans le secondaire, ce qui s’explique en partie par des différences de profil (âge, sexe et origine sociale). L’insertion des apprentis peut également être différente de celle des élèves ou étudiants en raison d’autres caractéristiques, plus difficiles à mesurer, comme la motivation, le réseau de l’entourage ou la connaissance des codes du monde du travail. La meilleure insertion professionnelle des apprentis peut aussi être liée au fait que l’apprentissage permet de rapprocher les jeunes du monde de l’entreprise : 27 % des apprentis de niveau CAP à BTS sortis de formation en 2022 sont toujours chez le même employeur 6 mois après la fin de leur formation [Antoine et al., 2023]. Plus de chômage et des conditions d’emploi moins favorables en début de vie active En 2023, 85 % des jeunes ayant terminé leurs études depuis un à quatre ans, c’est‑à‑dire entre début 2019 et fin 2022, sont actifs au sens du BIT, qu’ils soient en emploi (73 %) ou au chômage (12 %)    figure 4. Ils accèdent progressivement à l’emploi, notamment pérenne.

14 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Le taux de chômage au sens du BIT parmi les actifs est d’autant plus élevé que l’arrivée sur le marché du travail est récente : en 2023, il est de 14 % pour les jeunes ayant terminé leurs études depuis un à quatre ans, contre 9 % des actifs sortis depuis cinq à dix ans de formation initiale et 6 % des actifs sortis de formation initiale depuis onze ans ou plus. De plus, les jeunes récemment sortis de formation initiale sont plus nombreux que les personnes plus âgées à souhaiter travailler mais sans remplir les conditions pour être considérés comme chômeurs (halo autour du chômage). Lorsque les jeunes sont en emploi, les caractéristiques des emplois occupés sont également moins favorables que celles des personnes plus âgées. Les contrats à durée limitée sont plus fréquents en début de carrière : 18 % des jeunes en emploi sortis de formation initiale depuis un à quatre ans sont en CDD (contre 6 % des sortis depuis onze ans ou plus), 5 % sont en intérim (contre 1 %) et 5 % en alternance ou stage (contre moins de 1 %)   figure 5. Inversement, ils occupent moins souvent un poste de fonctionnaire ou en CDI (65 % contre 77 %) et sont moins souvent indépendants (7 % contre 15 %).  4. Situation d’activité en 2023, selon le niveau de diplôme et la durée depuis la sortie de formation initiale en % Situation d’activité et durée de sortie de formation initiale Diplôme du
supérieur long Diplôme du
supérieur court Baccalauréat ou équivalent CAP, BEP ou
équivalent Peu ou pas diplômés Ensemble Sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale Taux d’activité 94,5 88,4 81,1 82,8 57,0 85,3 Taux d’emploi 86,8 78,7 66,3 68,2 32,8 73,1 Part de chômage 7,7 9,7 14,7 14,6 24,2 12,1 Part du halo autour du chômage 2,5 6,8 8,5 7,9 16,6 6,6 Part d’inactifs hors halo 3,0 4,8 10,5 9,4 26,4 8,2 Taux de chômage1 8,1 11,0 18,2 17,6 42,5 14,2 Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale Taux d’activité 94,1 92,8 87,9 84,2 69,1 86,3 Taux d’emploi 90,7 89,3 82,9 78,8 61,6 81,4 Part de chômage 3,4 3,6 5,0 5,4 7,5 4,9 Part du halo autour du chômage 2,2 2,4 4,1 4,3 8,3 4,1 Part d’inactifs hors halo 3,7 4,7 8,0 11,5 22,6 9,6 Taux de chômage1 3,6 3,8 5,7 6,4 10,9 5,6 1 Parmi les actifs. Lecture : En 2023, parmi les jeunes sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale et diplômés du supérieur long, 94,5 % sont actifs (en emploi ou au chômage). Champ : France hors Mayotte, personnes de 60 ans ou moins, vivant en logement ordinaire, sorties depuis 1 an ou plus de formation initiale. Source : Insee, enquête Emploi 2023.  5. Caractéristiques des emplois en 2023, selon le niveau de diplôme et la durée depuis la sortie de formation initiale en % Caractéristiques des emplois et durée de sortie de formation initiale Diplôme du
supérieur long Diplôme du
supérieur court Baccalauréat ou équivalent CAP, BEP ou
équivalent Peu
ou pas diplômés Ensemble Sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale Part de temps partiel 8,9 8,1 19,2 12,5 29,9 12,8 Part de sous-emploi 3,4 3,8 10,7 7,2 17,0 6,3 Part d’emplois en CDD, intérim, alternance ou stage 20,9 29,0 34,8 29,8 47,4 27,4 Part d’employés ou ouvriers peu qualifiés 4,2 15,6 34,9 38,9 61,2 19,1 Salaire mensuel net médian en euros1 2 000 1 500 1 370 1 380 1 200 1 600 Sortis depuis 11 ans ou plus de formation initiale Part de temps partiel 15,1 16,1 16,6 17,9 25,2 17,5 Part de sous-emploi 2,8 2,7 4,5 4,3 7,4 4,1 Part d’emplois en CDD, intérim, alternance ou stage 5,1 5,2 7,5 8,7 12,8 7,4 Part d’employés ou ouvriers peu qualifiés 2,3 5,4 14,7 27,1 43,0 16,3 Salaire mensuel net médian en euros1 2 650 2 100 1 800 1 700 1 500 1 900 1 En moyenne sur les années 2021, 2022 et 2023. Lecture : En 2023, 8,9 % des diplômés du supérieur en emploi sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans travaillent à temps partiel. Champ : France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, en emploi, sorties depuis 1 an ou plus de formation initiale. Source : Insee, enquête Emploi 2023. 15 Insee Références – Édition 2025 – Vue d’ensemble – Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion... Les jeunes sont moins souvent à temps partiel que leurs aînés. Toutefois, dans cette situation, ils sont plus nombreux à souhaiter travailler davantage. 6 % des personnes en emploi sorties depuis un à quatre ans de formation initiale sont en situation de sous‑emploi, contre 4 % de ceux sortis depuis onze ans ou plus de formation initiale. Au total, près d’un jeune sur quatre (23 %) sorti de formation initiale depuis un à quatre ans est contraint dans son offre de travail, qu’il soit au chômage, dans le halo autour du chômage ou en situation de sous‑emploi. Enfin, en 2023, les jeunes en emploi touchent des salaires plus faibles que les autres salariés : un salaire net médian de 1 600 euros tous temps de travail confondus pour les personnes sorties depuis un à quatre ans de formation initiale, contre 1 900 euros pour celles sorties depuis onze ans ou plus. Cela s’explique en partie par des différences de statut ou d’ancienneté dans l’emploi. Une situation des jeunes sur le marché du travail globalement en amélioration depuis 2015 Depuis 2015, la situation des jeunes sur le marché du travail s’est globalement améliorée, pour se rapprocher de celle des personnes plus âgées, à l’exception de la période de crise liée à l’épidémie de Covid‑19. En premier lieu, leur taux d’activité, stable entre 2015 et 2019, a atteint un point bas en 2020, au moment de la crise sanitaire, avant de remonter à des niveaux supérieurs à l’avant‑crise. Parmi les actifs, le taux de chômage des personnes sorties depuis un à quatre ans de formation initiale a diminué de 6 points entre 2015 et 2023, contre ‑2 points pour les actifs sortis depuis onze ans ou plus    figure 6. Le rapport reste toutefois de 1 à 2,5 en défaveur des plus jeunes. Cette baisse chez les plus jeunes s’explique par la hausse de la part d’emplois en CDI. Ainsi, la part des CDD hors apprentissage et de l’intérim dans l’emploi des jeunes s’est repliée (‑9 points entre 2015 et 2023) tandis que celles des CDI hors apprentissage (+5 points) et de l’apprentissage (+2 points) ont augmenté. Certes, les nouveaux arrivants sur le marché du travail ont davantage pâti de la crise sanitaire, car les CDD et l’intérim ont été une variable d’ajustement pour les employeurs. En conséquence, la part de personnes contraintes dans leur offre de travail a ponctuellement augmenté de 3,5 points entre 2019 et 2020 pour les jeunes sortis depuis un à quatre ans de formation initiale, contre 2,0 points pour les personnes sorties de formation initiale depuis onze ans ou plus. Le sous‑emploi a en effet fortement augmenté en 2020 quelle que soit l’ancienneté sur le marché du travail, mais le halo autour du chômage a bondi principalement pour les jeunes sortis depuis un à quatre ans de formation initiale. La part de jeunes contraints dans leur offre de travail a ensuite retrouvé une tendance baissière pour atteindre 23 % en 2023, alors qu’elle était de 32 % entre 2014 et 2016. Ces évolutions illustrent l’habituelle plus grande sensibilité des entrants sur le marché du travail aux aléas conjoncturels. Le chômage des jeunes avait beaucoup augmenté jusqu’au milieu des années 1980 à la suite du choc pétrolier, puis lors de la récession de 1992‑1993 et de la crise économique de 2008‑2009. Inversement, il a davantage baissé que pour les actifs plus anciens sur le marché du travail lors des périodes plus favorables.