AGRI24.pdf

Type: Document | Status: ready

48 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 Malgré le recul global des quantités de viande achetées, les sommes totales dépensées progressent de 10 % (la dépense moyenne par ménage augmentant elle de 2,5 %). L’augmentation des prix moyens d’achat des produits carnés, entre 15 % et 20 % selon le type de viande, fait plus que compenser la baisse des quantités achetées, hors charcuterie et volailles. Rapportés au nombre d’unité de consommation (UC) du ménage, les achats de viande sont très différenciés selon le niveau de revenus. La dépense en viande par personne d’un ménage aisé est environ 20 % plus élevée que la moyenne, tandis que celle d’une personne d’un ménage modeste est moindre, inférieure de l’ordre de 20 % à la moyenne. Ces écarts se sont creusés au cours de la période par rapport à la moyenne française, malgré un léger repli depuis 2018. Au‑delà de la baisse globale des achats de produits carnés entre 2009 et 2019, les ménages français privilégient davantage, pour leurs apports en protéines, les œufs, la charcuterie, les volailles, les fromages, ou encore les produits « traiteur de la mer » et les conserves de la mer. En particulier, le volume d’œufs achetés augmente fortement, pour toutes les catégories de ménages. Cette source de protéines, moins chère, est achetée par la quasi‑totalité des ménages français (97 %). Les quantités achetées progressent de 22 % au cours de la décennie, principalement chez les ménages aisés (+28 %, contre +19 % en moyenne pour les autres catégories de revenus). Sur l’ensemble de la période, les dépenses en œufs augmentent de près de 50 %, tirées notamment par la hausse des prix en 2012 et par un effet volume en 2020 avec la crise sanitaire. Les œufs représentent toutefois une part faible (1,2 %) dans le budget alimentaire. La part du budget alimentaire consacrée aux protéines animales baisse en grande partie au profit des fruits et légumes. Les ménages aisés consomment de plus en plus de fruits et légumes L’augmentation de la part du budget alimentaire consacrée aux « fruits et légumes » s’explique pour les ménages aisés par une augmentation des quantités achetées, alors que, pour les ménages modestes, elle reflète plutôt l’augmentation des prix. 3. Évolution des quantités achetées en protéines animales entre 2009 et 2019 selon la famille de produit et le revenu du ménage Aisés Modestes Ensemble -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 Œu fs Conserves de la mer Produits « Traiteur de la mer » Produits aquatiques frais Fromages Produits laitiers et ultra-frais Lait Jambon Volailles et lapins frais Charcuterie Viande de boucherie fraîche en % Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Catégories de revenus des ménages    source et méthode. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de viande de boucherie achetées par l'ensemble des ménages modestes ont baissé de 23 %. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer. 49 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Entre 2009 et 2019, la part du budget alimentaire des ménages consacrée ... La part croissante du budget consacrée aux « fruits et légumes » concerne surtout les fruits (composés à 84 % en valeur de fruits frais). En 2019, les achats en valeur de fruits frais sont constitués à 53 % de fruits tempérés, à 25 % d’agrumes et à 22 % de fruits exotiques. Entre 2009 et 2019, les sommes dépensées en fruits frais ont augmenté de 38 %. Les évolutions sont toutefois très différentes selon les catégories de fruits. Alors que les quantités achetées de fruits frais tempérés sont en net recul au cours de la décennie (‑9 %), celles d’agrumes et plus encore de fruits frais exotiques ont augmenté, respectivement de 6 % et de 26 %    figure 4.  4. Évolution des quantités de fruits frais achetées par type de fruits et revenu du ménage entre 2009 et 2019 Ensemble Fruits exotiques Agrumes Fruits tempérés1 -30 -20 -10 0 10 20 30 40 en % Aisés Modestes Ensemble 1 Les fruits tempérés comprennent entre autres les pommes, les poires, les kiwis, les fraises, les cerises, les prunes, les abricots, les pêches et nectarines. Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Catégories de revenus des ménages    source et méthode. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de fruits frais achetées par l'ensemble des ménages modestes ont baissé de 11 %. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer. Avec une assiette plus végétale, les ménages aisés participent largement à la hausse des dépenses en fruits frais : ils augmentent surtout leurs quantités achetées de fruits frais exotiques et d’agrumes, respectivement de 38 % et 16 % au cours de la période. Les ménages aux revenus intermédiaires achètent aussi davantage de fruits exotiques (+30 % environ). Pour leur part, les ménages modestes diminuent particulièrement leurs quantités achetées de fruits frais tempérés (‑21 %). En valeur, les dépenses en fruits frais augmentent avec la hausse des prix au cours de la période. Le kilo de fruits tempérés augmente d’environ 90 centimes d’euro entre 2009 et 2019, tandis que la hausse de prix est moindre pour les agrumes et les fruits exotiques. Au global sur la période, l’écart de prix entre ces derniers et les fruits tempérés augmente, ce qui peut expliquer en partie la baisse plus marquée des achats de fruits tempérés, notamment pour les ménages modestes, plus sensibles au prix. Par unité de consommation, un consommateur aux revenus aisés dépense en fruits environ 60 % de plus que la moyenne, un pourcentage qui atteint même 72 % en 2020    figure 5. Les volumes achetés par unité de consommation augmentent régulièrement au cours de la décennie pour les plus aisés, alors qu’ils sont stables pour les ménages aux revenus intermédiaires et diminuent pour les ménages modestes. Ces derniers se détournent de plus en plus des fruits ; les quantités achetées sont en recul (‑11 %) comme pour les produits carnés.

50 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 Une part de plus en plus grande du budget alimentaire des ménages modestes est affectée au rayon « pains et céréales » La part du budget alimentaire des ménages consacrée aux « pains et céréales » (hors boulangeries et pâtisseries) augmente entre 2009 et 2019. Alors que cette part reste stable pour les ménages aisés, elle augmente légèrement pour les ménages aux revenus intermédiaires et de 1,6 point pour les ménages modestes. Les ménages modestes affectent ainsi une part croissante de leur budget alimentaire au poste « pains et céréales ». Les volumes de ventes de gâteaux secs et de pâtisseries augmentent le plus. Les quantités achetées de gâteaux secs augmentent de 40 % ; c’est le principal poste de dépenses du rayon « pains et céréales » (22 %), devant les achats de pâtisseries (12 %) en forte progression (+63 % sur la période)    figure 6. Les quantités achetées de pâtes et de pains (pré‑emballés porteurs d’un code‑barres) augmentent surtout pour les ménages modestes (de respectivement 24 % et 41 %) et, dans une moindre mesure, pour les catégories intermédiaires. Le pain (hors boulangeries) arrive en cinquième position des dépenses du rayon « pains et céréales », à hauteur de 8 %. Dans cet ensemble, l’évolution de la consommation de pain présente des spécificités, même si les données analysées ne portent pas sur la totalité des achats destinés à la consommation à domicile. L’évolution de la consommation de pains de mie, de pains spéciaux (muffins, blinis, pancakes, toasts, etc.) et de pains traditionnels des rayons épicerie et surgelés est très contrastée selon le revenu. En effet, les quantités achetées par les ménages modestes augmentent de 41 % en dix ans, alors que celles des ménages aisés sont relativement stables (+2 %). Les pains de mie sont de plus en plus appréciés. Les ménages modestes leur consacrent 60 % de leur budget « pains » en 2019 ; leurs achats en volume ont augmenté pour les pains de mie (+49 %), mais également pour les pains traditionnels et spéciaux. Les ménages aisés achètent aussi davantage de pains de mie (+9 %), qui représentent 54 % de leur budget « pains », mais moins de pains traditionnels et spéciaux.  5. Dépenses en fruits par unité de consommation selon le revenu du ménage 40 60 80 100 120 140 160 180 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 indice 100 moyenne nationale Aisés Moyens supérieurs Moyens inférieurs Modestes Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Les sommes dépensées sont calculées par unité de consommation et indicées par rapport à la moyenne nationale. Catégories de revenus des ménages    source et méthode. Lecture : En 2010, une personne aux revenus aisés dépensait 57 % de plus que la moyenne pour ses achats de fruits. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.

51 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Entre 2009 et 2019, la part du budget alimentaire des ménages consacrée ... Pour les boissons, les évolutions varient fortement selon le niveau de revenu Entre 2009 et 2019, les dépenses des ménages français en boissons augmentent [Bérut et al.,2023]. Toutefois, des disparités existent en volume selon les catégories de revenus des ménages, mais aussi selon les types de boissons (alcoolisées, chaudes ou froides). En dix ans, la part du budget alimentaire consacrée à l’achat de boissons alcoolisées recule. Celles‑ci représentent 8 % du budget alimentaire des ménages en France métropolitaine en 2019, 0,6 point de moins qu’en 2009. La baisse est la plus forte pour les ménages modestes (‑1,1 point). Les boissons alcoolisées représentent 6 % de leur budget alimentaire en 2019, contre 9 % pour les ménages aisés. Toutefois, en volume, ces achats augmentent depuis 2009 avec l’explosion des ventes de bière (+30 %), particulièrement marquée parmi les catégories intermédiaires. Les quantités achetées de vins tranquilles sont également en hausse (+4 %). Ce sont désormais les dépenses les plus élevées du rayon (34 % en 2020), devant les spiritueux (31 %). En volume, les achats de spiritueux et de vins effervescents diminuent, particulièrement pour les ménages modestes. Ils augmentent uniquement pour les catégories aisées    figure 7. Dans le rayon des boissons chaudes, le café représente à lui seul 71 % des ventes en valeur en 2019, loin devant le thé (9 %), le cacao (6 %) et les autres produits tels que la chicorée ou les infusions. Entre 2009 et 2019, alors que les quantités de café achetées progressent de 4 % en France, celles de cacao reculent de 20 %. Les ménages aux revenus moyens inférieurs et modestes achètent proportionnellement le plus de cacao : en valeur, celui‑ci représente 10 % des dépenses en boissons chaudes des ménages modestes, contre seulement 4 % pour les ménages aisés    figure 8. En dix ans, les deux catégories de ménages aux revenus les plus faibles ont réduit leurs quantités achetées de cacao (‑19 % pour les ménages modestes et ‑22 % pour les ménages à revenus moyens inférieurs). Par rapport à la moyenne française, en 2020, une personne d’un ménage modeste dépense globalement moins en boissons chaudes, alors qu’une personne d’un ménage aisé dépense près de 30 % de plus. La dépense des ménages aisés croît au cours du temps avec la montée en gamme de leurs achats de café.  6. Évolution des quantités achetées de « pains et céréales » par catégorie de produits et revenu du ménage entre 2009 et 2019 Aisés Modestes Ensemble -10 0 10 20 30 40 50 60 70 Riz Biscottes Pains Pizzas Viennoiseries Pâtes Pâtisseries Gâteaux secs en % Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Certains produits de la famille « pains et céréales » (farine, semoule, etc.) ne sont pas repris dans la figure. Catégories de revenus des ménages    source et méthode. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités achetées de gâteaux secs par l'ensemble des ménages aisés ont augmenté de 59 %. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.