144
La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
En France, 5,4 millions de personnes vivent
dans l’un des 1 436 quartiers prioritaires
de la politique de la ville (QPV) en 2013.
Dans ces quartiers, les situations économiques
et sociales sont plus dégradées que dans le reste
de leur agglomération. En métropole, la part
d’habitants vivant en QPV est particulièrement
élevée en Seine‑Saint‑Denis (39 %), ainsi que
dans le Val-d’Oise, les Bouches‑du‑Rhône
et le Nord (entre 14 % et 17 %). Dans les
territoires ultra‑marins, les habitants de
Mayotte et de Guyane vivant en QPV sont aussi
particulièrement surreprésentés (plus de 40 %
de la population).
En 2017, en France métropolitaine, le niveau
de vie médian des habitants des QPV est de
13 530 euros par an
figure 1. L’Île‑de‑France
(14 520 euros) et la Corse (14 760 euros) sont
les deux régions où ce niveau est le plus élevé.
À l’opposé, c’est en Occitanie que le niveau de
vie médian des habitants des QPV est le plus
faible (12 700 euros), suivie du Centre‑Val de
Loire (12 870 euros) et de la Provence‑Alpes‑Côte
d’Azur (12 890 euros). Le niveau de vie médian
des habitants des QPV de métropole demeure
très en deçà de celui des habitants des unités
urbaines environnantes (hors QPV), qui s’élève à
22 280 euros, soit un écart de 39 %. Cet écart est
le plus faible en Corse, où il y a peu de QPV, avec
30 %. A contrario, il atteint son niveau maximum
en Île‑de‑France (42 %) : bien que plus élevé
qu’ailleurs, le niveau de vie médian des habitants
des quartiers prioritaires franciliens reste très
éloigné de celui des habitants du reste des unités
urbaines (24 860 euros).
Pour les deux DOM où cette information est
disponible, le niveau de vie médian des habitants
des QPV s’établit à 13 510 euros par an en
4.2 Niveau de vie dans les quartiers prioritaires de la politique
de la ville
Martinique et à 12 140 euros à La Réunion.
L’écart de niveau de vie avec les habitants de
l’unité urbaine englobante est plus faible qu’en
métropole. Il est de 26 % à La Réunion comme
en Martinique.
Dans toutes les régions, entre 2014 et 2017,
l’écart entre le niveau de vie médian des
habitants des QPV et de leur environnement
urbain se creuse légèrement entre 2015 et 2016
dans la quasi‑totalité des régions, avant de se
réduire en 2017 pour retrouver son niveau
de 2014.
Sur les 1 352 quartiers prioritaires de métropole,
de la Martinique et de La Réunion, 656 quartiers
sont en situation de convergence par rapport
à leur environnement urbain immédiat entre
2014 et 2017
figure 2, c’est‑à‑dire que le
niveau de vie médian des habitants du QPV
évolue plus favorablement que celui de son
environnement ; 55 % de la population des
QPV habitent dans ces quartiers. 509 quartiers,
soit 37 % de la population des QPV, sont en
situation de retard : le niveau de vie médian
des habitants du QPV progresse moins vite que
celui de son environnement. Enfin, pour 187
QPV, soit 8 % de la population des QPV, le niveau
de vie des habitants recule en euros courants,
alors qu’à l’inverse, la situation s’améliore dans
leur environnement urbain ; la situation de ces
QPV diverge. Les régions dont les quartiers
sont proportionnellement plus nombreux à
rattraper leur environnement urbain sont La
Réunion et l’Île‑de‑France. En revanche, les
quartiers prioritaires de Nouvelle‑Aquitaine
et de Bourgogne‑Franche‑Comté sont
proportionnellement plus nombreux à
rencontrer des situations de divergence.
Définitions
Les quartiers prioritaires de la politique de
la ville (QPV) sont des territoires d’intervention
du ministère de la Ville, définis par la loi de
programmation pour la ville et la cohésion
urbaine du 21 février 2014. En métropole, en
Martinique et à La Réunion, ils ont été identifiés
selon un critère de revenu par habitant.
Niveau de vie, médiane, environnement
urbain : voir Glossaire.
Pour en savoir plus
• « Mobilité résidentielle entre 2015 et 2016 – Un mouvement
de même ampleur dans les quartiers prioritaires que dans
le reste de la ville », in Rapport annuel, Observatoire national
de la politique de la ville, édition 2017, août 2018.
• « Les habitants des quartiers de la politique de la ville ‑
La pauvreté côtoie d’autres fragilités », Insee Première n° 1593,
mai 2016.
• Données sur les quartiers de la politique de la ville sur
insee.fr.
145
Insee Références – Édition 2021 – Fiche 4.2 – Niveau de vie dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville
1. Population des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et niveau de vie
médian des habitants par rapport à leur environnement urbain
Nombre
d’unités
urbaines
avec des
QPV
Nombre de
QPV dans
les unités
urbaines
Population
des QPV1
(en milliers)
Part de la population
habitant dans un
QPV dans les unités
urbaines
(en %)
Niveau de vie annuel médian en 2017
(en euros)
Écart
(en %)
Dans
les QPV
Dans le reste
des unités
urbaines
Île-de-France
10
272
1 546
14,2
14 520
24 860
– 41,6
Pays de la Loire
11
46
150
10,3
13 240
22 550
– 41,3
Provence-Alpes-Côte d’Azur
17
127
511
12,8
12 890
21 860
– 41,0
Centre-Val de Loire
18
52
157
13,2
12 870
21 680
– 40,6
Bretagne
13
32
89
8,1
13 170
22 070
– 40,3
Occitanie
41
106
358
12,1
12 700
21 180
– 40,0
Auvergne-Rhône-Alpes
38
140
411
9,2
13 530
22 510
– 39,9
Nouvelle-Aquitaine
26
81
209
8,0
13 330
21 920
– 39,2
Grand Est
37
116
398
14,4
12 980
21 190
– 38,7
Normandie
21
62
195
13,8
13 220
21 110
– 37,4
Bourgogne-Franche-Comté
25
58
150
13,3
13 190
21 020
– 37,3
Hauts-de-France
37
199
668
17,2
13 180
19 920
– 33,8
Corse
3
5
14
9,9
14 760
21 020
– 29,8
France métropolitaine
297
1 296
4 856
12,8
13 530
22 280
– 39,3
La Réunion
9
49
164
21,8
12 140
16 310
– 25,6
Martinique
4
7
27
8,2
13 510
18 220
– 25,9
Guyane
4
32
104
56,5
nd
nd
nd
Guadeloupe
4
16
59
16,6
nd
nd
nd
Mayotte
15
36
144
67,5
nd
nd
nd
DOM
35
140
498
27,1
nd
nd
nd
France
332
1 436
5 354
13,4
13 4902
22 1702
– 39,22
nd : non disponible.
1 Recensement de la population 2013. 2 Hors Guyane, Guadeloupe et Mayotte.
Lecture : dans l'ensemble des QPV de France métropolitaine, le niveau de vie médian est de 13 530 en 2017. Il est de 22 280 dans le
reste des unités urbaines qui les englobent.
Champ : France.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2017, recensement de la population 2013 (2012 pour Mayotte).
2. Évolution du niveau de vie médian des habitants des quartiers prioritaires
de la politique de la ville vis-à-vis de leur environnement urbain, entre 2014 et 2017
Corse
Martinique
Bretagne
Pays de la Loire
La Réunion
Centre-Val de Loire
Bourgogne-Franche-Comté
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Occitanie
Grand Est
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Auvergne-Rhône-Alpes
Hauts-de-France
Île-de-France
0
40
80
120
160
200
240
280
0
20
40
60
80
100
Convergence
Retard
Divergence
en %
Nombre de quartiers
Répartition de la population
Lecture : en situation de « convergence », le niveau de vie médian des habitants des QPV progresse plus vite que celui de ceux
de leur environnement urbain, moins vite en situation de « retard ». En situation de « divergence » il est en recul, en euros
courants, alors qu’il progresse dans l’environnement urbain.
Champ : France, hors Guyane, Guadeloupe et Mayotte.
Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social et fiscal 2017, recensement de la population 2013.
146
La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
Entre 2009 et 2015, 560 600 décès ont été
enregistrés en moyenne chaque année en
France. Le taux standardisé de mortalité
s’élève à 988 décès pour 100 000 chez les
hommes et 580 chez les femmes ; ils sont les plus
élevés dans les Hauts‑de‑France et à La Réunion,
et les plus bas en Île‑de‑France
figure 1.
Les Hauts‑de‑France sont en surmortalité par
cancers et par maladies cardiovasculaires
(MCV). C’est également le cas pour les maladies
cardiovasculaires à La Réunion, en Bretagne,
ainsi que chez les femmes de la Guyane
et de Grand Est. À l’opposé, une sous mortalité
existe en Île‑de‑France et en Martinique pour
les MCV, et dans les régions d’outre‑mer
pour les cancers.
La mortalité évitable par la prévention
primaire (vaccination, campagnes sur le
tabagisme et sur l’alcoolisme, etc.) est révélatrice
de plus fortes inégalités entre territoires et entre
femmes et hommes. Elle est plus élevée dans les
Hauts‑de‑France, en Bretagne, en Normandie,
à La Réunion ainsi qu’en Guyane pour les
femmes. Elle est au contraire moins élevée en
Île‑de‑France, en Auvergne‑Rhône‑Alpes et en
Martinique. 48 % des décès survenus avant
75 ans chez les hommes sont évitables par des
actions de prévention primaire et 32 % chez les
femmes. La surmortalité masculine, beaucoup
plus marquée que pour les autres causes
4.3 Disparités territoriales de mortalité
Définitions
Le taux standardisé de mortalité permet de comparer
des territoires en éliminant les effets des différences de
structure d’âge.
La mortalité évitable par la prévention primaire
regroupe une sélection de causes de décès (maladies
cardiovasculaires, cancers, etc.) que des interventions
de santé publique et de prévention primaire efficaces
permettraient essentiellement d’éviter avant 75 ans.
La mortalité périnatale comprend les enfants
mort‑nés selon la définition internationale (à partir
de 500 grammes ou 22 semaines d’aménorrhée), qu’il
s’agisse de morts fœtales spontanées ou d’interruptions
médicales de grossesse (IMG) (mortinatalité), ou
des enfants nés vivants puis décédés avant 7 jours
(mortalité néonatale précoce). Ce nombre est rapporté
à l’ensemble des enfants nés vivants et mort‑nés
(naissances totales).
Établissements publics de coopération
intercommunale (EPCI) : voir Glossaire.
Pour en savoir plus
• Fnors, Fiches méthodologiques, 2020.
• L’état de santé de la population en France, Rapport
2017, Drees, Santé publique France, 2017.
• La France des régions 2016, Approche socio‑sanitaire,
Fnors, 2016.
• « Surmortalité des enfants et des femmes de 60 ans
ou plus ‑ Les décès à Mayotte en 2016 », Insee Flash
Mayotte n° 68, mai 2018.
de décès, est directement liée à la part plus
importante chez les hommes des décès associés
aux comportements à risque (alcool, tabagisme,
conduites dangereuses, etc.).
À l’échelle des établissements publics de
coopération intercommunale (EPCI), il existe
des zones de surmortalité ou de sous‑mortalité
à l’intérieur de la plupart des régions et
départements
figure 2. Ainsi, un couloir de
forte mortalité s’étend sur les Hauts‑de‑France et
sur la diagonale de la frontière luxembourgeoise
au nord du Massif central. À l’opposé, un arc de
faible mortalité s’étend de l’Île‑de‑France à la
façade atlantique (hormis la pointe bretonne), le
sud de la France et jusqu’au Jura.
Des inégalités marquées existent entre la
métropole et les DOM pour la mortalité
périnatale. Celle‑ci concerne en France
10,5 enfants pour 1 000 naissances en
2016‑2018. La mortinatalité (enfants mort‑nés)
représente 84 % de la mortalité périnatale ; la
mortalité néonatale précoce correspondant
aux 16 % restants. Les taux de mortalité
périnatale sont particulièrement élevés dans
les DOM (de 12,6 pour 1 000 à La Réunion à
21,7 pour 1 000 en Guyane), en lien avec les
inégalités sociales. En métropole, le taux le plus
élevé concerne l’Île‑de‑France (11,2 pour 1 000).
Dans les autres régions de la métropole, ce taux
varie entre 8,9 et 10,5 pour 1 000.