52 Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024 La part consacrée aux achats de boissons froides sans alcool dans le budget alimentaire des ménages a peu évolué et reste voisine de 6 %. Pour les ménages modestes, les achats de boissons froides représentent 7 % du budget alimentaire en 2019, contre 6 % dix ans auparavant. En 2019, les achats de boissons froides sans alcool se composent à 31 % d’eaux en bouteille, à 29 % de jus de fruits et à 24 % de boissons rafraîchissantes gazeuses. Si les eaux et les jus de fruits pèsent moins dans le budget « boissons » des ménages modestes que dans celui des ménages français en général, les boissons rafraîchissantes sans alcool (gazeuses ou non, sirops) pèsent en revanche beaucoup plus (47 %, contre 40 % en moyenne). La situation est inversée pour les ménages aisés qui consomment davantage d’eaux en bouteille et de jus de fruits et moins de boissons rafraîchissantes sans alcool que les ménages modestes. 7. Évolution des quantités achetées de boissons alcoolisées par catégorie de boissons et revenu du ménage entre 2009 et 2019 Aisés Modestes Ensemble -30 -20 -10 0 10 20 30 Vins effervescents Vins tranquilles Produits intermédiaires Spiritueux Bière en % Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Catégories de revenus des ménages source et méthode. Lecture : Entre 2009 et 2019, les quantités de bière achetées par l'ensemble des ménages modestes ont progressé de 23 %. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer. 8. Dépenses en boissons chaudes en 2009 et 2019 selon le revenu du ménage 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 2009 2019 2009 2019 Aisés Modestes en % Infusions et tisanes Thé Cacao Café Succédanés de café Notes : L'année 2009 correspond à une moyenne triennale de 2008 à 2010, l'année 2019 à une moyenne triennale de 2018 à 2020. Catégories de revenus des ménages source et méthode. Lecture : Entre 2009 et 2019, la part du café dans les dépenses de boissons chaudes des ménages aisés est passée de 65 % à 74 %. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.
53 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Entre 2009 et 2019, la part du budget alimentaire des ménages consacrée ... Par unité de consommation, les ménages modestes ont augmenté leurs dépenses en boissons froides : ils dépensent désormais presque autant en boissons froides sans alcool qu’en moyenne, alors qu’ils en dépensaient environ 15 % de moins en 2009 figure 9. Ils achètent davantage d’eaux en bouteille et de boissons rafraîchissantes non gazeuses. Les dépenses par personne d’un ménage aisé se rapprochent également fortement de la moyenne, alors qu’en 2009, elles dépassaient d'un peu plus de 15 % la moyenne française. Par unité de consommation, le revenu des ménages devient donc de moins en moins un critère de différenciation pour les dépenses de boissons rafraîchissantes sans alcool. Autrice : Caroline Samson (FranceAgriMer) 9. Dépenses en boissons froides par unité de consommation de 2008 à 2020 selon le revenu du ménage Aisés Moyens supérieurs Moyens inférieurs Modestes indice base 100 moyenne nationale 80 85 90 95 100 105 110 115 120 125 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Note : Catégories de revenus des ménages source et méthode. Lecture : En 2010, les personnes appartenant à la catégorie des ménages aisés consacrent 21 % de plus à leurs dépenses en boissons froides que la moyenne. Champ : France métropolitaine. Source : Kantar Worldpanel, calculs FranceAgriMer.
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Transformations de l’agriculture et des consommations alimentaires – Insee Références – Édition 2024
Source et méthode
Les années de référence retenues dans cette étude sont des moyennes triennales calculées de 2008 à 2010 pour l’année de
référence 2009 et de 2018 à 2020 pour l’année de référence 2019, ce qui permet d’atténuer les évolutions d’années atypiques
comme en 2020 avec la crise sanitaire de Covid‑19.
Le panel consommateur Kantar Worldpanel est caractérisé par un échantillon représentatif de la population française
(selon les critères sociodémographiques de l’Insee). Il est constitué de 20 000 ménages ordinaires pour les achats de produits
de grande consommation avec code‑barres et de 12 000 ménages pour les produits frais traditionnels sans code‑barres
tels que la viande, les poissons frais, les fruits et légumes ou les fromages. Les ménages déclarent chaque semaine leurs
achats pour leur consommation au domicile principal, en particulier les quantités achetées, les sommes dépensées et les
circuits fréquentés. Il peut s’agir des achats en circuit généraliste (hypermarchés, supermarchés, hard‑discount, on‑line, etc.)
ou en circuit spécialisé (commerces traditionnels (hors boulangeries et pâtisseries), marchés, foires, freezers, magasins bio,
solderies, vente directe, etc.). Le panel ne prend pas en compte les achats pour une consommation en dehors du domicile
(cantines, restaurants, etc.). Il exclut les achats réalisés par les ménages en vacances et ne concerne pas les achats des
ménages dits collectifs (hôpitaux, casernes, etc.).
Les ménages par classe de revenus
Kantar structure la population des ménages en quatre sous–groupes en fonction de leur niveau de revenus mensuels bruts
et de leur nombre d’unités de consommation (UC). Les ménages dits « aisés » représentent 15 % des ménages français, les
ménages aux revenus « moyens supérieurs » 30 %, les ménages aux revenus « moyens inférieurs » 40 % et les ménages dits
« modestes » 15 %. Les ménages aux revenus « moyens supérieurs » et ceux aux revenus « moyens inférieurs » peuvent être
regroupés dans la catégorie des ménages aux revenus « intermédiaires ».
Le périmètre des produits frais traditionnels
Les produits carnés incluent la viande fraîche de boucherie, la viande de volaille, les viandes surgelées, le jambon, les plats
préparés à base de viande et la charcuterie.
Les produits laitiers regroupent le lait (liquide, en poudre ou concentré), la crème, les produits de l’ultra‑frais (par exemple
les yaourts) et les fromages.
Les produits aquatiques rassemblent les produits frais tels que poissons, crustacés, coquillages, céphalopodes, plateaux
de fruits de mer, produits traiteur sans code‑barres, les conserves de la mer, les produits aquatiques surgelés et les produits
« traiteur de la mer » réfrigérés disposant d’un code‑barres.
Les fruits comprennent les fruits frais tempérés, qu’ils soient produits en France ou importés (abricot, cerise, fraise, petits
fruits rouges, kiwi, pêche et nectarine, poire, pomme, prune, raisin et autre), les agrumes (citron, citron vert, clémentine,
orange, pamplemousse, autre agrume) et les fruits exotiques (banane, ananas, avocat, mangue, papaye, litchi, autre fruit
exotique).
Les légumes intègrent les légumes frais, les légumes transformés ainsi que les pommes de terre sous toutes leurs
formes (fraîches, précuites, en flocon, chips, surgelées ainsi que les plats cuisinés à base de pommes de terre).
Le périmètre des produits d’épicerie
Les pains et céréales intègrent les pains suivants vendus dans les rayons épicerie et surgelés de lieux de distribution, à
l’exception des boulangeries et pâtisseries : les pains traditionnels (baguette, campagne, complet, etc.), les pains spéciaux
(type blini, fougasse, pain pour hamburger, toast, etc.) et les pains de mie. Ce groupe de produits comprend également les
biscottes, les viennoiseries, les pâtisseries (fraîches préemballées avec code‑barres, industrielles et surgelées), les gâteaux
secs, gaufres et crêpes, les pizzas, quiches et tourtes, le riz, les pâtes, les farines et graines de céréales, la semoule, les
préparations à base de céréales (y compris les céréales pour le petit déjeuner par exemple), les plats cuisinés à base de pâtes,
les pâtes à tarte, les sandwichs sous vide et les légumineuses.
Les produits sucrés englobent le sucre et succédanés de sucre, les confitures, les compotes, les pâtes de fruits et
fruits confits, le miel et les produits de l’apiculture, les chocolats et confiseries, les glaces, crèmes glacées et sorbets, les
préparations pour desserts, les fruits au sirop, les fruits secs et graines non salées et les autres produits sucrés.
Les huiles et matières grasses intègrent les huiles alimentaires, les graisses animales autres que le beurre et la végétaline.
La catégorie « divers » inclut les soupes, potages et bouillons, les substituts de repas, le lait en poudre, le lait maternisé
liquide, le lait concentré, les petits pots pour bébé, les produits à base de soja, les plats préparés à base de produits carnés
ou de produits de la mer, les produits salés pour apéritifs et les galettes végétales.
Le périmètre des boissons
Les boissons alcoolisées regroupent les vins (tranquilles et effervescents), les bières, les spiritueux, le cidre, les apéritifs à
base de vin, les vins doux naturels, les vins de liqueur et mistelles.
Les boissons sans alcool incluent les eaux en bouteille, les jus de fruits, les jus de légumes, les boissons rafraîchissantes
gazeuses et non gazeuses ainsi que les sirops et concentrés pour la préparation de boissons.
Les boissons chaudes comprennent le café et les succédanés de café, le thé, le cacao ainsi que les infusions et tisanes.
55 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – Entre 2009 et 2019, la part du budget alimentaire des ménages consacrée ... Définition Le nombre d’unité de consommation (UC) du ménage est défini selon un système de pondération en fonction de la composition du foyer, selon le nombre de personnes et leur âge. Ainsi, s’agissant de l’alimentaire, Kantar utilise la pondération suivante : le premier adulte du ménage compte pour 1 UC, les autres personnes de plus de 15 ans comptent pour 0,7 UC et les enfants de moins de 15 ans comptent pour 0,5 UC. Il convient de noter que, pour comparer les niveaux de vie des ménages, l’Insee utilise une pondération différente (le premier adulte compte pour 1 UC, une autre personne de 14 ans ou plus pour 0,5 UC et un enfant de moins de 14 ans pour 0,3 UC). Pour en savoir plus • Bérut T., Costemalle V., Hazo J.‑B., Troy L., Vilain A., « Les inégalités sociales en matière de santé sont un peu plus marquées en France qu’en Europe », in France, portrait social, coll. « Insee références », édition 2023. • FranceAgriMer, « Étude sur l’activité “hors domicile” et les modes d’approvisionnement des boulangeries pâtisseries », avril 2022.
57 Insee Références – Édition 2024 – Dossiers – L’agriculture face aux enjeux environnementaux L’agriculture face aux enjeux environnementaux Les écosystèmes agricoles rendent de nombreux services aux agriculteurs et à la société. Les services de fourniture d’azote et d’eau aux cultures par ces écosystèmes contribueraient ainsi à hauteur de 50 % à la valeur économique de la production agricole des grandes cultures (céréales, oléagineux, betteraves industrielles, etc.). Les écosystèmes agricoles contribuent également à stocker environ 47 % du stock total de carbone des sols français. Cependant, les activités agricoles fragilisent aussi ces écosystèmes. L’agriculture est le premier émetteur d’ammoniac dans l’air et les intrants agricoles polluent les eaux et les sols : +6 % de nitrate dans les cours d’eau de France métropolitaine entre 2000 et 2020. La contamination des milieux par les polluants d’origine agricole persiste ainsi, au détriment de la faune et de la flore. La population des auxiliaires de culture, comme les vers de terre, se réduit. La mécanisation a supprimé 70 % du linéaire des haies bocagères depuis 1950, ce qui porte préjudice à la biodiversité. Depuis 1990, la surface des prairies a diminué de 11 %, et depuis 1989, 36 % de la population d’oiseaux des milieux agricoles a disparu. Pollution, restriction de l’eau et risques climatiques causent à leur tour des pertes de rendement agricole. Conscients des enjeux, les agriculteurs s’engagent de plus en plus vers des pratiques agricoles plus soucieuses de l’environnement : 36 000 exploitations sont certifiées à Haute valeur environnementale au 1er janvier 2023 et plus de 60 000 exploitations sont engagées dans une démarche de production dite biologique, un nombre multiplié par 2,5 en 10 ans. Maintenus en bon état, les écosystèmes agricoles rendent de nombreux services écosystémiques aux agriculteurs et à la société, notamment en matière de fourniture d’eau et d’azote aux cultures. Le modèle « Simulateur mulTIdisciplinaire pour les Cultures Standard (STICS) » encadré permet notamment d’évaluer la part de la production agricole qui peut être imputée à la fourniture d’azote et d’eau aux cultures par les écosystèmes eux‑mêmes, par rapport à celle résultant des apports liés à la fertilisation et à l’irrigation des cultures par les agriculteurs. À l’échelle de la rotation culturale (c’est‑à‑dire en tenant compte de la succession des cultures dans le temps et sur une même parcelle), cette part serait ainsi en moyenne de l’ordre de 50 %. Toutefois, de fortes disparités existent entre les cultures selon les climats (25 à 35 % pour le colza, contre 60 à 75 % pour le tournesol) et parfois au sein d’une même culture dans le cas du maïs (de l’ordre de 60 à 70 % pour le maïs fourrage, et très variable d’un type de climat à un autre pour le maïs grain). Encadré ‑ Quantifier les services rendus par les écosystèmes agricoles avec le modèle STICS Le Simulateur mulTIdisciplinaire pour les Cultures Standard » (STICS) [Brisson et al., 2008] permet de simuler sur une période de 30 ans le fonctionnement du système sol‑atmosphère‑culture (cultures annuelles, pérennes, maraîchères et intermédiaires) à un pas de temps journalier. Développé depuis 1996 par l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et reconnu internationalement, il a été utilisé dans le cadre de l’Évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques (EFESE) pour quantifier les services rendus par les écosystèmes agricoles dans une large gamme de situations pédoclimatiques et de systèmes de grandes cultures (blé tendre d’hiver, colza, tournesol, maïs grain et ensilage, betterave sucrière, pois de printemps et d’hiver) en France métropolitaine hors Corse. Les indicateurs de services ont été calculés comme des moyennes annuelles sur 30 ans ou comme la différence entre état initial (valeur à l’initialisation des simulations) et final (valeur obtenue pour la 30e année de simulation).