FET2021.pdf

Type: Document | Status: ready

16 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021  6. Taux de pauvreté en 2017 © IGN - Insee 2021 27 18 14 10 en % Note : dans Filosofi, le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian métropolitain, alors que dans l’enquête Budget de famille, il est fixé à 60 % du niveau de vie médian national. Lecture : en 2017, dans l’Ain, 10,5 % de la population a un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Champ : personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul ; Guadeloupe, Guyane, Mayotte, personnes appartenant à des ménages ordinaires. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2017 pour la France métropolitaine, La Réunion, la Martinique ; Insee, enquête Budget de famille 2017 pour la Guadeloupe, Guyane, Mayotte.  7. Taux de pauvreté et niveau de vie médian selon la taille des aires d’attraction des villes
en 2017 Taux de pauvreté (en %) Niveau de vie médian (en euros par an) Pôle Couronne Pôle Couronne 700 000 habitants ou plus 17,2 9,3 21 990 23 220 200 000 à 700 000 habitants 20,3 11,2 19 530 21 720 50 000 à 200 000 habitants 21,5 10,9 18 750 21 050 Moins de 50 000 habitants 17,6 12,3 19 230 20 350 Communes hors attraction des villes 14,9 19 760 Champ : France métropolitaine, Martinique et La Réunion, personnes appartenant à des ménages fiscaux en logement ordinaire dont le revenu disponible est positif ou nul. Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) 2017. qui sont accentuées pour la mortalité évitable par la prévention primaire (vaccination, tabagisme, alcoolisme, etc.) : un couloir de plus forte mortalité s’étend sur les Hauts‑de‑France et sur une diagonale allant de la frontière luxembourgeoise au nord du Massif central. À l’opposé, un arc de plus faible mortalité s’étend de l’Île‑de‑France à la façade atlantique (hors pointe bretonne), le sud de la France et jusqu’au Jura (fiche 4.3)    figure 8. Cette carte de la surmortalité « structurelle » diffère de celle de la surmortalité entre 2019 et 2020 en lien avec la crise sanitaire
 figure 9, cette dernière concernant surtout l’Île‑de‑France, le nord et l’est de la France à l’exception de sa partie sud. Ainsi, la Bretagne, relativement mal positionnée sur la première carte fait partie des territoires les plus épargnés sur la seconde. Symétriquement, l’Île‑de‑France affiche une situation favorable quant à la surmortalité « structurelle » mais défavorable dans le contexte de la Covid19. La Nouvelle-Aquitaine et Provence‑Alpes‑Côte d’Azur sont bien positionnées sur les deux cartes.

17 Insee Références – Édition 2021 – Vue d’ensemble – Les territoires au cœur des crises, des disparités…  8. Sur ou sous-mortalité dans les EPCI par rapport à la mortalité évitable en France,
en moyenne annuelle sur la période 2009-2015 Lecture : au regard de la valeur France métropolitaine, les EPCI représentés en rouge présentent une surmortalité, ceux en gris n'en diffèrent pas et ceux en bleu présentent une sous-mortalité. Champ : France hors Mayotte. Source : Inserm-CépiDc ; Insee - Exploitation Fnors.  9. Évolution des décès domiciliés entre 2019 et 2020 © IGN - Insee 2021 19,0 13,9 8,2 2,9 en % Source : Insee, état civil.

18 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 Des disparités d’accessibilité notables en matière de culture L’accès à d’autres équipements et services joue aussi un rôle important en matière de conditions de vie des ménages. Dans les territoires les plus denses, l’offre d’équipements et de services est complète, mais la densité n’est en revanche pas toujours suffisante pour que les services soient accessibles ou de qualité. La densité d’équipements par habitant est parfois plus élevée dans les territoires peu denses. C’est le cas des équipements sportifs : dans les territoires les plus denses, en Île‑de‑France et dans les départements regroupant de grandes villes, le nombre d’équipements sportifs par km2 est important, mais la densité de ces équipements par habitant est plus faible (fiche 4.6). L’offre culturelle reste, quant à elle, très concentrée géographiquement : les équipements culturels sont principalement situés dans les capitales régionales et le long du littoral méditerranéen. Plus de la moitié des salariés des entreprises culturelles travaillent en Île‑de‑France (fiche 4.5). Enfin, le taux de cambriolages est plus élevé dans les pôles que dans leurs couronnes, ainsi que dans les plus grandes aires d’attraction des villes (de 700 000 habitants ou plus). La fréquence de ce délit décroît avec la taille de l‘aire (fiche 4.7). Auteurs : Christine Charton, Nathalie Couleaud, Fabrice Lenseigne, Gérard Moreau (Insee) Définitions La grille communale de densité définie par Eurostat permet de comparer le degré d’urbanisation des pays européens, avec une méthodologie homogène et relativement indépendante des découpages administratifs de chaque pays. La grille communale s’appuie sur une grille de carreaux de 1 km², dans lesquels la population est calculée à partir des données géolocalisées issues, en France, des fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fidéli 2018), base de données issue principalement des fichiers fiscaux liés à la taxe d’habitation. Les territoires ruraux sont définis à partir de la grille de densité : sont rurales toutes les communes peu denses ou très peu denses. L’aire d’attraction d’une ville désigne un ensemble de communes, d’un seul tenant et sans enclave, constitué d’un pôle de population et d’emploi, et d’une couronne qui regroupe les communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle. La commune la plus peuplée du pôle est appelée commune‑centre. Les pôles sont déterminés principalement à partir de critères de densité et de population totale, suivant une méthodologie cohérente avec celle de la grille communale de densité. Un seuil d’emplois est ajouté de façon à éviter que des communes essentiellement résidentielles, comportant peu d’emplois, soient considérées comme des pôles. Les communes qui envoient au moins 15 % de leurs actifs travailler dans le pôle constituent la couronne de l’aire d’attraction du pôle. Les aires sont classées suivant le nombre total d’habitants de l’aire. Une très grande aire d’attraction des villes est une aire de 700 000 habitants ou plus (hors Paris). Une grande aire d’attraction des villes est une aire de 200 000 à moins de 700 000 habitants. Une moyenne aire d’attraction des villes est une aire de 50 000 à moins de 200 000 habitants. Une petite aire d’attraction des villes est une aire de moins de 50 000 habitants. Les communes qui n’appartiennent ni à un pôle ni à une couronne sont les communes hors attraction des villes. La notion d'unité urbaine repose sur la continuité du bâti et le nombre d'habitants. Il s'agit d'une commune ou d'un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants. Une zone d’emploi est un ensemble de communes dans lequel la plupart des actifs résident et travaillent. L'indice conjoncturel de fécondité mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu’elles soient résidentes ou touristes. Une grille d’analyse fonctionnelle des emplois décrit le système productif à partir de la définition de quinze fonctions, par regroupement des professions et catégories socioprofessionnelles. Cinq fonctions sont qualifiées de « métropolitaines », parce qu’elles sont plus particulièrement présentes dans les grandes villes à savoir : conception-recherche, prestations intellectuelles, commerce inter-entreprises, gestion et culture-loisirs. Les ménages pauvres sont ceux qui ont les niveaux de vie les plus faibles et se situent dans les 2 premiers déciles de la population (les 20 % les plus modestes) ; les ménages riches sont ceux qui ont les niveaux de vie les plus élevés et se situent dans les 2 derniers déciles de la population (les 20 % les plus riches). Les ménages à revenus médians sont les 20 % de ménages au milieu de la distribution. Pour en savoir plus • Bouba‑Olga O., Grossetti M., « La métropolisation, horizon indépassable de la croissance économique ? », Revue de l’OFCE 2015/7 n° 143, 2015. • Veltz P., Mondialisation, villes et territoires : l’économie d’archipel, Presses universitaires de France, janvier 2014.

Dossiers

21 Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Spécificités des départements français… Spécificités des départements français
au regard du développement durable Les départements français présentent chacun des spécificités au regard des enjeux de développement durable. Par exemple, les métropoles sont des lieux de création de richesses mais aussi des facteurs de risques pour l’environnement et d’exclusion pour certaines catégories de populations. Les enjeux de santé et de bien‑être dépendent de facteurs comme le maillage des services de santé ou la préservation des ressources naturelles. L’eutrophisation, dérèglement aquatique présent dans la plupart des départements, met à mal la qualité des écosystèmes. Préserver la biodiversité est un défi alors que l’artificialisation se poursuit en France. Pour autant, la conversion en agriculture biologique progresse, la France réalise d’importants investissements pour assainir ses eaux et des comportements vertueux tendent à infléchir les émissions de CO2 (immatriculation de voitures neuves moins polluantes et développement des énergies renouvelables). Un autre enjeu du développement durable porte sur la réduction des inégalités. La pauvreté touche les DOM et d’autres départements de France métropolitaine. Dans certains d’entre eux, la suroccupation des logements est élevée. L’écart de salaire entre les femmes et les hommes constitue un facteur d’inégalités et est particulièrement marqué dans les départements industriels et dans ceux où les cadres sont plus nombreux. De plus, dans de nombreux territoires, les difficultés liées à l’éducation et à la formation se cumulent pouvant aussi devenir des obstacles pour l’accès à l’emploi. La feuille de route de la France pour l’Agenda 2030 identifie six enjeux prioritaires pour aller vers un modèle plus prospère, solidaire et écologique et être au rendez‑vous des objectifs de développement durable (ODD) de 2030, définis dans le cadre de l’ONU    encadré 1. Quatre des six enjeux de cette feuille de route sont traités ici : • Agir pour la santé et le bien‑être de toutes et de tous, notamment via une alimentation et une agriculture saine et durable ; • Transformer les modèles de sociétés par la sobriété carbone et l’économie des ressources naturelles, pour agir en faveur du climat, de la planète et de sa biodiversité ; • Agir pour une société juste en éradiquant la pauvreté, en luttant contre toutes les discriminations et inégalités et en garantissant les mêmes droits, opportunités et libertés à toutes et à tous ; • S’appuyer sur l’éducation et la formation tout au long de la vie pour permettre une évolution des comportements et des modes de vie adaptée au monde à construire et aux défis du développement durable.

  1. La France dans la moyenne européenne au regard des objectifs
    de développement durable La France est en position moyenne au sein de l’Union européenne (UE) [Cling et al., 2019]. La pauvreté
    et les inégalités monétaires y sont relativement contenues. L’espérance de vie y est élevée sans que
    cela se traduise par une meilleure santé perçue. En matière d’éducation, la France fait mieux que la moyenne européenne, sauf pour la réduction des faibles compétences chez les jeunes de 15 ans.
    L’accès à l’emploi reste difficile, notamment pour les plus jeunes. Le bilan de la France est contrasté dans le domaine environnemental. Sa consommation d’énergie a décru comme dans l’ensemble des pays de l’UE. Cependant, elle peine à atteindre certains de ses objectifs, par exemple en matière d’énergies renouvelables. Le recours à l’énergie nucléaire explique sa bonne performance quant aux émissions de gaz à effet de serre. La France est proche de la moyenne européenne pour la pollution de l’air par les particules fines ou le développement de l’agriculture biologique.