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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Les inégalités territoriales de niveau de vie en France…
Les inégalités territoriales de niveau de vie
en France entre 2008 et 2017
Le niveau de vie de la population française n’est pas homogène sur le territoire.
Les départements les plus pauvres sont situés dans les DOM, au nord et sur une partie
du littoral méditerranéen ; il s’agit aussi de quelques départements isolés comme la
Seine‑Saint‑Denis ou le Lot‑et‑Garonne. Au sein des aires d’attraction des villes, les plus
peuplées comme les moins peuplées, la pauvreté est plus marquée dans les pôles des
aires. Les ménages les plus aisés, pour leur part, sont davantage concentrés dans les
aires les plus grandes. Les disparités de niveaux de vie entre habitants sont les plus
fortes au sein des départements frontaliers, ceux du pourtour méditerranéen et souvent
ceux abritant une métropole. Ces disparités de niveau de vie ne tiennent toutefois pas
compte des écarts de niveau des prix entre territoires, notamment en ce qui concerne le
logement.
Ainsi, différents profils de départements se distinguent, notamment celui de Paris et de la
plupart des départements abritant une métropole, où le déficit de ménages à niveau de vie
intermédiaire est marqué. Dans le Grand Ouest, les ménages de niveau de vie intermédiaire
sont surreprésentés alors qu‘en Seine‑Saint‑Denis ou dans l’Aisne, ce sont les ménages les
plus modestes qui sont surreprésentés.
La crise de 2008 a davantage affecté les départements les plus modestes. Entre 2008 et
2011, les écarts entre hauts et bas revenus se sont accrus au sein de tous les départements.
Entre 2012 et 2017, les écarts ont connu une légère baisse, sous l’effet généralement d’une
augmentation un peu plus vive des revenus les plus modestes.
En France, en 2017, un habitant sur deux vit avec moins de 21 000 euros par an. À titre d’illustration, ce
niveau de vie médian annuel correspond à un revenu disponible de 1 750 euros par mois pour une
personne seule, et à 3 700 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de quatorze
ans. Les disparités entre les territoires sont marquées, tant entre départements qu’au sein des
départements voire des agglomérations.
Les départements les plus pauvres se situent dans les DOM,
au nord et dans une partie du centre et du littoral méditerranéen
Les habitants des départements du nord de la France, de l’ancienne région Languedoc‑Roussillon
et d’outre‑mer (DOM) disposent d’un niveau de vie médian inférieur au niveau national. Il est par
exemple de 18 610 euros par an dans le Pas‑de‑Calais et de 18 560 euros dans l’Aude
figure 1.
Le taux de chômage important, respectivement de 11,5 % et 12,5 %, contre 9,4 % en France en 2017,
explique en partie ces faibles revenus. Dans le centre de la France également (la Creuse, l’Indre,
la Dordogne, etc.), le niveau de vie médian est en deçà du niveau national, mais pour des raisons
différentes : les salaires sont faibles et la proportion de retraités modestes est importante. Dans la
Creuse, par exemple, le chômage est moins fréquent qu’en France, mais le salaire net horaire moyen
est inférieur de 23 % au niveau national. De plus, dans ce département, les retraités sont
plus nombreux (40 % des habitants sont des retraités contre 27 % en France métropolitaine)
et ont un niveau de vie médian plus faible (18 640 euros contre 21 140 euros pour les retraités en
France métropolitaine).
À l’inverse, des populations à plus forts revenus, du fait des salaires plus élevés des travailleurs
transfrontaliers, sont situées à proximité de la Suisse, de l’Allemagne ou du Luxembourg.
Également, des nombreux retraités aisés s’installent le long du littoral méditerranéen (Menton, Nice,
Saint‑Tropez, etc.), océanique (La Rochelle, les Sables‑d’Olonne) ou même de la Manche (Cabourg,
Deauville, Granville). Le revenu médian est élevé aussi autour de certaines régions viticoles
(Champagne, Bourgogne). Mais c’est surtout dans les plus grandes villes que le niveau de vie est le
plus important, en premier lieu en Île‑de‑France, mais également dans les plus grandes métropoles
(Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg) qui bénéficient d’une forte proportion d’emplois
qualifiés.
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La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
La taille de l’aire d’attraction des villes, qui définit l’étendue de l’influence d’un pôle sur les
communes environnantes à travers les déplacements domicile‑travail, et la position des communes
au sein de l’aire expliquent également les écarts de niveau de vie. De manière générale, le niveau de
vie médian est plus élevé dans les aires plus peuplées et, à l’intérieur des aires, il est plus élevé dans
la couronne que dans le pôle de l’aire d’attraction de la ville
figure 2. Les habitants du pôle
de l’aire de Paris disposent annuellement de 2 110 euros de plus que ceux des pôles des aires de
700 000 habitants ou plus, et ces derniers perçoivent eux‑mêmes 1 070 euros de plus en moyenne
que les habitants des aires de 200 000 à 700 000 habitants. Ces écarts ne tiennent pas compte des
différences de coût de la vie, lequel est notamment plus élevé à Paris. Les habitants des pôles d’aires
de 50 000 à 200 000 habitants ont le niveau de vie le plus faible. Ces écarts tiennent notamment
au profil de la population active dans ces territoires : le taux d’emploi des 25‑64 ans est de plus de
75 % dans le pôle de Paris, proche de 70 % dans les pôles des aires de 700 000 habitants ou plus
et atteint seulement 66 % dans les autres pôles, un tiers des personnes en emploi du pôle de Paris
sont cadres, un quart dans ceux des aires de 700 000 habitants ou plus contre moins d’un cinquième
ailleurs.
Les couronnes regroupent globalement une population plus aisée que leur pôle, et ce
indépendamment de la taille de l’aire. Les résidents des couronnes des aires de 700 000 habitants ou
plus bénéficient par exemple d’un revenu disponible médian par unité de consommation supérieur
de près de 10 % à celui de la population de leur pôle. Le taux d’emploi y est généralement supérieur à
celui de leur pôle.
Les inégalités entre individus sont plus marquées dans les pôles des aires,
les plus peuplées comme les moins peuplées
Les disparités peuvent être approchées non seulement en comparant les territoires entre eux mais
aussi en comparant la situation des habitants à l’intérieur d’un territoire donné. Le rapport interdécile
mesure les contrastes sociaux entre les 10 % des personnes les plus aisées et les 10 % les
plus modestes.
Les bas revenus sont surtout concentrés dans les pôles
figure 2. Globalement, au sein des pôles, les
10 % des personnes les plus modestes ont des niveaux de vie inférieurs à 10 200 euros par an, contre
1. Niveau de vie médian par département en 2017
© IGN - Insee 2021
en euros
21 500
20 800
20 170
19 620
Lecture : en Haute-Garonne, la moitié de la population a un niveau de vie supérieur à 22 510 euros.
Source : Insee, Filosofi 2017 pour la France métropolitaine, la Martinique et la Réunion ; enquête Budget de famille 2017 pour la
Guadeloupe, la Guyane et Mayotte.
51 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Les inégalités territoriales de niveau de vie en France… 12 000 euros dans les couronnes. Cette situation défavorable des pôles se retrouve dans l’ensemble des aires, même si elle est moins marquée dans les plus petites (moins de 50 000 habitants). À l’image des différences entre départements, les disparités entre pôles découlent partiellement de leur situation géographique. Dans les Hauts‑de‑France et le Grand Est, les niveaux de vie des 10 % les plus modestes sont plus faibles : moins de 9 700 euros pour les pôles de Strasbourg, Mulhouse et Metz ; moins de 8 800 euros et 9 100 euros respectivement pour ceux de Maubeuge et de Calais. Dans ces deux dernières aires, la part moyenne de leur revenu provenant des minima sociaux est très importante, respectivement 18 % et 14 % contre 6 % en France métropolitaine. Dans les aires du pourtour méditerranéen – hors Côte d’Azur –, les revenus plafonds des 10 % les plus modestes sont aussi en retrait par rapport au niveau national : dans les pôles de Marseille, Montpellier et Narbonne, un habitant sur dix a un niveau de vie inférieur à 9 400 euros par an. Cette valeur s’élève à 8 200 euros pour Béziers et 9 100 euros pour Nîmes et Perpignan. Il en est de même dans les DOM où 10 % des habitants du pôle de l’aire de Fort‑de‑France vivent avec moins de 8 950 euros, 8 600 euros pour ceux de Saint‑Denis de La Réunion et 8 000 euros pour ceux de Saint‑Pierre – Le Tampon. D’une façon générale, les très hauts revenus sont concentrés dans les grandes aires, où les cadres sont plus présents. Au sein de ces aires quelle que soit leur taille hormis le cas particulier de l’aire de Paris, il existe très peu de différence entre les pôles et les couronnes. Dans les couronnes, les écarts de revenus sont le plus souvent moindres que dans leur pôle : le niveau de vie des habitants les plus modestes y est plus élevé et celui des plus aisés similaire. Les disparités entre habitants sont les plus fortes au sein des départements frontaliers, la plupart de ceux abritant une métropole et ceux du pourtour méditerranéen Les disparités de niveau de vie infra‑départementales sont fortes dans le nord de la France, en Seine‑Saint‑Denis et sur le littoral méditerranéen en raison des faibles niveaux de vie des plus modestes. Dans les autres départements franciliens, les départements transfrontaliers, en 2. 1er décile, médiane et 9e décile de niveau de vie en 2017 selon la taille des aires d’attraction des villes 1er décile (10 % les plus pauvres) Médiane 9e décile (10 % les plus aisés) 0 10 000 20 000 30 000 40 000 50 000 en euros Communes hors d’attraction des villes Aire de Paris Pôle Couronne Pôle Couronne Pôle Couronne Pôle Couronne Pôle Couronne 700 000 habitants ou plus (hors Paris) 200 000 à 700 000 habitants 50 000 à 200 000 habitants Moins de 50 000 habitants Lecture : le 9e décile des habitants du pôle de l’aire de Paris est le plus élevé de tous les territoires. Champ : France métropolitaine. Source : Insee, Filosofi 2017.
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La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
3. Niveau de vie et inégalités par département en 2017
a. 1er décile (D1)
© IGN-Insee 2021
en euros annuels
11 660
11 210
10 790
12 020
Lecture : le niveau de vie plafond des 10 % des individus les
plus modestes (1er décile) est plus faible dans le nord et le
sud de la France.
Source : Insee, Filosofi 2017, enquête Budget de famille 2017
pour les DOM.
b. 9e décile (D9)
© IGN-Insee 2021
en euros annuels
35 370
34 060
32 870
38 030
Lecture : le niveau de vie plancher des 10 % des individus les
plus aisés (9e décile) est plus élevé en Île-de-France et le long
de la frontière à l’est.
Source : Insee, Filosofi 2017, enquête Budget de famille 2017
pour les DOM.
c. Rapport interdécile D9/D1
© IGN-Insee 2021
rapport interdécile
3,1
3,0
2,9
3,4
Lecture : les écarts de niveaux de vie entre les plus
modestes et les plus aisés sont moindres en Bretagne
et dans les Pays de la Loire.
Source : Insee, Filosofi 2017, enquête Budget de famille
2017 pour les DOM.
Haute‑Garonne et dans la Marne, c’est davantage le niveau de vie élevé des 10 % des habitants les
plus aisés qui tire les disparités vers le haut. Certains départements cumulent ces deux facteurs :
outre Paris, c’est le cas du Val‑d’Oise, des Bouches‑du‑Rhône ou encore des Alpes‑Maritimes.
À l’inverse, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, les inégalités de niveau de vie sont les plus
faibles, y compris dans les départements qui abritent une métropole comme Nantes, Rennes ou
Brest
figure 3.