21 Insee Références – Édition 2024 – Vue d’ensemble – Depuis le milieu des années 1990, les inégalités de niveau de vie… Définitions Des précisions sont disponibles dans l’annexe Sources et méthodes de cet ouvrage. Dans les enquêtes sur les Revenus fiscaux et sociaux (ERFS), le ménage désigne l’ensemble des occupants d’une résidence principale, qu’ils aient ou non des liens de parenté. Le ménage peut ne comprendre qu’une seule personne. Dans les autres sources, il peut avoir une définition différente. Le logement ordinaire est un logement défini par opposition à un logement en résidence offrant des services spécifiques (résidences pour personnes âgées, pour étudiants, de tourisme, à vocation sociale, pour personnes handicapées, foyers de travailleurs, etc.). Les personnes vivant en habitation mobile et les sans‑abris ne font pas partie de la population vivant en logement ordinaire. Le revenu disponible (enquêtes auprès des ménages) est le revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine (fonciers et financiers) et les autres prestations sociales perçues, nets des impôts directs. Ces derniers incluent l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS) et les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Il comprend une partie du solde des transferts entre ménages. En comptabilité nationale, le revenu disponible brut des ménages (RDB) comprend l’ensemble des revenus d’activité, des revenus de la propriété et des revenus fonciers (y compris les revenus locatifs imputés aux ménages propriétaires du logement qu’ils occupent). À ces revenus s’ajoutent principalement les prestations sociales en espèces reçues par les ménages, ainsi que les variations des droits à pension, tandis que les cotisations sociales et les impôts versés sont retranchés. Le revenu disponible est dit « brut » lorsque la consommation de capital fixe (usure du capital fixe comme les logements que détiennent les ménages) ne lui est pas soustraite. Le RDB diffère sur certains points du revenu disponible évalué à partir des enquêtes auprès des ménages. Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages (RDB) est calculé en rapportant l’évolution du RDB des ménages à celle de l’indice des prix à la consommation finale des ménages. Le pouvoir d’achat du RDB par unités de consommation est calculé en rapportant l’évolution du pouvoir d’achat du RDB à celle du nombre d’unités de consommation. Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différentes, le revenu est rapporté au nombre d’UC. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. Les inégalités avant redistribution sont calculées à partir du niveau de vie avant redistribution. Celui‑ci est défini ici comme l’ensemble des revenus du ménage avant paiement des impôts directs (mais nets de cotisations sociales) et perception des prestations sociales, hors revenus de remplacement, par UC. Il comprend ainsi les revenus d’activité (salaires et revenus mixtes des indépendants), les revenus de remplacement (pensions de retraite et dʼinvalidité, indemnités au titre de la maladie, allocations chômage, etc.) et les revenus du patrimoine (fonciers ou financiers). Il tient aussi compte des revenus compensatoires des pertes d’activité (activité partielle pour les salariés et fonds de solidarité pour les entreprises, les indépendants et les entrepreneurs) qui ont été importants au cours des années 2020 et 2021 pendant la crise sanitaire. Les impôts directs sont des impôts dont la charge pèse directement sur les agents économiques. Les impôts directs regroupent ici lʼimpôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS), et les prélèvements sur les revenus du patrimoine. Les prestations sociales regroupent : • les prestations sociales contributives accordées en contrepartie de cotisations et qui correspondent à un revenu de remplacement (pensions de retraites et d’invalidité, indemnités chômage, indemnités maladie) ; • et les prestations sociales non contributives : prestations familiales, prestations logement, minima sociaux (revenu de solidarité active, allocation aux adultes handicapés, allocations permettant d’atteindre le minimum vieillesse), prime d’activité, prestations exceptionnelles comme l’indemnité inflation. En ordonnant une distribution de revenus, de niveaux de vie, etc., les déciles (notés généralement de D1 à D9) sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties d’effectifs égaux. Les centiles (notés généralement de C1 à C99) la partagent en cent parties d’effectifs égaux. La médiane (D5 ou C50) partage la population en deux sous‑populations égales. Le rapport interdécile D9/D1 est calculé comme le rapport entre le 9e décile et le 1er décile. Il met en évidence l’écart entre le revenu (ou le niveau de vie) plancher des 10 % des ménages les plus aisés et le revenu plafond des 10 % des ménages les plus modestes. Le ratio (100-S80)/S20, aussi nommé rapport interquintile des masses de niveau de vie, rapporte la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % des personnes les plus aisées à celle détenue par les 20 % des personnes les plus pauvres. C’est un indicateur de concentration des niveaux de vie. L’indice (ou coefficient) de Gini est un indicateur synthétique permettant de rendre compte du niveau d’inégalité pour une variable et sur une population donnée. Il varie entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité extrême). Entre 0 et 1, l’inégalité est d’autant plus forte que l’indice de Gini est élevé. Le taux de pauvreté est le pourcentage de la population dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. Pour la pauvreté monétaire, le seuil de pauvreté est calculé, au niveau national, comme étant égal à 60 % du niveau de vie médian de l’ensemble des personnes. L’intensité de la pauvreté permet d’apprécier à quel point le niveau de vie de la population pauvre est éloigné du seuil de pauvreté. Elle est mesurée comme l’écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté, rapporté au seuil de pauvreté. Plus cet indicateur est élevé et plus la pauvreté est dite « intense », au sens où le niveau de vie des plus pauvres est très inférieur au seuil de pauvreté.
22 Revenus et patrimoine des ménages – Insee Références – Édition 2024 Pour en savoir plus • Abdouni S., Buresi G., Cornetet J., Delmas F., Doan Q.-C., Quennesson L., Trémoulu R., « Les réformes sociofiscales de 2022 augmentent le revenu disponible des ménages, en particulier des plus modestes, du fait des mesures exceptionnelles de soutien au pouvoir d’achat », in France Portrait social, coll. « Insee Références », édition 2023. • Albouy V., Jaubertie A., Rousset A., « En 2021, les inégalités et la pauvreté augmentent », Insee Première n° 1973, novembre 2023. • André M., Germain J.‑M., Sicsic M., « La reditribution élargie, incluant lʼensemble des transferts monétaires et les services publics, améliore le niveau de vie de 57 % des personnes », Insee Analyses n° 88, septembre 2023. • Antunez K., Damperon A., « Qui habite dans les quartiers les plus pauvres et les plus aisés de France », in Revenus et patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2024. • Audoux L., Mallemanche C., Prévot P., « Une pauvreté marquée dans les DOM, notamment en Guyane et à Mayotte », Insee Première n° 1804, juillet 2020. • Bach L., Bozio A., Fabre B., Guillouzouic A., Leroy C., Malgouyres C., « Évaluation d’impact de la fiscalité des dividendes », Rapport IPP n° 25, octobre 2019. • Berger E., Bonnet O., « Les hauts salaires dans le secteur privé – Davantage de directeurs que de traders et de footballeurs », Insee Première n° 1800, mai 2020. • Blanchet D., Lenseigne F., « Croissance économique et pouvoir d’achat des ménages en France : les principales évolutions depuis 1960 », Economie et Statistique / Economics and Statistics n° 510‑511‑512, pp. 53‑68, décembre 2019. • Blasco J., Labarthe J., « Inégalités de niveau de vie et pauvreté en 2015 et sur longue période », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2018. • Blasco J., Picard S., « Environ 2 millions de personnes en situation de grande pauvreté en France en 2018 », in Revenu et patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2021. • Buresi G., Cornetet J., Cornuet F., Doan Q.‑C., Dufour C., Trémoulu R., « Les réformes sociofiscales de 2020 et 2021 augmentent le revenu disponible des ménages, en particulier pour la moitié la plus aisée », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2022. • Cazenave‑Lacrouts M.‑C., « Les très hauts revenus en 2015 : 1 % de la population perçoit 7 % des revenus et 30 % des revenus du patrimoine déclarés », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2018. • Delmas F., Guillaneuf J., « En 2018, les inégalités de niveau de vie augmentent », Insee Première n° 1813, septembre 2020. • Département de l’emploi et des revenus d’activité, « L’enquête Emploi se rénove en 2021 : des raisons de sa refonte aux impacts sur la mesure de l’emploi et du chômage », Insee Analyses n° 65, juin 2021. • Division Revenus des ménages – Pôle Revenus fiscaux et sociaux, « Impact de la rénovation de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux en 2021 sur la mesure des niveaux de vie, des indicateurs d’inégalité et de pauvreté », Insee Méthodes n° 145, novembre 2023. • Drees, « Les retraités et les retraites », édition 2023a. • Drees, « Minima sociaux et prestations sociales – Ménages aux revenus modestes et redistribution », édition 2023b. • Garnero M., Guillaneuf J., « En 2020, une mesure de la pauvreté compliquée par la crise sanitaire », Insee Analyses n° 77, octobre 2022. La personne de référence du ménage est déterminée à partir de l’activité et de la structure familiale du ménage. Il s’agit le plus souvent de la personne active la plus âgée. Dans le cadre de l’enquête auprès des personnes fréquentant les lieux d’hébergement ou de restauration gratuite, une personne est qualifiée de « sans-domicile » un jour donné, si la nuit précédente elle a eu recours à un service d’hébergement ou si elle a dormi dans un lieu non prévu pour l’habitation (rue, abri de fortune). L’indicateur de privation matérielle et sociale (respectivement privation matérielle et sociale sévère) est défini comme la part de personnes vivant en logement ordinaire ne pouvant pas couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments (respectivement sept) de la vie courante sur treize considérés comme souhaitables, voire nécessaires, pour avoir un niveau de vie acceptable. Le niveau de densité des communes permet de classer les communes en fonction du nombre d’habitants et de la répartition de ces habitants sur leur territoire. Il s’appuie sur la distribution de la population selon le découpage du territoire en carreaux de 1 km de côté. Dans sa version à sept niveaux, la grille définit sept types de communes : les grands centres urbains, les centres urbains intermédiaires, les ceintures urbaines, les petites villes, les bourgs ruraux, les communes à habitat dispersé et les communes à habitat très dispersé. La grille utilisée ici présente cinq niveaux. Elle regroupe les ceintures urbaines et les petites villes dʼune part, et l’ensemble des communes rurales d’autre part (bourgs ruraux, les communes à habitat dispersé et les communes à habitat très dispersé). Au sein du rural, elle propose par ailleurs une nouvelle distinction : le croisement avec la proximité d’un pôle d’emploi via le zonage en aires d’attraction des villes permet de distinguer les communes rurales périurbaines, situées dans une aire d’attraction des villes de plus de 50 000 habitants, des communes rurales non périurbaines, situées hors d’une aire d’attraction des villes ou dans une aire de moins de 50 000 habitants. La parité de pouvoir dʼachat (PPA) est un taux de conversion monétaire qui permet d’exprimer dans une unité commune, dite standards de pouvoir d’achat (SPA), les pouvoirs d’achat des différentes monnaies. Ce taux exprime le rapport entre la quantité d’unités monétaires nécessaire dans des pays différents pour se procurer un même « panier » de biens et de services.