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26 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 L’artificialisation des sols se poursuit, plus intensément dans les zones attractives La lutte contre l’étalement urbain pour préserver les paysages et la biodiversité est également une préoccupation environnementale importante. En France, 43 700 ha sont des surfaces principalement artificialisées entre 2012 et 2018 d’après la source Corine Land Cover1, soit une superficie équivalente à quatre fois celle de Paris. Les départements les plus concernés se situent logiquement dans des territoires attractifs (du fait de leur dynamique économique ou de leur climat), tels que les espaces littoraux et les grandes métropoles (2 300 ha en Gironde, 1 900 ha dans l’Hérault, 1 700 ha en Haute‑Garonne), tandis que les départements ruraux ou montagnards sont davantage préservés. La Charente est l’unique département où l’artificialisation baisse : – 235 ha, en raison d’une diminution des surfaces des zones de chantier. Rapportée à la superficie du département, l’artificialisation a été la plus forte à Mayotte et en Seine‑Saint‑Denis    figure 4. Cette modification des milieux se fait essentiellement au détriment de territoires agricoles : 80 % des superficies nouvellement artificialisées étaient agricoles en 2012 et près de 20 % étaient des forêts ou des milieux semi‑naturels. Dans six départements, l’artificialisation provient intégralement de la disparition de surfaces agricoles (Cantal, Eure‑et‑Loir, Gers, Ille‑et‑Vilaine, Somme et Seine‑Saint‑Denis), tandis que dans les Alpes‑Maritimes elle provient intégralement de la disparition de zones forestières ou de milieux semi‑naturels. À l’inverse, sur les 5 300 ha désartificialisés entre 2012 et 2018 provenant de surfaces de mines, de décharges ou de chantiers, 46 % sont devenus agricoles, notamment en Haute‑Vienne (devenus des prairies) et dans le Gers (devenus des terres arables) ; 40 % sont devenus des milieux à végétation arbustive ou herbacées, notamment dans le Gard et les Bouches‑du‑Rhône et 13 % des surfaces en eaux continentales (eaux réparties sur les terres émergées) notamment dans la Marne et l’Yonne. 1 Corine Land Cover (CLC) est un inventaire biophysique de l’occupation des sols et de son évolution selon une nomenclature en 44 postes. Cet inventaire est produit par interprétation visuelle d’images satellite. L’échelle de production est le 1/100 000. CLC permet de cartographier des unités homogènes d’occupation des sols d’une surface minimale de 25 ha. Cette base de données a été initiée en 1985. Les millésimes 1990, 2000, 2006, 2012 et 2018 ont été réalisés.  3. Part de la surface sensible à l’eutrophisation en 2010 © IGN-Insee 2021 en % 86,8 100,0 60,0 30,7 9,2 non disponible Lecture : en 2010, dans les Bouches-du-Rhône, les surfaces cumulées des communes sensibles à l’eutrophisation représentent 26 % de la surface du département, contre en moyenne 75 % en France. Champ : France hors Mayotte. Sources : MTES, Onema ; Agences de l'eau, 2020.

27 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Spécificités des départements français… Le dioxyde de carbone (CO2) représente 77 % des émissions de gaz à effet de serre et est nocif pour l’environnement. Il est partiellement produit par les transports (29 %) et par les établissements industriels (20 %). En octobre 2020, les émissions moyennes de CO2 des voitures neuves s’établissent à 120,4 g/km et la part des voitures soumises au malus écologique est de 6,9 %. En 2019, 18,8 % des véhicules neufs émettent moins de 100 g de CO2 par kilomètre    figure 5.  4. Part de la surface départementale convertie en surface principalement artificialisée entre 2012 et 2018 © IGN-Insee 2021 en % 0,310 0,174 0,091 0,040 Lecture : entre 2012 et 2018, dans le Nord, 0,25 % de la surface départementale a été artificialisée, contre en moyenne 0,09 % en France. Source : Corine Land Cover 2018.  5. Part des immatriculations de voitures neuves émettant moins de 100g CO2/km en 2019 © IGN-Insee 2021 en % 20,9 19,6 18,2 15,8 non disponible Lecture : dans les Landes, 20 % des voitures neuves immatriculées en 2019 émettent moins de 100g de CO2 par km, contre en moyenne 19 % en France. Champ : France métropolitaine. Source : Répertoire statistique des véhicules routiers (RSVERO) 2020.

28 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 Ce taux varie de 13,3 % en Haute‑Corse à 22,4 % dans le Lot. Dans les Bouches‑du‑Rhône, le Nord, les Hauts‑de‑Seine et le Rhône, qui enregistrent de fortes ventes de véhicules neufs, la part des véhicules peu polluants, en matière de CO2, avoisine les 20 %. La part des véhicules peu polluants est plus forte dans les départements densément peuplés où les activités industrielles polluantes (sidérurgie, métallurgie, chimie, industrie lourde) sont particulièrement présentes. Au même titre que la limitation de l’artificialisation, la production d’énergies renouvelables est un moyen de préserver l’environnement. Dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie publiée en janvier 2019, l’objectif est de doubler les capacités de production d’énergies renouvelables en 2028 pour atteindre la neutralité carbone en 2050. En 2017, les deux principales sources de production d’énergies renouvelables sont l’éolien (57 %) et le photovoltaïque (30 %). Les principales implantations en éoliennes se situent dans la moitié nord : les trois premiers départements producteurs sont la Somme (9,4 % de la production totale d’énergie éolienne), la Marne (6,2 %) et le Pas‑de‑Calais (6,1 %). Le Sud concentre davantage d’installations photovoltaïques : les trois premiers producteurs d’énergie photovoltaïque sont la Gironde (10,2 % de la production totale d’énergie photovoltaïque), les Landes (6,6 %) et les Alpes‑de‑Haute‑Provence (4,5 %). Les départements situés au centre de la France ont des marges de progression en matière de production d’énergies renouvelables, tout en tenant compte du fait qu’ils bénéficient de conditions météorologiques moins favorables en termes d’ensoleillement ou de vent. Concernant les DOM, La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique se situent dans le premier tiers des départements les plus producteurs. Les départements denses ou touristiques valorisent moins les déchets ménagers et assimilés La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire vise également à interdire progressivement la mise en décharge de déchets non dangereux valorisables et à réduire les quantités de déchets ménagers et assimilés (DMA) admis en installation de stockage à 10 % des quantités produites. En 2017, 35 millions de tonnes de DMA ont été produits en France, dont 45 % ont été valorisés hors incinération avec récupération d’énergie    figure 6. Les performances départementales de valorisation sont inégales : de 84 % en Vendée à 21 % en  6. Taux de valorisation matière et organique des déchets ménagers et assimilés en 2017 © IGN-Insee 2021 en % 67,0 49,9 34,8 13,9 Lecture : en 2017, dans le Haut-Rhin, 52 % des déchets ménagers et assimilés sont valorisés, contre en moyenne 45,5 % en France. Source : Sinoe 2020.

29 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Spécificités des départements français… Corse‑du‑Sud. Les régions de Bretagne, des Pays de la Loire et des départements plus ruraux (Lozère, Haute‑Loire, Drôme, Ardèche) valorisent davantage leurs DMA. Les départements les moins efficients sont majoritairement les plus denses ou les plus touristiques (départements de Corse, d’Île‑de‑France, de Provence‑Alpes‑Côtes d’Azur et d’Occitanie). Les DOM, hormis La Réunion, valorisent peu leurs déchets (moins de 27 %). Par ailleurs, préserver l’environnement implique aussi de lutter contre le réchauffement climatique, source de nombreux dérèglements de la biodiversité et facteur d’amplification de catastrophes naturelles
 encadré 3. Agir pour une société juste en éradiquant la pauvreté Les politiques publiques doivent également agir sur la pauvreté, la suroccupation des logements, l’égalité entre les femmes et les hommes et les difficultés d’insertion des jeunes. Les politiques publiques sont souvent nationales en matière d’égalité entre les femmes et les hommes ou d’éducation et de formation, mais plutôt locales en matière de logement et de lutte contre la pauvreté. La pauvreté touche d’abord les DOM qui enregistrent les taux les plus forts, au‑delà de 30 %. En France métropolitaine, la pauvreté la plus élevée est observée en Seine‑Saint‑Denis et, dans une moindre mesure, dans les Pyrénées‑Orientales, dans l’Aude et en Haute‑Corse avec un taux de pauvreté supérieur à 20 %    figure 7. Elle est importante dans le nord et le sud de la France, ainsi que dans certains départements de la « diagonale centrale » incluant l’Aisne, la Creuse, le Lot‑et‑Garonne et l’Aube. À l’inverse, en Haute‑Savoie, dans les Yvelines et en Vendée, les taux de pauvreté sont les plus bas (inférieurs à 10 %). Dans les départements où l’emploi est le plus précaire (proportion élevée d’emploi interimaire et de contrats à durée déterminée) et où les jeunes connaissent des difficultés pour s’insérer, la dispersion des niveaux de vie est souvent plus élevée. Néanmoins, les départements offrant les revenus tant les plus élevés (Hauts‑de‑Seine et Paris) que les plus faibles (Mayotte et Guyane) enregistrent les plus fortes disparités sociales (les 10 % des ménages les plus aisés ont un niveau de vie plus de 6 fois supérieur aux 10 % les plus modestes). En 2016, 9,9% des résidences principales sont en situation de suroccupation. Cela concerne plus de 5 millions de personnes qui vivent à deux ou plus dans un logement où le nombre de pièces est insuffisant au regard de la taille de leur ménage. La suroccupation des logements est liée à la pauvreté de la population du département, sauf exceptions comme dans les Hauts‑de‑Seine ou le Val‑de‑Marne. En métropole, elle coïncide avec une part de la population vivant en HLM importante et des ménages plus grands que la moyenne. Le taux de pauvreté est plus élevé chez les locataires du parc social que pour les autres ménages et la suroccupation y est, en général, plus fréquente. 3. Le réchauffement climatique, source de nombreux dérèglements L’ODD 13 (mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques) est illustré essentiellement au niveau national à l’aide des dérèglements observés (catastrophes naturelles, hivers moins rigoureux, diminution de l’enneigement, etc.). Des mutations de l’environnement sont en cours et contraignent les activités humaines (adaptation des productions agricoles, approvisionnement en eau douce, sécheresse). L’objectif de l’Accord de Paris de 2015, qui fixait la limite du réchauffement à + 2°C en 2030, semble aujourd’hui inatteignable. L’évolution des températures démontre que les hivers deviennent de moins en moins rigoureux et les vagues de chaleur sont plus fréquentes. La durée moyenne d’enneigement en moyenne montagne diminue. Les précipitations annuelles sont très disparates : elles augmentent sur une grande moitié nord (surtout le quart nord‑est) et baissent au sud (surtout dans le sud‑est). Entre 1998 et 2018, sur l’ensemble du territoire, de nombreux arrêtés de catastrophes naturelles ont été pris. Parmi ces catastrophes, 72 % correspondent à des inondations et 23 % à des mouvements de terrain. La fréquence des catastrophes naturelles pourrait s’accroître. Les populations du littoral sont de plus en plus confrontées à l’érosion côtière et aux risques de submersion marine ; les glaciers disparaissent progressivement des montagnes, les incendies se multiplient et des épisodes caniculaires touchent désormais les zones intérieures.

30 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 Les ménages concernés par la suroccupation résident majoritairement dans les grandes agglomérations. 74 % d’entre eux habitent dans une agglomération de plus de 100 000 habitants, dont 40 % dans l’agglomération parisienne. En métropole, la suroccupation des logements est la plus forte en Île‑de‑France et en Provence‑Alpes Côte d’Azur. Si les logements sont plus souvent suroccupés dans les départements les plus denses (départements d’Île‑de‑France, Alpes‑Maritimes, Bouches‑du‑Rhône), ils le sont également à Mayotte et en Guyane (taux de suroccupation respectivement de 57,5 % et 37,2 %)    figure 8.  7. Taux de pauvreté en 2018 © IGN-Insee 2021 en % 25 17 13 Lecture : en 2018, dans les Pyrénées-Orientales, le taux de pauvreté est de 21,0 %, contre en moyenne 14,7 % en France. Source : Insee, Filosofi 2018, Budget de famille 2017 (uniquement pour la Guadeloupe, la Guyane et Mayotte).  8. Taux de logements suroccupés en 2016 © IGN-Insee 2021 en % 22,2 15,6 9,2 5,5 Lecture : en 2016, dans le Val-de-Marne, 20,7 % des logements sont suroccupés, contre en moyenne 9,9 % en France. Source : Insee, recensement de la population 2016.