20 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025 Définitions L’indicateur européen de sortants précoces mesure la part des jeunes âgés de 18 à 24 ans qui sont en dehors de tout système de formation (formelle et non formelle) et qui sont peu ou pas diplômés (niveaux Cite 0 à 2 ; en France, détenant au plus le diplôme national du brevet). Les personnes peu ou pas diplômées sont celles non diplômées ou diplômées au plus du brevet des collèges. Un NEET (neither in employment nor in education or training) est une personne qui n’est ni en emploi, ni en études, ni en formation (formelle ou non formelle). Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail conclu entre un employeur et un jeune de 16 à 29 ans (sous certaines conditions 30 ans ou plus) ayant satisfait à l’obligation scolaire, des dérogations étant possibles. La durée du contrat d’apprentissage varie généralement de six mois à trois ans, en fonction du type de profession et de la qualification préparée. Plus rarement, le contrat peut être à durée indéterminée. L’apprenti perçoit un salaire calculé selon son âge et son ancienneté dans le dispositif. La conclusion d’un contrat d’apprentissage ouvre droit à des aides de l’État pour l’employeur. Un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de France Travail, etc. Le taux de chômage est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre d’actifs (en emploi ou au chômage). Le halo autour du chômage est composé de personnes sans emploi qui, soit recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler, soit n’ont pas effectué de démarche active de recherche d’emploi dans le mois précédent mais souhaitent travailler, qu’elles soient disponibles ou non. Le halo regroupe donc les personnes inactives au sens du BIT (ni en emploi, ni au chômage), mais proches du marché du travail. Le sous‑emploi recouvre les personnes ayant un emploi à temps partiel qui souhaitent travailler plus d’heures et qui sont disponibles pour le faire, qu’elles recherchent ou non un emploi. Sont aussi incluses les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, pour cause de chômage partiel par exemple, qu’elles travaillent à temps plein ou à temps partiel. Les diplômes de l’enseignement supérieur long regroupent les diplômes de niveau bac+3 ou plus. Le Compte personnel de formation (CPF) est un dispositif qui permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation mobilisables tout au long de sa vie professionnelle, dès son entrée sur le marché du travail et jusqu’à la date à laquelle elle fait valoir ses droits à la retraite. Mis en place par la loi sur la formation de 2014, le Compte personnel de formation (CPF) a remplacé le Droit individuel à la formation (DIF). 8 % des 18‑64 ans ne sont pas formés mais auraient souhaité le faire En 2022, sur l’ensemble des individus entre 18 et 64 ans, 8 % n’ont pas eu accès à une formation mais le souhaitaient, tandis que 49 % ne souhaitaient simplement pas être formés [Bentoudja, Schianchi, 2025]. Par ailleurs, 8 % des personnes ont bénéficié d’une formation professionnelle au cours des douze derniers mois en souhaitant se former davantage. Les personnes aspirant à la formation sans en obtenir aucune sont surreprésentées parmi celles se déclarant au chômage (20 %), les résidents des départements d’outre‑mer (15 %), les 18‑24 ans (13 %), les personnes nées à l’étranger (13 %) et les parents de jeunes enfants (10 %). Les raisons expliquant la volonté de suivre une formation diffèrent entre d’une part les personnes formées qui souhaitent se former plus, et d’autre part celles non formées qui y aspirent. Tandis que les premières désirent plutôt améliorer leurs compétences et mieux faire leur travail, les secondes souhaitent principalement évoluer professionnellement. Le manque d’information, ainsi que des difficultés d’ordre familial, professionnel ou financier sont les principaux motifs pouvant expliquer ce souhait insatisfait de formation. Autrices : Aurore Domps (Depp) Sonia Makhzoum (Dares) Serena Rosa (Dares) Flora Vuillier‑Devillers (Insee) 21 Insee Références – Édition 2025 – Vue d’ensemble – Des jeunes de plus en plus diplômés, mais des difficultés d’insertion... Pour en savoir plus • Antoine R., Fauchon A., Loiseau C., « L’insertion professionnelle des apprentis de niveau CAP à BTS 6 mois après leur sortie d’études en 2022 », Dares Résultats no 72, décembre 2023. • Bentoudja L., Schianchi H., « 8 % des personnes n’ont suivi aucune formation à but professionnel dans l’année alors qu’elles l’auraient souhaité », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025. • Bucher A., Terraz I., « Plan d’investissement dans les compétences : un programme d’ampleur évalué par un dispositif inédit », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025. • Commission Européenne, Cadre stratégique de l’espace européen de l’éducation, octobre 2023. • Insee, « Niveau de diplôme de la population », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2024. • Jounin E., Ndao G., Thao‑Khamsing W., Domps A., « Depuis 2018, l’apprentissage s’ouvre massivement aux formations du supérieur et des services », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025. • Louvet A., « Formation continue : des dispositifs et un financement transformés par la réforme de 2018 », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025. • Reist C., Aubry A., Herzberg K., Jounin E., « Mesurer précisément l’insertion des sortants de formation initiale : les dispositifs InserJeunes et InserSup », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025. • Rinallo J., Domens J., Vuillier‑Devillers F., « Des parcours d’entrée dans la vie adulte diversifiés et marqués par l’influence familiale », in Formations et emploi, coll. « Insee Références », édition 2025.
Dossiers
25 Insee Références – Édition 2025 – Dossiers – 8 % des personnes n’ont suivi aucune formation à but professionnel... 8 % des personnes n’ont suivi aucune formation à but professionnel dans l’année alors qu’elles l’auraient souhaité En 2022, 57 % des personnes âgées de 18 à 64 ans n’ont pas suivi de formation à but professionnel au cours des douze derniers mois. Cette année‑là, la plupart d’entre elles ne souhaitaient pas se former. En effet, 8 % des personnes auraient souhaité suivre une formation, sans que ce souhait ne soit satisfait, et 49 % ne le souhaitaient pas. Les personnes se déclarant au chômage (20 %), les personnes résidant dans les départements d’outre‑mer (15 %), les jeunes (13 %), les personnes nées à l’étranger (13 %) et les parents de jeunes enfants (10 %) expriment plus souvent que les autres ce souhait insatisfait. Parmi les personnes en emploi, celles ayant un emploi à durée limitée ont eu moins accès à la formation professionnelle et y aspiraient pourtant plus. Les personnes qui souhaitent une formation alors qu’elles n’y ont pas eu accès ont pour principal objectif d’évoluer professionnellement, quand les personnes formées souhaitent plutôt améliorer leurs compétences et mieux faire leur travail. Plusieurs freins expliquent le non‑recours à la formation à but professionnel, comme le manque d’information. Les contraintes organisationnelles, liées à la vie familiale ou professionnelle, et la charge financière sont les difficultés les plus souvent citées par les personnes qui ne sont pas parvenues à se former professionnellement. En 2022, en France, d’après l’enquête Formation tout au long de la vie sources et méthodes, 57 % des personnes âgées de 18 à 64 ans (hors retraités) ayant terminé leur formation initiale n’ont suivi aucune formation non formelle à but professionnel au cours des douze derniers mois1. Le plus souvent, les personnes qui n’ont pas été formées ne le déplorent pas : seules 8 % des personnes ne se sont pas formées professionnellement mais l’auraient souhaité (les « aspirants »), tandis que 49 % ne se sont pas formées et ne le souhaitaient pas (les « non‑aspirants ») figure 1. La quasi‑totalité des non‑aspirants estime ne pas avoir besoin de se former professionnellement. 8 % des personnes ont bénéficié d’une formation professionnelle au cours des douze derniers mois (les « formés ») et souhaitent se former davantage. Elles partagent certaines caractéristiques avec les aspirants encadré. Une personne au chômage sur cinq aspire à se former Le non‑recours à la formation professionnelle est très lié à la situation sur le marché du travail. Près des trois quarts des personnes se déclarant au chômage au moment de l’enquête n’ont pas suivi de formation professionnelle au cours des douze derniers mois, contre la moitié des personnes en emploi et la grande majorité des personnes inactives non retraitées figure 2. Une personne au chômage sur cinq aurait souhaité suivre une formation. Plus les personnes sont éloignées de l’emploi, moins elles accèdent à la formation [Aude et al., 2013]. C’est particulièrement vrai pour les personnes au chômage depuis deux ans ou plus : elles sont 80 % à n’avoir suivi aucune formation à but professionnel au cours des douze derniers mois, contre 65 % de celles dont l’ancienneté au chômage n’atteint pas six mois : parmi les chômeurs depuis moins de six mois, certains ont bénéficié de formation lorsqu’ils étaient encore en emploi figure 3. La proportion d’aspirants augmente graduellement sur les deux premières années de chômage, passant de 13 % parmi les chômeurs depuis moins de six mois à 27 % pour ceux au chômage depuis un à deux ans. Le souhait de formation diminue ensuite pour les personnes au chômage depuis deux ans ou plus, à 22 %. 1 Par rapport aux premiers résultats publiés sur le recours à la formation [Bentoudja et al., 2024], cette étude porte uniquement sur la formation non formelle à but professionnel. Ainsi, le champ est restreint aux personnes âgées de 18 à 64 ans ayant terminé leur formation initiale, hors retraités et hors individus n’ayant suivi que de la formation formelle.
26 Formations et emploi – Insee Références – Édition 2025
1. Formation et aspiration à la formation non formelle à but professionnel en 2022
Non-aspirants : non-formés ne souhaitant pas se former
en %
8 %
49 %
8 %
35 %
Aspirants : non-formés souhaitant se former
Formés ne souhaitant pas se former davantage
Formés souhaitant se former davantage
Lecture : En 2022, 49 % des personnes ne se sont pas
formées professionnellement et ne le souhaitaient pas
(non‑aspirants).
Champ : France, personnes âgées de 18 à 64 ans, non
retraitées, sorties de formation initiale.
Sources : Insee‑Dares, enquête Formation tout au long
de la vie 2022‑2023.
2. Formation et aspiration à la formation non formelle à but professionnel
selon les caractéristiques sociodémographiques en 2022 en %
Caractéristiques
Formés Non-formés
Aspirants Non-aspirants Ensemble
Sexe
Femmes 41 9 50 59
Hommes 44 7 49 56
Âge
18-24 ans 43 13 43 57
25-34 ans 47 9 45 53
35-44 ans 48 9 44 52
45-54 ans 43 7 49 57
55-64 ans 31 5 64 69
Statut d’activité au moment de l’enquête
Emploi 49 6 44 51
Chômage 28 20 52 72
Inactivité (hors retraite) 10 8 82 90
Composition familiale
Célibataire 41 7 52 59
Famille monoparentale avec enfant(s) mineur(s), dont : 44 10 46 56
Avec enfant(s) de moins de 6 ans 36 14 50 64
En couple sans enfant mineur 42 5 53 58
En couple avec enfant(s) mineur(s) 46 8 45 54
Autres 38 10 52 62
Présence d’un enfant de 6 ans ou moins dans le ménage
Oui 43 10 47 57
Non 43 7 50 57
Niveau de diplôme
Inférieur au baccalauréat 25 9 66 75
Baccalauréat ou équivalent 41 9 50 59
Bac+2 54 7 39 46
Supérieur à bac+2 63 6 31 37
Personne en difficulté à l’écrit
Oui 19 10 72 81
Non 46 8 47 54
Lieu de naissance
En France 45 7 48 55
À l’étranger 31 13 56 69
Résidence en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
Oui 26 12 62 74
Non 44 8 48 56
Lieu de résidence
France métropolitaine 43 8 49 57
Départements d’outre-mer (DOM) 25 15 60 75
Ensemble 43 8 49 57
Lecture : En 2022, parmi les femmes, 41 % ont suivi au moins une formation non formelle à but professionnel au cours des
douze derniers mois (formées), 9 % n’en ont pas suivi mais l’auraient souhaité (aspirantes) et 50 % n’en ont pas suivi et ne le
souhaitaient pas (non‑aspirantes).
Champ : France, personnes âgées de 18 à 64 ans, non retraitées, sorties de formation initiale.
Sources : Insee‑Dares, enquête Formation tout au long de la vie 2022‑2023.
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Insee Références – Édition 2025 – Dossiers – 8 % des personnes n’ont suivi aucune formation à but professionnel...
3. Formation et aspiration à la formation des chômeurs selon l’ancienneté au chômage
en 2022
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Moins de 6 mois
De 6 mois à moins
d’un an
De un an à moins
de 2 ans
2 ans ou plus
en %
Aspirants
Non-aspirants
Formés
Lecture : En 2022, parmi les personnes se déclarant au chômage depuis moins de 6 mois, 13 % aspirent à se former.
Champ : France, personnes âgées de 18 à 64 ans se déclarant au chômage à la date de l’enquête, sorties de formation initiale.
Sources : Insee-Dares, enquête Formation tout au long de la vie 2022-2023.
Parmi les personnes qui travaillent, celles en emploi à durée limitée aspirent plus
souvent à se former
Les personnes en emploi sont les moins nombreuses à ne pas s’être formées au cours des douze
derniers mois (51 % d’entre elles) : certaines ont souhaité se former (6 %), d’autres non (44 %)
figure 4. Le non‑recours est très lié aux caractéristiques de l’emploi occupé : statut d’emploi,
catégorie socioprofessionnelle et taille de l’établissement [Bentoudja et al., 2024]. Le souhait de
formation varie fortement selon le temps de travail, le type de contrat ou l’ancienneté de l’emploi.
Les personnes à temps partiel comptent 9 % d’aspirants contre 6 % pour celles à temps complet, alors
qu’elles accèdent moins à la formation professionnelle (42 % contre 51 %). De même, accédant moins
à la formation, les salariés en contrat à durée limitée ou en intérim comptent 10 % d’aspirants, contre
6 % pour les personnes en CDI et les fonctionnaires. Par ailleurs, les personnes qui occupent leur
emploi depuis moins d’un an sont 9 % à souhaiter se former quand elles ne l’ont pas été, contre 6 %
au‑delà. Les indépendants, bien que moins nombreux à se former que les salariés, n’expriment pas
davantage d’aspiration insatisfaite à suivre des formations.
Malgré un moindre accès à la formation, les moins diplômés n’expriment pas une
plus grande insatisfaction
Moins les personnes sont diplômées, moins elles accèdent à la formation
figure 2. Le non‑recours
est ainsi très élevé parmi les personnes qui ont un niveau de diplôme inférieur au baccalauréat (75 %,
soit deux fois plus que pour les titulaires d’un diplôme supérieur à bac+2 par exemple). Ces personnes
sont moins souvent en emploi que celles diplômées du supérieur. Lorsqu’elles sont en emploi, elles
appartiennent plus souvent aux catégories socioprofessionnelles des ouvriers ou employés, qui se
forment le moins professionnellement. Ce faible accès à la formation ne se traduit pas pour autant par
une aspiration plus élevée : les peu diplômés sont à peine plus nombreux que la moyenne à aspirer
à une formation professionnelle (9 %, contre 8 % des personnes de 18 à 64 ans). Un constat similaire
ressort pour les personnes identifiées comme en difficulté face à l’écrit (81 % de non‑recours, 10 %
de souhaits non satisfaits).