Rapport travail et cohésion sociale 64 Si nous comparons le premier graphique avec celui de 2019, nous pouvons constater que le degré de télétravail des professions s’est déplacé vers les "limites du (techniquement) possible" pendant la crise sanitaire. Dans le graphique 21, on observe principalement que les cercles avec une plus grande faisabilité technique (ceux à droite) sont remontés en 2020, ce qui signifie que pour ces professions le télétravail a progressé en 2020. Les professions avec une faible faisabilité technique de travail à distance sont restées à leur niveau initial de télétravail. En d’autres termes, là où c'était techniquement possible, le pourcentage de télétravail a augmen- té suite au confinement. Ces résultats peuvent paraître évidents mais la corrélation de la télétra- vaillabilité et le niveau réel du télétravail dépend en pratique de l'équipe- ment, des infrastructures et des mesures d'organisation des entreprises en place, et particulièrement avant la pandémie.
Graphique 21
Les dimensions de la "télétravaillabilité" prédisaient moins bien
l‘intensité en télétravail avant la pandémie
% télétravail
Télétravaillabilité technique
0
.5
1
80
60
40
20
0
Agents d’entretien
Prof. d’université
Spécialistes sc. techn.
Vendeurs
Infirmères
Professions interméd. finance
Personnel de sécurité
Spécialistes santé
Secrétaires
Secrét. d’admin.
Spécialistes sc. sociales
Spécialistes des fonct. admin.
Juristes
Spécialistes finance
Analystes TIC
Note: voir notes du graphique précédent. Axe des y: pourcentage de télétravailleurs parmi les
salariés du groupe professionnel en 2019.
Sources: télétravail: STATEC-EFT 2019; télétravaillabilité: Sostero et al. (2020)
Partie 2: Le marché du travail 65
2.3.3.4 Le potentiel du télétravail est exceptionnellement élevé au Luxembourg en comparaison européenne Quels sont les pays européens qui ont le plus fort potentiel de télétravail? Le graphique 22 affiche les pourcentages des salariés dans une profession télétravaillable. Le Luxembourg est au premier plan concernant la télé- travaillabilité: plus de la moitié des salariés effectue un travail qui peut être effectué aussi à distance. Le pourcentage élevé de télétravailleurs potentiels (et effectifs, voir plus loin) au Luxembourg s'explique en grande partie par la structure économique du marché du travail, qui est fortement concentrée dans les services aux entreprises, particulièrement les services financiers8. Même au sein de ces services, le Luxembourg a des fractions plus élevées d'emplois télétravaillables, en partie du fait que le pays est plus susceptible d'héberger des emplois à forte intensité en connaissances et en TIC d’un secteur donné9. À l'autre bout du spectre se trouve la Roumanie, où seul un salarié sur quatre pourrait potentiellement télétra- vailler. Graphique 22 Pourcentage record de salariés dans les professions
"télétravaillables" au Luxembourg
60
50
40
30
20
10
0
RO
SK
BG
HU
CZ
ES
HR
LV
PT
IT
PL
EE
EU
LT
AT
IE
SI
FI
DE
DK
FR
GR
CY
MT
SE
BE
NL
LU
% d'emplois télétravaillables en Europe, 2019 et 2020
Voir notes de bas de page 4 et 5 pour les références et l’encadré 3 pour la méthodologie.
Sources: Sostero et al. (2020) et Milasi et al. (2020)
8
Santo Milasi, Ignacio, González-Vázquez, and Enrique Fernández-Macías (2020),
"Telework in the EU before and after the COVID-19: where we were, where we head to.
Science for policy briefs", European Commission, JRC120945, https://ec.europa.eu/jrc/sites/
default/files/jrc120945_policy_brief_-_covid_and_telework_final.pdf
9
Ibidem.
Rapport travail et cohésion sociale 66
2.3.3.5 Le télétravail réel et potentiel en Europe Ici nous nous intéressons à la question précédente au niveau européen: dans quelle mesure les pays européens ont atteint leur potentiel en télétravail avant et pendant la pandémie? Afin d’évaluer dans quelle mesure, le degré du télétravail s’est développé vers son potentiel pendant la pandémie, nous mettons (comme avant pour les professions au Luxembourg) en rapport la prévalence du télétravail effectif (présentée dans le graphique 19) avec le potentiel de télétravail (dans le graphique 21). Les résultats du graphique 23 indiquent que plus le potentiel (théorique) du télétravail est grand, plus les gens travaillent également à domicile dans la réalité. Le développement du "bureau à domicile" est donc forte- ment lié à la structure économique d’un pays et aux propriétés de ses emplois (coefficient de la corrélation r=.73). Le Luxembourg est un cas hors du commun à cet égard. Le pays atteint non seulement des valeurs exceptionnelles dans les deux mesures, mais n'atteint pas le niveau de télétravail que son très haut potentiel de "télé- travaillabilité" technique en comparaison européenne suggérerait, étant donné que la flèche se trouve en dessous de la droite de régression. Au contraire, la Finlande et le Danemark par exemple sont des pays avec des taux de télétravail réels supérieurs à ce que laisserait supposer leur po- tentiel de télétravail en comparaison européenne. Graphique 23 La "télétravaillabilité" théorique et la percée du travail à domicile
en 2020 en Europe
% travail à domicile 2019/2020
Télétravaillabilité technique
30
20
40
50
60
50
40
30
20
10
0
LU
NL
BE
MT
FI
DK
IE
FR
AT
DE
SI
EE
PT
PL
EU
CY
GR
LT
IT
ES
HR
LV
CZ
HU
SK
RO
BG
Notes: voir graphique précédent. Flèches beiges évolution 2019-2020. Droite de régression
pour valeurs 2020 (non pondérée).
Sources: Sostero et al. (2020), Milasi et al. (2020) et Eurostat, lfsa_ehomp.
Partie 2: Le marché du travail
67
Conclusion
Le télétravail est devenu un sujet largement répandu, non seulement
parmi les employeurs et les salariés mais aussi parmi les chercheurs et
les décideurs politiques. La question de la persistance de la situation
"expérimentale" face au télétravail déclenchée par la pandémie se pose
pour le futur et ne peut pas encore être tranchée de manière univoque.
Ce chapitre a fourni des résultats originaux et offre de nouvelles connais -
sances qui devraient être utiles pour faire avancer le débat. Il fournit la
toute première analyse de la "télétravaillabilité" au Luxembourg – le
potentiel du télétravail en fonction des tâches et des compétences ou la
possibilité de fournir un apport de travail à distance dans un processus
économique. Sur la base de l'analyse européenne de Sostero et al. (2020)
et Milasi et al. (2020), nous allons plus loin dans le détail du marché du
travail luxembourgeois en montrant pour la première fois le lien entre la
"télétravaillabilité" et la prévalence réelle du télétravail au niveau des
professions.
Mesurer le potentiel du télétravail d'un point de vue théorique peut nous
donner une idée des métiers qui peuvent être exercés à distance. Le taux
de télétravail nous montre la tendance réelle pendant la pandémie, qui a
poussé les entreprises aux limites du techniquement possible de manière
ad hoc. L'analyse montre qu'au cours de la pandémie le degré réel de té -
létravail s'est rapproché du potentiel et que le potentiel hypothétique
explique bien la variation de facto du taux de télétravail.
La croissance ainsi que le potentiel dépendent cependant fortement du
type de travail. Les professions qui nécessitent une présence physique
au travail, une forte coordination dans l’équipe ou des interactions avec
des clients ou patients ne peuvent pas être réalisées à distance dans la
même mesure. Avec quelques exceptions, les professions "cols blancs"
et les branches économiques comptant de nombreux employés qualifiés
travaillant au bureau, qui avaient déjà des niveaux élevés de télétravail
avant la pandémie, ont également connu la plus forte croissance.
En conceptualisant la "télétravaillabilité" en termes de dimension tech -
nique et de dimension sociale, la faisabilité technique de déplacer les
tâches d’un emploi physiquement explique une grande partie de la varia -
tion du niveau réel de télétravail au niveau des professions pendant la
pandémie (2020). Au contraire, le degré d'interaction sociale et de coor -
dination n'est pas pertinent pour prédire la prévalence du télétravail dans
une profession. On pourrait faire valoir que cela pourrait être en partie dû
à la distanciation sociale dans le cadre des mesures de lutte contre le
COVID-19, mais ce lien était déjà très faible avant la pandémie.
En comparaison européenne, le Grand-Duché de Luxembourg a une
"télétravaillabilité" extraordinairement élevée et il est aussi un cas
exceptionnel en ce qui concerne le niveau de travail à domicile réel
observé durant la pandémie. Ce fait s'explique en grande partie par la
structure économique du marché du travail et par une haute intensité de
connaissances de TIC en comparaison européenne. Au Luxembourg, les
emplois sont fortement concentrés dans les services aux entreprises,
particulièrement les services financiers (Milasi et al. 2020). Bien que le
télétravail ait connu une croissance partout en Europe – et spécialement
au Luxembourg – il reste néanmoins à voir si cette expérience imposée
par le COVID-19 pourra se traduire par une construction plus stratégique
avec une base juridique et organisationnelle solide et amènera une percée
du télétravail en tant que véritable forme de travail alternative.
Rapport travail et cohésion sociale
68
2.4 Accidents et problèmes de santé liés au travail –
atténuation grâce au COVID-19
Résumé
∆ En 2020, 3.4% des travailleurs ont été victimes d’un accident
de travail au cours des 12 mois précédents.
∆ Les problèmes de santé causés ou aggravés par le travail sont
tendanciellement à la hausse, avec 10.7% des salariés touchés
en 2020.
∆ La construction et l’industrie restent les principales branches
concernées.
∆ Suite à la pandémie, accidents et problèmes de santé au travail
ont diminué dans le courant de l’année 2020.
∆ Les "cols bleus" sont les plus exposés aux risques pour la santé
physique, alors que les risques pour la santé psychique touchent
davantage les "cols blancs".
2.4.1 Introduction
Suite à la pandémie de COVID-19, la santé est devenue un sujet transver -
sal incontournable dans tous les domaines d’analyse des relations sociales.
Un aspect particulier de cette thématique, à savoir la santé et la sécuri -
té au travail, est revenu sous les projecteurs grâce à la pandémie, bien
qu’il ait déjà fait l’objet d’analyses et de mesures bien avant celle-ci. La
lutte contre les accidents et les problèmes de santé dus au travail, ainsi
que la réduction des risques pour la santé auxquels sont exposés les
travailleurs, sont, et cela depuis quelque temps maintenant, des aspects
importants dans la recherche du bien-être dans le cadre de l’activité
professionnelle, et donc du bien-être tout court. Une série d’actions ont
été menées dans ce sens au cours des dernières années, notamment la
charte nationale "Vision Zéro pour la promotion de la sécurité et de la
santé au travail". 10
Ce chapitre présente les résultats d’un module spécial de l’Enquête sur
les forces de travail pour lequel plus de 5 000 personnes ont été interro -
gées en 2020. Il concerne les accidents de travail subis au cours des
12 mois précédant l’interview 11 , les problèmes de santé causés par ou
aggravés par le travail au cours des 12 derniers mois précédant l’interview,
ainsi que les risques pour leur santé physique et psychique auxquels elles
sont exposées dans le cadre de leur travail.
10 https://visionzero.lu/wp-content/uploads/2019/07/Charte_Vision_ZERO_24_03_2016_signe%C-
C%81e-1.pdf
11 Les interviews ayant eu lieu sur l’ensemble de l’année 2020, les accidents et problèmes de santé
rapportés par les personnes interviewées ne se rapportent donc pas nécessairement à l’année
calendaire 2020.
Partie 2: Le marché du travail
69
Une enquête similaire avait déjà été menée en 2007 et 2013, ce qui per -
met d’analyser l’évolution dans le temps de quelques indicateurs clés 12 .
Une comparaison des données du premier trimestre 2020 à celles des
trois derniers trimestres 2020 permet de dégager pour certains de ces
indicateurs un "effet COVID-19".
2.4.2 Accidents au travail: 3% des travailleurs sont touchés
En 2020, 3.4% des travailleurs rapportent qu’ils ont été victimes d’un ou
de plusieurs accidents de travail au cours des 12 mois précédents (hors
accidents intervenus sur le trajet domicile-lieu de travail). Ce taux est
resté stable par rapport aux deux enquêtes précédentes menées en 2007
et 2013. Il était en effet de 3.4% en 2007, de 3.8% en 2013 et de 3.4% en
2020, mais la différence n’est pas statistiquement significative.
Parmi les 3.4% de travailleurs qui ont subi un accident en 2020, 0.5% en
ont subi deux.
Effet bénéfique dû au lockdown
Le lockdown et le recours massif au télétravail à partir du 2 e trimestre
2020 en conséquence de la pandémie de COVID-19 ont eu un effet
bénéfique sur le nombre d’accidents de travail: alors que 4.1% des
travailleurs interrogés au cours du premier trimestre 2020 ont rappor -
té un accident au cours des 12 mois précédents, ce taux est descendu
à 3.2% en moyenne pour les trimestres 2 à 4. 13
Ce sont surtout les métiers qualifiés de l’industrie, de la construction et
de l’artisanat ainsi que les professions de type "cols bleus peu qualifiés"
(manœuvres et conducteurs d’engins, etc.) qui sont touchés par des
accidents au travail ( → Graphique 24) . Dans ces métiers, les travailleurs
masculins, jeunes, de niveau d’éducation plus faible et de nationalité
portugaise sont surreprésentés et apparaissent donc plus exposés aux
risques d’accidents.
De manière plus générale, presque toutes les différences observées entre
ces groupes peuvent s'expliquer par la profession (cols bleus contre cols
blancs) qu’exerce une personne et la branche dans laquelle elle travaille.
Plus précisément, en considérant ces caractéristiques simultanément
(dans une régression logistique), on n'observe plus de différences démo -
graphiques significatives (sexe, nationalité, âge), à l'exception des per -
sonnes de 55-65 ans qui sont effectivement moins susceptibles d'avoir
un accident.
12 Cf. Regards sur les accidents au travail et les problèmes de santé liés au travail. Regards 05-2014,
STATEC, Luxembourg
13 Cette baisse constatée du nombre d’accidents est confirmée par les résultats préliminaires de
l’Association d’assurance accident (AAA) qui parle d’une réduction de 25% des accidents de travail
pour 2020 par rapport à l’année précédente (cf. interview de M. Georges Wagner, Chargé de direction
de l’AAA in "Lëtzebuerger Gemengen", n° 243, mai-juin 2021, p. 50).
Rapport travail et cohésion sociale
70
Les différents taux d'incidence selon les niveaux d'éducation sont égale -
ment expliqués. Les différences qui restent significatives sont celles entre
les cols bleus et les cols blancs, ainsi que certaines différences entre les
branches: par rapport au secteur des services 14, qui a la plus faible inci -
dence d'accidents, significativement plus de personnes ont déclaré des
accidents dans la branche de la construction et le secteur parapublic
(enseignement, santé, arts et autres activités de services).
Précisons que l’enquête ne couvre pas les accidents de la route survenus
sur le trajet entre le domicile et le lieu de travail, mais uniquement les
accidents de la route qui se sont produits dans le cadre de l’activité
professionnelle. 8% de tous les accidents rapportés dans l’enquête ont
été des accidents de la circulation, contre 14% en 2013.
Graphique 24 Les accidents de travail touchent surtout les cols bleus
Hommes
Femmes
Oui
Non
Cols blancs qualifiés
Cols blancs peu qualifiés
Cols bleus qualifiés
Cols bleus peu qualifiés
Luxembourg
Non LU (Total)
Portugal
Autres
Allemagne
Belgique
France
Pourcentage des travailleurs ayant eu un ou plusiers accidents au travail
Sexe
15-24
25-34
35-44
45-54
55-64
Catégorie d'âge
Total
Tertiaire
Secondaire
De base
Niveau d'éducation
Nationalité
Catégorie professionnelle
Télétravail
Oui
Non
Travail posté
3.4%
3.9%
2.7%
5.7%
2.9%
3.2%
4.4%
1.4%
3.5%
3.2%
5.1%
3.4%
2.9%
2.5%
2.1%
6.2%
4.1%
1.6%
1.8%
3.2%
10.2%
6.8%
1.7%
4.4%
5.4%
2.9%
Source: STATEC – EFT 2020
Même si au total, d’après les résultats de l’enquête, l’incidence des acci -
dents n’a pas diminué de manière significative par rapport à l’enquête
précédente (→ Graphique 25) , les mesures de sensibilisation et de pré -
vention mises en place au cours des dernières années semblent porter
leurs fruits parmi les métiers qualifiés et les cols blancs peu qualifiés
(vente, services directs aux particuliers, emplois de type administratif).
14 Y inclus: Information et communication; Activités financières et d'assurance; Activités immobi -
lières; Activités spécialisées, scientifiques et techniques; Activités de services administratifs et de
soutien. Plus d’info dans l’annexe de ce chapitre.
Partie 2: Le marché du travail
71
Par contre, l’incidence a continué d’augmenter parmi les cols bleus peu
qualifiés (conducteurs de machines, ouvriers de l’assemblage, manœuvres
et autres professions élémentaires).
Graphique 25 Diminution des accidents parmi les cols bleus qualifiés, augmentation
parmi les cols bleus peu qualifiés
12
10
8
6
4
2
0
Cols bleus qualifiés
Cols bleus peu qualifiés
Cols blancs peu qualifiés
Total
Cols blancs qualifiés
2007 2013 2020
Pourcentage des travailleurs ayant eu un ou plusiers accidents au travail -
évolution par type de profession
3.4%
10.2%
6.8%
3.8%
1.8%
3.4%
3.2%
Source: STATEC – EFT 2020, 2013 et 2007
Au niveau des branches, la construction reste celle avec l’incidence d’ac -
cidents de travail la plus élevée ( → Graphique 26 ). Dans le commerce,
l’horeca et les transports, l’incidence a fortement diminué. Il faut remar -
quer que ce sont le commerce et l’horeca qui ont été le plus durement
touchés par un ralentissement de l’activité en 2020 suite au lockdown lié
à la pandémie, ce qui peut expliquer une partie de la baisse.
Graphique 26 La construction reste la branche d’activité la plus exposée
au risque d’accident
Construction
Industrie
Parapublic
Autres
Commerce, Horeca, Transport
Administration publique
Activités financières et autres services 2020
2013
Pourcentage des travailleurs ayant eu un ou plusiers accidents au travail - par branche
9.6%
8.1%
4.3%
5.1%
3.6%
3.8%
3.6%
3.7%
3.5%
6.5%
2.8%
2.3%
1.4%
1.8%
Note: pour le détail des classifications utilisées, voir annexe
Source: STATEC – EFT 2020 et 2013
18% de tous les accidents de travail ont eu lieu dans la construction, 16%
dans la santé humaine et l’action sociale, 14% dans le commerce (qui
inclut les garages automobiles), 10% dans l’administration publique (qui
inclut les travaux publics) et 6% dans l’industrie ( → Graphique 27) .
Rapport travail et cohésion sociale
72
Graphique 27
La moitié de tous les accidents ont lieu dans trois branches d’activité
seulement Construction 18% Autres branches 36% Répartition des accidents de travail par branche, en % du total des accidents Industrie 6% Santé humaine et action sociale 16% Commerce et réparation d'automobiles et de motocycles 14% Administration publique 10% Source: STATEC – EFT 2020 La durée d’absence des victimes permet de juger de la gravité des acci- dents. Notons toutefois que les accidents mortels sont exclus ici, car la source de données est une enquête par questionnaire plutôt que des données administratives15. Près de la moitié des accidents de travail entraînent des absences d’une durée inférieure à 4 jours, alors que pour un quart, cette absence dure entre 4 jours et 1 mois (→ Graphique 28). Pour presque un autre quart des accidents, l’absence est de longue durée: un mois ou plus. Par rapport à 2013, on observe une polarisation des durées d’absence, avec une forte augmentation des durées très courtes et très longues, au détriment des durées moyennes entre 4 jours et 1 mois. Graphique 28 Polarisation accrue des durées d’absences: soit entre 0 et 3 jours,
soit plus d’un mois 2013 2020 ne travaille toujours pas* [1 mois ou + [2 sem-1 mois[ [4 jours-2 sem[ 1-3 jours <1 jour Durée d'absence suite à l'accident au travail en 2013 et en 2020, en % des accidents 18% 19% 26% 16% 15% 6% 28% 21% 14% 9% 22% 6%
- Note: personnes qui au moment de l’interview ne travaillent toujours pas suite à un accident.
La durée de leur absence n’est donc pas encore connue au moment de l’interview.
Nombre d'observations faible. Source: STATEC – EFT 2013 et 2020 15 Rappelons qu’il s'agit ici seulement d'accidents survenus au cours des 12 derniers mois,
les conséquences des accidents du travail à long terme ne peuvent donc pas être mesurées.
En d'autres termes, les chiffres présentés ici ne montrent pas combien de personnes au total souffrent actuellement des conséquences d'accidents du travail au Luxembourg.