3. Disparités économiques et d’emploi
dans les territoires
Fiches
120
La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
Le produit intérieur brut (PIB) est très
concentré en France : trois régions produisent
la moitié de la richesse nationale. En 2018,
l’Île‑de‑France concentre 30,8 % du PIB et
l’Auvergne‑Rhône‑Alpes 11,5 %. Ensuite,
cinq régions pèsent chacune autour
de 7 % : Nouvelle‑Aquitaine, Occitanie,
Provence‑Alpes‑Côte d’Azur (PACA),
Hauts‑de‑France et Grand Est. Les DOM pèsent
1,9 %.
Le PIB se compose essentiellement de la
valeur ajoutée (VA) produite dans l’économie,
aux impôts et subventions sur les produits
près. Les services principalement marchands
génèrent 56,7 % de la VA nationale
figure 2.
Ce secteur est prépondérant en Île‑de‑France
(71,9 %), en raison notamment de l’importance
des activités de services informatiques et
de télécommunication et des services aux
entreprises : ces activités représentent
respectivement 10,3 % et 20,1 % de la VA
de l’Île‑de‑France, contre 5,3 % et 13,9 %
en moyenne nationale. L’industrie est plus
présente en Normandie (20,4 % de la VA,
contre 13,6 % en moyenne en France), dans
le Grand Est (18,9 %), le Centre‑Val de Loire
(18,2 %) et l’Auvergne‑Rhône‑Alpes (18,2 %).
L’agriculture génère environ 4 % de la VA en
Bourgogne‑Franche‑Comté, Nouvelle‑Aquitaine,
Grand Est et Centre‑Val de Loire, quatre régions
viticoles, ainsi qu’en Bretagne, région d’élevage
et de production laitière. La part de l’agriculture
dans les DOM est plus forte en Guyane (4,6 %)
et à Mayotte (3,5 %). Les services principalement
non marchands, qui regroupent l’éducation,
l’administration, la santé et l’action sociale,
représentent 22,2 % de la VA nationale. En France
métropolitaine, leur part est plus élevée en
Corse, dans les Hauts‑de‑France, en Occitanie et
en Nouvelle‑Aquitaine. Elle atteint 38,1 % dans
les DOM.
Rapporté à la population, le PIB de la région
capitale est le plus élevé avec 59 387 euros
par habitant
figure 1, soit près du double
3.1 Poids économique des régions
Définitions
Produit intérieur brut (PIB), valeur ajoutée : voir
Glossaire.
Pour en savoir plus
• « L’emploi qualifié stimule la productivité et la
croissance en Île‑de‑France », Insee Analyses
Île‑de‑France n° 78, février 2018.
• « L’orientation économique des zones d’emploi :
entre spécialisation et diversification des économies
locales », Insee Première n° 1814, septembre 2020.
de la France hors Île‑de‑France (30 266 euros).
Viennent ensuite Auvergne‑Rhône‑Alpes
(34 117 euros), PACA (32 997 euros) et les
Pays de la Loire (31 106 euros). À l’opposé, la
Corse (27 780 euros) et les Hauts‑de‑France
(27 823 euros) affichent les plus faibles PIB
métropolitains par habitant. Les différences de
PIB par habitant sont très fortes entre les DOM
et la métropole. La moyenne des DOM s’établit à
20 120 euros par habitant, allant de 24 110 euros
en Martinique à 9 251 euros à Mayotte.
Le PIB par emploi, ou productivité apparente
du travail, affiche une moindre disparité
entre régions que le PIB par habitant. En effet,
la disparité régionale de PIB par emploi ne
dépend que des différences de qualifications
et de tissu productif, alors que la disparité
de PIB par habitant dépend de plus du
nombre d’emplois par habitant dans chaque
région. L’Île‑de‑France (112 555 euros),
Auvergne‑Rhône‑Alpes (78 932 euros) et
PACA (78 258 euros) ont une productivité
apparente du travail supérieure à la moyenne
métropolitaine hors Île‑de‑France (74 843 euros).
En effet, des activités à forte valeur ajoutée
y sont davantage implantées, notamment
dans l’industrie (la fabrication de matériels de
transport par exemple) et les services marchands
(information et communication). Ainsi, les
services d’information et de communication
(124 502 euros de productivité par emploi
au niveau national) sont très présents en
Île‑de‑France. À l’opposé, la moindre productivité
en Bourgogne‑Franche‑Comté et Bretagne,
inférieure à 72 000 euros, peut s’expliquer par
une plus faible implantation de ces activités
à haute valeur ajoutée. Dans les DOM, la
productivité par emploi est inférieure à celle de
la France métropolitaine : elle est la plus faible
à Mayotte (51 686 euros) et la plus élevée en
Guadeloupe (71 537 euros).
121 Insee Références – Édition 2021 – Fiche 3.1 – Poids économique des régions 1. PIB des régions en 2018 par habitant et par emploi 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000 120 000 PIB par habitant PIB par emploi Île-de-France Auvergne-Rhône-Alpes Provence-Alpes-Côte d'Azur Pays de la Loire Bretagne Nouvelle-Aquitaine Occitanie Grand Est Centre-Val de Loire Normandie Bourgogne-Franche-Comté Hauts-de-France Corse France métropolitaine hors Île-de-France France métropolitaine Martinique Guadeloupe La Réunion Guyane Mayotte DOM France en euros Lecture : en 2018, dans les DOM, le PIB par habitant s'élève à 20 120 euros par habitant et le PIB par emploi s'établit à 65 764 euros. Champ : France. Source : Insee, comptes régionaux des ménages semi-définitifs, base 2014. 2. Structure de la valeur ajoutée brute en 2018 par secteur d'activité Agriculture Industrie Construction Services principalement marchands Services principalement non marchands Auvergne-Rhône-Alpes Bourgogne-Franche-Comté Bretagne Centre-Val de Loire Corse Grand Est Hauts-de-France Île-de-France Normandie Nouvelle-Aquitaine Occitanie Pays de la Loire Provence-Alpes-Côte d'Azur France métropolitaine hors Île-de-France France métropolitaine Guadeloupe Guyane La Réunion Martinique Mayotte DOM France 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 en % Lecture : en 2018, en Île-de-France, le secteur des services principalement marchands génère 71,9 % de la valeur ajoutée produite. Champ : France. Source : Insee, comptes régionaux des ménages semi-définitifs, base 2014.
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La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
En France, en 2019, la superficie agricole
utilisée (SAU) représente 45 % de la superficie
du pays. Ainsi, 26,8 millions d’hectares sont
composés de terres arables, surfaces toujours
en herbe et cultures permanentes
figure 1.
La part de la SAU dans la surface totale est très
variable suivant les régions : supérieure à 68 %
en Normandie, dans les Pays de la Loire ou les
Hauts‑de‑France et inférieure à 1 % en Guyane
où 90 % du territoire est couvert de forêts.
En 2018, les régions qui contribuent le plus à la
production agricole (en valeur économique) sont
la Nouvelle‑Aquitaine, le Grand Est, la Bretagne et
les Pays de la Loire. Dans la plupart des régions,
les productions végétales génèrent plus de la
moitié de la valeur. Les productions animales
prédominent seulement dans les Pays de la
Loire, en Bretagne et en Auvergne‑Rhône‑Alpes.
La SAU se répartit en 4 catégories : en 2019,
les grandes cultures (céréales, oléagineux,
protéagineux, betteraves, pommes de terre,
etc.) couvrent 48 % du territoire agricole, les
cultures fourragères (destinées à l’alimentation
animale : fourrages ou prairies) 47 %, les cultures
permanentes (vignes, vergers) 4 % et enfin les
autres cultures (légumes frais et secs, fleurs
ornementales, semences, plants divers, jardins
et vergers familiaux des exploitants) 1 %
de la SAU
figure 2.
En Île‑de‑France, 94 % du territoire agricole
est consacré aux grandes cultures, contre
seulement 2 % en Corse. En Corse, les cultures
fourragères constituent 91 % de la SAU. En
Auvergne‑Rhône‑Alpes, où les surfaces en
herbe sont très présentes dans les territoires
montagneux, la part des cultures fourragères
dans les surfaces agricoles est également élevée
(74 %). Le maraîchage (légumes frais) est plus
développé en proportion dans les DOM (environ
10 000 hectares au total).
3.2 Identité agricole des régions
Les cultures permanentes (vergers, vignes)
sont proportionnellement plus présentes sur
le pourtour méditerranéen (bassins viticoles
de Provence et de Languedoc Roussillon)
et dans les DOM (vergers, bananeraies). En
Provence‑Alpes‑Côte d’Azur et en Martinique,
la part des cultures permanentes est
respectivement de 22 % et 21 %.
Sur la dernière décennie, en France hors
Mayotte, les surfaces de grandes cultures
diminuent de 2 % et celles des cultures
fourragères de 1 %. Pour autant, dans certains
départements, un transfert de surfaces entre
grandes cultures et fourrages a eu lieu. Ainsi,
en Normandie et dans les Pays de la Loire, les
importantes diminutions de cultures fourragères
sont contrebalancées par l’augmentation des
surfaces en grandes cultures. Au contraire, dans
les départements méditerranéens d’Occitanie et
dans le Centre‑Val de Loire, la baisse des surfaces
en grandes cultures est compensée par une
hausse des prairies.
En France hors Mayotte, les cheptels de
gros bétail (bovins, porcins, ovins et caprins)
diminuent de 9 % entre 2009 et 2019.
À l’inverse, le nombre de volailles et de lapins
dans les exploitations agricoles augmente
de 6 %.
En métropole, en 2019, 36 % des caprins
sont en Nouvelle‑Aquitaine, 33 % des ovins
sont en Occitanie et 14 % des bovins sont en
Auvergne‑Rhône‑Alpes. La Bretagne et les Pays
de la Loire, régions où la part de la production
animale est la plus importante dans la valeur
de la production de la branche agricole, ont les
cheptels de porcs ainsi que de volailles et lapins
les plus importants : respectivement 58 % et 11 %
du cheptel métropolitain porcin et 34 % et 23 %
des effectifs de volailles et de lapins.
Définitions
La superficie agricole utilisée (SAU) comprend
les terres arables (y compris pâturages temporaires,
jachères, cultures sous abri, jardins familiaux, etc.), les
surfaces toujours en herbe et les cultures permanentes
(vignes, vergers, etc.). Elle exclut les bois et forêts.
Les cheptels recensent les effectifs d’animaux d’élevage
présents en fin d’année dans les exploitations agricoles.
Pour en savoir plus
• Données détaillées et Chiffres et données sur
www.agreste.agriculture.gouv.fr
123Insee Références – Édition 2021 – Fiche 3.2 – Identité agricole des régions
- Surface agricole utilisée (SAU) et valeurs économiques des productions Part de la SAU dans le territoire en 2019 (en %) Production de la branche agricole Répartition de la production de produits bruts et transformés1 en 2018 Moyenne 2008-2018 2018 Végétale Animale (en milliards d’euros) (en %) France métropolitaine 52 71,58 76,64 59 35 Auvergne-Rhône-Alpes 44 5,80 6,10 43 50 Bourgogne-Franche-Comté 53 4,94 5,72 64 33 Bretagne 62 8,34 8,66 26 65 Centre-Val de Loire 61 4,18 4,86 77 19 Corse 35 0,24 0,26 74 23 Grand Est 53 8,34 8,94 77 18 Hauts-de-France 68 6,06 6,47 69 25 Île-de-France 48 1,12 1,06 88 6 Normandie 69 5,17 5,46 46 45 Nouvelle-Aquitaine 50 10,85 11,78 68 26 Occitanie 48 6,71 6,83 64 30 Pays de la Loire 68 7,05 7,02 35 58 Provence-Alpes-Côte d’Azur 24 2,78 3,47 93 5 DOM 2 1,01 1,17 77 22 Guadeloupe 32 0,25 0,22 81 17 Guyane 0 0,20 0,19 90 10 Martinique 28 0,24 0,24 82 17 Mayotte 53 0,08 0,11 79 21 La Réunion 19 0,53 0,42 67 32 France 45 72,73 77,81 59 35 1 La production de la branche agricole comprend également une part de production de services, marginale dans toutes les régions (7 % en France). Champ : France. Source : Agreste, statistique agricole annuelle et comptes de l’agriculture.
- Répartition de la surface agricole utilisée en 2019
en %
Auvergne-Rhône-Alpes
Bourgogne-Franche-Comté
Bretagne
Centre-Val de Loire
Corse
Grand Est
Hauts-de-France
Île-de-France
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Occitanie
Pays de la Loire
Provence-Alpes-Côte d'Azur
France métropolitaine
Guadeloupe
Guyane
Martinique
Mayotte
La Réunion
DOM
France
0 20 40 60 80 100
Grandes cultures Cultures permanentes Cultures fourragères Autres1
1 Légumes frais et secs, fleurs ornementales, semences, plants divers, jardins et vergers familiaux des exploitants.
Champ : France.
Source : Agreste, statistique agricole annuelle.
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La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021
Première destination touristique mondiale
depuis plus de quarante ans, la France bénéficie
d’une attractivité importante de ses territoires,
en grande partie liée à leur diversité et à leur
richesse culturelle et paysagère. Le secteur de
l’hébergement et de la restauration représente
3 % de la valeur ajoutée de l’économie française
en 2018. La capacité d’accueil touristique
est inégalement répartie. Elle est largement
concentrée dans les départements littoraux,
en Auvergne‑Rhône‑Alpes et en Île‑de‑France.
En nombre de lits touristiques, les résidences
secondaires constituent le premier mode
d’hébergement, ce qui engendre, dans certains
territoires littoraux ou de montagne, une hausse
du prix du foncier et favorise l’étalement urbain.
En matière d’hébergements marchands, les
campings représentent la majorité des lits
touristiques des départements littoraux tandis
que les autres types d’hébergements collectifs
occupent une place prépondérante dans les
départements de montagne. En Île‑de‑France,
les hôtels constituent la majorité de l’accueil
touristique marchand.
La forte attractivité du littoral, du massif alpin et
de l’Île‑de‑France se reflète dans la répartition
géographique du nombre de nuitées en hôtels
ou campings
figure 1. Avec 215 millions
de nuitées en 2019, dernière année avant la
crise sanitaire liée à la Covid‑19, l’hôtel est
le premier mode d’hébergement collectif,
devant les campings (129 millions de nuitées).
L’Île‑de‑France représente le tiers des nuitées
hôtelières métropolitaines.
3.3 Capacité touristique des territoires Pour en savoir plus • « Les hébergements collectifs touristiques en 2019 », Insee Première n° 1799, mai 2020. • « Atlas environnemental des stations de ski et des communes supports de stations », Datalab, CGDD, avril 2019. • « La fonction touristique des territoires : facteur de pression ou de préservation de l’environnement ? », Datalab, CGDD, mars 2017. Plus de la moitié des nuitées dans les campings en période estivale (54 %) est concentrée dans 3 régions : Nouvelle‑Aquitaine, Occitanie et Provence‑Alpes‑Côte d’Azur. Un tiers des nuitées dans les campings concerne des touristes européens ne résidant pas en France. Le tourisme entraîne ponctuellement, dans certains territoires, de fortes variations de population, mesurées par le taux de fonction touristique figure 2. Les communes les plus concernées sont principalement situées le long du littoral ou en zone de montagne, y compris les Vosges ou le Massif central jusqu’aux Cévennes, ainsi que dans certains départements où la densité de population est relativement faible par rapport aux flux touristiques (en Bourgogne
par exemple). Lors des pics de fréquentation touristique, la population présente peut y être multipliée par plus de dix par rapport à la population résidente, occasionnant parfois des difficultés de gestion des services publics. La densité touristique figure 3 est également particulièrement forte dans les communes de montagne et du littoral, ainsi qu’en Île‑de‑France. En 2019, plus de 200 communes comprennent plus de 1 000 lits touristiques/km2, dont 39 avec une densité touristique supérieure à 3 000 lits/km2. Depuis vingt ans, la spécialisation touristique augmente : le nombre de lits touristiques diminue dans les régions à faible capacité d’accueil tandis qu’il s’intensifie dans les régions déjà dotées d’une forte capacité. Définitions La capacité d’accueil touristique correspond au nombre de lits touristiques en hébergement marchand (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances, auberges de jeunesse, centres sportifs, etc.) et en hébergement non marchand (résidences secondaires). Les hébergements touristiques entre particuliers ne sont pas pris en compte. Le nombre de lits touristiques est estimé à partir des ratios suivants : pour les hôtels (deux lits par chambre), les campings (trois lits par emplacement) et les résidences secondaires (cinq lits par résidence secondaire). Le nombre de nuitées est le nombre total de nuits passées par les clients. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit. Le taux de fonction touristique est le nombre de lits touristiques pour 100 habitants La densité touristique est le nombre de lits touristiques par km2.