33 Insee Références – Édition 2024 – Vue d’ensemble – En vingt ans, les inégalités de patrimoine se sont accrues, en lien avec… Encadré 2 – Entre 2018 et 2020, un ménage sur dix n’a pas pu accéder au crédit comme il le souhaitait Entre 2018 et 2020, le contexte de taux d’intérêt bas a favorisé l’accès au crédit. Les encours de crédits des particuliers ont fortement augmenté (plus de 6 % par an), avec des taux d’intérêt des nouveaux crédits à la consommation inférieurs à 4 %, tandis que ceux des crédits à l’habitat étaient encore plus faibles, entre 1 % et 2 %. Fin 2019, la Banque de France a incité les banques à limiter l’octroi de prêts de plus de 25 ans et dont les mensualités représentent plus de 33 % des revenus1. En 2021, 10,1 % des ménages indiquent ne pas avoir pu accéder au crédit comme ils le souhaitaient au cours des trois années précédentes figure A. Leur demande de prêt a pu être refusée ou le montant accordé était moindre que demandé (contraintes externes), ou encore ils ont eux‑mêmes renoncé à demander un crédit par auto‑censure en anticipant qu’il leur serait refusé. Certains ménages peuvent avoir rencontré plusieurs de ces situations au cours des trois ans pour différentes demandes ou différents types de crédit. A. Part des ménages ayant subi des contraintes de crédit entre 2018 et 2020 Pas de besoin de prêt Au moins une demande de prêt sous contrainte Renoncement à toute demande de prêt malgré un besoin Demandes de prêt accordées Renoncement à une autre demande de prêt Montant moindre accordé Refus de prêt 5,5 % 66,9 % 2,6 % 4,6 % 3,0 % 0,8 % 22,9 % Ménages contraints 89,9 % 10,1 % Ménages non contraints Note : Certains ménages ont fait plusieurs demandes de crédit au cours des trois années. Ainsi, certains ménages ont pu faire une demande de crédit à un moment donné et renoncer à en faire une autre à un autre moment. Lecture : Entre 2018 et 2020, 10,1 % des ménages ont subi des contraintes de crédit ; 4,6 % ont fait au moins une demande et ont eu un refus, un montant moindre que demandé ou ont renoncé à une autre demande. Champ : France hors Mayotte, ménages vivant en logement ordinaire. Source : Insee, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020‑2021. 1 La Banque de France conseillait aux banques d’octroyer au plus 15 % de crédits de ce type (dont la majorité réservée aux primo‑accédants et à l’acquisition de la résidence principale). Ces critères – avec quelques évolutions – sont devenus juridiquement contraignants pour les banques depuis le 1er janvier 2022.
34 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 4,6 % des ménages ont fait au moins une demande de crédit et ont subi au moins un type de contrainte. Les refus sont prédominants (3,0 % des ménages déclarent avoir eu au moins un refus) et les montants moindres plus rarement évoqués. Certains ménages ont malgré tout pu concrétiser leur projet d’emprunt : 1,1 % des ménages indiquent que, bien qu’ayant d’abord eu un refus ou un montant moindre, ils ont finalement obtenu le montant initialement demandé, potentiellement auprès d’une autre banque ou après négociation. Pour d’autres ménages, les contraintes de crédit semblent particulièrement fortes : au‑delà des refus ou des montants moindres obtenus, la moitié des ménages ont également renoncé à demander au moins un autre crédit au cours des trois ans pour un autre projet. Ces ménages contraints ayant déposé une demande ont un patrimoine brut en moyenne nettement plus faible que les ménages ayant obtenu ce qu’ils demandaient (186 000 euros contre 378 000 euros) et sont proportionnellement plus endettés figure B. L’immobilier représente également une part plus élevée de leur patrimoine brut ; 40 % sont propriétaires d’au moins un bien immobilier. La moitié de ces ménages contraints ont moins de 40 ans. B. Composition du patrimoine brut moyen des ménages selon les contraintes de crédit, début 2021 -100 000 0 100 000 200 000 300 000 400 000 Non contraints dont les demandes ont été accordées Contraints ayant fait au moins une demande Contraints ayant renoncé à toute demande en euros Endettement Patrimoine résiduel Patrimoine professionnel Patrimoine financier Patrimoine immobilier Lecture : En 2021, le patrimoine immobilier moyen des ménages contraints n’ayant pas obtenu le prêt qu’ils ont demandé entre 2018 et 2020 est de 136 300 euros. Champ : France hors Mayotte, ménages vivant en logement ordinaire. Source : Insee, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020‑2021. La moitié des ménages ayant eu un refus de crédit l’expliquent par des revenus insuffisants. Les autres raisons (métier ou source de revenus, montant demandé trop élevé, âge, garanties insuffisantes, historique d’impayés ou encore durcissement des conditions d’octroi) sont rarement citées. Par ailleurs, 5,5 % des ménages n’ont demandé aucun crédit entre 2018 et 2020, anticipant qu’il leur serait refusé. Ces ménages ayant renoncé à demander un crédit disposent d’un patrimoine brut moyen encore plus faible que les ménages dont la demande a été refusée (110 000 euros). Ils sont également moins souvent propriétaires d’un bien immobilier (27 % le sont).
35 Insee Références – Édition 2024 – Vue d’ensemble – En vingt ans, les inégalités de patrimoine se sont accrues, en lien avec… Huit groupes de ménages selon le type de patrimoine détenu Une typologie permet de distinguer huit groupes de ménages selon les actifs et passifs qu’ils détiennent figure 8, méthodes. Quatre ménages sur dix ont globalement peu, voire très peu, de patrimoine (groupes A). Les ménages ayant les plus faibles revenus y sont surreprésentés. 6 % des ménages ne possèdent qu’un compte‑chèques (groupe A0) ; la moitié d’entre eux possèdent moins de 2 300 euros de patrimoine brut. Les autres ménages (groupes A1 et A2) ne possèdent, outre leur compte‑chèques, presque que des livrets d’épargne. En particulier, ils sont rarement propriétaires de leur résidence principale. Leur patrimoine brut médian est de l’ordre de 25 000 euros. Il est un peu plus faible pour les ménages qui n’ont pas de prêts à la consommation (groupe A1, 25 % des ménages), que pour ceux qui en ont (groupe A2, 12 % des ménages). Les jeunes sont plus présents dans ces groupes, en particulier dans le groupe A2 où, pour 36 % des ménages, la personne de référence a moins de 40 ans. Les employés et ouvriers sont surreprésentés dans le groupe A2 (43 % des ménages, contre 25 % pour l’ensemble des ménages). Quatre ménages sur dix ont un patrimoine de niveau intermédiaire et peu diversifié (groupes B). Ils sont généralement propriétaires de leur résidence principale, qui constitue l’essentiel de leur patrimoine. Certains ménages détiennent également d’autres produits : 18 % ont d’autres biens immobiliers ou encore 43 % de l’assurance‑vie. Au sein des groupes B, les ménages du groupe B1 (10 % des ménages) n’ont pas de livrets d’épargne, ce qui les distingue de tous les autres groupes dans la mesure où ce produit est très répandu dans la population. Par rapport aux autres ménages des groupes B, ils possèdent moins de patrimoine (médiane à 134 300 euros) et seuls 58 % sont propriétaires de leur résidence principale. Les ménages les plus modestes y sont surreprésentés (36 % des ménages appartiennent aux 25 % les plus modestes), de même que les plus de 60 ans (52 % des ménages) ou encore les anciens employés, ouvriers et professions intermédiaires. Les ménages des groupes B2 (9 % des ménages) et B3 (21 % des ménages) ont un patrimoine médian de l’ordre de 285 000 euros (278 700 euros pour le groupe B2 et 297 400 euros pour le groupe B3). Ils sont endettés à des niveaux différents : tous les ménages du groupe B2 ont des prêts à la consommation, doublés pour la plupart de prêts immobiliers (92 %), tandis que seuls 53 % des ménages du groupe B3 ont un prêt immobilier et aucun n’a de prêt à la consommation. Les ménages de 40 à 60 ans sont surreprésentés dans le groupe B2, alors que les ménages de plus de 60 ans sont surreprésentés dans le groupe B3, certains ayant probablement terminé de rembourser un précédent prêt immobilier. Dans ces deux groupes, les ménages appartiennent plus souvent à la moitié des ménages les plus aisés (c’est notamment le cas de 83 % des ménages du groupe B2). Enfin, deux ménages sur dix (groupes C) ont un patrimoine nettement plus élevé et plus diversifié que les ménages des groupes B ; ils détiennent de nombreux produits financiers et ont plus d’appétence pour les produits à risque. Presque tous détiennent leur résidence principale et 60 % ont également d’autres biens immobiliers. Plus de la moitié ont de l’assurance‑vie, de l’épargne logement ou encore des valeurs mobilières, ces deux derniers produits étant rarement détenus dans les autres groupes. Ces ménages sont plutôt aisés. Les ménages du groupe C1 (10 % des ménages) ont rarement du patrimoine professionnel, contrairement aux ménages du groupe C2 (7 % des ménages) qui en possèdent tous. Le patrimoine médian de ces derniers est le plus élevé de l’ensemble des groupes (703 600 euros). Logiquement, les ménages du groupe C2 sont plus souvent indépendants, leur patrimoine professionnel constitue alors leur outil de travail ; ils sont également plus souvent âgés de 40 à 60 ans et vivent davantage en dehors des unités urbaines. Dans le groupe C1, les cadres et anciens cadres ou professions libérales, ou encore les plus de 60 ans sont surreprésentés. En lien avec ces profils par âge, les ménages sont plus fréquemment endettés dans le groupe C2 : six ménages sur dix ont un prêt immobilier, soit deux fois plus que dans le groupe C1. Erratum : Le 06/08/2025, les taux de détention ont été modifiés suite à une erreur de calcul. Les chiffres de la figure 8a ainsi que le texte de ce paragraphe ont donc été modifiés.
36 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 8. Groupes de ménages selon les actifs et passifs qu’ils détiennent, début 2021 a. Taux de détention des différents actifs et passifs Épargne logement Immobilier hors résidence principale Assurance-vie Endettement immobilier Épargne retraite Prêt à la consommation Valeurs mobilières Résidence principale Actifs professionnels Livret d’épargne A1 – Sans prêt à la consommation 25,2 % des ménages C2 – Avec patrimoine professionnel 7,3 % des ménages A2 – Avec prêt à la consommation 11,7 % des ménages Groupes A – Peu de patrimoine, en particulier ménages possédant rarement leur résidence principale C1 – Sans patrimoine professionnel 10,2 % des ménages Groupes C – Les mieux dotés, ménages au patrimoine diversifié incluant de nombreux produits financiers voire du patrimoine professionnel 20 % 60 % 100 % B3 – Moins endettés, sans prêt à la consommation 20,8 % des ménages B1 – Sans livret d’épargne et peu endettés 10,3 % des ménages B2 – Endettés avec prêt à la consommation et souvent immobilier 8,9 % des ménages Groupes B – Niveau de patrimoine intermédiaire, ménages possédant essentiellement leur résidence principale 100 % 20 % 60 % 100 % 20 % 60 % 100 % 20 % 60 % 100 % 20 % 60 % 100 % 60 % 100 % 20 % 20 % 60 % Notes : Les groupes sont réalisés à partir d’une classification ascendante hiérarchique pour rassembler les ménages détenant des actifs et des passifs semblables méthodes. Les noms des groupes décrivent de manière synthétique le type de patrimoine détenu par la majorité des ménages du groupe, en mettant en avant ce qui les distingue des autres groupes. Ces intitulés sont réducteurs car tous les ménages d’un groupe ne possèdent pas exactement les mêmes produits. Les ménages n’ayant qu’un compte‑chèques, soit 5,6 % des ménages (groupe A0), ne sont pas représentés car ils ne détiennent aucun des produits analysés ici. Lecture : Début 2021, dans le groupe A2, 100 % des ménages ont un livret d’épargne et 30 % de l’assurance‑vie. Ces ménages ont globalement peu de patrimoine. Ils se distinguent de ceux du groupe A1 par le fait qu’ils ont un prêt à la consommation. Champ : France hors Mayotte, ménages vivant en logement ordinaire. Source : Insee, enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020‑2021.