68 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 de territoires : dans le rural autonome très peu dense, il s’agit plus souvent de personnes âgées avec de faibles retraites, alors que dans les territoires urbains il s’agit plutôt de personnes jeunes, notamment des familles monoparentales. Dans le rural, les disparités de revenu sont plus faibles que dans l’urbain : les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie 3 fois plus élevé que les 10 % les plus modestes. Ce ratio varie peu selon le type d’espace rural (entre 2,8 et 3,0). Cette relative homogénéité contraste avec l’urbain, où ce ratio atteint 3,8. En effet, l’espace urbain concentre à la fois une part importante de ménages pauvres (15,6 %) et de ménages aisés (11,7 %). 9. Niveau de vie médian et rapport interdécile par type d’espace 19 500 20 000 20 500 21 000 21 500 22 000 22 500 23 000 2,5 2,7 2,9 3,1 3,3 3,5 3,7 3,9 Urbain Rural sous forte influence d'un pôle Rural sous faible influence d'un pôle Rural autonome peu dense Rural autonome très peu dense niveau de vie médian en euros rapport interdécile D9/D1 Moyenne Lecture : en 2018, le niveau de vie médian des ménages habitant dans le rural sous faible influence d’un pôle est de 21 425 euros par an. Les 10 % les plus aisés ont un niveau de vie au moins 2,9 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres. Champ : France métropolitaine, Martinique, La Réunion. Source : Insee, Filosofi 2018. 10. Répartition des ménages selon leur niveau de vie par type d’espace 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Urbain Rural Rural sous forte influence d’un pôle Rural sous faible influence d’un pôle Rural autonome peu dense Rural autonome très peu dense en % Pauvres Modestes Médians Plutôt aisés Aisés Note : les ménages pauvres ont un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian de l’ensemble des ménages. Les ménages modestes ont niveau de vie compris entre 60 et 90 % du niveau de vie médian, les ménages médians entre 90 et 110 %, les ménages plutôt aisés entre 110 et 180 % et les ménages aisés au-delà de 180 %. Lecture : en 2018, dans le rural peu dense, 13,8 % des ménages sont pauvres. Champ : France métropolitaine, Martinique, La Réunion. Source : Insee, Filosofi 2018.
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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Une nouvelle définition du rural pour mieux rendre compte…
Le rural périurbain toujours très attractif
Entre 2007 et 2017, la croissance de la population est plus forte dans le rural : la population a augmenté
de 0,38 % en moyenne annuelle dans les communes urbaines et de 0,66 % dans les communes rurales
figure 12. La croissance démographique est plus forte dans les communes rurales sous influence d’un
pôle, témoignant de la poursuite de la périurbanisation. La situation des communes les moins denses
contraste avec le reste du rural : leur population stagne sur dix ans. Ces différences au sein des territoires
ruraux s’expliquent à la fois par le solde naturel et par le solde migratoire. Le solde naturel est positif dans
le rural sous influence d’un pôle, mais négatif dans les autres territoires ruraux ; le solde migratoire est
quant à lui positif dans les différentes catégories de rural, même s’il est limité dans le rural le moins dense.
L’intensité des échanges migratoires entre les différents espaces témoigne de leur attractivité
démographique : en 2017, 712 000 urbains sont venus s’installer dans le rural et 622 000 ruraux dans
l’urbain
figure 13. Lorsque des habitants de l’urbain viennent s’installer dans le rural, les deux tiers
vont dans des communes périurbaines, avec une préférence pour celles sous forte influence d’un pôle
figure 14. Les communes les moins denses sont peu attractives, aussi bien pour les urbains que les
ruraux qui déménagent. L’accès aux services sur le territoire est lié à la densité de population mais aussi à
la distance à un pôle. Les temps d’accès aux services décroissent au fur et à mesure que l’on se rapproche
de l’urbain.
11. Caractéristiques de la population selon le type d’espace
en %
Rural autonome
Rural périurbain
Urbain
Ensemble
Très peu
dense
Peu
dense
Sous faible
influence d’un pôle
Sous forte
influence d’un pôle
Moins de 15 ans
15,6
17,0
19,3
19,7
18,2
18,2
15 à 25 ans
7,9
9,1
9,5
9,7
13,0
11,8
25 à 40 ans
14,2
15,2
16,8
17,0
19,2
18,2
40 à 65 ans
36,4
34,3
34,4
35,6
31,3
32,4
65 ans ou plus
25,9
24,4
20,1
18,1
18,4
19,4
Couples avec enfants
14,8
17,5
24,7
29,6
20,7
21,2
Familles monoparentales
4,2
5,5
6,5
6,8
9,5
8,3
Couples sans enfant
20,6
22,0
25,0
28,1
20,2
21,6
Lecture : dans le rural autonome très peu dense, 25,9 % de la population a 65 ans ou plus,14,8 % des ménages sont des couples
avec enfants.
Champ : France.
Source : Insee, recensement de la population 2017.
12. Évolution de la population selon le type d’espace
– 0,4
– 0,2
0,0
0,2
0,4
0,6
0,8
1,0
1,2
Rural autonome
très peu dense
Rural autonome
peu dense
Rural sous faible
influence d'un pôle
Rural sous forte
influence d'un pôle
Urbain
Due au solde naturel
Due au solde migratoire
Évolution moyenne
en % par an
Lecture : dans le rural autonome peu dense, la population a augmenté chaque année de 0,28 % entre 2007 et 2017. Cette variation
se décompose en une diminution de 0,16 % due au solde naturel et une augmentation de 0,44 % due au solde migratoire.
Champ : France.
Source : Insee, recensement de la population 2017.
70 La France et ses territoires – Insee Références – Édition 2021 13. Migrations résidentielles entre rural et urbain Lieu de résidence actuelle Rural Urbain Lieu de résidence 1 an avant Rural 1 246 000 622 000 Urbain 712 000 4 548 000 Pas de migration 19 611 000 38 735 000 Ensemble 21 569 000 43 905 000 Lecture : en 2017, 712 000 personnes habitant dans l’urbain un an avant sont venues s’installer dans le rural. Champ : France. Les migrations résidentielles ne prennent pas en compte les échanges avec l’étranger, contrairement au solde migratoire apparent. Les soldes peuvent être très différents, notamment dans l’urbain. Source : Insee, recensement de la population 2017. Quelle que soit la catégorie de rural, entre 18 et 23 ans, les soldes migratoires sont négatifs, contrairement à l’urbain. Ceci s’explique essentiellement par les migrations d’étudiants ou de jeunes actifs vers les pôles. De 24 à 40 ans, davantage de personnes s’installent dans le rural, surtout dans le rural sous forte influence d’un pôle ; il s’agit notamment de familles s’installant en périphérie des villes pour bénéficier de logements plus grands. À partir de 40 ans, les migrations sont moins intenses, avec presque autant d’arrivées que de départs. Les migrations reprennent à l’âge de la retraite, les déménagements se faisant plus en direction du rural peu dense et très peu dense figure 15. 14. Destination des habitants de l’urbain qui déménagent dans le rural Flux migratoires (en %) Rural sous forte influence d’un pôle 39,5 Rural sous faible influence d’un pôle 26,9 Rural autonome peu dense 28,9 Rural autonome très peu dense 4,7 Ensemble 100,0 Lecture : 26,9 % des personnes habitant dans l’urbain en 2016 et qui déménagent dans le rural en 2017 s’installent dans une commune rurale sous faible influence d’un pôle. Champ : France. Source : Insee, recensement de la population 2017. 15. Taux de migration nette par âge pour 1 000 habitants par type d’espace – 300 – 250 – 200 – 150 – 100 – 50 0 50 100 150 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 75 âge, en années Rural autonome très peu dense Rural autonome peu dense Rural sous faible influence d'un pôle Rural sous forte influence d'un pôle Urbain pour 1 000 habitants Lecture : dans l’urbain, à 19 ans, il y a 83 arrivées nettes pour 1 000 habitants. Au même âge, il y a 278 départs nets dans le rural autonome très peu dense. Champ : France, population âgée de 5 à 75 ans. Source : Insee, recensement de la population 2017.
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Insee Références – Édition 2021 – Dossiers – Une nouvelle définition du rural pour mieux rendre compte…
Ces migrations résidentielles se traduisent par des différences entre territoires en matière de structure
par âge et par situation familiale. Les enfants de moins de 15 ans sont surtout présents dans le rural
périurbain, qui concentre davantage de couples avec enfants
figure 11. Les 15‑25 ans, étudiants
et jeunes actifs, sont plus présents dans l’urbain et leur proportion diminue au fur et à mesure qu’on
s’en éloigne. À l’inverse, la part des seniors (âgés de 65 ans ou plus) augmente au fur et à mesure qu’on
s’éloigne de l’urbain.
Ainsi, le « rural périurbain » contribue à effacer l’opposition urbain‑rural, qui pouvait avoir du sens
dans le passé. À la lisière des villes, le périurbain est généralement divisé en deux couronnes : la
première est plus urbaine et dense, alors que la seconde est plus hétérogène, tant du point de vue
démographique que fonctionnel. Dans ce cas, plus que la distance à la ville de manière absolue,
c’est plutôt l’intensité des relations avec la ville qui compte. Très présente dans l’ensemble du rural,
l’agriculture a un poids plus important dans le rural périurbain, où les terres agricoles représentent les
deux tiers de la surface totale
figure 16.
À l’opposé, le « rural autonome » peut parfois être qualifié de « rural profond » ou enclavé, ce qui
correspond à des espaces qui sont en situation d’isolement (parfois accentué par les effets négatifs
du transport à grande vitesse : TGV, autoroutes, etc., pour les espaces qui en sont éloignés), avec une
population âgée, et en déclin démographique en raison d’un solde naturel négatif, même lorsque
leur solde migratoire est positif. La part des actifs agricoles y est généralement plus élevée que dans
le reste des espaces ruraux. L’accès aux services y est plus difficile, avec des trajets plus longs pour
rejoindre les services essentiels (médecin généraliste, maternité, urgences, etc.).
Auteurs :
Cristina D’Alessandro (Cnis)
David Levy (Insee)
Théodore Regnier (ENS)
16. Caractéristiques morphologiques des espaces
en %
Rural autonome
Rural périurbain
Urbain
Ensemble
Très peu
dense
Peu
dense
Sous faible
influence
d’un pôle
Sous forte
influence
d’un pôle
Occupation du sol (en % de la surface)
Artificialisé
0,9
4,1
3,9
5,3
26,8
6,1
Agricole
54,4
59,6
65,7
66,0
43,3
58,8
Forêts et eau
44,7
36,3
30,4
28,7
29,9
35,1
Résidences secondaires
29,1
21,1
11,1
6,0
5,3
8,8
Communes de montagne
30,0
20,8
13,3
8,4
9,8
17,5
Temps d’accès moyen aux services courants1 (en minutes)
5,2
3,1
3,1
2,7
1,6
3,0
1 Ensemble de services représentant des besoins courants de la population : commerces (boulangeries, supermarchés, etc.),
établissements d’enseignement (écoles, collèges, lycées), services de soins de première nécessité, services pour les personnes âgées
ou les jeunes enfants.
Lecture : dans le rural autonome très peu dense, 44,7 % de la surface est couverte par des forêts, 29,1 % des logements sont des
résidences secondaires et il faut 5,2 minutes en moyenne pour accéder à un panier de services de la vie courante en voiture.
Champ : France.
Sources : Insee, recensement de la population 2017, base permanente des équipements 2017, Corinne Land Cover.