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La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
départs de jeunes non compensés par des arrivées (fiche 2.1). D’un territoire à l’autre, le profil des
ménages et des familles diffère également. Les personnes choisissent en effet leur lieu de résidence en
fonction de leurs contraintes, notamment financières, de leurs besoins et de leurs aspirations (maison
avec jardin, par exemple). Ainsi, les familles avec enfants sont plus présentes dans les couronnes
des aires, particulièrement les familles recomposées à la recherche d’espace, tandis que les familles
monoparentales s’installent davantage dans les communes‑centres où la proportion de logements
sociaux est plus élevée (fiches 2.2 et 2.3). Ces écarts existent aussi en matière de fécondité. S’éloigner
des centres peut s’imposer pour agrandir sa famille et avoir plus d’espace, à un coût abordable.
De fait, en France métropolitaine, l’indice conjoncturel de fécondité est ainsi plus faible dans les
communes‑centres que dans les autres communes du pôle et dans les couronnes. Dans les aires de
200 000 habitants ou plus (hors celle de Paris), il est en moyenne de 1,69 dans les communes‑centres,
de 1,95 dans les autres communes des pôles, et de 1,97 dans les couronnes.
Dans l’agglomération parisienne, il s’élève à 1,48 enfant par femme à Paris, 2,16 dans le reste du pôle et
2,00 dans la couronne (fiche 2.4).
Des dynamiques de la population et d’emploi souvent conjointes
La croissance de l’emploi va souvent de pair avec celle de la population. Un marché de l’emploi
favorable peut attirer de nouveaux arrivants au sein de la zone d’emploi, et une population dynamique
y stimule l’emploi présentiel. L’emploi est davantage concentré que la population dans les plus
grandes aires d’attraction des villes. Outre les grandes métropoles, le soleil et le littoral attirent des
actifs et des retraités. En revanche, la population et l’emploi diminuent dans plusieurs départements
du Grand Est et de Bourgogne‑Franche‑Comté plus touchés par les difficultés de l’industrie, assez
présente dans ces territoires (fiche 2.6).
En France métropolitaine, les régions du sud (Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et Occitanie) et les
Hauts‑de‑France se démarquent avec un taux de chômage nettement supérieur à la moyenne nationale
3. Évolution de la population entre 2007 et 2017 selon la taille des aires d’attraction
des villes et la catégorie de communes
– 0,6
– 0,4
– 0,2
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
en %
Pôle
Couronne
Ensemble
des aires
Pôle
Couronne
Pôle
Couronne
Pôle
Couronne
Pôle
Couronne
Aire de Paris
700 000 habitants
ou plus (hors Paris)
200 000 à
700 000 habitants
50 000 à
200 000 habitants
Pôle
Couronne
Moins de
50 000 habitants
Solde naturel
Solde migratoire apparent
Lecture : au sein de l’aire de Paris, la population de la couronne croît du fait du solde naturel et du solde migratoire apparent,
tandis que dans le pôle, le solde naturel est positif mais le solde migratoire est négatif.
Champ : France hors Mayotte, limites territoriales communales en vigueur au 1er janvier 2020, hors communes hors de
l’attraction des villes.
Source : Insee, recensements de la population 2007 et 2017, état civil.
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Insee Références – Édition 2021 – Vue d’ensemble – Les territoires au cœur des crises, des disparités…
(de 9,7 à 10,4 %). Il est aussi supérieur à la moyenne dans les DOM. Les disparités de chômage entre
régions persistent dans le temps malgré des dynamiques de l’emploi et de la population très différentes.
De 2015 à 2019, le taux de chômage baisse dans toutes les régions sauf à Mayotte (fiche 3.6).
Des disparités économiques et d’emploi entre les territoires
L’Île–de–France concentre à elle seule 31 % du Produit intérieur brut (PIB) national (fiche 3.1). La
répartition des activités sur le territoire traduit certaines formes de spécialisation, du fait de facteurs
géographiques, historiques, humains ainsi que des effets des politiques publiques. Dans les grandes
agglomérations, la part d’emplois de cadres dans les fonctions métropolitaines est importante
(fiche 3.4) et
figure 4. La recherche et développement est aussi très concentrée dans les régions
sièges des plus grandes agglomérations : l’Occitanie, l’Île‑de‑France, Auvergne‑Rhône‑Alpes et
Provence‑Alpes‑Côte d’Azur. De même, les emplois des multinationales sont concentrés dans les zones
d’emploi des grands pôles (fiches 3.8 et 3.9).
Entre 2008 et 2017, l’emploi a augmenté plus nettement dans les zones d’emploi à forte concentration
de fonctions métropolitaines et celles spécialisées dans le tourisme : respectivement + 0,8 % et + 0,6 %
par an, contre + 0,4 % en moyenne en France. En revanche, l’emploi a fortement reculé dans les zones du
nord‑est, où l’emploi industriel est plus présent. Mais l’industrie est encore très implantée dans 37 zones
d’emploi, situées pour la plupart en Bretagne, spécialisées principalement dans l’agroalimentaire (Vitré,
Lamballe‑Armor), ainsi que dans les Pays de la Loire (les Herbiers‑Montaigu, la Ferté‑Bernard). Les zones
d’emploi les plus agricoles se concentrent dans un quart sud‑ouest (par exemple Cognac et Libourne), et
à l’ouest (avec Vire Normandie ou Carhaix‑Plouguer), ainsi qu’en outre‑mer en Guadeloupe (par exemple
l’Île de Marie‑Galante) et en Martinique. En 2018, la Nouvelle‑Aquitaine, le Grand Est et la Bretagne,
produisent 40 % de la production agricole nationale (en valeur) (fiche 3.2). Les 45 zones d’emploi à
orientation touristique ont des capacités d’accueil de visiteurs nettement supérieures aux autres. La
capacité d’accueil touristique est très variable selon les territoires : elle se concentre largement dans les
départements littoraux, en montagne en Auvergne‑Rhône‑Alpes et aussi en Île‑de‑France en raison du
tourisme d’affaires et patrimonial (fiche 3.3).
4. Sept groupes de zones d’emploi selon leur orientation économique principale
© IGN 2021
Grandes agglomérations à forte
concentration de fonctions métropolitaines
Zones résidentielles
Zones spécialisées dans l'industrie
Zones spécialisées dans l'agriculture
Zones spécialisées dans le tourisme
Zones à économie diversifiée
Autres grandes agglomérations et dotées
de gros employeurs
Source : Insee, recensements de la population 2016 et 2017, Clap 2015, enquête sur la fréquentation des hébergements touristiques 2019.
14 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 Le taux d’administration civile, qui correspond au nombre d’emplois des trois fonctions publiques rapporté au nombre d’habitants, varie selon les territoires. En 2018, le taux d’administration civile est particulièrement élevé dans les départements moins peuplés et moins denses du centre de la France, notamment ceux de la Vienne, Haute‑Vienne, Puy-de-Dôme et Lozère, ainsi que dans les départements des chefs‑lieux de régions (Paris, Côte‑d’Or, Ille‑et‑Vilaine, Haute‑Garonne, etc.) (fiche 3.10). Des « spécialisations » territoriales sources de fragilités La localisation des emplois, leur nature, ainsi que la localisation de la population dessinent une géographie contrastée du territoire : pôles, zones résidentielles, territoires industriels, etc. Ces disparités territoriales sont importantes pour mesurer les atouts et les faiblesses des territoires face aux crises ou aux enjeux de développement durable. Du fait de leurs différences, les territoires ne sont pas exposés de façon homogène aux impacts économiques de la crise sanitaire. Le ralentissement de l’activité économique au moment du premier confinement au printemps 2020 a affecté tous les départements mais avec des différences liées, entre autres, à l’orientation de leur économie. Par exemple, le confinement a eu un très fort impact économique dans les départements de montagne dont la saison hivernale a été brutalement interrompue alors que les départements agricoles étaient davantage préservés. La reprise en mai qui a suivi le déconfinement est moins marquée dans les départements les plus urbanisés, en particulier ceux d’Île‑de‑France, où pèsent davantage des activités qui ont peiné à redémarrer (dossier Confinement du printemps 2020). Les différences entre territoires se traduisent aussi par des potentialités variées en matière de soutenabilité. Selon leur localisation géographique, l’orientation de leur économie ou la densité de leur population, les départements sont confrontés à des enjeux différents pour répondre aux Objectifs de développement durable (ODD). Par exemple, les départements abritant une grande métropole sont bien positionnés pour l’éducation et la formation, ou encore l’accès aux soins, mais ils sont plus vulnérables sur l’artificialisation des sols, la valorisation des déchets ou la pollution. De leur côté, les départements de la façade atlantique sont davantage préservés du réchauffement climatique et bien positionnés sur l’énergie renouvelable mais font face à une pression sur l’occupation des sols, tandis que les départements agricoles sont confrontés à l’eutrophisation des sols (dossier Spécificités des départements français au regard du développement durable). L’usage de la voiture par les ménages est largement déterminé par leur lieu de résidence et son environnement. Il est moindre dans les pôles que dans les couronnes, dans les grandes aires d’attraction des villes que dans les petites. Outre le type de territoire, la fréquence de l’usage de la voiture dépend également de l’accès aux transports en commun ou du revenu des ménages. Enfin, la présence d’enfants favorise la détention de véhicules (dossier Se déplacer en voiture) et figure 5. Des disparités de revenus Les conditions de vie diffèrent d’un territoire à l’autre en raison des revenus des ménages et des niveaux des prix dont le coût du logement. Si le niveau de revenu peut faciliter le choix de son lieu de résidence, ce dernier peut aussi agir sur l’accessibilité à la formation et à l’emploi, et finalement sur le niveau de salaire et de revenu. Ainsi, les salaires, qui représentent les deux tiers des revenus en moyenne nationale, sont en moyenne plus élevés dans les grandes agglomérations. En effet, les postes y sont plus qualifiés. Les disparités sont également liées au tissu productif (secteur et taille d’entreprise) (fiche 3.5). Certains territoires attirent les jeunes diplômés : à Paris, 81 % des jeunes de 25 à 34 ans sortis de formation initiale sont diplômés du supérieur et 71 % dans les Hauts‑de‑Seine. À l’inverse, les sorties précoces du système scolaire témoignent de la fragilité d’autres territoires : plus de la moitié des jeunes sont peu ou pas diplômés à Mayotte et en Guyane (fiche 3.7). Plusieurs profils de départements se distinguent à partir des revenus. En particulier, Paris et les départements des grandes métropoles se distinguent par une proportion plus forte que la moyenne de ménages pauvres et de ménages riches, et une sous‑représentation des ménages à revenus
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médians. À l’inverse, dans les DOM, en Seine‑Saint‑Denis et dans une moindre mesure dans le nord du
pays et l’ouest du pourtour méditerranéen, les ménages pauvres ou modestes sont surreprésentés.
Les départements où les revenus sont modestes ont été les plus affectés par la crise de 2008 (dossier
Les inégalités territoriales de niveau de vie).
À l’échelle des aires d’attraction des villes, le taux de pauvreté dépend peu de la taille de l’aire. En
revanche, les ménages ont des revenus plus élevés dans les aires les plus grandes, ainsi que dans des
zones frontalières. Au sein des aires, les disparités sont fortes : les ménages pauvres sont nettement
plus présents dans les pôles que dans les couronnes. Les disparités de niveaux de vie sont également
fortes au sein des départements frontaliers, de ceux du pourtour méditerranéen et de ceux abritant
une grande métropole (fiche 4.1)
figures 6 et 7.
5,4 millions de personnes vivent dans l’un des 1 436 quartiers prioritaires de la politique de la ville
(QPV) où les situations économiques et sociales sont plus dégradées que dans le reste de leur
agglomération. La part des habitants vivant en QPV est particulièrement élevée en Seine‑Saint‑Denis,
dans le Val–d’Oise, les Bouches‑du‑Rhône et le Nord, ainsi que dans les territoires ultra‑marins de
Mayotte et de Guyane. Dans la moitié des QPV, entre 2014 et 2017, les écarts entre les habitants des
QPV et ceux de leur environnement urbain hors QPV se réduisent (fiche 4.2).
Un accès inégal aux professions de santé sans lien direct avec la cartographie
de la surmortalité
D’un territoire à l’autre, les conditions de vie des ménages dépendent également de l’accessibilité
aux services et équipements. En matière d’accès aux professions de santé, les disparités
territoriales ne sont pas les mêmes pour les médecins généralistes que pour les soins infirmiers
ou de kinésithérapie. Globalement, l’Île‑de‑France et trois de ses régions limitrophes (Normandie,
Centre‑Val de Loire et Bourgogne‑Franche‑Comté) ont une densité, rapportée à la population,
inférieure à la moyenne nationale pour quatre professions de santé (médecins généralistes, infirmiers,
masseurs‑kinésithérapeutes et sages‑femmes). Le sud de la France ainsi que les Hauts‑de‑France
ont, à l’inverse, un accès globalement plus facile que la moyenne. Dans les départements et régions
d’outre‑mer, l’accessibilité aux médecins généralistes est limitée, alors que la densité des professions
paramédicales est forte (fiche 4.4). Des disparités de mortalité sont également mises en évidence,
5. Mode de transport principalement utilisé pour se rendre au travail selon le type
de commune de résidence en 2017
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Communes-centres
Autres communes du pôle
en %
Communes hors
attraction des villes
Communes de la
couronne
Voiture
Marche
Vélo
Deux-roues motorisés
Transports en commun
Lecture : en 2017, 3 % des personnes en emploi habitant dans la couronne de l'aire d'attraction d'une ville vont au travail à pied.
Champ : France hors Mayotte, personnes en emploi de plus de 15 ans se déplaçant pour se rendre au travail, trajet inférieur à
150 kilomètres.
Source : Insee, recensement de la population 2017, exploitation complémentaire.